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Vietnam. Le Hat Chéo ou théâtre populaire. Le Hat Tuong ou théâtre classique. Le Cai Luong ou théatre rénové. Mua Roi Nûoc, Marionnettes sur eau. Spectacle

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Titre

Vietnam. Le Hat Chéo ou théâtre populaire. Le Hat Tuong ou théâtre classique. Le Cai Luong ou théatre rénové. Mua Roi Nûoc, Marionnettes sur eau. Spectacle

Sous-titre

Musique traditionnelle. Nuit du Vietnam retransmise en direct par France Musique de 22h à l'aube, le 3 mars 1984

Date

1984-03-03

Date de fin

1984-03-11

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique
Théâtre

Description de la pratique

3-11 Mars 1984.
Une grande première'
Pour la première fois, l'Europe va enfin découvrir toutes les formes d'expression théâtrale du Vietnam, réunies en un festival itinérant: seules, jusqu'à ce jour, quelques pièces de Cai Luong étaient régulièrement présentées au sein des communautés vietnamiennes.
Le public qui sera amené à connaître à son tour ce théâtre, omniprésent dans le sud du Vietnam, ne devrait pas ignorer les autres formes de théâtre chanté de ce pays: le Hat Tuong, surtout pratiqué au centre et le Hat Chéo typique du nord.
Ces trois théâtres sont par excellence des expressions de l'identité culturelle du Vietnam: ils sont spécifiques à ce pays et reflètent ses légendes, ses grandes épopées historiques, mais aussi ses préoccupations contemporaines. La grande première que représente cette série de spectacles en Europe se double d'un événement dont l'importance n'échappera à personne: la sortie de leurs villages du delta du Fleuve Rouge des marionnettes sur eau, cet art millénaire jusqu'ici ignoré hors des frontières du Vietnam.
Ajoutons enfin que cette opération exceptionnelle n'a été possible que grâce à la conjonction d'efforts particuliers de plusieurs ministères, organismes, institutions et personnes privées, que nous remercions par ailleurs dans cette plaquette, et à une collaboration exemplaire et complémentaire entre les deux institutions que nous dirigeons.
C. Khaznadar, directeur de la Maison des Cultures du Monde
C-O. Stern, directeur de la Maison de la Culture de la Seine-Saint-Denis.

Conscient de l'importance des formes traditionnelles de théâtre, danse et musique, le Fonds international pour la promotion de la culture de l'Unesco a apporté son appui à plusieurs initiatives de préservation et de promotion des arts du spectacle, dans différentes régions du monde, en aidant à la production de livres, films et documents audio-visuels.
Parmi ces projets, l'on peut citer le théâtre de marionnettes sur eau du Vietnam, qui constitue un exemple d'expression théâtrale parfaitement adapté au milieu géographique.
Le comité exécutif du fonds a approuvé en octobre 1979 une aide financière destinée à assurer la mise en oeuvre d'un programme de recherche et de formation, ainsi que la présentation des spectacles auprès de la population, aussi bien dans les campagnes que dans les villes.
Les autorités et les spécialistes vietnamiens ont mis en oeuvre ce programme avec enthousiasme et ont produit un film de moyen métrage qui présente cette forme unique d'expression théâtrale.
Le Fonds est heureux que la troupe du théâtre de marionnettes sur eau de la République socialiste du Vietnam entreprenne une tournée qui permettra au public européen d'admirer un art presque millénaire dont la vitalité et l'originalité lui permettent de s'insérer tout naturellement dans notre époque.

