Ressource précédente
Ressource suivante

Japon. Biwa. Tsuruta Kinshi. Spectacle

Collection

Type de document

Évènement

Titre

Japon. Biwa. Tsuruta Kinshi. Spectacle

Date

1983-06-14

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

mardi 14 juin 1983.
Les musiques de Biwa
Le Biwa japonais provient, probablement du Moyen-Orient et appartient à la famille du Oud arabe et du luth européen. Par la Chine sous le nom de "P'ipa'" et par la Corée sous le nom de "Pyiba", l'instrument arrive au Japon. L'utilisation de l'instrument dans chaque pays répond à la mise en valeur d'une ligne culturelle particulière au groupe ethnique. Par exemple, en Chine les dix-sept frettes du P'ipa donnent la possibilité au musicien de montrer l'agilité de ses doigts et sa virtuosité dans les passages rapides. Au contraire au Japon, les musiciens traditionnels de Satsuma Biwa s'attachent à produire la subtile transformation d'un son avant qu'il ne meurt en utilisant les doigts de la main gauche pour jouer sur les quatre ou cinq ponts.
A l'intérieur même du Japon co-existent plusieurs styles de musique de Biwa. Les musiciens exécutant chacun de ces genres en préservent l'originalité depuis la période de leur origine. Les styles les plus anciens se nomment Saku-Biwa et Moso-Biwa (le Biwa des prêtres aveugles) qui furent les premiers introduits dans le Gagaku (ensemble de musique et de danses des cours impériales) dès le VIIe siècle. Un style plus récent prend le nom de Kojin-Biwa (musique pour les dieux de la cuisine) et se situe à Kyoto depuis le VIIIe siècle. Il consiste en chants religieux apportés par la suite dans le Kyushu (grande Ile au sud) pour former deux courants de musique situés chacun dans une ville : le Satsuma moso à Kagoshima et le Chikuzen moso à Fukuoka. Bien que de nature non religieuse, les styles de Kokkei-Biwa (comique) et de Higo-Biwa (narratif et originaire de Kumamoto) montrent la grande influence de la musique des prêtres aveugles. Le style très connu nommé Heikebiwa ou Heikyoku, du XIIe siècle se situe depuis cette époque à Kyoto. Il se base sur la narration du Heike Monogatari (grande épopée décrivant une guerre de clans entre deux grandes familles japonaises).
Depuis la seconde moitié du XVIe siècle, un nouveau style, le Biwa Uta (chant de Biwa) devient progressivement représentatif de la musique de Biwa dans son ensemble. La musique appelée plus tard Satsuma Biwa demeure la plus ancienne de tous les styles de Biwa Uta; les guerriers du clan Satsuma (maintenant situé à Kagoshima) reçurent l'ordre de leur seigneur, avant la bataille, de chanter des textes didactiques et de jouer du Biwa. Plus tard, les habitants de la région prirent plaisir à entendre cette musique en maintes occasions et la conservèrent.
Depuis l'ère Meiji, le Biwa Uta se répand dans tout le pays avec pour support principal le Satsuma Biwa. Aujourd'hui trois écoles de musiciens se distinguent à partir de cette ligne: le Satsuma Biwa Seiha (pur), le Satsuma Biwa Kinshin ryu (fondation par Nagaka Kinshin au cours de la période Taisho) et le Nishiki-Biwa (fondé au cours de la période Showa). Un autre genre de Biwa Uta prend naissance au milieu de l'ère Meiji le Chikuzen Biwa, tirant son origine du Chikuzen Moso de Fukuoka et de la musique de Shamisen. Ce genre est considéré comme plus mélodieux et féminin que le Satsuma Biwa.

L'instrument
Ce luth à manche court possède une caisse de résonance enflée en demi-poire. Les cinq cordes reposent sur cinq ponts d'ivoire ou de bois de santal ; "les chevaux", très détachés du col de l'instrument. Les clefs pour accorder l'instrument très longues se nomment "queues de crevettes". Les cordes au sommet du manche passent par le "nid d'oiseau" avant de s'enrouler sur la partie mince de la "queue de crevette". Le devant de la caisse de résonance en bois de mûrier ou de cerisier se nomme "estomac" et les orifices, ornés d'ivoire et d'argent ouvrant sur la caisse "demi-lune" et "lune de trois jours". Le musicien touche les cordes avec un énorme plectre en bois de camélia.

