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Inde. Danses de l'Andhra Pradesh. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde. Danses de l'Andhra Pradesh. Spectacle

Date

1992-10-20

Date de fin

1992-10-31

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

Inde. 20-31 octobre 1992.
Academy of Indian Dances, direction N.K.M. Raju, Tirupati, Andhra Pradesh.
Selon le Natya-sastra du sage Bharata, considéré comme le plus ancien traité sur la danse et la dramaturgie, la danse aurait été inventée par le dieu créateur Brahma à la demande des autres dieux du panthéon hindou qui réclamaient une "récréation qui fût à la fois audible et visible". Brahma puisa donc dans les quatre premiers veda pour en créer un cinquième, le Natya veda (veda du théâtre) destiné à conduire à la rectitude et à la justice, à la richesse et à l'abondance, et le communiqua au sage Bharata. Mais à côté de tous les styles énergiques et dynamiques proposés par le dieu Brahma, Bharata souhaita introduire un style gracieux qu'il avait vu dansé par Shiva et demanda à ce que son enseignement fût assuré par des femmes. Pour enseigner ce style plein de grâce, Brahma créa donc les Apsara ou nymphes célestes.
Selon une autre tradition, Shiva apporta à la connaissance de Bharata la pratique et l'enseignement de la danse pure nritta, dont il révéla lui-même l'aspect dynamique, viril et puissant, chargeant son épouse Parvati d'en enseigner l'aspect féminin et délicat. La légende de la danse Urdhava tandava évoque une joute dansée de Shiva et Parvati. Alors que Shiva se sent sur le point de perdre, il élève la jambe à hauteur de sa couronne; la modestie féminine de Parvati lui interdisant un tel geste, elle doit alors s'incliner.
Si toutes les divinités du panthéon hindou sont très largement représentées dans le théâtre et la danse, Krishna occupe à lui seul une place très particulière. La danse de Krishna, incarnation de Vishnou sous les traits d'un berger, et de ses bergères (les gopini) constitue l'expression idéale du sentiment amoureux, qui symbolise lui-même la relation mystique qui unit l'âme à Dieu.
Les grandes formes de la danse classique indienne ont ainsi pu se développer et se conserver grâce aux cérémonies religieuses dont elles formaient une partie très importante. Lors de ces cérémonies, les danses étaient exécutées par les brahmanes ou par des danseuses attachées au temple. Ces devadasi ou "servantes du dieu" servaient de véhicule à l'adoration de tous les participants, car comme le dit un texte sacré, "là où vont les mains se portent les regards, là où vont les regards se dirige l'esprit, là où se pose l'esprit surgit l'état d'âme et jaillit la joie essentielle". Jusqu'au XVIe siècel, les devadasi bénéficiaient d'un statut éminemment respectable.; Par la suite, dans les Etats soumis semble-t-il à l'influence musulmane, les devadasi furent appelées à danser également pour les rois et les nobles et churent du piédestal où on les tenait jusqu'alors. A partir de ce moment les danses de temple devinrent l'apanage quasi-exclusif des brahmanes, tandis que les danseuses allaient permettre le développement d'un répertoire séculier.
Indépendamment des considérations de styles, on peut définir d'après les textes anciens trois genres dansés principaux: natya qui est le drame joué et dansé proprement dit, interprété par des acteurs et des danseurs, nritya qui est une évocation narrative par la danse de morceaux épiques retraçant l'éternelle lutte entre les dieux et les démons, enfin nritta ou la danse pure.
De même que la musique indienne se fonde sur une échelle de base de sept degrés, la danse fait appel à sept articulations fondamentales du corps humain à la fois dans le sens horizontal et le sens vertical. Dans le sens horizontal, il s'agit du bout des doigts, des trois phalanges, des poignets, des coudes et des épaules; dans le sens vertical, du cou, des épaules, de la taille, des hanches, des genoux, des chevilles et des orteils. Tous les mouvements de ces articulations sont strictement codés et chargés de significations.
Dans le natya-sastra, l'ouvrage sanscrit du sage Bharata on distingue 13 mouvements de la tête, 36 mouvements d'yeux, 9 mouvements du cou et un nombre considérable de mouvements de mains, les mudra, qui forment à eux seuls un véritable vocabulaire. Chaque mouvement figure un objet, un animal, une plante, un astre' et peut selon le contexte auquel il est associé revêtir diverses significations (cf. à ce sujet l'ouvrage de Tara Michaël, La symbolique des gestes de mains (Hasta ou Mudra) selon l(Abhinaya-Darpana, Editions Sémaphore, Paris, 1985; et qui décrit, dessin et photos à l'appui tous les gestes en usage dans le Bharata-natyam, l'Odissi, le Kuchipudi et le Kathak)

Les danses exécutées ce soir: le sadar et le thafa, sont présentées pour la première fois en France. Toutes deux créées entre le XVI et XVIIe siècle, dérivent de la technique du bharata-natyam.
Parmi les styles chorégraphiques de l'Inde du sud, le bharata-natyam occupe une place de tout premier plan. Certaines légendes en attribuent la création à Arjuna, l'un des cinq Panvada, héros de l'épopée Mahabharata.
Danse de temple devenue aujourd'hui danse de divertissement, le sadar fut créé vers l'an 1675 par Ramalinga Rajendra, roi de Tanjore, pour le culte de Shiva. Il fut par la suite repris pour le culte de Vishnou par Rajacholan, roi de Maduraï. Les poèmes qui accompagnent cette danse ont été dans leur grande majorité composés par une célèbre devadasi, Ranga Jama. Outre les poèmes chantés, maintes séquences sont accompagnées par la déclamation de syllabes rythmiques, les bola.
Danse de divertissement, le thafa fut créé sous le règne de Srikrishna Devaraya, roi de Rayalasima, un royaume qui au XVIe siècle englobait l'Andhra Pradesh, le Larnataka, le Tamilnadu et l'Orissa. Cette danse connut un essor considérable grâce à la Rani Chinna Devi, seconde épouse du roi et remarquable danseuse et chorégraphe. Outre les mouvements empruntés au bharata-natyam, on remarquera le travail original des hanches et du buste ainsi que certains mouvements probablement empruntés aux traditions populaires de cette région.

PROGRAMME

SADAR
Danse d'adoration à Ganesha (danse propitiatoire)
Ranga puja

THAFA
Danse sur les bola (syllabes rythmiques)
Evocation de la nature
Extrait du Krishnalila tarangam: Krishna joue à la balle avec ses amis. La balle tombe dans un étang où vit un cobra. Krishna plonge et combat le serpent pour reprendre sa balle.
Extrait du Mahabharata: Les Pandava et les Kauvara jouent aux dés. La mise est Draupadi, l'épouse commune des cinq Pandava. Les Pandava perdent et les Kaurava s'emparent de Draupadi. Celle-ci est sauvée de son funeste destin grâce à l'intervention de Krishna qui l'enveloppe dans un sari d'une longueur interminable.
Le chant de Rama
Hymne dévotionnel
Jetikartu, final.

Contributeurs

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Date du copyright

1992

Cote MCM

MCM_1992_IN_S3

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Inde. Danse sadar et thafa de l'Andhra Pradesh, par Academy of Indian Dances, direction N.K.M. Raju, Tirupati, Andhra Pradesh. Photos Inde 1992-10-20 Photo numérique
Inde. Danses d'Andhra Pradesh. Affiche Inde 1992-10-20 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1992 1992