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Inde du Nord. Qawwali, chant soufi. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde du Nord. Qawwali, chant soufi. Spectacle

Date

1992-03-19

Date de fin

1992-03-22

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

19-22 mars 1992.
par Jafaar Husayn Khan et Zahid Husayn, Talib Husayn Sultani, Salim Jafaar, Iltafat Husayn, Dillah Khan, Wajahat Husayn.

Le qawwali (du mot arabe qawl désignant littéralement la "récitation modulée") est une des formes poétiques et musicales majeures des communautés musulmanes d'Inde de nord et du Pakistan. Il doit à sa fonction religieuse et mystique d'être depuis sept siècles l'un des genres les plus vivants du sous-continent indien.
Le soufisme est apparu dans cette région vers la fin du XIIe siècle grâce à Moïnuddin Chishti dont l'oeuvre spirituelle, poétique et musicale, fut poursuivie par son disciple Nizamuddin Auliya (1238-1325). Depuis, la tombe de N. Auliya à Delhi est devenue un grand sanctuaire da la région et appelle chaque année plusieurs milliers de pèlerins lors des commémorations des saints soufis.

Très proche par sa forme de la musique classique légère de l'Inde du nord (ghazal, tarana, thumri), le qawwali (à la fois genre musical et séance mystique) se présente comme un ensemble de poèmes chantés par des artistes professionnels ou qawwal.
Chaque ensemble de qawwal comprend deux ou trois solistes accompagnés par un choeur, un ou deux petits harmoniums et des instruments à percussion (tabla et tambour horizontal dholak).
Comme toute cérémonie soufie, la séance de qawwali passe par trois étapes, le kaifiyat dans lequel les chanteurs interprètent un chant préparant l'auditoire à se détacher de monde environnant, le wajd, état d'abandon au cours duquel l'artiste et le public se fondent en une unité et le hal, fusion totale de l'individu avec le divin.
La tradition rapporte qu'un disciple de Chishti, Qotboddin Bakhtiar Kaki demeura en extase pendant quatre jours en écoutant le qawwal dire: "Qu'est-ce que la musique? Pourquoi est-elle si enchanteresse? La musique est le secret de l'amour et l'amour le secret de Dieu."

Les poèmes composés par les grands maîtres soufis dans les qautre langues majeures de la région (persan, hindi, urdu, arabe) sont généralement des ghazal, une forme poétique héritée de la métrique classique arabe ('aruz) et organisée en plusieurs distiques de même rime. Improvisés à partir d'une mélodie-type, ces chants ont pour but de conduire l'auditoire vers un état de dévotion intense, voisin de l'extase.

La durée d'une cérémonie peut varier d'une heure à une nuit selon les besoins et l'état d'esprit de l'assemblée. Les choix des poèmes est laissé aux interprètes et à leur audience mais comme il s'agit d'invocations, un ordre de préséance impose de commencer par les louanges à Dieu, avant de chanter celles du prophète et celles des saints soufis.
Deux chants obligatoires ouvrent et ferment la cérémonie, le qaul et le rang, composés par le poète 'Amir Khusrau (1253-1325), considéré aujourd'hui comme le créateur de la musique des qawwal.

Né dans l'l'Uttar Pradesh , 'Amir Khusrau devint disciple d'Auliya dans le même temps qu'il se mettait au service et sous la protection du Sultan de Delhi et de ses fils. Maîtrisant aussi bien l'arabe et le persan que l'urdu et le sanscrit, Khusrau composa plusieurs centaines de ghazal réunis dans un recueil de poésie ou divan en cinq livres. Sur le plan de la musique on lui doit l'introduction des genres vocaux khyal et tarânâ, la création de rythmes nouveaux ainsi que de plusieurs râga issus de la combinaison des modes musicaux indiens et persans. On lui attribue enfin la création de l'ancêtre du sitar à partir de la vina tritantri et celle des percussions tablâ.

Les poèmes de qawwali se regroupent en deux catégories illustrant les deux dimensions principales du soufisme: d'une part les invocation à Dieu (hamd), au Prophète (na'at) et aux saints soufis (manqabat), d'autre part les poèmes exprimant les aspects émotionnels du mysticisme soufi: amour (ishq), extase (rindânâ), séparation (firâq) union (wisâl).
Un bon qawwal doit répondre à neuf qualités: avoir une voix mélodieuse, être formé en musique classique indienne, avoir une connaissance parfaite du Coran, des modes en usage dans la récitation coranique, des textes des chants et de leur sens profond, faire preuve d'un sens esthétique développé, mener une vie disciplinée, avoir des manières aimables et enfin bénéficier de la bénédiction d'un saint soufi.

Les qawwal appartiennent à des familles où l'éducation musicale se transmet oralement de génération en génération. Jafar Husayn Khan est né à Sahaswan, dans l'Uttar Pradesh. Il apprend la musique vocale hindoustanie avec son oncle Ustad Mashtaq Husayn Khan, le sitar avec Ustad Wahid Khan de Jaïpur et plus tard se tourne vers le chant qawwali sous la tutelle de Ustad Ghulam Ahmed et Bande Husayn.
En trente ans de carrière il a joué un peu partout en Inde, atteignant une réputation bien méritée. Il a participé en Europe au "Festival Soufi International" de 1981, en 1985 à l'inauguration de l'Année de l'Inde en France et en 1992 à l'Année de l'Inde en Allemagne.

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1992_IN_S1

Date du copyright

1992

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Inde du Nord. Qawwali, chant soufi. Photos Inde 1992-03-19 Photo numérique
Inde du Nord. Qawwali, chant soufi. Affiche Inde 1992-03-19 Affiche
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Saison 1992 1992