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Suriname. Percussions Afro-Surinamienne. Spectacle

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Évènement

Titre

Suriname. Percussions Afro-Surinamienne. Spectacle

Date

1990-06-16

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

16 juin 1990
La région qui constitue actuellement le Surinam fut conquise en 1499 par Alfonso de Ojeda et Americo Vespucci pour le compte de la Couronne espagnole. En 1613, des commerçants d'Amsterdam débarquèrent et transformèrent la zone en colonie agricole. Des Anglais s'établirent également dans la région, qui resta longtemps une sorte de no man's land entre les colonies espagnoles et portugaises jusqu'en 1667 où elle fut conquise par la flotte zélandaise.
Le pays devint propriété de la ville d'Amsterdam, de la famille van Sommelsdijk et de la Compagnie des Indes. Depuis cette époque, le Surinam est demeuré colonie néerlandaise, et ce jusqu'à son indépendance en 1974. Au fil des siècles, la population du Surinam est devenu une communauté multiraciale composée de nombreux groupes ethniques, très différents les uns des autres, et dont la dissémination a concouru au maintien de leurs diverses caractéristiques culturelles. Les premiers habitants amérindiens forment un petit groupe d'environ 375.000 personnes, et vivent au centre du pays. Les Marrons, descendants d'esclaves africains ayant fui les plantations, sont établis dans les forêts à proximité des rivières Marowijne, Tapanahoni, Surinam et Saramacca. Une autre communauté est constituée de Créoles qui représentent avec les Indiens la majorité de la population. L'émancipation des esclaves proclamée en 1863 ayant provoqué un manque de main d'oeuvre dans les plantations, suscita une émigration massive de travailleurs indiens, pakistanais, indonésiens et chinois. On rencontre enfin une faible minorité d'Européens, de Juifs et de Libanais.
Bien que le néerlandais demeure la langue officielle du Surinam, la diversité culturelle et linguistique du pays est considérable, d'où l'émergence d'une lingua franca, le sranan ou sranan tongo, également appelé taki-taki, qui est un anglais africanisé (cette langue est également utilisée en Guyane Française par les populations noires vivant au bord du fleuve Maroni qui sépare les deux pays). Presque tous les habitants du Surinam parlent en outre leur propre langue maternelle.
Depuis l'indépendance, de nombreux habitants du Surinam sont allés s'établir aux Pays-Bas ; ils vivent le plus souvent groupés en quartiers, comme c'est le cas notamment à Amsterdam.

La musique Afro-surinamienne
Il n'est pas possible de parler d'une musique surinamienne proprement dite, car chaque communauté a conservé les traits essentiels de sa propre culture. Parmi les expressions musicales afro-surinamiennes, les principales sont les deux genres traditionnels winti et kawina

Le winti
Winti est le nom d'un culte afro-surinamien, basé sur la croyance en l'immortalité de l'âme et sur le culte des ancêtres. Le winti est dérivé d'un rituel musical et dansé originaire d'Afrique de l'ouest. Chaque divinité est invoquée par un chant et un rythme propres, pouvant susciter chez les danseurs des transes de possession. Cela se produit surtout dans les rituels de guérison ou lors des fêtes wintipré.
Winti qui signifie littéralement vent (wind) désigne également les divinités (qui se meuvent aussi librement que le vent). Il existe de nombreux winti, parmi lesquels le dieu suprême et créateur Anana, et quatre catégories principales de dieux:
-gronwinti, les dieux de la terre
-watrawenu, les dieux des eaux
-tapu winti, les dieux de l'air
-busiwenu, les dieux de la forêt
Les rituels sont organisés pour se concilier les winti et les esprits ancestraux irrités, pour régler les problèmes liés au kra, l'âme censée protéger l'homme des influences négatives, ou encore pour apaiser les mauvais esprits.
Un wintipré débute par une invocation aux esprits des ancêtres afin qu'ils soient présents durant le rituel. Chacun est appelé à travers un chant et un rythme particulier joué aux tambours et qui constitue ce qu'en langage tambouriné il est convenu d'appeler "sa devise". Les principales danses de cette partie sont aujourd'hui le banja et le susa, qui ont remplacé le kangga et le laku.
Le susa est une danse mixte qui permet de tester l'habileté des danseurs, alors que le banja, tout comme le laku, est à l'origine un chant pour les morts. Il a évolué en un genre à la fois lyrique et satirique, dont il est difficile de saisir le sens en raison des nombreuses métaphores qui y sont utilisées.
Le wintipré proprement dit ne commence qu'ensuite, lorsque les esprits ancestraux se sont retirés. Le moment est alors venu d'appeler les différents winti. Chaque "pré" débute par un chant en l'honneur d'Aisa la Terre-Mère, et principal winti féminin, dont la présence est nécessaire au bon déroulement de la séance. Le trokiman, qui préside au rituel, commence son invocation chantée a cappella, puis accompagnée par les différents instruments à percussion et le choeur. Les chants sont généralement courts et répétés plusieurs fois avec de légères variations. Le texte est soit religieux, soit lyrique, soit encore épique.

Le kawina
Le kawina est un genre de musique créole populaire, surtout pratiqué dans le district de Commewijne. Dérivé du winti, le kawina est une musique de fête dans laquelle les chants et les danses sont accompagnés d'instruments à percussion, tambours et idiophones. Une forme intermédiaire de caractère religieux, le winti-kawina, est utilisée pour invoquer les esprits. Le kawina consiste également en un chant, d'abord solo, puis responsorial, accompagné par les instruments et la danse.

Les instruments.
Agida: tambour cylindrique à membrane, de 1 à 3 mètres de long et d'un diamètre de 35 cm, frappé à main nue ou avec une baguette
Apinti: petit tambour conique à membrane, d'environ 50 cm de long et d'un diamètre de 25 à 30 cm. Tenu entre les cuisses, il est frappé à mains nues (apinti désigne également le langage tambouriné).
Mandron: tambour cylindrique semblable à l'agida mais plus long et plus étroit.
Kwakwabangi: idiophone formé d'un petit banc de bois de 50 cm de long frappé à l'aide de baguettes.
Sakka: Hochet fait d'une calebasse remplie de graines séchées et fixée sur un manche de bois.
Deng: instrument en forme de pelle frappé à l'aide d'une fine baguette de métal.

PROGRAMME:
WINTI :
-Aisa
"Aisa, Terre-Mère, mère éternelle, nous sommes venus pour toi.
Tu es la mère et nous sommes tes enfants.
Tends nous une main secourable. Prends soin de nos enfants."
-Leba
"Il égalise le chemin, le nettoie et en retire les obstacles et les difficultés."
-Fodu
Fodu est un winti de la terre, avec comme symbole le serpent Dagwe. Le navire qui accoste amène Fodu: "Fodu, apporte-moi bonheur et discernement."
-Luangu
"Nous parlons peu de Luangu, mais nous agissons directement.
Nous ne cherchons pas les difficultés, et ainsi nous ne gênons personne.
Mais gare à celui qui nous dérange!"
-Apuku
"Dieu de la forêt, nous te prions d'intercéder auprès de la Terre-Mère afin qu'elle vienne mettre de l'ordre dans nos vies."
-Kromanti
"Ne renie pas tes origines. Garde-nous ton estime."

KAWINA
Chants et danses susa et kamelama

Origine géographique

Suriname

Mots-clés

Date du copyright

1990

Cote MCM

MCM_1990_SR_S1

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Titre Localisation Date Type
Suriname. Percussions Afro-Surinamienne. Photos Suriname 1990-06-16 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1990 1990