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Inde du Nord. Chants Thumrî, Ghazal et Tarânâ. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde du Nord. Chants Thumrî, Ghazal et Tarânâ. Spectacle

Sous-titre

Gulshan Bharti, chant et harmonium ; Ilmaz Hussein Khan, tabla ; Gilles Bourquin, tanpura

Date

1991-05-23

Date de fin

1991-05-26

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

23-26 mai 1991.
La province de l'Uttar Pradesh, frontalière avec le Népal a été traversée par les caravanes de la soie, de Calcutta à Bénarès puis à Agra.

La musique vocale constitue en Inde du Nord l'essence même de la musique. Si les instrumentalistes indiens ont toujours fasciné l'auditeur occidental par la souplesse de leur jeu, c'est que depuis le XIVe siècle ils tentent sans relâche de reproduire sur leurs instruments les infimes modulations de la voix. C'est pourquoi, contrairement à la musique du Moyen-Orient, la musique improvisée d'Inde du Nord ne connaît pas de genre spécifiquement instrumental mais s'appuie exclusivement sur des formes empruntées à la musique vocale, notamment le khyal.
A côté des grands genres classiques dhrupad, dhamar et khyal, la musique vocale d'Inde du Nord a développé à partir du XIIIe siècle plusieurs formes mineures regroupées sous le titre de "musique semi-classique" ou "musique légère" (light classical music) et qui connurent dès leur apparition une très grande faveur auprès du public indien.

Le thumrî ou thumarî fut introduit pour la première fois au XVIIIe siècle à la cour de Nawab Wajid Ali Shah de Lucknow. Il s'agit de chants d'amour généralement interprétés en brja basa (forme ancienne du hindi). Le style de ces compositions est à la fois gracieux et léger, mais exige du fait de la richesse de son ornementation une très grande virtuosité. Selon les puristes, le thumrî ne fait pas à proprement parler partie des formes classiques, dans la mesure où il ne respecte pas la pureté du râga mais opère au contraire des mélanges de modes. Les râga sont choisis parmi ceux dont le contenu affectif est jugé particulièrement romantique. Les thumrî sont généralement accompagnés au tabla sur des cycles rythmiques de 14 ou 16 temps.

Le ghazal et le tarânâ passent pour avoir été introduits au XIIIe siècle par le poète 'Amir Khusrau (1253-1325). Né dans l'l'Uttar Pradesh d'un père turc et d'une mère indienne, 'Amir Khrusrau devint le disciple du maître soufi Nizamuddin Auliya et se consacra totalement à la poésie et à la musique. Maîtrisant aussi bien l'arabe et le persan que l'urdu et le sanscrit, Khusrau composa plusieurs centaines de ghazal réunis dans un divan (recueil de poésie) en cinq livres.
Outre l'introduction des genres khyal, ghazal et tarânâ, on lui doit d'avoir défini les formes musicales du qawwali, cérémonie de l'ordre soufi fondé en Inde à la fin du XIIe siècle par Maïnuddin Chishti. On lui attribue également la création de rythmes nouveaux, de plusieurs râga issus de la combinaison des modes indiens et persans, la transformation de la vina tritantri à trois cordes en sehtar (ancêtre du sitar actuel) et la conception des tabla à partir du tambour à deux peaux pakhavaj.
La forme poétique ghazal naquit en Iran vers le XIIe siècle où elle s'illustra sous la plume de Hâfiz et Sa'adi. Le ghazal connut dès le XIIIe siècle une grande faveur parmi les poètes indo-persans qui l'adaptèrent du persan à l'urdu. Fondé sur la métrique arabe classique le ghazal sa compose généralement de plusieurs distiques de même rime se distinguant les uns des autres par une relative autonomie thématique. Ainsi, si chaque strophe entretient des relations sémantiques avec celles qui la précèdent ou la suivent, elle fonctionne également de manière indépendante. Ceci a une incidence remarquable au plan musical: le poème pouvant se plier à un éclatement dans le temps, il autorise les mélismes et les vocalises qui, loin de le diluer, viennent au contraire l'enrichir. Essentiellement lyrique, le ghazal chante l'amour, l'amitié, la foi et sert parfois de support à une réflexion morale voire politique. De ce fait, il se chante aussi bien dans un contexte profane que dans le cadre d'une cérémonie de qawwali.
Chanté sur les mêmes râga que le thumrî, le ghazal est accompagné sur des cycles rythmiques à 7 ou 14 temps.

"Si tu tiens à troubler mon coeur, fais le,
Je l'accepte, si cette agonie n'est pas trop longue.
Dieu je t'implore fais que je puisse lui parler.
Mais que faire, si la chance ne me sourit pas."

"Le ciel chargé de nuages gris annonce une pluie généreuse.
Que Dieu me protège car je vais boire.
La magie de l'amour est dans mes yeux,
Prends garde de croiser le feu de mon regard.
Si par bonheur je peux t'appartenir,
Rien au monde ne comptera plus."

Extrêmement rapide et dynamique, le tarânâ est un chant rythmique dont le texte est remplacé par des syllabes dénuées de sens telles que "Tana dere ta, drim tana dere na" ou par des bowl, syllabes mnémotechniques correspondant aux diverses manières de frapper le tambour.

Gulshan Bharti, jeune chanteur à la voix profonde et douce, a reçu un enseignement familial de son père, Ashiq Ali Khan, et de son oncle, Ustad Masoon Ali Khan.
Ilmaz Hussein Khan a reçu l'enseignement de son père, grand joueur de tabla Hafaque Hussein Khan, chef de lignée de l'école de Lucknow. Depuis la mort récente de son père, il est le représentant de cette école, au style léger et aérien.

Ces deux musiciens de l'Ecole de Lucknow, interprèteront trois genres de chants: le Thumrî, le Ghazal et le Tarânâ appartenant à ce qu'il est convenu d'appeler la musique classique légère.
Ces trois formes, moins connues en Occident que le Qawwal des Frères Sabri ou le Dhrupad des Frères Dagar s'y apparentent directement.

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1991_IN_S1

Date du copyright

1991

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Inde du Nord. Chants Thumrî, Ghazal et Tarânâ. Photos Inde 1991-05-23 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1991 1991