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Inde du sud, Tirayattam. Danses rituelles du Kerala. Spectacle

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Évènement

Titre

Inde du sud, Tirayattam. Danses rituelles du Kerala. Spectacle

Sous-titre

par la Edakote Tirayatta Kala Samithy

Date

2000-03-23

Date de fin

2000-04-26

Artistes principaux

Direction artistique

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Cérémonie, rituel

Description de la pratique

23-26 mars 2000.
Dans le cadre du European Network for World Cultures, avec le concours des Ateliers d'Ethnomusicologie (Genève), de l'Alliance Française de Trivandrum (Kerala). Coordination Ravi Gopalan Nair.

Cette tournée constitue la première invitation d'un tirayattam hors du Kerala. La troupe présentée est le Edakote Tirayatta Kala Samithy, dont les membres ont été formés au tirayattam par Shrî Appukutty Asan, son seul maître actuel. Etant aujourd'hui trop âgé pour voyager, il en a confié la responsabilité à son fils et successeur Rajan Edakkotu.
Une douzaine de musiciens et de danseurs présenteront une version nécessairement condensée des principales phases de ce rituel spectaculaire, qui dure ordinairement une à trois nuits. Dieux et déesses, héros, ancêtres et bouffons, les personnages du tirayattam nous invitent à découvrir un monde d'une extraordinaire luxuriance, à la fois totalement ritualisé et d'une profonde originalité artistique. La beauté des costumes, des coiffes et des maquillages rivalisent avec la complexité des rythmes qui les animent.
Les villages du Kerala comportent plusieurs sanctuaires appelés kavu, dédiés à diverses divinités. Chaque caste ou communauté possède le sien, dont les rites et l'entretien sont assurés par un responsable local. D'apparence souvent modeste, ces sanctuaires sont parfois rattachés à une maison familiale; ils sont alors situés à l'angle sud-ouest de la propriété. Dans les sanctuaires où le tirayattam est représenté, l'image des dieux est remplacée par leurs armes et leurs attributs rituels, qui seront utilisés par les danseurs lors du rituel.
Le tirayattam est un rituel dans é organisé chaque année dans les sanctuaires villageois du Malabar. Il est centré sur le culte du dieu Shiva et de la déesse Kâli (ou Bhadrakâlî), dont différentes formes sont incarnées par les danseurs. Des animaux mythiques, des héros et des ancêtres familiaux y sont aussi représentés. Chaque tirayattam comporte ses propres rites, transmis localement de génération en génération.
Tira signifie "rayonnement" ou "présence", et attam "danse". Lors du rituel, le dieu ou la déesse est considéré comme présent dans le corps du danseur, dont le maquillage élaboré, la coiffe et le costume reproduisent l'apparence. Extrêmement colorés, ceux-ci utilisent les cinq couleurs traditionnelles: le rouge, le vert, le jaune, le noir et le blanc, appliquées selon une esthétique immuable.
Le tirayattam est l'apanage des vannan ou peruvannan, une caste faisant partie des communautés "intouchables" du Kerala. Leurs autres attributions relèvent de la médecine ayurvédique (pour les maladies physiques) et de la médecine tantrique (pour les affections psychiques). La formation au tirayattam se transmet de façon purement orale: dès leur petite enfance, les garçons commencent par assister aussi fréquemment que possible au rituel afin de se familiariser avec le déroulement de ses différentes phases et d'observer les mouvements corporels et les expressions faciales des danseurs. L'enseignement proprement dit débute vers l'âge de douze ans et comporte, outre la danse, le jeu des tambours et le chant, des techniques destinées à fortifier le corps telles que le massage, et les arts martiaux.

Déroulement du rituel
Le turayattam se déroule toujours selon un ordre général invariable; il commence par l'allumage des lampes à huile de chaque autel et l'invocation du dieu Ganapatî. Vocale ou instrumentale, la musique est constamment présente dans le rituel. Les instruments utilisés sont un petit hautbois (kurumkuzhal), une paire de cymbales (ilatâlam), deux sortes de tambours tubulaires (chenda), l'un aux timbres aigus et l'autre aux sonorités graves, et un petit tambour en forme de sablier (tudi). La musique du tirayattam repose sur une polyrythmie très complexe réalisée par l'ensemble des tambours et des cymbales sur l'accompagnement du hautbois. Chaque tira (divinité incarnée) a son chant propre appelé tôttam, qui décrit sa vie, les circonstances de sa mort, ses qualités particulières, ainsi que sa relation avec le santuaire où se passe le rituel. On attribue aux paroles de ce chant le pouvoir de "réveiller" l'esprit du tira et de l'inviter à s'incarner dans le corps du danseur.
Le tirayattam dure toute une nuit et comporte trois phases:
-vellattam, la "danse de l'enfance" dans laquelle sont représentés des épisodes de la jeunesse des principaux dieux, héros et ancêtres incarnés par les danseurs.
-tirayattam, la "danse de la splendeur", toujours interprétée en pleine nuit, qui évoque les événements marquants de l'âge adulte des tira. Ils y apparaissent dans la plénitude de leur accomplissement, manifestée par celle de leur maquillage, de leur costume et de leur coiffe. Leur danse est la plus longue et la plus spectaculaire du rituel.
-chantattam, la phase terminale du rituel, dans laquelle sont dépeints la vieillesse du tira et son décès, ou plutôt son retour au séjour des dieux. La fin du chantattam marque aussi celle du "temps rituel" et le retour au "temps ordinaire".

