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Colombie. Petrona Martinez, le Bullerengue de Carthagène. Spectacle

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Évènement

Titre

Colombie. Petrona Martinez, le Bullerengue de Carthagène. Spectacle

Date

2004-03-26

Date de fin

2004-03-28

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Cérémonie, rituel

Description de la pratique

26-28 mars 2004
Petrona Martinez - le Bullerengue de Carthagène (Colombie)
Petrona Martínez, première voix
Joselina Llerena, deuxième voix
Álvaro Llerena, tambour alegra et chant
Braulio Salgado, tambour alegra et chant
Guillermo Valencia, tambour llamador et chant
Stanly Montero, maracas et chant
Javier Ramírez, aérophone gaita
Edwin Muñoz, bombo et chant

Le bullerengue est une danse chantée réservée aux femmes et pratiquée principalement dans les provinces de Bolivar et de Cordoba, sur la côte caraïbe au nord-est de la Colombie. Il est né dans les anciens palenques, ces villages refuges des esclaves marrons. À l'occasion de la Saint-Jean et de la Saint-Pierre (24 et 29 juin), les femmes enceintes, concubines ou filles-mères, ne pouvant pas assister aux fandangos (bals populaires), se réunissaient dans les patios des maisons pour chanter, danser et battre du tambour et des mains. Une chanteuse improvisait des vers et les autres répondaient en choeur.
Le chant est rythmé par deux tambours, alegra et llamador, battus par des hommes. La alegra joue le rythme du bullerengue tandis que le llamador, plus petit, marque le tempo. De par ses origines rurales, le rythme bullerengue sentao serait le plus ancien. Avec l'urbanisation apparaissent des variations rythmiques : la cha - lupa, le sexteto et la puya, plus rapides et plus syncopés que le bullerengue sentao, et pour lesquels on utilise la tambora (un tambour à deux peaux frappé avec des baguettes) et un guache (râcleur métallique). Le bullerengue est un des rares chants exclusivement féminins de la musique traditionnelle colombienne. Les femmes en ont fait une sorte de rituel de la fécondité, évoquée par le geste de massage du ventre et des seins dans le bullerengue sentao. Certaines de ces bullerengueras, regroupées en confréries, sont devenues célèbres car elles véhiculent à travers leurs chants, leur savoir, l'histoire des leurs, leurs croyances et leurs conseils.
Petrona Martínez, née en 1939, habite à Palenquito, un hameau pauvre situé sur la route du palenque de San Basilio, non loin de Carthagène. Les palenqueros de San Basilio ont fièrement conservé de leurs ancêtres, les esclaves déportés du Sénégal ou de l'Angola, un dialecte d'origine bantoue qui contribue à affirmer leur identité et à renforcer la cohésion de leur communauté.
Petrona Martinez est issue d'une lignée de bullerengueras. Carmen Silva, son arrière grand-mère, et Orfelina Martínez, sa grand-mère, étaient très connues dans les hameaux et ce sont elles qui l'ont formée. Elle a d'abord gagné sa vie comme lavandière et chanteuse, avant de se consacrer totalement à la musique. Reconnaissant dans les musiques diffusées à la radio des rythmes de son enfance, elle décide de rassembler des musiciens en témoignage de respect pour la musique de ses ancêtres. Son groupe rencontre un grand succès et les concerts se multiplient. Quelques temps plus tard, elle découvre qu'elle est capable de composer ses propres bullerengue : elle puise son inspiration dans les faits de la vie quotidienne de Palenquito et dans une culture orale qui syncrétise les croyances d'origine africaine et le catholicisme. L'assassinat de son fils aîné la plonge dans un deuil strict qui la met à l'écart de la scène. Ce choc va confirmer sa foi dans les valeurs qui ont baigné son enfance et lorsque, quelques années plus tard, elle se remet à composer, elle renoue avec un style résolument traditionnel.
Dans les bullerengue de Petrona Martínez, il est donc question des superstitions et des légendes de ses ancêtres, de la joie d'accueillir un nouveau-né, de la douleur des veillées funèbres, de la vie quotidienne difficile mais néanmoins magique de son village. Ce qui ne l'empêche pas de composer par exemple une chanson de louanges à Celia Cruz.
Considérée en Colombie comme une reine et un trésor national, Petrona Martínez est aujourd'hui une des voix afro-américaines les plus célèbres de la côte des Caraïbes. Ce petit bout de femme, entourée par ses enfants et ses proches, tambourinaires ou choristes, séduit sur scène par son entrain et son dynamisme.
Elle a enregistré deux albums : Le bullerengue (un CD Ocora, Radio France, 1997) et Bonita que Canta, nominé pour un Latin Grammy Award en 2002.

PROGRAMME

1. Mi Tambolero

2. La Currumba
Quand sonne la currumba, elle appelle à la fête,
Quand sonnent les tambours, les hommes et les femmes des Caraïbes s'habillent de
couleurs et leur coeur se remplit de joie.
Le carnaval approche, c'est la fête de l'indépendance.
La danse s'impose avec rythme et pour toujours !

3. Tierra Santa, Terre sainte
La chanteuse règle ses comptes avec la terre, ses ancêtres, la région. C'est pour cela qu'elle chante pour sa terre natale' San Cayetano (Bolivar) et ses souvenirs tissent la toile du monde magique des fameux tamboreros (tambourinaires).

4. El Hueso, L'os.
Jeux de mots, répétitions de syllabes qui s'animent avec les tambours et forment une chanson ludique.

5. La Iguana

6. Juana la Caribe

7. Bullerengue Cortico

8. Arremachalo
Chant de labours (chalupa champêtre). Les femmes pilent le riz et se réjouissent parce que les mortiers sonnent comme les coups de tambours de la fête. Les voix des femmes soupirent en rythme qui se transforme en chant. À leur Terre bénie inondée par la nuit, les champs semés de riz et de tambours !

9. El Rey de la Cumbia

Mosaico de Puyas

10. La Vida Vale la Pena, La vie vaut la peine (chalupa).
'Quand je suis arrivé à Palenquito, j'ai vu ma vie dans un trou et je me suis consacré avec mes enfants à extraire le sable de la rivière' ' La vie, c'est le travail et c'est la raison pour laquelle on évoque le sable dans nos chansons, cette vie qui dort dans le fond des rivières pour que les hommes et les femmes de Palenquito puissent subsister. C'est le douloureux travail du corps. C'est comme une destinée, comme une douleur quotidienne' comme un mystère. Mais cette douleur inspire le chant de travail qui rend le travail et la vie moins difficile !

11. Sendero Indio, Sentier indien
'Une gaita qui naît du feu et du bois, cette gaita est graine et ovule.
La fertilité de la brousse se prête à l'inspiration.
Qu'on entende cette musique que ressent le gaitero !'

12. Baile de Negro

Composition

Contributeurs

Origine géographique

Colombie

Mots-clés

Date du copyright

2004

Cote MCM

MCM_2004_CO_S1

Ressources liées

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Colombie. Petrona Martinez, le Bullerengue de Carthagène. Photos Colombie 2004-03-26 Photo numérique
Colombie. Petrona Martinez, le Bullerengue de Carthagène. Photos Colombie 2004-03-26 Photo numérique
Colombie. Petrona Martinez, le Bullerengue de Carthagène. Vidéos Colombie 2004-03-28 Vidéo numérique
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8e Festival de l'Imaginaire 2004