Le Hat Chéo
Le Hat Chéo ou théâtre populaire est une forme de théâtre musical du Nord du Vietnam. L'origine de ce théâtre, joué par des paysans pour un public de paysans, tire son origine de la nuit des temps. Les premières traces d'une activité théâtrale au Vietnam ont été découvertes, d'après Ha Van Cau, grâce à des fresques datées de plus de 2500 ans: un homme déguisé en animal quadrupède et corné danse mené par un flûtiste et un joueur de crotales; plus loin, des chasseurs maquillés, armés de laces et de cimeterres, dansent devant des batteurs de tambour de bronze, des joueurs d'orgues à bouche, '
D'après l'éminent Ha Van Cau, expert en théâtre traditionnel, le théâtre vietnamien symbiose de chants, de danses et de jeux minés, aurait acquis une forme à peu près fixe à partir du Xe siècle grâce au "Jeu des Tambours".
En 1075, le roi récompense les baladins qui chantent et dansent pour son anniversaire par le titre d'acteurs. Au XIe siècle, la première compagnie des artistes de la cour royale est fondée. Ses membres sont d'origine populaire.
Aujourd'hui encore, dans les villages du nord, les représentations de Hat Chéo prennent place au moment des fêtes qui marquent la fin des travaux des champs. Plusieurs troupes professionnelles donnent des représentations presque tous les soirs dans les différentes villes et dans la capitale.
Ce théâtre transmis par tradition orale à une population qui, jusqu'à ces dernières décennies, était analphabète, constitue une mémoire collective. Le répertoire se compose de satires sociales, de farces, de légendes nationales et de pièces historiques.
Il s'agit d'un théâtre réaliste, dont les conventions scéniques sont réduites au minimum. Presque comme toutes les formes de spectacles au Vietnam, ce théâtre est chanté.

Les instruments de musique sont:
Instruments de percussion
-Tambour d'accompagnement (Trông de)
-Bloc de bois (Mo)
-Les petits gongs (Thaula)
-Le tambour de riz (Trông cai)
-Le petit tambour à deux peaux pour donner les ordres (Trông Ban)
-Les cliquettes à sapèques (Senfh Tiên)
Instruments mélodiques
-La vièle à deux cordes (Nhi)
-La vièle à caisse de résonance en noix de coco (Hô)
-La grosse vièle (Daitro)
-La flûte traversière (Sas)
-La flûte droite (Tien)
-Le luth à deux cordes (Nguyet)
-Le monocorde (Bau)

Dans le Hat Chéo, les "récitatifs" sont accompagnés par la flûte traversière, la flûte droite et le monocorde ou parfois par les seules vièles. Les chants sont accompagnées par l'ensemble au complet. Les formules rythmiques des instruments de percussion varient. Entre les différentes parties d'un chant ou entre les membres d'une phrase, l'orchestre joue des formules musicales de tansition (luu không). Les chants s'accompagnent de déclamations variées. Les paroles forment, dans la majorité des cas, des couples de vers (hexasyllabes ou octosyllabes). L'existence des mots-chevilles" ajoutés à volonté aux syllabes des vers, permet de varier les dessins mélodiques et rythmiques. La mélodie des chants n'est pas absolument fixe. Chaque chant comporte une introduction et des sections (trô ou doan) les unes principales (trô chinh) les autres secondaires (trô phu). A une situation donnée ou à un rôle particulier correspond un chant déterminé. Pour les situations gaies, le chant spécifique se nomme "Sap"

Les extraits des oeuvres présentées par la troupe sont les suivants:

Thi Mau à la pagode. (30 minutes)
Thi Kinh, répudiée injustement, quitte la maison conjugale. La solution pour elle est de se faire admettre comme bonze novice au temple bouddhique. Elle doit ainsi se déguiser en homme. La fille d'un riche propriétaire terrien, Thi Mâu, la prenant pour un joli garçon, tente de la séduire.
Thi Mau: Thuy Hien
Thi Kinh: Kim Loan ou Thuy Ngan ou Thanh Binh

La femme jalouse (30 minutes)
Inquiète de ne plus recevoir de nouvelles de son mari, envoyé dans le nord comme contrôleur fluvial, une jeune femme de Huê (Centre Vietnam) n'hésite pas à entreprendre un long voyage et à surprendre son mari vivant avec une jeune femme du pays. Au cours d'une scène de jalousie, elle reproche à son mari sa conduite. Elle fait le projet d'infliger une sévère correction à la concubine. Les réponses incohérentes du mari et ses vaines tentatives pour protéger sa deuxième femme crééent une situation difficile et comique.
Tuan Ty: Vu Ngoc
Dao Hue: Thanh Binh
Vo Le Thuy Hien