I. Vellattam
Kavunarthal: Invocation et rites initiaux devant l'autel (moni pandal), accompagné du jeu des percussions (melam).
Odakku: Chant du tôttam, qui est un hommage poétique à chacune des divinités qui seront incarnées. Par le tôttam, le dieu ou la déesse est invité à s'incarner dans le corps du ou des danseurs (la même divinité pouvant être incarnée par deux danseurs). Le front du danseur est ensuite ceint d'un tissu sacré.
Vellattam: Le danseur apparaît, présente ses offrandes, et on le coiffe de son ornement frontal (aniyalam), signe de la présence de la divinité qui s'incarne en lui. La danse peut alors avoir lieu; elle se termine lorsque le danseur ôte sa couronne. Le vellattam est interprété par deux danseurs à l'apparence identique.

II. Tirayattam
Sandhyavela: Invocation instrumentale par les tambours (chenda), les cymbales (ilatâlam) et le hautbois (kurumkuzhal).
Entrée du tira: Lorsqu'il se présente, chaque tira reçoit une offrande de riz et de fleurs. Sa danse représente les épisodes marquants de la vie du dieu qu'il incarne.
Panthalattam: Danse et chant de louange des musiciens autour d'une lampe à huile.

III. Chantattam
Dernière partie du rituel, représentant la fin de la vie terrestre du dieu ou de la déesse par des mouvements extatiques. Trois ou quatre assistants entourent les danseurs, ils retirent leurs attributs à la fin de la danse puis répandent sur leur corps une substance noire appelée chantu. Enfin ils appliquent leurs mains sur la surface du sanctuaire, qui est fermé.
Laurent Aubert et Ravi Gopalan Nair

Chacune des représentations présentera un programme différent. Durée 1h20.

Jeudi 23 mars
Vellattam
-Kavunarthal (invocation, hautbois et percussions)
-Odakku, chants de louanges aux dieux invités. Le front du danseur est ensuite ceint d'un tissu neuf, offert par la famille propriétaire du sanctuaire; cela signifie que l'assistance considère les danseurs comme suffisamment purs pour pouvoir incarner les divinités.
-Karumakan Vellattam. Jeunesse de Karumakan, le "fils de Shiva", est né dans la forêt au cours de la retraite de Shiva et de son épouse Pârvatî. Il est représenté par deux danseurs.

Tirayattam
-Sandhyavela (invocation instrumentale).
-Bhadrakâli Tira. Forme de la déesse Kâlî, Bhadrakâlî est née du troisième oeil de Shiva afin de détruire le démon (asura) Darika.
-Panthalattam. Danse et chant de louange des musiciens.
-Karumakan Tira. Plénitude de Karumakan.

Chantattam
-Karumakan Chantattam. Vieillesse de Karumakan, retour au séjour des dieux.


Vendredi 24 mars
Vellattam
-Kavunarthal (invocation, hautbois et percussions)
-Odakku, chants de louanges aux dieux invités. Le front du danseur est ensuite ceint d'un tissu neuf, offert par la famille propriétaire du sanctuaire; cela signifie que l'assistance considère les danseurs comme suffisamment purs pour pouvoir incarner les divinités.
-Kariyattan Vellattam. Jeunesse de Kariyattan, Kariyattan (kari = noir) est une incarnation de Shiva en tant que chasseur aborigène vivant dans la forêt. Cette forme de Shiva est caractéristique du tirayattam et de la culture religieuse de cette région du Kerala. Son animal de prédilection est le cochon sauvage. Ses armes sont la lance, la massue et le bouclier. La danse évoque les jeux enfantins de la divinité.
A la fin du vellattam, les danseurs déposent leurs coiffes devant le sanctuaire, prennent la parole pour raconter comment la divinité a élu domicile dans ce sanctuaire, puis concluent par des paroles de bénédiction et des offrandes.

Tirayattam
-Sandhyavela (invocation instrumentale).
-Pookutty Tira, Karimkutty Tira, Guru. Un couple de basse caste travaillant au sservice d'une riche famille de brahmanes a un fils. Celui-ci a les yeux rouges et est doté d'une force surhumaine, qu'il emploie à combattre l'injustice. Terrorisé par le jeune garçon, le maître de céans décide d'organiser un grand sacrifice: il fait allumer vingt-et-un feux et y jette le corps de l'enfant découpé en trois cent quatre-vingt dix morceaux. Du feu sacré surgissent trois cent quatre-vingt dix formes de l'enfant, parmi lesquelles Pookutty, qui se manifeste en tant que fleur, et Karimkutty qui a la couleur du charbon. Tous deux sont vénérés dans le tirayattam en compagnie de Guru, le maître qui leur a appris les saintes Écritures .
-Panthalattam. Danse et chant de louange des musiciens. Le tabouret autour duquel se placent les musiciens figure une lourde pierre à moudre sur laquelle certaines divinités peuvent venir prendre place.
-Kariyattan Tira. Plénitude de Kariyattan. Contrastant avec la dimension enfantine du Kariyattam Vellattam, cette danse exprime dans une première partie la colère et l'humeur combative de la divinité, tandis que la seconde partie, qui débute par un changement de coiffe, révèle la dimension paisible et compatissante de son caractère.

