Ressource précédente
Ressource suivante

Iran, Khorassan. Bakhshi Rowshan Golafruz, chant et luth dotâr. Spectacle

Collection

Type de document

Évènement

Titre

Iran, Khorassan. Bakhshi Rowshan Golafruz, chant et luth dotâr. Spectacle

Sous-titre

L'histoire de Tâher et Zohre

Date

2004-03-08

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

8 mars 2004

Le récit de Tâher o Zohre est une histoire d'amour célèbre dont on retrouve diverses versions, de l'Anatolie au Turkestan chinois. Ce type de récit appartient à la tradition des dâstân et narre les aventures amoureuses, toujours contrariées, d'un héros et de sa belle. Les dâstân sont de longues ballades où les épisodes en prose parlée alternent avec des passages en vers chantés de caractère amoureux, épique ou religieux.
Dans le monde irano-turc, la connaissance des dâstân est l'apanage des bardes. Et si ces dâstân sont le plus souvent en turc (en Anatolie, en Azerbaïdjan, et en Asie centrale), leur particularité au Khorassan tient à ce qu'ils sont souvent bilingues. La prose est déclamée en persan et la poésie est chantée en turc. En effet, la narration du dâstân se fonde sur deux éléments : poésie et prose. La prose joue le rôle d'un récitatif au sein duquel viennent s'intercaler des séquences poétiques chantées avec accompagnement de dotâr (luth à long manche et à deux cordes).
La prose, qui est à la troisième personne, sert à la trame de l'histoire, à la narration des aventures, et à une partie (la plus ordinaire) du discours direct des personnages. La poésie chantée est le registre d'expression des personnages, particulièrement dans ses manifestations pathétiques. Les poèmes apparaissent à des moments privilégiés : dans les moments de vive émotion, lorsque le héros ou sa bien-aimée parlent de leur amour ; lorsqu'ils sont en proie à la tristesse ; quand ils s'adressent à la divinité par le biais d'une invocation.
Cette tradition ancestrale nous est parvenue à travers les siècles par la voie de la tradition orale et donc par la voix du barde, le bakhshi, lointain héritier des ménestrels de l'Iran pré-islamique et des chanteurs d'épopées médiévales turques.
Appartenant à la neuvième génération de la plus prestigieuse lignée de bakhshi du Khorassan, Rowshan Golafruz en est un merveilleux exemple. Né en 1956, d'un père persan et d'une mère kurde, il vit à Molâbâqer, petit village au nord du Khorassan. Une région mythique où, pour des raisons historiques, le mélange interethnique est très marqué. Les plus importantes peuplades, après les Persans, sont les Turcs, les Kurdes Kurmanj et les Turkmènes. Les bardes eux-mêmes sont issus de ces différentes ethnies et chantent donc en trois langues : turc, kurde et persan. Seule exception, les bardes turkmènes ne chantent que dans leur langue.
Petit-fils du fameux 'Aliakbar Bakhshi, c'est de son père, le grand barde Hamrâ Golafruz (décédé en 1990 à l'âge de 83 ans), que lui viennent son répertoire et son art. Il connaît ainsi un grand nombre de dâstân. Son style de narration, avec ses intonations variées et son dynamisme, rappelle celui de son père qui avait recours à un style de déclamation extrêmement rapide et parvenait des heures durant à enchanter ses auditeurs.

Référence bibliographique :
YOUSSEFZADEH Ameneh, Les bardes du Khorassan iranien : le bakhshi et son répertoire. Paris, Peeters et Institut d'études iraniennes (Travaux et Mémoires de l'Institut d'études iraniennes), 2002 .

