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Grèce. Chants de fête de Karpathos. Spectacle

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Évènement

Titre

Grèce. Chants de fête de Karpathos. Spectacle

Sous-titre

Poètes musiciens du village d'Olymbos

Date

2016-11-20

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Dans l’archipel du Dodécanèse en mer Égée, à mi-chemin entre la Crète et Rhodes, se situe l’île de Karpathos. Elle est considérée comme un haut lieu de traditions poétique et musicale que les habitants se plaisent à perpétuer en les pratiquant, en particulier dans le village d’Olymbos situé au nord de l’île.
Les musiciens et chanteurs d’Olymbos sont les garants du glèndi, la « fête » qui survient à différents moments. Le glèndi peut être une simple rencontre entre amis dans un café ou bien revêtir un caractère plus officiel. C’est le cas lors de cérémonies privées qui accompagnent un mariage ou un baptême, ou bien lors de célébrations publiques où tous les villageois peuvent participer. Ces dernières surviennent lors des fêtes religieuses qui rythment la vie du village (les fêtes célébrées dans toute la Grèce comme Pâques, ou les f êtes locales en l’honneur d’un saint). Toutefois, le glèndi reste un événement social avec ses chants, sa musique et dans certains cas sa danse. Il n’est pas le simple synonyme de « la fête ». Il s’agit d’une notion plus complexe qui nécessite plusieurs éléments afin de pouvoir être considéré comme réussi.
En effet, le glèndi requiert tout d’abord la présence d’une véritable parèa, c’est-à-dire un groupe d’amis qui partagent les bons comme les mauvais moments. Les hommes qui composent cette parèa doivent connaître et maîtriser l’art de l’improvisation poétique chantée. Ensuite, il est nécessaire de trouver, au sein de cette parèa, de fins musiciens maîtrisant le jeu de la lyra (vièle monoxyle à archet), du laouto (luth) et de la tsambouna (cornemuse) et capables de jouer tout le répertoire. Ces musiciens, et en particulier ceux qui jouent de la lyra, doivent être capables de suivre les chanteurs lors des improvisations poétiques et de maintenir le kèfi des participants, autre élément indispensable.
Le kèfi, terme intraduisible tant il revêt différents aspects, peut être défini comme une sorte de disposition personnelle à la fois mentale et physique. Elle permet de faciliter l’improvisation et en même temps, de maintenir une dynamique partagée par l’assemblée. Enfin, la prise de boissons alcoolisées aide les musiciens et chanteurs à entretenir leur kèfi et à improviser, car celui-ci est sour ce d’inspiration. Par ailleurs, il faut souligner que la participation d’une personne au chant n’est pas conditionnée au fait d’avoir une « belle voix ». Le critère retenu est plutôt la capacité à savoir improviser de bons distiques en respectant des règles précises de versification.

