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Japon. Gagaku. Le Tokyo Gakuso de la cour impériale. Japon. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. Gagaku. Le Tokyo Gakuso de la cour impériale. Japon. Spectacle

Date

1983-06-02

Date de fin

1983-06-05

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

2-5 juin 1983.
En japonais, Gagaku signifie "musique élégante". II caractérise la musique et la danse représentées" la cour impériale ou dans les temples bouddhistes ou shintoïstes en relation avec la famille impériale.

Histoire du Gagaku
L'origine du Gagaku se trouve dans la musique et la danse du vieux continent asiatique. Elles sont importées au Japon entre le VIIe et le Xe siècle. Les deux expressions issues de l'Inde, de l'Asie centrale et des pays avoisinants se regroupent en Chine et arrivent au Japon en passant par la Corée.
Au IXe siècle, un certain nombre de musiciens et de danseurs japonais traversent la mer pour se rendre en Chine et étudier avec des maîtres de la dynastie T'ang. Les objets retrouvés aujourd'hui dans les pays du continent et au Japon prouvent que le Gagaku représenté aujourd'hui reste indubitablement le descendant de la musique et de la danse jouées à la cour impériale des VIIIe et IXe siècles.
La musique restructurée à partir de la musique de la dynastie T'ang, après le VIIIe siècle, pour convenir à la sensibilité japonaise et qui incorpore aussi de la musique de l'Inde et du Vietnam se nomme Togaku (ou musique de la dynastie T'ang). Elle constitue le pivot central du Gagaku.
Une autre musique, remodelée selon le même principe et arrivant au Japon par la Corée au VIIe siècle, prend le nom de Komagaku (ou musique de Corée). Toutefois, la plupart des instruments utilisés dans le Komagaku sont aussi utilisés dans le Togaku. Ce processus de restructuration a été complété au Xe siècle (ère Heian).
Depuis 1300 ans, le Gagaku a été préservé et transmis de génération en génération, sans interruption par la cour, l'autel shintoïste et le temple bouddhiste. Trois groupes, surtout, en constituent les interprètes spécifiques : le Ouchi-Gakuso du Palais Impérial à Kyoto, le Nanto-Gakuso de l'autel Kasuga à Nara et le Tennoji-Gakuso du temple Shitennoji à Osaka.
Leur nom était : les Sanpo (trois) Gakuso. Quand la capitale du Japon passa de Kyoto à Tokyo, les trois groupes se réunirent pour former "La section de musique de la maison de la famille impériale", mais la tradition reste toujours vivante dans les trois villes d'origine et plusieurs groupes de Gagaku se développent à Tokyo, outre celui de la famille impériale.

L'esprit du Gagaku
L'idée de base est commune à toutes les grandes expressions vivantes, héritages de la vieille Asie; la vénération de la force qui contrôle le mouvement de l'univers et la mise en valeur de la vie de l'homme en relation avec cette force.
Par exemple; la danse de Gagaku s'exécute à l'extérieur, en observant strictement les points cardinaux. Le devant de la scène se place du côté du Nord; car l'Empereur, incarnation du soleil, qui regarde la représentation s'assoit au sud.
Le Togaku se nomme "musique de la gauche" (Saho) et le Komagaku, "musique de la droite" (Uho).
Une partie de la représentation se base sur une composition de chacun des deux genres avec des morceaux appartenant au même grade dans la hiérarchie. La musique de la gauche se joue en premier et celle de la droite en second. Comme la gauche et la droite se déterminent par la place de l'empereur, la gauche correspond à l'est et la droite à l'ouest. L'ordre de la représentation, qui va de la gauche à la droite, signifie qu'elle commence dans la direction où le soleil se lève et qu'elle se termine dans la direction où il se couche.
Au cours d'une représentation du Gagaku les "parties" se combinent pour composer un programme et montrer l'expression du rythme régulier, répétitif du mouvement de l'univers sous une forme concentrée.
Autre exemple; un ornement doré symbolisant le soleil se fixe en haut d'un large tambour placé dans l'espace Gakuya pour les musiciens qui jouent la "musique de la gauche". Au tambour de la droite est attaché un ornement en argent, symbolisant la lune (ces tambours, hélas, ne pourront être transportés en Europe à cause de leur volume). Sur scène, les morceaux représentant la gauche et la droite, joués alternativement font régner le rythme répétitif et incarnent l'ordre de l'univers où le soleil et la lune alternent pour créer le jour et la nuit. Ce rythme, non seulement prévaut sur l'ordre de la représentation, mais il filtre à travers la composition, ainsi qu'à travers le mouvement des danseurs. La composition basique de la musique de Gagaku prend la forme d'un thème répété, chaque fois de façon légèrement différente et développé tout au long du morceau. Le développement lent mais affirmé de la musique, masque l'ampleur du mouvement de l'univers, lui-même infiniment répété dans l'écoulement éterne1 du temps. La structure fondamentale de la danse consiste à faire exécuter les mêmes pas, et la même gestuelle à un certain nombre de danseurs, qui bougent "à l'unisson", représentant ainsi une action chorégraphique au pluriel sur scène. Ceci implique une extension infinie de l'espace. L'espace scénique se modèle pour correspondre à l'immensité de l'univers. La répétition et la multiplicité créent donc la beauté de cette danse majestueuse.

