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Laos. Laos. Musique et drame dansé Phrarak Phraram. Spectacle

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Évènement

Titre

Laos. Laos. Musique et drame dansé Phrarak Phraram. Spectacle

Date

1989-04-14

Date de fin

1989-04-30

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

Laos. Musique et drame dansé. 14-30 avril 1989

Le Laos, pays peu peuplé mais chargé d'histoire, s'étend sur près de 1000 km au coeur de la péninsule indochinoise, entre le Vietnam, la Chine, la Birmanie, la Thaïlande et le Cambodge.
D'après les auteurs chinois, deux instruments remarquables naquirent dans cette région, le gong et l'orgue-à-bouche khène. La diffusion de ces instruments dans toute l'Asie du Sud-Est comme en Chine et au Japon, témoigne de l'impact de la culture lao sur ses voisines et de son apport majeur à l'histoire de la musique en général. Les grands jeux de gongs qui servent dans les cérémonies sociales ou religieuses constituent la possession la plus enviée de chaque village. Des jeux de seize petits gongs bulbés ou khong vong, disposés horizontalement sur un cadre de bambou circulaire constituent le coeur de l'orchestre classique lao pin phat. Ce dernier, contrairement aux orchestres élargis pin peat du Cambodge ou pi phat de Thaïlande, conserve toujours sa forme originale combinant le jeu de gongs khong vong, un xylophone rang nat à vingt et une lames de bois montées sur un cadre de bois incurvé et richement sculpté, un jeu de doubles timbales khong phat, un grand tambour à deux peaux khong ping, un tambour sablier khong hang, une vièle à deux cordes so hu. Le répertoire de l'orchestre pin phat comprend des pièces de musique pure et des pièces de danse, héritage de l'ancienne tradition savante khmère. Le système musical utilisé est essentiellement pentatonique, mais n'exclut pas l'usage d'échelles heptatoniques tempérées (division de l'octave en sept intervalles égaux)
Un proverbe laotien dit que "la race lao est le peuple qui souffle dans un khène, mange le riz gluant et le padek (poisson fermenté) et construit ses maisons sur pilotis" C'est dire que le khène est considéré comme la base de toute musique. Présent dans l'orchestre classique, dans les ensembles instrumentaux religieux, en accompagnement des chants alternés lam saravane, ou tout simplement comme instrument soliste, il est joué avec un art consommé du rythme et de l'harmonie. L'instrument se compose de 14 à 18 tuyaux de roseau montés sur un support de bois faisant office de réserve d'air. Celle-ci alimentée par la bouche du musicien peut jouer aussi bien en inspirant qu'en soufflant. Chaque tuyau possède une anche libre, autrefois en bambou, aujourd'hui en laiton, qui entre en vibration sous la pression de l'air lorsque le musicien bouche le trou percé sur chaque tuyau. La taille du khène est variable, pouvant aller de l'aigu (90 cm) au grave 3,60 m). Généralement, l'instrumentiste bouche en permanence les trous de deux ou trois tuyaux qui donnent alors un accord en bourdon. Cet accord, rythmé par le souffle du musicien, soutient et ponctue les motifs mélodiques répétitifs joués à une ou deux voix sur les autres tuyaux. Le système musical utilisé dans la musique du khène est le pentatonique anhémitonique (sol-la-si-ré-mi).
Les Chinois empruntèrent le khène à une époque très reculée et le remodelèrent tout en lui conservant son nom, sheng. Sous sa nouvelle forme, l'instrument se diffusa vers la Corée puis le Japon où on le retrouve encore dans les orchestres de gagaku sous le nom de sho.
Les premiers témoignages de l'art théâtral lao remontent au XVIe siècle, lors de l'introduction via la Birmanie du théâtre de marionnettes ipok d'origine indienne. Ce théâtre qui se développa tout particulièrement dans la capitale royale de Luang Prabang, était étroitement lié aux croyances religieuses des Lao, notamment au culte des génies tutélaires Nang Tian. Les marionnettes à tige ou à fil étaitent conservées dans un coffre enfermé dans une pagode, et leur sortie lors des fêtes était accompagnée d'un grand rituel. La représentation était centrée autour d'une femme médium, versée dans l'art de la parole et de la danse, qui au travers de ses récits faisait revivre l'âme du roi défunt. Au XVIIe siècle apparut au Laos le théâtre d'acteurs joué en costumes chinois, en même temps qu'une version de la grande épopée indienne Ramayana, traduite et adaptée à la culture lao sous le nom de Phrarak Phraram. Au XVIIIe siècle, le sud du Laos emprunta à la Thaïlande le théâtre d'ombres Nang Palatay, et le dota d'un répertoire comprenant des récits épiques bouddhiques, le grand roman populaire lao sisae, composé deux siècles auparavant, et le Phrarak Phraram. Actuellement, ce dernier n'est joué dans son intégralité qu'à Luang Prabang et la représentation peur durer toute une nuit.
L'extrait choisi ici retrace un épisode bien connu du Ramayana " L'enlèvement de Sita" ou "La poursuite du cerf d'or" pièce maîtresse du livre III, Aranyakanda ou Livre de la forêt. Le jeune prince Rama (Phrarak en lao), victime de la jalousie d'une des épouses de son père, a été banni pour quatorze années du royaume dont il était l'héritier légitime. Parti avec son frère Lakshmana (Phraram) et sa jeune et belle épouse Sita, il s'installe dans la profonde forêt de Dandaka. Là, répondant aux prières des ermites qui implorent sa protection, il engage une lutte sans merci contre les Raksasa, démons qui infestent la forêt. Mais pour venger sa s'ur humiliée et mutilée par les deux frères, le chef des démons, Ravana (Nhak), parvient au moyen d'un stratagème à enlever la belle princesse Sita.
Le Phrarak Phraram est interprété par des danseurs qui miment les rôles des personnages en alternance avec le récit raconté et chanté par le mo lam, maître ou maîtresse du chant. La narration et la danse est accompagnée par l'orchestre classique pi phat. Les gestes des danseurs, rigoureusement codifiés, se fondent sur la gestuelle rituelle ancienne des plateaux lao, marquée par l'influence des cultures indienne, thaï et birmane.

PROGRAMME.

-Som Song Seng, musique d'ensemble pi-phat.
-Khaorop, danse classique lao accompagnée par l'ensemble pi-phat. Soliste, Mme Kongseng Pongphimkham.
-Sien khen lao, par l'ensemble de khène. Soliste, M. Sene Philavong
-Chant traditionnel lam phen accompagné par un khène, un luth kachapi, une vièle so, une flûte kui et des cymbales sing sap. Soliste, Mme Phouvieng Vatthavisack.

-Drame dansé Phrarak Phraram.
-Episode Thak Nou Lith, "A la poursuite du Cerf d'or".
Personnage: Phrarak (Rama), Sita, Phraram (Lakshmana), Nhak (Ravana), Le Cerf d'or.

Origine géographique

Laos

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1989_LA_S1

Date du copyright

1989

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Laos. Musique de l'ensemble piphat, chant lam phen, ensemble d'orgue à bouche khène et danse classique lao Khaorop. Photos Laos 1989-04-14 Photo numérique
Laos. Drame dansé Phrarak Phraram. Photos Laos 1989-04-14 Photo numérique
Laos. Musique et drame dansé Phrarak Phraram. Photos Laos 1989-04-14 Photo numérique
Laos. Musiques et Danses. Affiche Laos 1989-04-14 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1989 1989