Programme détaillé

À travers un échantillon de leur vaste répertoire, les poètes-musiciens venus d’Olymbos vont s’attacher à faire découvrir au public le déroulement d’un glèndi.
- Tou lalimatos : il s’agit d’un chant de mariage qui est interprété en marchant lorsque l’on accompagne le marié et la mariée de leur domicile vers l’église.
- Ekklisiastikos Ymnos : avant de débuter le glèndi, et en particulier lorsque le pope y participe, il est de coutume d’interpréter un hymne ecclésiastique byzantin. Celui-ci est chanté par le pope et les chantres. Le groupe interprète I orèotita tis Parthènias, un hymne en l’honneur de la Vierge.
- Tragoudhi tis tavlas : les chants dits « de table » sont interprétés a cappella au moment où tous les participants au glèndi sont assis autour de la table. Ils ne sont jamais accompagnés de danse. Celui qui est interprété aujourd’hui, Arkhondès tro kai pinoussi, est très ancien. Il relève de la catégorie des chants akritiques. Ces derniers relatent les aventures et exploits des Akrites, autrement dit les gardiens des frontières de l’empire byzantin des IX e et Xe siècles.
- Tou Lambrou Katsoni : ce texte est chanté sur une mélodie instrumentale qui sert à l’exécution de la danse zèrvos. La danse zèrvos est la seule danse du répertoire dans laquelle les danseurs se déplacent vers la gauche, d’où son nom (zèrvos signifie « gauche »). La danse comporte une partie lente à laquelle s’enchaîne une partie rapide. Le texte poétique appartient au genre historique. Il évoque une des batailles navales que livra Lambros Katsonis (1752-1804) contre les Ottomans, alors qu’il était commandant dans la Marine impériale russe. Pendant les guerres russo-turques, il a participé à de nombreuses batailles, notamment en mer Égée.
- Mandinadhès : la mandinadha, au pluriel mandinadhès, est une forme poétique improvisée en chantant. Il s’agit d’un distique en vers rimés de quinze syllabes, comportant une césure après la huitième syllabe et qui doit respecter l’obligation d’accentuation sur certaines syllabes. Le terme vient du vénitien mattinata (la matinée) et désigne littéralement une « aubade ». Un chanteur soliste improvise, en général hémistiche par hémistiche, et tous les autres reprennent en choeur ce qu’il vient de chanter.
- O Konstandinos o mikros : ce chant à caractère épique appartient également à la catégorie des chants akritiques. Il relate l’histoire d’un jeune garçon qui, à peine né, grandit rapidement et part délivrer son père, lequel est prisonnier des Sarrasins. Ce long texte narratif est chanté sur un air appelé syrmatikos et qui a la particularité de présenter un changement de rythme et de mélodie afin de ne pas être monotone.
- Mian avyi mè fèngaraki : ce texte poétique relate l’histoire d’un jeune homme qui, à la nuit tombée, demande à sa bien aimée de le laisser entrer dans sa chambre. Le texte est chanté sur une mélodie de la danse appelée gonatistos. Le nom de la danse vient du mot gonato qui signifie « genou » car les pas s’exécutent avec une flexion des genoux.
- Pano khoros me mandinadhès : le pano khoros (« danse haute ») est une danse rapide qui s’exécute en général après la danse gonatistos. En général, les danses rapides ne sont pas chantées, mais les Olymbiotes ont la faculté de pouvoir improviser des mandinadhès également sur les airs de cette danse rapide. Dans ce cas, le chanteur improvise non pas hémistiche par hémistiche mais vers par vers.
- Sta marmara tou Galata : il s’agit d’une chanson rapide (grigoro tragoudhi) qui ne se chante pas pendant la danse. Elle fait partie des chants que l’on peut interpréter entre des périodes d’improvisation de mandinadhès, afin notamment de relancer la dynamique du groupe.
- Kèfalonitika : le kèfalonitikos est une danse qui comporte une partie lente et une partie rapide. Pendant la partie lente de la danse, il est courant d’improviser des mandinadhès. Le nom provient du premier distique qui aurait été chanté par un habitant d’Olymbos et qui évoquait un bateau en provenance de Céphalonie obligé d’attendre le retour du beau temps dans le port de Pyrgos.
- Sousta : la sousta est une danse. Il s’agit d’un morceau instrumental car on ne chante pas sur cet air de danse.
- Kalamatiana : le kalamatianos est une danse à sept temps répandue un peu partout en Grèce. Il ne s’agit pas d’une danse spécifique à l’île de Karpathos. Néanmoins, depuis plusieurs années, elle a été intégrée aux glèndia. La danse s’exécute à la fin du glèndi, en général à l’aube. Il existe de nombreux chants qui sont interprétés en dansant.

Présentation des artistes

Ilias Anastassiadis, lyra, chant
Kostas Antimissiaris, chant
Manolis Balaskas, laouto, chant
Papa Yannis Diakogeorgiou, chant
Manolis Filippakis, lyra, chant
Yorgos Giorgakis, tsambouna, chant
Yorgos Michalis, laouto, tsambouna
Nikos Politis, chant
Yannis Prearis, laouto, chant

Auteur du programme

Origine géographique

Grèce

Date du copyright

2016

Cote MCM

MCM_2016_GR_S1

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