Le Gagaku aujourd'hui
L'histoire du Gagaku s'étend sur 2 O00 ans. Durant ces siècles il change plusieurs fois d'aspect extérieur selon le pays où il se développe.
Il survit aujourd'hui en tentant de garder sa qualité fondamentale.
La forme que prend actuellement le Gagaku n'est qu'une part de son potentiel réel. La musique chinoise de la dynastie T'ang a disparu. Cependant l'étude de certaines partitions anciennes permet de restaurer aujourd'hui certains morceaux ou instruments disparus ou supprimés du répertoire.
Le Théâtre National du Japon se consacre d'une part à la renaissance de la partie ancienne de la musique de Gagaku et, d'autre part, à la création de pièces contemporaines utilisant des instruments et des expressions traditionnels du Gagaku, sur le support des idées du présent.

Les quatre genres du Gagaku

Mi-Kagura
Avant l'arrivée au Japon au VIIe siècle de la musique et de la danse du continent asiatique, une expression musicale et dansée, liée aux services religieux du culte shintoïte, la toute première religion du Japon, se nomme le Mi-Kagura. La force du Mi-Kagura réside dans le chant.
Les instruments du Mi-Kagura sont le "Kagurabue" et le "Hichiriki", instrument à vent, le "Wagon", instrument à cordes et le "Shakubyoshi", instrument de percussion. A l'exception du "Hichiriki", qui provient de la dynastie T'ang, tous ces instruments sont purement japonais. Les exécutants sont vêtus de blanc et ne portent pas de masque. A l'origine le Mi-Kagura se joue à l'extérieur, la nuit, à la lueur des torches jusqu'au petit matin.
En fait, il faudrait distinguer le Mi-Kagura du Gagaku, car l'essence des deux genres se révèle différente. Cependant le Mi-Kagura est exécuté par les musiciens du Gagaku.

Togaku
Le Togaku s'appuie sur la musique et la danse de l'Inde, de l'Asie centrale et de la Chine des T'ang avec un apport du Vietnam appelé Rin'yugaku. Dans le Gagaku, le principal courant est le Togaku.
Dans le Bugaku (danses du Gagaku), les danses soutenues par le Togaku se nomment "danses de la gauche" et le costume utilisé est fait de grandes formes rouges. Dans certains morceaux, les danseurs portent des masques. Si le musicien exécute la musique sans la danse, le style du spectacle prend le nom de Kangen.
Les instruments utilisés dans le Togaku différent selon le genre du spectacle. Si le Togaku consiste en un accompagnement de la danse, entrent en jeu trois instruments à vent (le "Sho", le "Hichiriki", et le "Ryuteki") et trois instruments de percussion (le "Kakko", le "Taiko" et le "Shoko"). Les instruments du Kangen sont le "Biwa" et le "So". Bien qu'il n'y ait pas de chef de musique, le joueur de "Kakko" guide de son instrument la progression de la musique.
Le Togaku utilise six tons, nombre réduit de tous les modes issus de la Chine : le "Sojo" (en sol), 1'"Ichikotsucho" (en ré), le "Taishikicho" (en mi), le "hyojo" (en mi), le "Oshikicho" (en la) et le "Banshikicho" (en si). Les trois premiers appartiennent au mode "ryo" et les autres au mode "ritsu". Cependant, la distinction ne se fait pas aussi clairement dans les spectacles aujourd'hui et les tons impliquent souvent des modes encore différents.

Komagaku
Le Komagaku tire son origine de la musique et de la danse arrivés au Japon par le chemin de la péninsule coréenne au VIIe siècle. L'appellation Komagaku vient de "Koma" (en japonais); Koryo (en coréen), nom d'une grande dynastie et époque coréenne.
Dans le Bugaku, les danses de Komagaku sont dites : "danses de la droite". Les musiciens et les danseurs revêtent des costumes de teinte bleue et utilisent parfois des masques. Le Komagaku n'est jamais joué dans le style Kangen (c'est-à-dire sans danse).
Les instruments utilisés pour le Komagaku sont deux instruments à vent : "Komabue" et "Hichiriki" et les trois instruments de percussion : "San-No-tsuzumi", "taiko" et "shoko". Comme dans le Togaku, le joueur de "San-No-Tsuzumi" contrôle la musique du morceau grâce à son instrument.
Le Komagaku comporte trois tons différents : le "Koma-Ichikotsucho" (en mi), le "Koma-Hyojo" (en la) et le "Koma-Sojo" (en fa).

