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Pakistan. La nuit des Qawwal. Cérémonie qawwali à la mémoire de Bullhe Shah. Spectacle

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Évènement

Titre

Pakistan. La nuit des Qawwal. Cérémonie qawwali à la mémoire de Bullhe Shah. Spectacle

Date

1999-04-15

Date de fin

1999-04-16

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

15-16 avril 1999

Une soirée qui reconstitue un rituel de sama' (audition spirituelle) plus connu au Pakistan sous le nom de 'urs ou noces (spirituelles, bien entendu), qui réunit la communauté des fidèles pour célébrer le divin dans un élan de mysticisme. Le concept de la soirée dépasse le cadre du concert stricto-sensu pour recréer une ambiance de dévotion que l'on trouve dans les rassemblements soufis.
Cette soirée sera dédiée à la mémoire de Bullhe Shah, poète soufi Panjabi du XVIIe siècle.
Ses poèmes constituent le répertoire principal de tous les qawwal du Panjab. Une relique de Bullhe Shah a été prêtée par le Ministère des Affaires Religieuses.

LE QAWWALI
Le qawwali est une forme musicale syncrétique de l'islam hétérodoxe (on nomme ainsi les doctrines non orthodoxes des soufis, un groupe d'ascètes et de mystiques) en Asie du Sud.
Le terme qui est dérivé de l'arabe qaul (dire, credo, parole) désigne à la fois un genre musical de l'Inde et du Pakistan et sa manifestation. Chant religieux destiné à véhiculer le message de la poésie soufie, le qawwali est interprété par un ensemble de musiciens professionnels de sexe masculin (les qawwal) variant de 3 à 13 personnes.
Polyculturel par principe, le qawwali, qui est né en grande partie du besoin de trouver un outil de communication musicale capable de réunir les populations locales polyglottes polythéistes autour de ce nouveau message d'unicité, résulte de la fusion d'éléments poétiques et philosophiques originaires de l'Iran et de l'Asie Centrale, et d'éléments musicaux empruntés pour la plupart à la tradition de l'Inde du Nord.
À vocation essentiellement populaire ' les missionnaires soufis trouvèrent dans les populations locales, majoritairement issues des basses castes, une audience d'autant plus réceptive à ce message d'amour duquel la notion de plaisir n'était pas exclue que ces dernières étaient à la fois méprisées par le système social et religieux, l'accès aux temples étant réservé aux "purs" ' le qawwali se caractérise musicalement par l'usage de voix fortes faisant alterner solo et choeur, répétitions et improvisations, par le soutien vigoureux des tambours et de claquements de mains et par l'intégration continuelle d'éléments étrangers à la structure originelle (citations poétiques ou musicales) dans le souci de soutenir l'impact du "mot" sur les auditeurs et d'éveiller en eux, par connotations, une émotion mystique pouvant aller jusqu'à l'extase.
Le qawwali intervient essentiellement dans le contexte du mehfil-e-sama' (assemblée d'audition).
Cette assemblée exclusivement masculine dans un contexte religieux, est placée sous la direction d'un guide spirituel (pir). Elle se réunit dans les sanctuaires, principalement le jeudi soir, "temps des morts", et lors des 'urs ( litt. "noces [spirituelles]").
Si l'islam orthodoxe rejette l'usage de la musique de toute pratique dévotionnelle, les soufis et principalement l'or re Chishti qui développa son enseignement à travers une approche cumulative dans laquelle religion et musique formaient un tout, défendent le concept d'audition spirituelle ou sama'.
Ainsi, par l'acte d'écouter, le dévot cherche-t-il à resserrer ses liens avec son guide spirituel vivant, avec les saints défunts et finalement avec Dieu et à exprimer, dans la limite des conventions sociales et religieuses, les états engendrés par son amour mystique. Les musiciens pour leur part, cherchent à activer et renforcer ces émotions et structurent leurs performances en s'adaptant constamment aux besoins des auditeurs. En conséquence, un même qawwali peut durer de deux minutes à plusieurs heures selon les circonstances.
Le qawwali commence habituellement par un prélude instrumental à l'harmonium ( nagh-ma), suivi d'un sonnet ( ruba'i) interprété par le soliste (mohri) dans le style du récitatif, sans percussion, enchaînant directement dans le "chant" proprement dit : un poème mystique de structure strophique qui sera repris par tout le groupe des qawwal et donnera son nom à l'ensemble de la composition.
Si le passage du séculier au sacré n'est pas spécifique à cette région, il faut toutefois noter un usage assez fréquent des rythmes et des danses populaires à des fins dévotionnelles. La priorité donnée au rythme est, de toute évidence, une des particularité de cette région. Ainsi, l'improvisation sur des onomatopées dénuées de sens à des fins percussives est bien le fait de l'imagination locale. La dimension physique du jeu y est aussi plus marquée qu'ailleurs, l'influence du cinéma ou des constitutions plutôt charpentées des paysans d'une région riche, toujours est-il que le corps à corps passionné entre le musicien et son destinataire réel ou imaginaire, marqué par la gestuelle presque furieuse, occupe une place réelle dans la transmission du message mystique. Il faut ajouter aux particularités du qawwali panjabi, un penchant très marqué pour les effets de toutes sortes, témoignant de la spontanéité créatrice des interprètes souvent "starifiés" et assurant un impact immédiat sur l'audience. En effet, il n'est pas rare qu'un même qawwali fasse entendre à la fois des tans ( roulades), des onomatopées et des schémas musicaux complexes habituellement réservés à la musique classique, rappelant ainsi ses racines classiques et populaire s .

