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Inde. Tablâ Tarang. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde. Tablâ Tarang. Spectacle

Date

1997-06-04

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Mercredi 4 juin à 20h30
Pandit Kamalesh Maitra, tablâ tarang
Kavi Srinivasan et Laura Patchen : tablâ
Norbert Klippstein, tanpura
1. Râg Bachaspati
2. Râg Bhûp kalyan

Du tablâ au tablâ tarang
La tradition orale attribue l'invention du tablâ au mystique soufi Amir Khusrau (1253 - 1325). Musicien, poète et compositeur, on lui doit aussi l'invention du sitâr. Le tablâ aurait été conçu en divisant en deux le pakhavaj, ce tambour à deux membranes qui accompagne encore aujourd'hui le chant classique dhrupad. Avec le développement au XVIIIe siècle de nouvelles formes musicales telles que le khyal, le ghazal ou le thumri, le tablâ devint l'accompagnateur indispensable du chanteur ou de l'instrument mélodique.
Sans les qualités sonores exceptionnelles du tablâ et la possibilité de l'accorder avec une extrême précision, le tablâ tarang n'aurait jamais vu le jour. Le mot tarang, « vagues », évoque de manière imagée le son caractéristique de cet instrument lorsqu'il se trouve entre les mains d'un musicien accompli.
Instrument à la fois mélodique et rythmique, le tablâ tarang se compose de dix à seize tablâ disposés en arc de cercle autour du musicien, les plus graves à gauche et les plus aigus à droite. Chaque tablâ est accordé de telle sorte que l'ensemble reproduise toutes les notes du mode musical (râg) sur un registre de deux octaves.
Le tablâ tarang naquit à la fin du XIXe siècle. Le maître Uday Shankar fut le premier à l'utiliser en solo. Mais c'est grâce à Kamalesh Maitra qu'il acquit ses lettres de noblesse.
Le principe de l'improvisation dans la musique indienne est fondé sur l'exploitation d'un mode musical ou râg. Selon une théorie connue depuis la Grèce antique jusqu'aux confins du monde oriental, chaque mode se définit non seulement par son échelle (sa gamme), mais aussi par une expressivité qui lui est propre. C'est pourquoi les Indiens associent à chaque râga un sentiment spécifique et un moment de la journée plus propice à son exécution. L'improvisation instrumentale suit les règles du khyal, une forme vocale née au XVIIIe siècle et adoptée depuis dans la musique instrumentale. La première partie, l'alap, soutenue par la tonique du râg jouée sur la tanpura, expose les degrés du mode, les mettant tour à tour en valeur dans toute leur dimension expressive. Dans les parties suivantes, le rythme apparaît et avec lui, de courts thèmes mélodiques qui sont répétés, variés, développés en un dialogue ludique entre l'instrument mélodique et le tablâ d'accompagnement.
Le concert débutera par le râg Bachaspati originaire du sud de l'Inde (culture karnatique). La présentation du mode (alap) sera suivie d'une composition lente sur un rythme à 16 temps, le teental ; la troisième partie se composera d'un drut (rapide), d'un gat (composition) et d'un jhalla également en teental.
La seconde partie du concert sera introduite par diverses compositions rythmiques basées sur un cycle à 16 temps appelé tâbla lahara. Le tâbla tarang interprétera ensuite le râg Bhûp kalyan de la traditon du nord de l'Inde (culture hindoustanie).
Pandit Kamalesh Maitra
Considéré comme le grand maître de cet instrument rare et original, Kamalesh Maitra est né en 1928 dans le district de Tangail (ex-Bengale oriental), au sein d'une famille de médecins. Lorsque celle-ci vient s'établir à Calcutta, haut-lieu de la musique hindoustanie, le jeune Maitra écoute, fasciné, les échos d'une musique qui lui parviennent d'une maison voisine. C'est là que vit le chanteur Phani Sen qui, contre l'avis de la famille Maitra, initera le jeune Kamalesh à l'art du tablâ. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la famille fuit les bombardements japonais sur Calcutta et se réfugie à Bénarès. Kamalesh, alors lycéen, s'inscrit au Conservatoire et, poussé par son maître, travaille d'arrache-pied.