Van la folle (20 minutes)
Xuy Van mariée à Kim Nham, reproche à son mari de la laisser seule pour ne penser qu'au concours de recrutement des fonctionnaires de l'Etat. Elle simule la folie pour quitter son foyer. Dans son état de demi-démence, elle évoque les travaux d'une femme de la campagne, le filage du coton, le tissage de la soie, la couture'
Belle scène où le mime tient une grande place! Le sorcier du village n'arrive pas à l'exorciser et finit même par s'enfuir devant la réaction assez vive de Van La Folle.
Xuy Van: Thuy Ngan
Phu Thuy, le sorcier: Manh Phong
Hé Dong: Kim Loan

Le prologue est interprété par Do Thanh Binh dans le rôle de Giao Dau. Vu Ngoc et Manh Phong interprètent en alternance He Moi; Thuy Hien, Thuy Ngan et Kim Loan tiennent en alternance le rôle de Gai Lang.
Les musiciens
Kinh Nhuong: Nhi (vièle à deux cordes)
Minh Tri: Trong (tambours)
Tran Dai: Thap Luc (cithare à 16 cordes)
Vu Ngoc: Trong Com (tambour de riz)
Duc Hai: Sao (flûte)

Le Hat Tuong
Le Hat Tuong ou théâtre classique aurait pris sa forme quasi actuelle au XIIe siècle, En 1287, un acteur chinois fait prisonnier, livre, pour sauver sa tête, les techniques du jeu de l'acteur, la signification des maquillages et des costumes. Les princes et les lettrés s'approprient aussitôt cette forme de spectacle (d'après Ha Van Cau). Ainsi, le Hat Tuong, issu d'un théâtre masqué rituel, perdit son caractère sacré en entrant à la cour.
En outre, il diffère par beaucoup de traits du théâtre chinois: les maquillages et les gestes contiennent peu d'éléments symboliques, les gestes sont conventionnels mais tous compréhensibles. Sue une scène presque nue, plantée des quelques accessoires symboliques, les acteurs (appartenant à des troupes professionnelles) montrent l'idée" et non "les faits". L'action qui nie l'espace et le temps se déroule sans interruption, il ne s'agit pas de restituer la réalité mais l'essence. L'acteur n'analyse pas la vie mais la démembre, dans son jeu, pour organiser une nouvelle vie fictive destinée à éclairer la réalité (ainsi le héros peut continuer le combat après que sa tête ait été coupée). L'acteur présente un jeu, il ne s'incarne jamais.
Le Hat Tuong est un théâtre musical, un drame chanté de dansé. "Quand les sentiments arrivent au plus haut degré, la parole ne suffit plus à les exprimer; Il faut alors les chanter et les danser" affirment les Vietnamiens (rejoignant précisément ce que disait Mozart âgé de seize ans). Le Hat Tuong s'appuie sur les instruments de musique suivants:
-la corne de buffle évidée (Mo sung trâu)
-les cymbales
-les gongs
-les tambours surtout le tambour dit de bataille (Trong Trân)
-le monocorde (Dan Bau)
-la vièle à deux cordes (Dan Co ou Dan Nhi)
-la flûte traversière (Sâo)
-la flûte à caisse de résonance en noix de coco (Dan Gao)
-le luth à trois cordes (Dan Tam)

Le musicien conducteur joue du tambour et donne le signal aux autres (comme dans le théâtre chinois). Le deuxième musicien joue du ken, instrument à anche double, le troisième de la vièle à deux cordes. Cet instrument, présent tout au long de la représentation, joue un rôle de première importa,ce dans l'exécution de la musique de fond pour les déclamations (Noi Lôi). La quatrième musicien joue de la flûte traversière. Depuis 1930, elle est remplacée par la vièle à caisse de résonance en noix de coco. Le cinquième musicien joue du luth à trois cordes, le sixième joue sur toutes les percussions. Un musicien peut jouer de plusieurs instruments. L'ensemble instrumental, non seulement accompagne les chants et les déclamations, mais doit exécuter des pièces avant la représentation ou avant l'entrée en scène des acteurs ou après leur sortie.
Pour toutes ces pièces, la partie du "tambour de bataille" est la plus importante. Celui qui joue du gong et des cymbales doit connaître les formules de cadence appelées "Vi" (queue) pour finir en même temps que le tambour. Le hautbois et al vièle à deux cordes exécutent des formules mélodiques dans le style du "Hat Khach" (chant chinois).
La mélodie des chants n'est pas fixe et dépend du dessin mélodique des vers (le vietnamien est une langue à tons)
Le répertoire de ce théâtre du Centre du Vietnam est basé sur l'histoire de personnages illustres, des légendes et parfois des satires politiques et sociales.