LE POÈTE, BULLHE SHAH
Ceux qui se réchauffent à sa poésie l'appellent "baba" : papa. Peut-être parce qu'il sait poser les trois questions de l'humanité dans un sonnet (ruba'i) ou une ballade (kafi), avec des expressionsdébarrassées des mots pour ne rien dire. Des mots de tous les jours, de tout le monde, qui évoquent le lait de bufflone, la galette de blé et les chants des jeunes paysannes du Panjab gracieusement penchées dans les rizières ou sur le rouet' des mots symboles. Derrière le décor familier qu'il a planté pour réunir ses "amis", Bullhe Shah taille des cristaux de mots et joue à lancer sur l'eau d'un coeur purifié par l'Amour (ishq), des palets d'idées qui giclent de sens.

LES INTERPRÈTES
-Waheed uz-Zafar est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs qari (lecteur du Coran) du Pakistan. À ce titre l'on fait régulièrement appel à lui lors des grandes occasions pour officier dans les principales mosquées et à la télévision.
-Mehr Ali et son frère Sher Ali appartiennent à cette "école" du qawwali que l'on désigne sous le nom de Panjabi ang. Un des traits surprenants de cet "angle" est l'emploi de plusieurs langues simultanées (un vers en persan, un autre en arabe, une partie d'une autre en panjabi et la dernière en urdu) à des fins évidentes de communication qui s'expliquent sans doute par la situation géographique du Panjab et donc son histoire. En effet, le Panjab qui se situe à la croisée des traditions influentes ' indiennes à l'est, arabe et iranienne à l'ouest, mais aussi centreasiatique au nord ' a été un lieu d'invasions multiples, suivies naturellement d'installations.
Fidèle à la tradition, l'ensemble est dirigé par deux frères dont l'aîné, Mehr Ali est le "chef".
Comme dans beaucoup d'ensembles de qawwali, Mehr Ali est également le chanteur principal ou mohri. Le mohri possède généralement une voix très puissante, pas nécessairement mélodieuse, sa fonction consistant essentiellement à "lancer" la parole. Il est en général assisté dans son travail de messager par l'awazia (awaz, la voix) qui reprend les propositions textuelles et les développe cette fois nettement plus mélodiquement. Dans ce cas particulier, c'est Sher Ali qui occupe cette fonction. Faisant écho aux voix des deux frères, selon un dispositif assez original, deux autres awazia font entendre de magnifiques mélismes dans le registre aigu.
Les frères ont étudié l'art du qawwali avec leur père, Badriddin Khan qui lui-même descendrait d'une longue lignée de qawwal, dont l'origine remonterait au légendaire musicien du XIIIe siècle Tanras Khan. Aujourd'hui, ils sont sans doute les qawwal les plus populaires du Pakistan. Ils appartiennent à l'ordre soufi Chishti-Faridi.
