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Chine, Beiguan. Musique et opéra de la Chine du Nord. Spectacle

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Évènement

Titre

Chine, Beiguan. Musique et opéra de la Chine du Nord. Spectacle

Sous-titre

Ensemble Luan-Dan-Jiao de Taïwan

Date

2000-05-09

Date de fin

2000-05-11

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

9-11 mai 2000.
Le terme beiguan ("instruments à vent du nord ") renvoie à un genre musical et à un style d'opéra originaires du nord de la Chine et en usage sous le règne de l'empereur Qianlong (1736-1795).
Bien qu'il ne soit plus pratiqué à Taïwan que par une petite vingtaine de musiciens spécialisés mais âgés, le beiguan domina pendant longtemps la musique pratiquée par la population Han. Jusque dans les années cinquante, presque chaque localité de l'île avait sa troupe, ce qui en portait le nombre à près d'un millier, dont la plupart étaient composées d'artistes non-professionnels et exclusivement masculins. Il pouvait s'agir de troupes de villages ou d'associations corporatives qui se produisaient pour le plaisir et à l'occasion des fêtes religieuses.

L'OPÉRA : BEIGUANXI
À l'origine, le beiguanxi regroupait les quatre écoles d'opéra de la Chine du nord : le yiyangqiang, le kunshanqiang, le bangziqiang et le pihuangqiang. Les deux dernières furent les plus importantes à Taïwan et donnèrent respectivement naissance à deux styles: le fulu ("ancienne école") et le xipi (hsipi) ou xinlu ("nouvelle école").
Le répertoire comprend plus de deux cents livrets traditionnels, souvent fragmentaires et tous fondés sur des anecdotes historiques ou des légendes populaires. Le style fulu comprend vingt quatre livrets complets et le xipi trente six. Mais en raison du vieillissement et de la disparition de nombreux acteurs, seules quelque vingt pièces sont encore jouées.
Les rôles se répartissent en deux catégories :
Rôles principaux
- laosheng : vieillard vénérable
- dahua : visage peint
- zhengdan : femme vertueuse
- xiaodan : jeune femme
- xiaosheng : jeune lettré
- sanhua : comique principal
Rôles secondaires
- gongmo : vieillard
- laodan : femme âgée
- erhua : comique
- fusheng : rôle masculin
- huadan : femme légère
- fudan : rôle féminin
Les textes étaient traditionnellement chantés et déclamés en chinois ancien dit «mandarin». Mais depuis quelques décennies, seules les parties chantées ou psalmodiées le sont encore, les dialogues étant interprétés en dialecte local : taïwanais, hakka ou autre. Seules quelques rares "confréries" non professionnelles de beiguan utilisent le chinois dit "de Pékin".

LA MUSIQUE
L'instrument qui a valu au genre d'être appelé beiguan ("vents du nord") est le suona, hautbois à perce conique dont les sons puissants et aigus sont d'une grande efficacité dans les scènes martiales.
Dans la musique d'opéra, selon qu'il s'agit du style fulu ou du style xipi (hsipi), la formation instrumentale n'est pas exactement la même. Dans le premier cas, celui de l'école ancienne fulu, le chant est accompagné par la vièle à deux cordes métalliques et caisse de résonance en noix de coco yehu ; tandis que dans le cas de l'école nouvelle xipi (hsipi), on utilise la vièle à deux cordes en soie jinghu de l'opéra de Pékin. Les autres instruments à cordes sont la vièle à deux cordes huqin, le luth à manche long sanxian et le luth en forme de lune yueqin.
Quant aux percussions, ce sont les mêmes que dans la plupart des autres styles d'opéra chinois : tambour de bois recouvert de peau danpigu, tambour tanggu, petit gong jingluo, grand gong daluo et cymbales bo.
Comme dans d'autres styles d'opéra chinois, les musiciens puisent dans un corpus d'airs préétablis (on en compte environ une centaine) et associés à des situations spécifiques, par exemple : la levée d'une armée, les entrées d'un seigneur de guerre, d'un empereur ou d'un ministre, d'un héros populaire ou d'un général barbare.