Les extraits des oeuvre présentées par la troupe sont les suivants:

La métamorphose de Ho Nguyet Co (30 minutes)
Hô Nguyet Cô, une renarde, a pu prendre la forme humaine après de longues années d'entraînement, grâce à une perle magique siège des forces célestes qu'elle garde toujours dans la bouche.
Elle s'éprend d'un guerrier ennemi, Tiêt Giao, qui simule sur crise de douleur et affirme que seule une perle magique frottée sur son ventre pourra faire disparaître le mal. Par amour, elle remet la perle à Tiêt Giao qui s'en empare et s'enfuit. Privée de cette perle magique, elle est condamnée à reprendre la forme d'une renarde. Dans cet extrait, elle exprime sa détresse et sa colère.
Ho Nguyet Co: Dam Lien
Tiet Giao: Vo Si Thua

Les quatre serments des soeurs Trung Trac (15 minutes)
Le mari de Trung Trac, le populaire Thisach, est assassiné par le gouverneur étranger, To Dinh, un homme cupide. La nouvelle atteint douloureusement Trung Trac. Avec sa soeur, elle décide de venger Thisach et de reconquérir l'indépendance nationale. Elle lèvent des troupes, appellent à la lutte et, devant les partisans rassemblés, écrivent avec leur propre sang sur les drapeaux, les quatre serments connus de tous les Vietnamiens:
-payer la dette envers la patrie
-poursuivre l'oeuvre des rois Hung
-venger la mémoire de Thisach
-bâtir un pays souverain.
Trung Trac: Phuong Thao
Trung Nhi: Thanh Su
Thi Sach: Vo si Thua
To Dinh: Truong Dinh Boi
Le général: Truong Van Truong
La Montagnarde: Vo Thi Hoa

La douleur de Phi Ho (10 minutes)
Phi Hô apprend, par une servante, que sa femme Gia Thi a été victime d'une tentative de viol et tuée par le roi tyran. Il est intéressant de voir, dans cet extrait, comment un acteur peut exprimer la douleur morale par la voix, les yeux, les mains, la barbe et surtout les cothurnes (ces chassures de scène aux semelles épaisses et courbes) et comment le tambour accompagne et souligne les déclamations et les chants.
Phi Ho: Vo Si Thua
Nu Ti: Thanh Su

Comment Lan Anh mit au monde son enfant (15 minutes)
Pourchassé par les troupes ennemies, Lan Anh perd dans sa fuite éperdue la trace de son mari. Il ne lui reste de sa suite que No No, une jeune montagnarde qui est aussi sa servante. En pleine forêt, Lan Anh, enceinte, ressent les premières douleurs. No No, plongée dans l'embarras, aide sa maîtresse à mettre son enfant au monde.
Lan Anh: Vo Si Thua
No No: Thanh Su
Tiet Cuong: Truong Dinh Boi
Vo Tam Tu: Truong Van Truong

Le vieillard se rend à la fête avec sa femme sur le dos (10 minutes)
A regarder cette jeune femme portée par son vieux mari et qui se livre à un certain nombre de facéties avec des rencontres éphémères, à entendre le dialogue des deux personnages grâce à deux voix différentes, celle de la jeune femme et celle du vieillard, qui pourrait se douter qu'une seule et même comédienne interprète cet extrait? Le subterfuge reste à découvrir'
Ong Giao qui porte Co Gai: Dam Lien
Ca Sac: Truong Dinh Boi
Les deux domestiques: Phuong Thao et Thanh Su

Les musiciens
Trong Que: Dan Nhi et Thanh La (vièle à deux cordes et petits gongs)
Ba Hung: Bo Go (percussions)
Ngoc Chau: Nhi et Khen (2e vièle à deux cordes et hautbois)