L'histoire de Tâher et Zohre
Dans la ville de Qarabâq, province d'Azerbaidjan, vivent deux frères : Hâtam Soltân, le sultan de la ville, et son frère Ahmad. Ils n'ont pas d'enfants et le regrettent amèrement car ils sont déjà âgés.
Un jour que Hâtam Soltân est particulièrement abattu, son frère lui rapporte qu'il existe au pays de Beyk une source miraculeuse appelée Source du Souhait. Ils entreprennent donc ce long voyage avec leur suite, prient devant la source et leur v'u est exaucé.
Neuf mois plus tard, la reine accouche d'une fille, Zohre, et l'épouse d'Ahmad met au monde un fils, Tâher. Les deux frères décident que lorsqu'ils seront grands, leurs enfants se marieront. Cet accord est couché sur un parchemin qu'Ahmad conserve précieusement.
Les enfants sont mis en nourrice jusqu'à l'âge de 7 ou 8 ans et élevés comme frère et s'ur. Puis on les envoie à l'école coranique. Les années passent. Ce sont devenus de superbes adolescents.
Un jour que Tâher consulte les livres de son père, il trouve le pacte conclu par son père et son oncle. Le lendemain, il apporte le parchemin à l'école et le montre à Zohre. Comprenant la cause véritable de leur attachement, ils laissent la passion enflammer leurs coeurs, et chaque matin ils se retrouvent avant l'école pour échanger des baisers.
Bientôt les élèves découvrent leur secret et le rapportent au maître. Le Mollâ en informe à son tour le Sultan Hâtam qui décide de placer sa fille dans une autre école. Zohre écrit une lettre à Tâher où elle lui dit son amour et son désespoir, mais le Mollâ surprend Tâher la lettre à la main, s'en empare et la remet au sultan. Celui ci ordonne aux bourreaux d'arrêter le garçon sans délai. Heureusement, Tâher a été prévenu que son oncle a l'intention de le tuer et il s'enfuit. Le Sultan fait alors arrêter son propre frère Ahmad et le fait pendre.
Un an s'est écoulé depuis ce drame. C'est le jour du Nouvel An. Tous les notables de la ville de Qarabâq vont à l'audience du Sultan pour lui présenter leurs v'ux et le trouvent triste et abattu. En effet, il regrette son frère aîné qui chaque année, à cette occasion, se tenait à ses côtés. Le vizir vient le consoler et lui dit qu'il est temps de se réconcilier avec son neveu.
Tâher vit avec sa mère dans une petite maison aux abords de la ville. Depuis la mort de son père, il vit dans la misère, passant son temps à jouer du dotâr et à chanter sa détresse. Un jour le vizir vient le chercher pour le conduire chez son oncle. Au retour, le Mollâ qui a accompagné le vizir chez Tâher, part devant. Quand Hâtam l'interroge sur Tâher, le Mollâ prétend que Tâher a proféré contre lui des insultes. Hâtam ordonne aux bourreaux d'arrêter Tâher et de le pendre.
On prévient alors Zohre que son bien-aimé va mourir. Zohre est désespérée, mais sa servante Malek Simâ lui propose un stratagème. Tandis que Tâher est conduit les mains liées chez son oncle Hâtam, Zohre et Malek Simâ se présentent déguisées en marchands géorgiens et déclarent vouloir racheter le prisonnier pour l'emmener en Géorgie. Hâtam s'y oppose, mais son vizir faisant valoir l'importance des relations avec les marchands géorgiens, il se ravise et vend Tâher son poids de rubis.
Tâher reconnaît, dans l'un de ses sauveurs, les yeux de sa bien-aimée Zohre. Il prend son dotâr et, sous le coup de l'émotion, révèle dans son chant le stratagème. Zohre est furieuse contre son amant, mais que faire ? Quelques jours plus tard, Malek Simâ parvient à faire libérer Tâher et le conduit chez Zohre.
Tâher arrive auprès de Zohre, elle est endormie. Il prend son dotâr et chante pour elle. Zohre ouvre les yeux et voit son amant. Ils passent la nuit ensemble.
Le lendemain, le garçon informe Zohre de sa décision de partir pour la Géorgie. Zohre veut l'accompagner, mais Tâher s'y oppose et s'engage à revenir l'épouser.
En chemin, il s'arrête au bord d'un lac et fait la connaissance d'un marchand géorgien, Khân Bâzargan. Ils se lient d'amitié et Tâher lui conte ses mésaventures. Khân Bâzargan lui dit qu'il n'a pour tout enfant qu'une fille et qu'il serait heureux de l'adopter comme son fils.
Une fois la caravane arrivée aux portes de la ville, tous les marchands viennent à leur rencontre. Nargess, la fille de Khân Bâzargan, voit de loin un garçon d'une grande beauté qui accompagne son père. Ce dernier le présente comme son fils et demande à sa fille d'emmener Tâher dans les jardins de leur demeure.
Le lendemain, Nargess et Tâher se promènent dans les jardins. Nargess révèle à Tâher qu'elle l'aime, et lorsque Tâher lui parle de son amour pour Zohre, Nargess furieuse le fait battre par ses serviteurs. Tâher raconte alors sa vie à Nargess. Compatissante, celle-ci va demander à son père que justice soit rendue à Tâher.
Khân Bâzargan conduit donc Tâher chez le sultan de la ville. Tâher raconte ses aventures. Le sultan a une fille, Gorgi Khânum, une vraie guerrière. Il lui ordonne de prendre dix mille hommes et d'aller à Qarabâq trouver Hâtam Sultan. Si celui-ci propose une solution à la souffrance de Tâher, tant mieux, sinon, qu'elle détruise la ville.
Gorgi Khânum part donc pour Qarabâq avec dix mille hommes. Une fois là-bas, ils dressent leur camp à l'extérieur de la ville.
Gorgi Khânum et Tâher vont tout d'abord trouver Zohre puis se rendent chez Sultan Hâtam pour la demande en mariage. Celui ci, étonné de voir Tâher, refuse.
Alors, les troupes de Gorgi Khânum surgissent, la guerre commence et Sultan Hâtam est tué.
Tâher devient Sultan de Qarabâq et prend Zohre pour femme. Leur mariage est fêté sept jours et sept nuits durant. Ici les amants réalisent leur désir et atteignent enfin leur but.
AMENEH YOUSSEFZADEH

Contributeurs

Origine géographique

Iran

Mots-clés

Date du copyright

2004

Cote MCM

MCM_2004_IR_S1

Ressources liées

Filtrer par propriété

Titre Localisation Date Type
Iran, Khorassan. Bakhshi Rowshan Golafruz, chant et luth dotâr. Vidéos Iran 2004-03-08 Vidéo numérique
Iran, Khorassan. L'histoire de Tâher et Zohre, Bakhshi Rowshan Golafruz, chant et luth dotâr. Photos Iran 2004-03-08 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
8e Festival de l'Imaginaire 2004