Rebuté par la carrière de médecin à laquelle le destine ses parents, Maitra s'installe à Lucknow et s'engage dans une compagnie d'assurances pour subvenir à ses besoins. Il entre en contact avec plusieurs musiciens dont Santosh Chander, Ustad Ali Akbar Khân et toute l'équipe de la Radio Indienne. Après la guerre, il retourne à Calcutta, s'inscrit à la Shivpur Musical Competition et remporte le premier prix. Il hante aussi les salles de concerts, caressant l'espoir de rencontrer de grands musiciens. Il rencontre ainsi le grand tabliste Ustad Keramatulla Khan et devient son disciple. En 1948, il abandonne les assurances et décide de se consacrer uniquement à la musique.
Deux ans plus tard, Maitra entre à l'Uday Shankar Ballet comme percussionniste principal et s'installe à Madras. Désormais, toutes les conditions sont enfin réunies pour que le jeune musicien apprenne le tablâ tarang qu'Uday Shankar avait inclus parmi les percussions de son orchestre. Quand on lui demande s'il peut jouer du tablâ tarang, Maitra déclare qu'il peut apprendre à jouer de n'importe quel instrument en six mois. Son premier maître, Sishir Sobhon Bhattacharya, lui enseigne les techniques de base et Uday Shankar l'encourage à développer sa propre technique. Il connaît ses premiers succès lors d'une première tournée aux États-Unis et au Canada avec l'Uday Shankar Ballet en 1951-52. A son retour en Inde il s'applique à élargir sa maîtrise de plusieurs instruments et en 1953 il devient le directeur du département musical de la troupe.
Quand le gouvernement indien fonde la Sangeet Natak Academy à Calcutta (aujourd'hui Université Rabindra Bharati), Maitra y passe quatre ans comme compositeur et assistant au département de danse manipuri. Voulant approfondir ses connaissances dans le domaine mélodique, il apprend le sarod auprès d'Ali Akbar Khan et Srimati Annapurna Devi. La visite de plusieurs délégations étrangères à Calcutta à cette époque lui offre l'opportunité d'être invité à tourner à l'étranger. Ainsi commence une carrière internationale qui l'amène à jouer devant des personnalités du monde politique comme Ho Chi-Minh, Chou En-Lai et Khroutchev.
Les années soixante sont une période de grande productivité pour Maitra qui partage son temps entre diverses activités dont les principales sont la composition, la direction d'ensembles musicaux et les tournées à l'étranger. Il participera ainsi à la tournée européenne et américaine du Festival from India produite par George Harrison et organisée par Ravi Shankar.
En 1977, Uday Shankar vient de mourir, et Kamalesh Maitra est invité à enseigner à l'école germano-indienne de danse Nataraj. Il s'installe à Berlin. Ses concerts en Europe attirent beaucoup de jeunes désireux d'apprendre la musique classique indienne. En 1980 il forme le Ragatala Ensemble qui mêle les instruments indiens et occidentaux dans une musique composée sur le système des râga. En 1982 il enseigne la musique indienne à la Wilmersdorf Musikshule à Berlin. Il réalise ses premiers enregistrements en 1984 et collabore avec Ravi Shankar à la musique de Genesis, le film de Mrinal Sen. En 1994, il enregistre un CD pour la Smithsonian/Folkways Rcds.

Discographie :
Tablâ Tarang ' Melody on drums ' Pandit Kamalesh Maitra
Smithsonian / Folkways SF 40436

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1997_IN_S2

Date du copyright

1997

liste des contributeurs

alx:21306

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Titre Localisation Date Type
Saison 1997 1997