-Faiz Ali Faiz est lui aussi issu d'une famille de qawwal. En effet tous ses ancêtres jusqu'à la septième génération étaient des qawwal. Né en 1962 à Sharaqpur, entre Lahore et Faisalabad, Faiz Ali Faiz a commencé à chanter de manière professionnelle en 1978, année où il forma son propre groupe de qawwal.
Bien qu'il soit de Lahore, il pratique le style doaba qui est le style des régions de l'est du Pakistan. Il reconnaît les influences de Sham-chaurasi, une célèbre école de chant khayal à laquelle appartient le célèbre Ustad Salamat Ali Khan. Faiz Ali Faiz apprit la musique classique auprès de Ustad Ghulam Shabbir Khan et Ustad Jafar Khan. Pour le qawwali il avait pour maîtres Muhammad Ali Faridi et Abdur Rahim Faridi Qawwal. De sa voix empreinte de tristesse et de douleur, il aime chanter les textes en panjabi de son saint patron Bullhe Shah. À chaque fois, il trouve un immense succès auprès de ses auditeurs. En urdu il chante principalement des ghazal. Faiz Ali Faiz chante aussi des poèmes de Waris Shah, l'auteur de la plus grande épopée amoureuse en panjabi. Ce qui est inhabituel dans la tradition qawwali.
Martina Catella

POÈMES CHANTÉS PAR FAYZ ALI FAYZ

- Hamd (louange À Dieu) : Vohi Khuda Hai (C'est Dieu), langue Urdu, poète inconnu

Quelqu'un est là qui anime l'univers,
C'est Dieu, c'est Dieu.

Ce qui échappe au regard
Ce qui est sur le point d'arriver
C'est Dieu, c'est Dieu.

Il est la vision et l'instant
Il connaît l'intention
C'est Dieu, c'est Dieu.

Ne le cherche pas dans les images (idoles)
Il est dans les saisons qui changent
Il fait du jour la nuit et de la nuit, le jour
C'est Dieu, c'est Dieu.


- Na'at : Akhian udikdian (Des yeux te guettent), langue Panjabi, poète inconnu

(Refrain) Les yeux te guettent, le coeur se lamente
Viens mon étranger, au nom de l'amour, mes yeux te guettent.

Je suis lasse de regarder vers la rue, et je m'épuise à rester seule.
Viens, et je te dirai à quel point la solitude tue.

Mon coeur sombre quand le vent d'est souffle,
Je tremble quand les oiseaux chantent,
Mon coeur mesure chaque instant qui passe.
Viens mon étranger, au nom de l'amour, mes yeux te guettent.

Sans toi, ô gardien des secrets de mon coeur,
Comment puis-je vivre ?
Ta mémoire résonne à fleur de peau et dans mes veines.
(refrain)

La séparation d'avec toi m'a détruite,
Il ne me reste que les cendres des braises,
Abandonne tes manières cruelles, mon Amant,
La saison de l'amour a commencé.
(refrain)


- Dhamal (danse sacrée) de Sakhi Lal Qalandar, langue Panjabi, poète inconnu

Ivresse du souffle, Maître Rouge, ivresse.
À chaque souffle, un seul mot, Ali, Ali, généreux Maître Rouge, ivresse.
Gardien de l'honneur, Maître de l'ivresse.