Le Cai Luong
Le Cai Luong ou théâtre rénové, issu du Hat Tuong et de son évolution dans le sud du pays, prend ce nom à partir de 1916. La scène devient plus réaliste et les oeuvres se basent sur des pièces historiques, des comédies de moeurs et des satires sociales. La musique utilisée, puisée dans le répertoire musical du sud, est dite "musique des amateurs". Les instruments sont:
-la flûte traversière ou la flûte droite
-le luth à manche court (dan doan)
-le luth à manche long (dan xen)
-la vièle à caisse de résonance en noix de coco (dan gao)

Les pièces musicales jouées sur le mode "bac" sont réservées pour les situations gaies et les pièces sur le mode "nam" pour les situations tristes. Le répertoire continue, aujourd'hui, de s'enrichir d'oeuvres nouvelles dont les musiciens sont, souvent, les auteurs.
Les extraits des oeuvres présentées par la troupe sont les suivants:

Les tourments de la princesse Ngoc Han (30 minutes) de Lê Duy Hahn (auteur contemporain, né en 1948).
L'histoire se passe à la fin du XVIIIe siècle à la cour des Tây Son. Nguyen Hué, le paysan devenu roi, après avoir défait les ennemis intérieurs et extérieurs est considéré par le peuple comme un héros. Nguyen Hué se marie avec la princesse Ngoc Han issue de la dynastie des Lê. L'empereur Nguyen Nhac, frère aîné de Nguyen Hué s'oppose au mariage et envoie à Nguyen Hué une lettre adressée à Ngoc Hân et écrite par Lê Chieû Thong (un roi déchu qui s'est enfuit en Chine), pour montrer que Ngoc Han a trahi les Tây Son. Mais Nguyen Hué, habile et clairvoyant, réduit les divergences au sein des Tây Son et surmonte la difficile épreuve du soupçon sur la fidélité politique de sa bien-aimée.
Ngoc Han: Le Thuy
Nguyen Hue: Thanh Duoc
Tran Chu: Diep Lang
Ly Tuong: Thanh Tong

Le quatrain de Ly Thuong Kiet (30 minutes) de Hoang Yen, Ngoc Van, Than Tong.
Pour obtenir la réconciliation nationale et renforcer la cohésion du peuple de Dai Viêt devant la menace d'invasion étrangère, le général Ly Thuong Kiêt a pardonné à Ly Dao Thanh son erreur d'avoir voulu, de connivence avec l'impératrice Huong Duong, collaborer avec l'ennemi pour éliminer le général et la reine Y lan. Il l'a même nommé premier ministre et a grâcié Huong Duong.
Ly Dao Thanh, repenti, remplit honnêtement son devoir alors que l'impératrice récidive dans sa tentative de tuer Ly Thuong Kiêt et la reine Y Lan. Elle envisage de supprimer Ly Dao Thanh pour mettre son fils sur le trône.
Dans l'extrait présenté, Ly Dao Thanh doit juger l'ancienne impératrice pour qui il éprouva jadis des sentiments tendres et respectueux. Doit-il la condamner sévèrement, selon la Loi, à la peine la plus grave? Doit-il faire preuve de clémence? La reine Y Lan, qui faillit être victime de la deuxième trahison de l'impératrice Huong Duong, implore l'indulgence de Ly Dao Thanh. Mais une telle clémence devant tant d'infamie, n'aurait pas été appréciée par les dignitaires de la Cour et par le peuple de Dai Viêt. Pour réaliser la cohésion nationale, Ly Dao Thanh doit être sévère mais aussi humain dans le jugement. Huong Duong ne sera donc pas exécutée par les bourreaux, elle est autorisée à se donner elle-même la mort par le poison, l'épée ou la strangulation. C'est ce dernier moyen qu'elle choisit pour expier son crime.
Ly Thuong Kiet: Thanh Duoc
Vuong Phi Y Lan: Ngoc Giau
Ly Dao Thanh: Thanh Tong
Ly Ngan: Diep Lang
Thuy Hong: Le Thuy

