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Inde du Nord. Chant Dhrupad. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde du Nord. Chant Dhrupad. Spectacle

Sous-titre

Par Ustad Nasir Zahiruddin Dagar et Faiyaz Wasifuddin Dagar

Date

1989-12-01

Date de fin

1989-12-02

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

1-2 décembre 1989
Par Ustad Nasir Zahiruddin Dagar et Faiyaz Wasifuddin Dagar.
Mohan-Shyam Sharma, pakhavaj
Nilifar Dagar et Qamar Dagar, tanpura.

Plongeant ses racines dans la récitation du sama veda, la tradition du chant en dhrupad remonte à la nuit des temps védiques, et constitue ainsi tout un pan de l'héritage culturel de l'Inde classique au même titre que la littérature sanscrite ou les plus belles pièces de la sculpture classique. Enrichi au cours des siècles par les divers courants de la musique sacrée, le dhrupad reflète par son histoire l'évolution des aspects majeurs de la culture du sous-continent indien: Inde, Pakistan, Bangladesh.
Profondément attachée au système traditionnel de la gurushishya parampara, la méthode d'enseignement du dhrupad se fonde sur la transmission orale appliqué à la musique. La connaissance (savoir et techniques) n'est donc pas livrée sous forme d'ouvrages et d'enregistrements, comme ce peut être le cas pour d'autres répertoires de la musique savante indienne, mais instillée par le maître dans l'esprit de l'étudiant sous la forme d'un véritable cheminement initiatique. Et c'est ainsi que depuis dix-neuf générations la famille Dagar poursuit cette tradition, donnant la preuve irréfutable du dynamisme de l'héritage culturel en Inde.
Musique sacrée, le dhrupas ne vise pas à divertir mais cherche à faire communier l'auditeur avec Dieu, grâce à l'intensité de l'émotion que fait passer le musicien.
Le système musical du dhrupad, source même de toute la musique classique indienne, se fonde sur une échelle de vingt-deux micro-intervalles non tempérés (shruti) à partir de laquelle sont construits les modes ou raga, et sur tout un répertoire de cycles rythmiques fort complexes.
La première partie du concert, l'alap, est une longue improvisation au caractère méditatif et recueilli. La seconde partie, le dhrupad ou le dhamar se base sur un poème religieux et est accompagnée par le tambour à deux peaux pakhavaj.
L'alap se subdivise en trois mouvements vilambit, madhya, drut. Le vilambit au tempo lent crée une atmosphère calme et reposante en exposant les notes de l'octave inférieure du raga. Ensuite, le pouls intérieur, laya, se dessine et devient plus marqué dans le madhya où sont explorées les notes du registre supérieur. C'est dans cette partie que l'on perçoit le mieux l'écho de la psalmodie védique sont le dhrupad est originaire. Enfin, dans la troisième partie, le rythme interne s'accélère encore, s'accompagnant d'une multiplication de notes courtes, de petites phrases reprises avec plus de force, donnant une impression générale de montée vers un point culminant. Le musicien parcourant en tous sens un registre de trois ou quatre octaves, déploie toutes ses ressources créatrices et esthétiques tout en respectant le cadre de règles défini par le système des raga. Selon la nature des raga choisis, et donc les possibilités expressives très variables qu'offre chacun d'entre eux, le musicien peut choisir d'improviser un alap intégral en trois parties (raga darbari ou raga malkauns), de la réduire à la seule partie rapide (raga adana) ou au contraire à la seule partie lente (raga sohini)
Les syllabes servant de support vocal à l'alap ont été découpées à partir d'une formule mantrique articulée autour de la syllabe sacrée OM, en ne retenant que les consonnes nécessaires à la production de l'attaque du son, combinées avec les voyelles les plus propres à sculpter la matière sonore. Cette forme d'incantation sans mot est propice à la création de l'atmosphère de dévotion bhakti.