L'ENSEMBLE DE BEIGUAN LUAN-DAN-JIAO DE TAÏWAN
En réaction à la désaffection dont était victime le beiguan et face au vieillissement de ses interprètes, Chiu Huo-Long et son épouse Pan Yu-Jiao, élevés l'un et l'autre au rang de Trésors Nationaux, ont rassemblé des artistes de talent pour former l'Ensemble de Beiguan Luan-Dan-Jiao, sauvant ainsi une tradition qui se mourait.
Ils bénéficièrent du soutien d'intellectuels tels que Hsu Tsang-Houei, Tseng Yong-Yi, Zheng Rong-Hsing, Wang Jui-Yu, Lin Gu-Fang et Hou Chi-Ping dont l'appui avisé les aida à conquérir l'ensemble des universitaires, des musiciens ou gens de théâtre. En effet, soucieux non seulement
de perpétuer cette tradition mais aussi de l'adapter au cadre contemporain sans en perdre la substance ni en trahir la richesse symbolique,
l'Ensemble de Beiguan Luan-Dan-Jiao se concerte régulièrement avec des spécialistes au sujet des livrets, des types de maquillage, des costumes, de l'éclairage, du décor, etc.

Programme:
1. Le vent dans les pins, ouverture pour percussions.
En ouverture de la plupart des opéras de style Bei-Guan, tambours et gongs jouent quelques passages très animés extraits des pièces concernées. "Le vent dans les pins" est l'un des morceaux pour vents et percussions les plus joués. Il n'en existe pas de partition définitive, mais de nombreuses variantes qui laissent aux interprètes la possibilité d'insérer sur la trame mélodique et rythmique des ornements. Destinée à mettre en appétit l'auditeur, cette ouverture est communément appelée "réglisse" ou "herbe sucrée" par les musiciens.
2. Liesse générale, pour suona et percussions.
Les morceaux de Bei-Guan pour suona, tout comme la musique des opéras, sont composés soit dans le style Fu-lu, soit dans le style Hsi-Pi. Un même morceau peut du reste être écrit dans l'un ou l'autre style, les techniques de percussion variant alors considérablement. "Liesse générale" écrit dans le style Hsi-Pi et extrait de l'opéra "Le Pavillon de la Grue Jaune" rehausse l'atmosphère de la scène où Liu Bei, pour répondre à l'invitation de Zhou-Yu, traverse le fleuve séparant leurs deux pays. L'auditeur y découvre tout un jeu riche de variations. L'intervention de la suona dans les opéras de Bei-Guan ne laisse aucune place à l'improvisation. A chaque situation et même à chaque rôle correspond un morceau déterminé.
3. Le vol des deux papillons pour percussions.
Ce morceau également intitulé "Les deux papillons de nuit" appartient à la musique instrumentale pure. L'expression musicale est ici le fait des seuls gongs et cymbales, typiques de la tradition chinoise des percussions en cuivre. Ils évoquent ici avec une grande fraîcheur la danse de deux papillons.
La transmission de ce morceau se fait par voie orale. Pour l'apprendre, les musiciens ne peuvent compter que sur leur concentration et leur mémoire auditive.
4. Extrait du Siège de He-Dong, dans le style Fu-Lu
La représentation du "Siège de He-Dong" dure normalement plus de deux heures. L'histoire en est édifiante et vante la loyauté et le respect des aînés. L'extrait musical choisi ici accompagne le départ à la guerre d'un général et il évoque la bravoure et l'héroïsme. Sur la scène l'acteur doit, tout en chantant accomplir une suite de mouvements appelés "sauts de scène". Les percussions jouent en l'occurrence un rôle très important puisqu'elles guident et accompagnent tous les mouvements de l'acteur. Ce passage dit "lent avec animation" a néanmoins une structure particukière car la musique instrumentale et le chant y sont indépendants l'un de l'autre. L'acteur peut intervenir par son chant au moment qui lui convient sans contrainte aucune.
5. Les Quatre Supérieurs, pour cordes et vents.
Les morceaux pour cordes et vents de style Bei-Guan sont assez nombreux. Ils peuvent être joués de façon autonome, mais ils servent également de transition entre les scènes, d'où le nom de "brochettes" que leur donnent les acteurs. Il existe des morceaux indépendants, mais également des ensembles comme "Les quatre tableaux" qui comprennent quatre pièce "Printemps", "Eté", "Automne" et "Hiver".