Kieu Nguyet Nga (30 minutes) pièce écrite en 1956 et réadaptée en 1978, d'après le roman en vers Luc Vân Tiên du poète Nguyên Dinh Chiêu (1822-1888).
Kiêu Nguyêt Nga, accablée par le malheur et livrée aux épreuves les plus dures, garde sa fidélité envers l'homme qu'elle aime, Luc Vân Tiên. Celui-ci, victime de la trahison et de la jalousie des gens réussit à sortir indemme des pièges tendus. Des ennemis le croient mort et propagent cette fausse nouvelle dans le but de vaincre le refus de Kiêu Nguyêt Nga devant leur proposition de mariage.
Cet extrait décrit la scène finale des retrouvailles. Elle réussit à fuir la maison de Bui Ong qui veut la dénoncer parce qu'elle refuse d'obéir à l'ordre du Roi de la donner en mariage à un souverain étranger. Pour rester fidèle à Luc Vân Tiên, elle n'accepte pas non plus d'épouser Bui Kiêm, fils de Bui ong, un vaurien qui ne cesse de la poursuivre de ses assiduités. Elle est recueillie par une vieille femme, fileuse de soie, dont la demeure se cache au milieu de la forêt. Kiêu Nguyêt Nga aide sa mère adoptive en exerçant le dur métier de la soie. Une nuit, un voyageur égaré frappe à la porte. Elle reconnaît Luc Vân Tiên, devenu commandant en chef des troupes royales, après avoir défait les troupes Phiên et décapité leur chef Côt dôt. Après la douleur de la séparation, les deux jeunes gens connaissent enfin la joie des retrouvailles.
Kiêu Nguyêt Nga: Bach Tuyet
Luc Vân Tiên: Minh Vuong
Lao Ba: Ngoc Giau

Les musiciens
Kim Hai: Kim et Bau (luth en forme de lune et monocorde
Bat Ba: Kim et Co Tranh (luth en forme de lune et vièle à deux cordes
Ba Tu: Kim et Co

Scénographe Quach Luong Dong

Mua Roi Nûoc. Marionnettes sur eau.
Beaucoup d'animation autour de l'étang du village'Cet endroit d'habitude très calme, est aujourd'hui rempli de sons de tambours, de gongs, de vièles à deux cordes, de flûtes traversières en bambou.
Derrière un rideau de bambou, on devine les silhouettes de plusieurs marionnettistes dont seul le torse est hors de l'eau'Les tambours se font de plus en plus pressants. Apparaît alors une marionnette en bois de la taille d'un petit enfant, les yeux pleins de malice, le visage souriant: Têtu est bouffon, meneur de jeu, personnage indispensable au déroulement du spectacle' Les pétards crépitent et le choeur chante, annonçant qu'on va hisser les drapeaux. Et les drapeaux de sortir de l'eau et d'arriver au sommet des mâts, tous secs, en claquant au vent. Le tambour redouble d'intensité. Un dragon glisse sur l'eau. Deux licornes se disputent une balle de soie au son d'un tambour frappé par une marionnette. Le phénix déploie ses ailes, picote le cou d'une tortue qui fend l'eau de l'étang en agitant la tête. Arrive un pêcheur. Il tire sa ligne et au bout, s'agite un poisson pris à l'hameçon. Un autre attrape avec une nasse plusieurs poissons qui nagent en tous sens. D'autres numéros se succèdent représentant les travaux et les jeux de la vie villageoise: pêche aux grenouilles, élevage de canards, lutte entre deux jeunes gens ou combat de buffles. Tel est encore dans quelques villages du delta du Fleuve Rouge, à l'occasion de fêtes saisonnières, le spectacle de Mua Roi Nûoc, les marionnettes sur eau, vietnamiennes par excellence'
Certaines marionnettes sont fixées à l'extrémité de perches de bambou, de plusieurs mètres de long/ Le manipulateur n'a qu'à écarter le rideau de bambou pour faire avancer la marionnette en la plongeant dans l'eau et en la faisant ressortir ensuite. Les grandes marionnettes sont pourvues d'un flotteur en bois léger, en forme de disque, fixé à leur pieds. Il s'agit donc de marionnettes à perche. Dans certains cas, il est nécessaire de fixer des pieux au-dessous de l'eau et d'arranger un mécanisme ingénieux actionné par des fils tendus entre ces pieux.
Souvent, on associe les fils avec la perche. Pour certaines marionnettes, il faut trois perches. A celle du milieu est fixée la poupée. Parfois, on peut associer les tiges avec la perche.
L'eau boueuse cache les perches, les fils, les pieux, les mécanismes ingénieux' L'eau facilite les mouvements et permet la manipulation à distance.
Les manipulateurs des marionnettes se cachent derrière le rideau. A travers les interstices de bambous, ils peuvent voir la scène, les poupées et les spectateurs' Des chanteurs se placent à côté des manipulateurs et chantent. Parfois les marionnettistes parlent et chantent eux-mêmes. Les musiciens se placent à côté du temple sur l'eau. Le grand tambour Trong cai ou Dai-co joue un rôle important: non seulement il annonce le début du spectacle aux villageois, mais il souligne les passages déclamés ou chantés. Il accompagne les scènes de lutte, le défilé des troupes ou la danse de la licorne. Un tambour de bois mo et un petit gong thanh-la complètent les percussions. Dans certains villages, il n'y avait que des percussions.
La vièle à deux cordes dan-nhi et la flûte traversière en bambou sao-tre sont maintenant jugées insuffisantes. La Troupe Nationale y ajoute la flûte droite tiêu, la cithare à 36 cordes frappées tam-trâp-euc. Le répertoire des chants est très voisin de celui du hat-cheo, théâtre populaire du Nord'
En ce qui concerne les origines de ce théâtre, les travaux de Tô-Sanh nous permettent d'affirmer que les marionnettes sur eau ont atteint un haut niveau artistique sous la dynastie des Ly (1010-1225) et ont été transmises de génération en génération, sans interruption, jusqu'à nos jours'
Les marionnettes sur eau existaient dans deux pays: la Chine et le Vietnam. Aujourd'hui, elles ne subsistent plus qu'au Vietnam.
(Extraits de l'article du professeur Tran-Van-Khé, Marionnettes sur l'eau in Magazine Sud-Est Asie Novembre 1980)