Chantattam
-Kutty Chantattam et Karimkutty Chantattam. Vieillesse et retour au séjour des dieux de Pookutty et Karimkutty.

Samedi 25 mars
Vellattam
-Kavunarthal (invocation, hautbois et percussions)
-Odakku, chants de louanges aux dieux invités. Le front du danseur est ensuite ceint d'un tissu neuf, offert par la famille propriétaire du sanctuaire; cela signifie que l'assistance considère les danseurs comme suffisamment purs pour pouvoir incarner les divinités.
-Kullavan Vellattam. Kullavan est né de Shiva à un moment funeste selon l'astrologie. L'enfant fut donc caché dans un panier et enterré vivant. Un couple d'aborigènes à la recherche de racines comestibles le découvrit et décida de l'adopter. Rapidement devenu d'une force exceptionnelle, Kullavan tua ses parents et ses maîtres. Il quitta alors la forêt et erra dans le monde, ne se nourrissant que de viande crue et d'alcool. Kullavan est vénéré par ceux qui désirent avoir des enfants en bonne santé.
A la fin du vellattam, les danseurs déposent leurs coiffes devant le sanctuaire, prennent la parole pour raconter comment la divinité a élu domicile dans ce sanctuaire, puis concluent par des paroles de bénédiction et des offrandes.

Tirayattam
-Sandhyavela (invocation instrumentale).
-Karimkâlî Tira. Karimkâlî ("Kâlî noire") est la forme sous laquelle la déesse tue son démon (asura Rakta Bîja. Elle est vénérée comme l'équivalente de Sarasvatî, la déesse de la connaissance.
-Panthalattam. Danse et chant de louange des musiciens. Le tabouret autour duquel se placent les musiciens figure une lourde pierre à moudre sur laquelle certaines divinités peuvent venir prendre place.
-Kullavan Tira. Plénitude de Kullavan.

Chantattam
-Kullavan Chantattam. Vieillesse de Kullavan, retour au séjour des dieux.

Dimanche 26 mars
Vellattam
-Kavunarthal (invocation, hautbois et percussions)
-Odakku, chants de louanges aux dieux invités. Le front du danseur est ensuite ceint d'un tissu neuf, offert par la famille propriétaire du sanctuaire; cela signifie que l'assistance considère les danseurs comme suffisamment purs pour pouvoir incarner les divinités.
-Villy Vellattam. Villy est la forme de Shiva en tant que destructeur universel. Lors de la retraite du prince Arjuna (héros du Mahâbhârata) dans la forêt, Shiva se présenta à lui, accompagné de son épouse Pârvati, sous la forme d'un roi tribal. Avant de lui confier une nouvelle arme qui l'aiderait dans sa lutte contre ses ennemis (le clan des Kauvara), Shiva désire tester la force d'Arjuna et le défie donc en duel. Au cours du combat, Arjuna frappe la tête de Shiva de son arc (ville), provoquant la naissance de Villy, "l'archer" reconnaissable à l'arc et à la flèche peints sur son front
A la fin du vellattam, les danseurs déposent leurs coiffes devant le sanctuaire, prennent la parole pour raconter comment la divinité a élu domicile dans ce sanctuaire, puis concluent par des paroles de bénédiction et des offrandes.

Tirayattam
-Sandhyavela (invocation instrumentale).
-Odakâlî Tira. La déesse Kâlî connaît de multiples formes. Celle de Bhadrakâlî naquit du troisième oeil de Shiva pour d"truire le démon Darika. Au moment de la tuer elle prit la forme de Raktaswari ("la sanguinaire"). Enfin après avoir tué Darika, elle devint Odakâlî ("Kâlî des bambous"): incapable de contrôler sa furie, elle frémissait si fort que toute la terre se mit à trembler. Brahma, le dieu de la création, apparut alors devant elle et, afin de l'apaiser, lui conféra cent un noms et lui offrit une résidence dans la forêt de bambous.
-Panthalattam. Danse et chant de louange des musiciens. Le tabouret autour duquel se placent les musiciens figure une lourde pierre à moudre sur laquelle certaines divinités peuvent venir prendre place.
-Villy Tira. Plénitude de Villy dans son âge adulte.

Chantattam
-Villy Chantattam. Vieillesse de Villy, retour au séjour des dieux.

Dossier avec photos de Laurent Aubert et article en anglais (sous forme d'interview qui a eu lieu en 1979 de Shri Kalidasan) dont la référence n'est pas connue sur le tirayattam.

Contributeurs

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Date (année)

2000

Cote MCM

MCM_2000_IN_S1

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Inde du Sud. Tirayattam. Rituel dansé du Kerala (Inde du Sud). Affiche Inde 2000-03-23 Affiche
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