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Chine. Démonstration des codes de l'opéra de Pékin avec Pei Yanling. Conférence

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Évènement

Titre

Chine. Démonstration des codes de l'opéra de Pékin avec Pei Yanling. Conférence

Date

1993-01-31

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Conférence

Description de la pratique

31 janvier 1993
La marche, le galop des chevaux, le franchissement des montagnes, la vision de la mort, la rencontre d'un fantôme obéissent à des conventions strictes et sophistiquées, autant gestuelles que vocales, que tous les spectateurs chinois déchiffrent parfaitement.

L'Opéra chinois occupe une place primordiale au sein de la culture chinoise et de l'histoire mondiale des arts. Il en existe plus de trois cents formes et des milliers de troupes interprètent un répertoire varié.
Depuis le XIIe siècle, l'opéra chinois ne cesse d'évoluer ; l'opéra de Pékin date du XIXe siècle, le Yueju de Shangai du XXe siècle. L'opéra cantonais est le premier à intégrer des instruments occidentaux et à adapter des pièces européennes. La création d'un opéra chinois moderne date du début du siècle et Tien Han et Hong Shen en sont les deux dramaturges les plus importants. Ce n'est que dans les années trente, qu'il s'implante dans la vie culturelle avec notamment les oeuvres de Cao Yu, influencé par le théâtre grec et O'Neill. Si bien que la Chine se mettait à l'école de l'occident à l'époque même où Brecht et Artaud cherchaient à renouveler le théâtre occidental en s'inspirant de la tradition d'Extrême-Orient.

Le maquillage est un procédé théâtral et un art à lui seul. Il obéit à des règles propres à chaque rôle. L'expression du regard est particulièrement importante. On distingue deux types de maquillages : le visage poudré et le visage peint. La couleur indique le trait dominant du caractère et le dessin révèle les différents aspects du tempérament. L'or et l'argent sont les attributs des êtres surnaturels.

Dans l'opéra chinois, le dépouillement est à l'honneur. Le décor se limite souvent à un rideau de fond. Une table et quelques chaises servent d'éléments de base. Les conventions scéniques et le mime situent l'action. L'entrée des acteurs se fait à la droite du public et la sortie à gauche. Les scènes de combat répondent à des règles très strictes et débouchent sur de véritables ballets.

Les gestes stylisés des acteurs sont aussi complexes que les conventions scéniques. Dès son entrée, l'acteur doit, par son attitude et l'expression de son visage, indiquer au spectateur la philosophie du personnage. Les gestes sont associés à des figures de danse : mouvements de manches, position des doigts. La danse assimile la geste rituelle et guerrière. La démarche détermine le sexe et la jeunesse des personnages. Celle du héros n'a rien de naturel : le pied est levé et posé très en avant.

Le spectateur occidental est d'abord séduit par les costumes, les visages peints et le raffinement des gestes, puis par la musique qui ponctue les mouvements des acteurs. La langue employée est assez éloignée du parler courant. Les intonations de la langue chinoise permettent à l'acteur d'exprimer des nuances supplémentaires. Le chant est interprété par des voix de fausset lorsqu'il s'agit de rôles de femmes et de jeunes hommes, et par des voix naturelles pour les hommes, les visages peints, les bouffons et les vieilles dames.
Il existe deux styles musicaux, tous deux originaires de la province de Hebei : le Xipi accompagne les morceaux de bravoures et l'Erhuang les scènes tragiques.

Contrairement à la tradition occidentale, le texte n'a pas une importance primordiale, il est librement adapté pour servir l'ensemble. L'histoire relève souvent du fantastique ou du mythologique. Le répertoire est généralement très moral : dévouement à la patrie, piété filiale et fidélité à la femme sont les thèmes les plus courants.

L'opéra chinois se diversifie selon les régions et à l'intérieur d'une même province suivant son degré d'élaboration. Technique théâtrale et répertoire sont à peu près partout identiques, même si chaque province utilise ses propres dialectes. Certains styles musicaux se sont répandus dans toute la Chine, bien que certaines provinces conservent des mélodies populaires locales. Les costumes ont également des caractéristiques régionales : couleur vives et paillettes pour l'opéra cantonais, peintures faciales pour celui de Pékin.

L'entraînement de l'acteur commence vers l'age de 8 ans où il apprend la technique de la marche, du saut et du chant. Les qualités propres de l'enfant le destinent à une catégorie de personnage et un maître lui transmettra son art.

Le style et la couleur du vêtement varient en fonction du statut social du personnage : port de la robe pour les homme de condition sociale élévée, ceinture de jade et manches ondulantes en soie pour les hauts dignitaires, vêtements de coton généralement pour le peuple.

Pei Yanling, interprète du rôle de Jason dans "Médée", est depuis une dizaine d'années considérée comme l'un des "monstres sacrés" de l'opéra chinois. Pratiquant l'art théâtral chinois depuis sa tendre enfance elle a glâné tout au long de sa carrière les prix les plus prestigieux pour devenir en 1985 un "Trésor National". Spécialisée dans les rôles masculins et plus particulièrement de guerrier, elle tient également la gageure d'interpréter les rôles de laosheng (viel homme).
Pei Yanling s'est rendue pour la première fois en France en 1991 sur l'invitation de l'Association de Recherche des Traditions de l'Acteur, afin d'y animer un stage de Habei Bangzi auprès d'acteurs occidentaux.

Origine géographique

Chine

Mots-clés

Date du copyright

1993

Cote MCM

MCM_1993_CN_C6

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Titre Localisation Date Type
Événements scientifiques
Saison 1993 1993