Le texte n'intervient qu'avec la composition en dhrupad ou en dhamar, moment où entre en jeu le tambour pakhavaj. Ecrits tout d'abord en sanscrit, ces textes furent par la suite composés en brijnhasa (langue de la région de Brindavan et Mathura, berceau de Krishna) et en avadhi. Les poèmes glorifient le plus souvent les divinités du panthéon hindou: Shiva, Ganesha, Krishna, se terminant parfois par l'apologie d'un des grands princes mécènes d'antan. D'autres apparaissent comme un condensé poétique de la philosophie du son ou un exposé de certains traits propres de la philosophie du son ou un exposé de certains traits propres aux techniques et à l'esthétique musicale. Pour la plupart, ces compositions sont l'oeuvre des saints poètes du mouvement bhakti entre XIIe et le XVe siècles
Le dhrupad est présenté en deux ou quatre parties, d'abord dans le registre grave du mode, puis sur toute son étendue. Les variations improvisées visent à souligner certains mots ou passages tout en s'insérant dans le rythme marqué par le pakhavaj. A l'intérieur de la mesure, les notes se multiplient et se précipitent peu à peu entraînant des effets de compression de syllabes d'où résulte une impression d'accélération vertigineuse alors même que le tempo de base demeure constant.
Les mesures (tala) les plus fréquemment utilisées sont le chautal (12 temps), le jhaptal (10 temps), le sultal (10 temps à tempo vif), et le tivra (7 temps). Musiciens et percussionnistes rivalisent d'agilité et d'imagination tissant un dialogue complice et animé, comme truffé de blagues et de jeux de mots.
La composition en dhamar qui peut être choisie à la place de celle en dhrupad, s'en différencie d'abord par son rythme à 14 temps, et par le lyrisme plus affirmé de ses textes qui évoquent les jeux et les amours de Krishna avec les bergères de Brindavan. Le sentiment dominant dans le dhamar est celui de l'amour-eros (sringara).
Le tanpura est l'instrument à cordes dont s'accompagnent tous les musiciens de la tradition classique de l'Inde du Nord. Chaque note que le chanteur présente sous ses diverses facettes, particulièrement dans l'alap, ne peut être véritablement appréciée que dans son rapport constant à la tonique du mode. C'est pourquoi le tanpura joue un rôle fondamental en émettant tout au long du concert un bourdon permanent basé sur la tonique des octaves moyenne et supérieure du mode. L'instrument composé d'une grosse caisse de résonance et d'un long manche, comporte quatre cordes qui épousent exactement la courbe d'un large chevalet fixé sur la table d'harmonie, favorisant ainsi l'émission d'harmoniques qui enrichissent le son du bourdon.
Le pakhavaj est un tambour horizontal à deux membranes qui appartient à la plus ancienne tradition classique de la musique du nord de l'Inde. Généralement utilisé pour accompagner le dhrupad, il est également employé dans les ensembles qui accompagnent les danseurs de kathak. Les deux membranes sont accordées à l'octave, la plus grave étant joué par la main gauche. L'instrument est accordé en trois temps, d'abord en tendant les lanières de cuir, puis en déplaçant les cylindres de bois placés sous ces lanières, et enfin en martelant légèrement la bordure avec un petit marteau. Pour chaque récital, le percussionniste applique sur l'une des membranes une couche de pâte faite de farine et d'eau pour avoir exactement la note dominante voulue par le mode.
Encore récemment Ustad Nasir Zahiruddin Dagar formait avec son frère, Ustad Faiyazuddin Dagar le célèbre duo des Frères Dagar. Ensemble ils contribuèrent de manière décisive à faire connaître au monde entier la tradition du chant dhrupad en duo, une spécialité de leur famille. Ils s'étaient acquis une renommée mondiale, participant à de nombreux festivals internationaux, notamment au Festival de l'Inde en Russie et au Japon. Ils venaient d'enregistrer plusieurs disques compacts lorsque le plus jeune d'entre eux, Faiyazuddin Dagar s'éteignit brusquement à Delhi en février 1989. Il avait heureusement eu la joie d'entendre une fois son fils Faiyaz Wasifuddin Dagar, chanter en solo lors d'un Festival Maître-Disciple à Bhopal. C'est à ce dernier qu'incombe désormais la mission de perpétuer la tradition en duo en accompagnant son oncle Zahiruddin Dagar. Ils ont déjà donné plusieurs concerts en Inde, au Pakistan et au Bangladesh.

Contributeurs

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Date (année)

1989

Cote MCM

MCM_1989_IN_S3

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Titre Localisation Date Type
Inde. Les Dagar. Musique de l'Inde. Chant Dhrupad. Affiche Inde 1989-12-01 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1989 1989