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Bangladesh. Chants mystiques Bauls, dans la tradition de la confrérie Lâlan Shâhî par Muhammad Shahjahan Miah. Spectacle

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Évènement

Titre

Bangladesh. Chants mystiques Bauls, dans la tradition de la confrérie Lâlan Shâhî par Muhammad Shahjahan Miah. Spectacle

Date

1991-10-14

Date de fin

1991-10-20

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

14-20 octobre 1991
Baul est un terme bengali signifiant illuminé, cinglé par le vent au point d'en perdre la santé, et donc par extension fou de Dieu, détaché du monde, chercheur de vérité. Ce mot désigne des mystiques consacrant leur vie à la méditation, au chant, à la musique et à l'errance.
Les Bauls sont généralement considérés comme des bardes illettrés allant de village en village en mendiant leur nourriture, personnages sympathiques qui, en dépit de leurs origines sociales jugées incertaines, mettent en lumière à travers leur recherche de l'Homme de Coeur, maints secrets concernant la finalité de l'existence humaine.
Le baulisme a ceci de particulier qu'il clame son universalisme en rejetant le sectarisme, le système des castes et les barrières religieuses.
Historiquement, il prend sa source vers le XVIIe siècle dans le mouvement vaïshnava qui s'est épanoui assez brièvement autour du sage et savant Chaytanya. Bien qu'appartenant à la caste des brahmanes c'est-à-dire des garants de l'orthodoxie théologique et rituelle hindoue, Chaitanya ne reconnaissait ni les castes ni les croyances liées au système traditionnel. Il prônait une religion d'amour, s'appuyant sur le texte de la Gita Govinda composé au XIIe siècle par le poète Jayadeva. Cette oeuvre célèbre décrit l'amour de Krishna (avatar de Vishnû) et de Râdhâ (celle qui médite), amour symbolisant l'union entre le divin et l'humain. Cet amour-fusion trouve sa représentation en la personne de Chaytanya lui-même puisqu'il incarne à la fois un avatar de Krishna et la languissante Râdhâ, niant ainsi jusqu'à la différence entre l'homme et la femme. La pensée vaïshnave s'exprime dans un discours poétique et musical, riche en images, notamment érotiques, qui célèbrent tout ensemble Amour spirituel et Amour charnel.
Après le XVIIe siècle le mouvement vaïshnave entre en décadence et tombe par souci de prosélytisme dans l'artifice et le conventionnel. Dans une certaine mesure les Bauls aux manières moins raffinées et au style plus rural vont reprendre le flambeau de cette ferveur universaliste, se réclamant de Jayadeva, de Chaytanya et de la célèbre poétesse Mira Bai.
Si les Bauls sont très présents dans le Bengale occidental majoritairement hindouiste, ils sont également nombreux au Bengale oriental (Bangladesh) où l'islam s'est implanté à partir du XIIIe siècle et dont l'essor doit beaucoup aux mouvements soufis et plus particulièrement à l'ordre indo-musulman de la Chistiya. Au contenu hérité du vaïshnavisme vient donc se superposer dans la poésie baul un discours éminemment spirituel propre au soufisme.
Au XIXe siècle, le baulisme connaît dans le Bengale oriental un essor remarquable. On dénombre cinq ordres principaux ; Kartâbhajâ, Sâhebdhanî, Khushi Bishvâsî, Balarâmî, et Lâlan Shâhî.

Lâlan Shâh
Jusqu'à son installation à Siuriya près de Kushtia où il fonde un akhra (centre religieux), on connaît très peu de chose des origines et de la vie de Lâlan Shâh, si ce n'est qu'il en consacra la plus grande partie en pélerinages. Etait-il hindou ou musulman ? Lui-même semble avoir attaché peu d'intérêt à cette question tant il lui importait d'élever la quête du divin au-delà des frontières religieuses.
Poésie dans le programme'.

Une fois retiré dans l'akhra de Siuriya, Lâlan Shâh se consacre à la méditation et à la poésie chantée; les chercheurs lui attribuent environ 600 chants métaphysiques ou bhavgân et la tradition populaire de 2000 à 90000. Selon les chercheurs bangladeshi, l'usage même du terme baul semble indifférent aux adeptes de cette confrérie. Et dans les villages où l'on compte de nombreux disciples de Lâlan Shâh, ceux-ci sont couramment appelés nadar fakir (fakirs à la tête rasée) ou besharâ fakir (fakir irréligieux). Actuellement on évalue les adeptes de l'ordre Lâlan Shâhî à environ 10000 personnes.
Sur le plan musical les bauls pratiquent deux styles différents selon qu'ils vivent en akhra ou sont itinérants. Dans le premier cas, celui de Shahjahan Miah, les musiciens jouent assis, leur mélodie est douce, calme, intime. Dans le second, ils jouent debout et dansent dans un lieu en plein air, leurs voix sont fortes et leur style brutal et extraverti.

Deux exemples de poèmes attribués à Lâlan Shâh (cf. programme)

Les instruments.
Dotara, luth à quatre cordes dont la caisse en bois est recouverte de peau. Cet instrument se retrouve dans toutes les traditions musicales populaires du Bangladesh. Il est ici tenu par le chanteur Shahjahan Miah.
Ektara, instrument emblématique des bauls, probablement parce qu'il tire son origine de gopîyantra, l'instrument des bergères de Krishna. Unique en son genre dans le monde, il se compose d'un petit cylindre de bois recouvert à son extrémité inférieure d'une peau à laquelle est attachée une corde. Cette corde traverse le cylindre et vient se fixer de l'autre côté à une tige de bambou fendue en deux. Le musicien pince la corde tout en pesant sur cette tige faisant ainsi varier la hauteur du son.
Un percussionniste accompagne l'ensemble sur un tambour à deux peaux mridangam ou sur des tabla et un second chanteur marque le tempo sur deux petites clochettes jhuri.

Muhammad Shahjahan Miah vit dans le village de Taota, sur la rivière Padma, au nord de Dacca. Il chante et joue du dotara depuis son enfance. Frappé de cécité à l'âge de 14 ans à la suite d'une typhoïde, il s'est depuis consacré entièrement à la méditation et au chant. C'est son guru, Muhammad Danej Munshi, qui lui transmit le superbe répertoire des poèmes chantés de Lâlan Shâh. Si de nos jours, ces chants sont désormais inclus dans les programmes de concerts classiques des chanteurs professionnels de Dacca, Muhammad Shahjahan Miah fait encore partie de ceux qui, par leur choix religieux, en restituent toute la ferveur émotionnelle.

Contributeurs

Origine géographique

Bangladesh

Mots-clés

Date du copyright

1991

Cote MCM

MCM_1991_BD_S1

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Bangladesh. Chants mystiques Bauls, dans la tradition de la confrérie Lâlan Shâhî par Muhammad Shahjahan Miah. Photos Bangladesh 1991-10-14 Photo numérique
Bangladesh. Chant mystique Baul. Shahjahan Miah. Affiche Bangladesh 1991-10-14 Affiche
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Saison 1991 1991