Ceux qui étaient privés du don de la générosité ont trouvé en Toi cette source.
Celui qui frappe à ta porte, ne repart jamais les mains vides.

Ta gloire est immense, Maître, et l'obscurité a disparu.
Tu portes les espoirs les plus élevés,
Maître, prête attention À mon désir, Maître.
(refrain)


POÈMES CHANTÉS PAR MEHR & SHER ALI

Qaul (profession de foi) : Man kunto Mola (Je suis le guide), langues Farsi, Arabe et Urdu, poètes Amir Khusrau et Bedam Warsi (pour les girah)

Man Kunto Mola est le chant rituel le plus fondamental pour les soufis de l'Inde et du Pakistan. En effet, cet hymne qui ouvre ou clôt souvent le rituel du sama' est l'expression de la conviction selon laquelle le principe de la succession spirituelle soufie aurait été instituée par le Prophète lui-même dans un de ses hadith (ses dires) dont ce qaul (ce qui est dit) restitue le message :
Man kunto molla : Je suis le guide,
Fa'ali un molla : Après moi, Ali est le guide

Amir Khusrau (1253-1325/26), poète, musicien et saint soufi installé à la cour de Dehli, composa un hymne basé sur ces paroles et en structura le développement donnant ainsi à l'histoire le témoignage le plus ancien et le plus abouti de ce que l'on allait dès lors nommer qawwali. L'hymne est fondé sur deux piliers fondamentaux : le credo (qaul) véhiculant les vers en arabe et le vigoureux chant persan (tarana) caractérisé par une rythmique régulière, un tempo rapide, et des monosyllabes en langue farsi. Cet ancêtre du qawwali qui marque l'aboutissement des principes posés par les missionnaires soufis, est par ailleurs caractéristique de la synthèse que les musiciens musulmans ont opéré dans la musique de l'Inde du Nord.

Je suis de Haider, un intoxiqué et un mystique brûlant.
Je suis l'esclave de Ali Murtaza.
Je suis le roi de tous les buveurs.
Je suis le guide des fervents de la sagesse.
Et le chien des rues du Lion.
Je suis le guide.
Après moi, Ali est le Guide.

dardil dardil dardani
ham tom tanananana tananana ri
ya lali ya lala yala yala ri yalalala yalalala yalalala ri

Je suis le guide
La tradition rapporte que le Prophète dit :
"Prends le nom de Muhammad et celui de sa famille"
Ali est mon Guide.
Ali est mon nom, je suis l'esclave d'Ali.
Un millier de vies honorables sont dédiées au nom d'Ali.
Ali est mon Guide.
Au-dessus des cieux, il est écrit "le Prophete d'Arabie",
Sur chaque branche, il est écrit "Ali, le Maitre",
Sur les feuilles vertes et les bourgeons : "Zehra",
Et sur les fleurs rouges : "Hussain, le fils d'Ali".
Ali est mon Guide.
Chacun appartient à l'autre,
Mon Guide est Ali.
Je jure par Dieu que personne n'est aussi royal que moi !
Je n'ai aucune crainte, Ali est mon guide.
Ali est mon Guide.
Chacun de mes souffles dit "Ali, Ali",
Ma langue profère sans-cesse "Ali, Ali",
Quand je mourrai, on inscrira sur mon suaire, "Ali, Ali".
Ali est mon Guide,
Je suis le Guide.


- Mera Piya Ghar Aya (Mon Bien-Aimé est revenu à la maison), langue Panjabi, poète Baba Bullhe Shah.

Venez mes amies, soyez généreuses, j'ai invité mon Bien -Aimé
Le jour est faste, mon Bien-Aimé est entré dans notre cour
Dans sa main, un bâton, sur son épaule, un châle
J'ai invité le Bien-Aimé.

Suspendez le temps, mon Bien-Aimé est revenu à la maison
Mon amour est revenu. En nous unissant à Allah, il nous a enrichis.