Les interprètes
Madame TSURUTA Kinshi
Née en 1911 à Hokkaido, elle devient très vite virtuose du Biwa. Elle paraît dans de nombreux films et donne d'importants récitals dans toutes les capitales du monde à l'occasion d'événements (comme le 125e anniversaire du New York Philharmonic) en 1982 elle reçoit le quatrième ordre des trésors sacrés.
Madame HAMAZAKI Kyokusui
A l'âge de dix ans, elle commence l'étude du Biwa avec Kyokuryo Kuramasu et donne à seize ans son premier récital. Elle est aujourd'hui présidente de la branche Kansai à l'Association japonaise pour la musique de Biwa. En 1980, elle reçoit le cinquième ordre des trésors sacrés.

Le programme
Le "Satsuma Biwa" est interprété par Tsuruta Kinski.
Le "Chikuzen Biwa" par Yamazaki Kyokusui.

Atsumori, (Satsuma Biwa)
Rashomon, (Chikuzen Biwa)
Entracte
Dan no Ura, (Satsuma Biwa) composé par Tsuruta Kinski
Ibaraki, (Chikuzen Biwa)

ATSUMORI
En 1184, le Japon est gouverné par le clan Heike, avide de plaisirs aristocratiques et raffinés. Une guerre civile disloque le clan Heike. Le clan Genji s'impose alors, bataille par bataille.
Une des batailles Ichi-no-Tani au cours de laquelle Kumagai, du clan Genji doit tuer Atsumori du clan Heike est décrite dans ce morceau de musique. Un guerrier à cheval, Atsumori, laissant derrière lui ses alliés, flotte sur la mer. Kumagai l'appelle: "reviens sur tes pas si tu n'es pas un lâche!" L'autre rebrousse chemin dans les vagues. Kumagai le saisit brusquement aux genoux, le maintient et lui ôte son casque. Il voit alors son visage et décide de le laisser aller car Atsumori a le même âge que son propre fils (seize ou dix sept ans). Le jeune homme cependant refuse car il ne peut céder le pas à un ennemi héréditaire. Ce conte se base sur la vanité du code d'honneur des guerriers qui doivent tuer et à qui ce geste répugne.

RASHOMON
A Kyoto, l'empereur Kannu érige en 794 la porte de Rashomon 'uvre des artisans de Hida. L'histoire conte comment Watanabé-No-Tsura (953-1024), un des quatre généraux Minamoto apprend qu'un démon vit près de Rashomon lieu déserté après un combat ; comment il y accourt, provoque le démon et, après un rude combat, parvient à lui couper un bras.

DAN-NO-URA
En mars 1185, Shimo-no-Seki du clan Heike perd la bataille de Yashima contre les forces Genji. La bataille commence par un échange de flèches à Moji et se poursuit par le fatal affrontement de Dan-No-Ura. Les Heike, plus sûrs d'eux dans une bataille navale semblent dominer les Genji. Ceux-ci, grâce à l'appui des armées de Kumano et Iyo remportent la victoire presque par miracle. Ni-i No Tsubone, la dame de cour qui a la charge de l'empereur âgé de huit ans, arrive en pleurs : "hélas, Majesté, votre étoile est passée ; une autre capitale s'étendra sous les eaux et les carcasses de bateaux abandonnés flotteront sur les flots pour alimenter les contes tristes qui parlent des guerres".

IBARAKI
L'histoire, veille de mille ans, conte comment le démon qui eut le bras coupé à Rashomon tente de retrouver son membre. Watanabé No Tsura (953-1024) après une révélation décide de faire retraite, sept jours dans un temple, sans voir personne, lorsque la visite de sa tante l'oblige, malgré lui, à rompre son v'u. Le démon avait emprunté l'aspect de la tante du jeune homme. La tante s'installe dans la maison et ses yeux furetant partout, découvre le bras caché dans une chambre intérieure. Progressivement son visage se métamorphose et devient la face d'un féroce démon.

Composition

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1983

Cote MCM

MCM_1983_JP_S7

Ressources liées

Filtrer par propriété

Titre Localisation Date Type
Saison 1983 1983