"Les Quatre Supérieurs" sont également constitués de quatre morceaux très évocateurs et expressifs, dans un style très éloigné de celui des percussions Bei-Guan. Il s'agit successivement de "Elévation dans l'ivresse", "La joie emplit la salle", "Pruniers et moineaux saluent le printemps" et "Finale".
6. Extrait d'opéra Kun-Chu
Le Kun-Chu est un style musical et d'opéra pratiqué depuis six siècles sans interruption, mais non sans évolution. Sous les Ming, un certain Wei Liang-Fu apporta de nouveaux raffinements à la musique Kun-Chu, élaborant un style dit du "moulin à eau" et augmentant le nombre des instruments de l'orchestre. La tradition du Kun-Chu, notamment pour ce qui est du chant, est restée très vivace en Chine continentale, mais elle a été également transmise à Taïwan, à une époque suffisamment reculée pour que la 'réforme de Wei Liang-Fu n'ait pu faire sentir ses effets. L'isolement insulaire de Taïwan a par la suite permis de préserver l'authenticité du genre.
Outre un spectacle entier joué généralement en ouverture de fêtes de temple, le répertoire taïwanais du Kun-Chu comprend divers morceaux isolés que les musiciens de Bei-Guan nomment entre eux "pièces subtiles". L'extrait présenté ici comprend trois morceaux pleins d'élégance et de profondeur qui évoquent en un long soupir sur la fragilité de l'existence la peine que suscite la perte d'un ami.
7. Extrait du Pavillon de la Grue Jaune, opéra de style Hsi-Pi.
L'opéra "Le Pavillon de la Grue Jaune" est l'une des pièces les plus représentatives du style Hsi-Pi. L'intrigue relate un épisode historique datant de l'Epoque des Trois Royaumes (3e siècle de notre ére) et mettant en scène, outre de nombreux généraux émérites, Liu-Bei du royaume de Shu et son stratège Zhu-Ge Liang ainsi que le Connétable Zhou-Yu du Royaume de Wu. Dans l'extrait présenté ici, Zhou-Yu, désireux de récupérer la zone stratégique de Jingzhou, cédée un temps à Shu afin de pouvoir mieux combattre Tsao-Tsao du Royaume de Wei, a invité Liu-Bei à traverser le fleuve frontière sous le prétexte d'organiser un banquet en son honneur. En fait il a l'intention de contraindre sans violence Liu-Bei à signer un acte de restitution de Jingzhou. Mais son stratagème ne saurait tromper la vigilance de Zhu-Ge Liang qui a confié à Zhao-Yun, compagnon de Liu-Bei, un étui contenant un objet qui leur permettrait de se tirer d'affaire en cas de danger.
L'extrait commence dans le pavillon de la Grue Jaune avec Zhou-Yu veillant à ce que tout soit en place avant l'arrivée de Liu-Bei et Zhao-Yun. Ses pressions envers Liu-Bei, hésitant, se heurtent à la résistance de Zhao-Yun qui s'aventure même à des provocations verbales. Il s'établit alors entre ses trois fortes personnalités une relation conflictuelle complexe. Le rôle le plus difficile, celui qui demande le plus de précision dans les mouvements, dans le jeu du regard, dans le maniement subtil des "plumes de faisan" et dans l'expression est assurément celui de Zhou-Yu. A Taïwan, seul l'art consommé de Pan Yu-Jiao permet d'en rendre toutes les facettes.

Distribution:
Hsu, Tsang-houei: superviseur
Chiu, Chao-wen: producteur

Acteurs:
Chiu Pan, Yu-chiao
Liu, Yu-ying
Wang, Ching-fang

Chiu, Huo-long: directeur musical
Musiciens:
Huang, Chen-ming
Lin, Hui-kuan
Wu, Chung-hsien
Lin, Yung-chin
Wu, Wei-hao
Hsu, Ya-mei
Huang, Hui-hu
Chuang, Tun-hui
Hsien, Chiung-chi
Cho, Giu-tsai
Huang, Wan-ju

Cheng, Kuo-yang: directeur technique
Wang, Hsin-tang: régisseur son
Chen, Tzu-wei: technicien sur-titrages
Chen, Tsai-mei: maquilleuse-habilleuse
Lin, Kuo-chang: photographe

Origine géographique

Chine

Mots-clés

Cote MCM

MCM_2000_CN_S1

Date du copyright

2000

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Chine, Beiguan. Musique et opéra de la Chine du Nord. Photos Chine 2000-05-09 Photo numérique
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