Ce spectacle traditionnel qui vient du nord du Vietnam est actuellement vivant mais en danger. En effet, les marionnettistes hésitent à transmettre leurs "secrets professionnels" à d'autres qu'à leurs propres enfants. Aujourd'hui, le spectacle de Mua Roi Nûoc consiste en un assemblage de scènes spécifiques à plusieurs villages. Certains villages sont spécialistes des combats de dragons, d'autres des danseurs aquatiques, d'autres des batailles de porteurs de drapeaux, etc.
Tel qu'il se présente aujourd'hui, ce spectacle populaire constitue une expression éblouissante autant que raffinée, qui montre les efforts accomplis pour le maintien d'une identité.

Jeux traditionnels de marionnettes sur eau.
Apparition des drapeaux: Ouverture du spectacle de Marionnettes sur eau: quatre rangées de drapeaux jaillissent de l'eau.
Prologue de Têu: personnage comique qui fait l'introduction.
Danse des dragons
Quatre animaux divins: danse des qautre animaux divins: Long, Ly, Quy, Huong (dragon, licorne, tortue, phénix).
Jeux de ballon: deux lions se disputent un ballon.
Les fées
Travaux des champs: le paysan laboure sa rizière avec son buffle, se livre au repiquage, etc. La pêche aux grenouilles.
La Pêche: des poissons nagent dans l'étang. Pêche à la nasse.
Combat de buffles
Jeux aquatiques d'enfants
Course: sortie de chevaliers
La chasse au renard: les gardiens chassent le renard qui attrape leurs canards.
Danse du lion: danse de six personnages déguisés en lion.
L'insurrection Lam Son: le génie Tortue a confié au paysan Le Loi, une épée avec laquelle il a vaincu les agresseurs chinois. Après la victoire, pendant une promenade en bateau, la Tortue apparaît et le roi Le Loi lui restitue son épée.
Danse de l'aigle: danse de l'aigle avec sa femelle.

Marionnettistes:
Nguyen Van Le
Nguyen Trong Bay
Nguyen Huu Ngu
Phan Duy Tran
Hoang Duy Tran
Hoang Duy Luyen
Dang Van Phai
Phan Dinh Bao
Phan Van Niem
Phan Van Mao
Ngo Quynh Giao
Phau Van Ngai
Nguyen Dang Giap
Ha Nguyen Tri

Tournée dans divers lieux à Paris, Bobigny, Aulnay, Bagneux, la Rochelle, Bordeaux, Albi, Lyon, Marseille

Origine géographique

Vietnam

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1984_VN_S1

Date du copyright

1984

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