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Inde. Kathakali, drame dansé du Kerala (Inde). Spectacle

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Évènement

Titre

Inde. Kathakali, drame dansé du Kerala (Inde). Spectacle

Sous-titre

La troupe Satvikam-Kalasadanam dirigée par Sadanam Harikumar présente "L'exécution de Dussassana" extrait de Duryodana Vadam (un épisode de l'épopée du Mahâbhârata).

Date

1999-06-04

Date de fin

1999-06-06

Artistes principaux

Direction artistique

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

Méla-Musique. Carte Blanche à la Maison des Cultures du Monde. Grande Halle de la Villette. 4, 6juin 1999
spectacle sur-titré en français.
Le public peut assister dans l'Atrium au maquillage des acteurs commenté par Françoise Gründ.

Le Kathakali
Dans le Kerala, Etat du sud-ouest de l'Inde, katha signifie "histoire" et kali, "jeu". Raconter des mythes et leur donner vie par la danse, le geste, la musique, les masques ou les maquillages n'est pas exceptionnel dans le sud de l'Inde. De nombreuses formes spectaculaires ont cette fonction depuis des millénaires, depuis des millénaires, depuis peut-être les premières évocations du sacré par les Dravidiens, occupants originels de la moitié sud du sous-continent.
Or un jour, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, le zamorin (raja local) de Kottarakara eut un rêve. Il se vit dans son palais, possédant et dirigeant une troupe d'acteurs dont les costumes, les maquillages et le répertoire lui apparurent dans leurs moindres détails. Dès son réveil, il recruta des hommes pratiquant le krishnattam, le kuttiyattam, le teyyam, le mudiyettu, le yakshagana de l'Etat voisin du Karnakata, et le kalaripayattu ou art martial keralais. Ainsi naquit le kathakali. Par la suite, les troupes se multiplièrent, de nombreux seigneurs locaux mettant un point d'honneur à montrer leur propre troupe au moment des célébrations civiles ou des fêtes religieuses..
Théâtre aristocratique issu d'emprunts aux formes populaires et sacrées, le kathakali n'en constitue pas moins une expression originale dont les caractéristiques se perpétuent jusqu'à aujourd'hui. Le répertoire puise dans les épisodes des deux grandes épopées de l'hindouisme: le Râmatâna, le Mahâbhârata, récits fondateurs, et dans les textes sacrés de la Gitagovinda. Les personnages principaux sont des rois, des guerriers, des dieux et participent donc d'une dramatisation de l'invisible et de ce qu'Artaud appelle le théâtre de cruauté.

Le Kathakali Sadanam
Il existe actuellement une dizaine de troupes de kathakali dont trois sonr particulièrement actives. Créée dans les années cinquante, la troupe de Kathakali Sadanam fait partie du Gandhi Seva Sadanam (maison de Gandhi), un village communautaire où étaient pratiqués le tissage, la poterie et la danse selon les préceptes de Gandhi. Sadanam Kumaran appartenant aux freedom fighters (combattants pour la liberté) fonda sous le regard du maître la section de kathakali. Il dirige encore ce centre et la troupe de Kathakali Sadanam.
Ce centre, situé à une dizaine de kilomètres de Palghat, assure la formation des acteurs, exclusivement masculins, des musiciens, des maquilleurs et des habilleurs pendant une dizaine d'années. Il compte environ cinquante personnes parmi lesquelles figurent les masseurs. Ceux-ci jouent un rôle très important dans l'assouplissement du corps des danseurs, longuement pétri à l'aide d'huile de moutarde et dont les articulations ont acquis la capacité d'effectuer des mouvements et des rotations extraordinaires.
Depuis 1997, Sadanam Harikumar, fils de Sadanam Kumaran, a créé une seconde troupe de kathakali de style Sadanam, appelée Satvikam-Kalasadanam.

Le maquillage et les costumes
Un long et minutieux maquillage pose sur le visage un masque mobile aux couleurs violentes et aux formes graphiques extravagantes. Le but est de dilater les proportions de la tête, dont les dimensions ont été augmentées en largeur par les shutti ou barbes de pâte de riz et en hauteur par des coiffes-tours rutilantes. Pendant la préparation de son corps qui peut durer quatre heures, l'acteur se pose sur la cornée une graine d'aubergine ou se verse une goutte de beurre fondu, qui a pour effet de rendre le blanc de l''il sanglant.

La musique
Drame épique chanté et miné, le kathakali est accompagné par un ensemble musical propre à la culture keralaise. Cet ensemble se compose de percussionnistes, d'un joueur de conque et de chanteurs.
Les sloka, poèmes d'annonce ou d'explication sont chantés en sanskrit, tandis que les padam, textes des dialogues, sont chantés la plupart du temps en malayalam (langue du Kerala)
D'habitude, les acteurs ne parlent ni ne chantent, mais se contentent de pousser des cris ou des grognements pour ponctuer leur danse dans les moments de grande intensité. Il s'agit donc (comme dans de nombreux théâtres d'Asie) d'une forme dramatique dissociée.

La danse
Empruntant certaines figures chorégraphiques à toutes les formes dramatiques archaïques dont il est issu, le kathakali suit de façon assez précise les normes du traité de danse du Natya Shastra (XIe siècle). Deux grands styles se dégagent: la danse lashya pour les caractères féminins et les personnages divins. Ce style se caractérise par la douceur, l'harmonie et l'enchaînement délicat des mouvements. La danse tandava en revanche, violente, faite de sauts, de ruptures, de talonnades et de retournements implusifs caractérise les guerriers, les rois et les démons. Quel que soit le style chorégraphique, les acteurs, qui miment le texte, utilisent des mudra, gestes codés des mains et des doigts et des abhinaya, mouvements des prunelles, de la bouche et des muscles faciaux.

Synopsis
L'extrait présenté ce soir, "l'exécution de Dussassana" fait partie d'un des épisodes du Mahâbhârata: le Duryodana Vadam (histoire de Duryodana).
Les Pandava vivent en exil sous une identité d'emprunt. Perdants d'une partie de dés truquée contre leurs cousins et ennemis, les Kaurava, où ils jouèrent tous leurs biens jusqu'à leur épouse commune Draupadi, ils souffrent de ce châtiment.
Draupadi implore le Dieu Krishna qui la protège afin que justice soit rendue aux Pandava. Krishna tente en vain d'intercéder auprès de Duryodana afin que les Kaurava restituent aux Pandava une partie de leurs biens. Se heurtant à un refus, Krishna provoque alors un combat entre Dussassana, le plus cruel des Kauvara, et Bhima, l'un des cinq époux de Draupadi.
Bhima-furieux sort vainqueur du combat et ivre de vengeance arrache les intestins de son ennemi et les mange. Il appelle Draupadi qui lave sa chevelure dans le sang de Dussassana.

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1999_IN_S3

Date du copyright

1999

liste des contributeurs

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Titre Localisation Date Type
Saison 1999 1999