Girah (insert poétique) :
Il distribuera des douceurs, mon Bien-Aimé est revenu a la maison.
Contemplez-le tout votre saoul, mon Bien-Aimé est revenu à la maison.
Dorénavant, je suis l'épouse, mon Bien-Aimé est revenu à la maison.
Je danserai toute la nuit, mon Bien-Aimé est revenu à la maison.

Poème originel :
Le gong marque le temps inlassablement.
Il raccourcit la nuit de l'Amour.
Si l'intensité de mon désir se savait,
On jetterait le gong au loin.
Mon Bien-Aimé est revenu à la maison.

La musique joue sans cesse,
Un poème, une chanson, une mélodie.
La prière et le jeune s'y perdent.
Echansson, remplis la coupe.

Je ne sais qui je suis,
Comment connaîtrais-je le lieu de mes noces ?
Il n'y a là aucun secret, la joie est partout
(refrain)

Bien des enchanteurs se rassemblèrent pour jeter mains sortilèges
À présent, le Maître est dans ma maison,
Je resterai auprès de lui cent mille ans.

Bullhe Shah repose dans le Seul,
Je vole avec qui vole avec moi,
Cela est si rare.
La séparation serait maintenant si cruelle,
Mon amour est revenu à la maison.


- Be dardâ sang kâsi yari (Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur), langue Panjabi, poète : Bullhe Shah (poème originel), Mian Muhammad Bakhsh (girah ou inserts poétiques)

Ruba'i (quatrain) de Mian Muhammad Bakhsh :
D'où vient toute ta peine, oh âme chargée de douleur ?
Mène-nous à la boutique et sois notre guide,
Lorsqu'on attache des fleurs au coin d'un mouchoir,
Leur odeur pénètre le tissu.

Aimer ceux qui n'ont pas de coeur, c'est vivre sous un dattier,
L'ombre est absente quand le soleil brille,
Les fruits sont trop hauts quand la faim nous travaille.

Girah :
La nuit qui précède la première nuit d'amour, est une préparation.
Ceux qui n'ont pas acheté de peine, restent insensibles
Sans douleur, chiens et hommes se confondent.

L'âme qui ne connaît pas la peine, vaut moins que les chiens
Qui gardent patiemment la porte de leur Maître, le ventre creux.

L'âme qui respira la peine ne peut que pleurer,
Pleurer de la rencontre, de la séparation, pleurer sur la route.

Kafi (ballade) :
Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur ; les yeux pleurent.
Ceux qui n'ont pas de coeur nous ont quittés
Laissant dans notre sein, la morsure de la séparation
Ils ont oté la vie de nos corps.
Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur ; les yeux pleurent.

Leurs coeurs nous ont outrageusement trahis,
Ton âme de moineau tremble, et ils rient.
Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur ; les yeux pleurent.

Ils disent qu'ils viendront, ils n'arrivent jamais.
J'ai été folle de tomber amoureuse,
Je suis accablée de reproches.
Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur ; les yeux pleurent.

Bullhe Shah fit un pari, il but une coupe de poison.
Il ne gagna rien, il ne perdit rien.
Je ploie sous mon fardeau de peine et de douleur.
Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur ; les yeux pleurent.


-Dhamal (danse sacrée) de Lal Shahbaz Qalandar, langue Panjabi, poème de tradition orale

Maître rouge,
Protège mon honneur, Maître Rouge dansant,
Faucon du Sindh, de Sehwan,
Respire, Maître de l'ivresse,
Chaque souffle est Ali.

Puissent tes quatre lampes brûler éternellement
J'allumerai la cinquième.
(refrain)

Sous ton sanctuaire élevé, Maître
S'écoule la rivière.
(refrain)

Tu réunis la mère et le fils
Tu rends aux soeurs leurs frères perdus.
(refrain)

Tes crotales sonnent à travers l'Inde et l'Indus
Et ton tambourin résonne.
(refrain)


- Rang (litt. "couleur") : Chant de séparation ou sont évoqués les Saints fondateurs du soufisme dans le sous-continent, langue Purbi, poète : Amir Khusrau

Oh, lampes d'argile, écoutez ce que je dis.
La couleur emplit la maison de mon Roi, il veille toute la nuit.
Il y a de la couleur aujourd'hui dans la maison de mon bien-aimé.

Vous êtes mes Maîtres, Nizamuddin Auliya,
Nizamuddin Auliya, Fariduddin Auliya,
Fariduddin Auliya, Khwaja Qutubuddin Auliya,
Qutubuddin Auliya, Muinuddin Auliya.

Quelque soit ton désir, sur la pierre qui est tienne,
Il y a de la couleur.
Des amis se reunissent en ce lieu aujourd'hui.

Khwaja Nizamuddin, très haut dans le monde,
Au plus haut de l'univers,
Quelque soit ton désir, sur la pierre qui est tienne,
Il y a de la couleur.

Je ne verrai jamais une couleur comme la tienne, Nizamuddin,
J'ai cherché dans tous les pays et j'aime ta couleur, Nizamuddin,
Quelque soit ton désir, sur la pierre qui est tienne,
Il y a de la couleur.
(traductions de Adam Nayyar, Martina Catella, Awena Burgess, Bruce Wannel)

PROGRAMME :

-Prière d'ouverture par le pir Sahibzada Ghulam Qutab-ud-Din, maître spirituel, gardien des reliques de Bullhe Shah. (le public est prié de se lever)

Waheed uz-Zafar, qari (lecteur du Coran) (env. 20 minutes). Qul, lecture coranique du texte sur la tolérance religieuse. (le public est prié de ne pas applaudir)

Na't, chant de louanges au prophète

ENSEMBLE FAYZ ALI & REHMAT ALI (env. une heure)
Fayz Ali
Rehmat Ali
Sardar Ali Jaffari
Razwan Ali
Nadeem Akhtar
Kaleem Akhtar
Iqbal Hussain
Qaiser Abbas

-Hamd, chant de louanges "Vohi khuda, hay" (C'est Dieu)
-Na't, chant de louanges "Akhian udikdian" (Des yeux te guettent)
-Dhamal de Sakhi Lal Qalandar


ENSEMBLE MEHR & SHER ALI (env. deux heures)
Mehr Ali
Sher Ali
Amjad Ali
Sharafat Ali
Fateh Ali
Jamal Akbar
Mhd Fazal Rasool
Maqsood Hussain
Riaz Hussain
Abdul Rashid

-Qaul, profession de foi "Man kunto Mola" (Je suis le guide) composition d'Amir Khusrau - XIIIe siècle
-Qawwali "Mera piya ghar aya" (Mon bien-aimé est revenu à la maison) poème de Bullhe Shah
-Qawwali "Be dardâ sang kâsi yari » (Être l'ami de ceux qui n'ont pas de coeur) poème de Bullhe Shah
-Dhamal de Lal Shahbaz Qalandar
-Rang, chant de séparation composition d'Amir Khusrau - XIIIe siècle (le public est prié de se lever)

-Bénédiction finale et message de paix du pir Sahibzada Ghulam Qutab-ud-Din (le public est prié de se lever)

Traduction-surtitrages

Contributeurs

Origine géographique

Pakistan

Mots-clés

Date du copyright

1999

Cote MCM

MCM_1999_PK_S1

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Pakistan. Qawwali à la mémoire de bullhe shah par Faiz Ali Faiz et Sher Ali. Photos Pakistan 1999-04-15 Photo numérique
Pakistan. La nuit des Qawwal. Cérémonie qawwali à la mémoire de bullhe shah. Photos Pakistan 1999-04-15 Photo numérique
Festival de l'imaginaire. 11 mars-16 avril 1999. La nuit des Qawwal. Affiche Pakistan 1999-04-15 Affiche
Titre Localisation Date Type
3e Festival de l'Imaginaire 1999