Le Gagaku contemporain
Plus qu'une musique contemporaine, le Gagaku, aujourd'hui, exécuté avec les instruments traditionnels devient l'expression de la pensée et de la sensibilité japonaise moderne. Tout au long de l'histoire les musiciens du Gagaku ne cessent pas de créer de nouvelles pièces ou d'interpréter les anciennes de façon plus large.
Les nouvelles pièces de Gagaku, créées aujourd'hui par des compositeurs prestigieux sont exécutées au Théâtre National du Japon : "Shuteiga" (Dans le jardin d'automne) 1973 par Toru Takemitsu, "Hikari" (Lumière) par Karl Stockhausen, 1977, "Ogenraku" par Toshi Ichiyanagi, 1980 et "Hikenraku" par Maki Ishii, 1981.

Kangen
Le Kangen, musique de chambre se développe dans les salons de musique à la cour et souvent l'empereur lui-même prend part au concert. Ce type de manifestation prend le nom de Gyoyu. Les participants de haut rang jouent les instruments à cordes tandis que les musiciens professionnels jouent les instruments à vent. Le Kangen s'exécute toujours grâce à de petits ensembles et exprime la transition des saisons ou les descriptions d'atmosphères particulières, liées à des visions typiquement japonaises.
Il n'existe pas de règle précise en ce qui concerne le nombre de musiciens pour chaque partie, cependant, un ensemble de Gagaku se compose habituellement de seize musiciens : trois pour les instruments à vent, deux pour chaque instrument à corde et un pour chaque percussion.
La coutume veut que pour un programme de Kangen soient composés plusieurs morceaux successifs dans le même ton, eux-mêmes précédés du "Netori" pour établir la tonalité dans l'oreille du public.
Le "Netori" commence par un prélude exécuté sur le "Sho", puis le "Hichiriki" et le "Ryuteki" (instruments à vent). Ce prélude est suivi par la percussion du" Kakko" a laquelle se joignent le Biwa" et le "So" (instruments à cordes).

La danse de Bugaku
Dans le Gagaku, tous les musiciens dansent et les pièces dansées sont exécutées par des hommes. Cette danse contribue à renforcer l'expression de sérénité grave du Gagaku. Quelques pièces nécessitent l'emploi de masques, d'autres sont exécutées le visage nu, sans maquillage. La musique du Bugaku se base uniquement sur les instruments à vent et les percussions. Aucun instrument à cordes n'accompagne l'ensemble.
Les danseurs de Togaku (danse de la gauche) entrent à la gauche du public et les danseurs de Komagaku (danse de la droite) à la droite du public.
Les costumes de la gauche (Saho), dans les nuances rouges, comportent des ornements de métal et d'or tandis que ceux de la droite (Uho) sont bleus avec des accessoires argent.
Une pièce de Bugaku consiste en trois mouvements principaux : le "Jo", le" Ha" et le "Kyu".
Le "Jo" est un mouvement calme avec un dessin rythmique particulier. Il compte aussi comme le mouvement le plus important.
Le "Ha", partie la plus brillante, précède le "Kyu" au rythme rapide qui donne la conclusion du morceau.
Cette structure particulière influença tous les théâtres japonais par la suite et spécialement le Nô. Cependant, il existe peu de pièces de Bugaku où apparaisse nettement cette structure formelle. Dans de nombreux cas les danseurs exécutent seulement le "Ha" et le "Kyu".
Le temps nécessaire pour présenter les trois mouvements intacts serait de quatre heures.
Le Bugaku comprend quatre genres :
1) Le Bun No Mai (danse des vassaux)
Ce genre représentant la base des danses du Bugaku prend encore souvent le nom de "Hiramai" ou danses ordinaires. Les danses se composent de groupes élégants de quatre ou six danseurs qui, dans les danses de la droite, portent quelquefois des masques, dans les danses de la gauche, jamais. Les costumes de cette danse sont de deux types : le "Kasane-Shozoku" ou "costume ordinaire". Ils reproduisent les vêtements des fonctionnaires civils de la cour impériale des anciens jours et les danseurs portent une coiffure en forme de tête d'oiseau : le "torikabuto". L'autre type de costume se nomme le "Ban'e-shozoku" du mot "Ban'e" (images étrangères). Ces costumes de danse rappellent ceux des serviteurs à la cour impériale d'un rang inférieur à celui des précédents.
2) Le Bu No Mai
Ces danses décrivent des scènes de bataille. Les danseurs portent des lances et des costumes composés de plusieurs pièces semblables aux costumes des guerriers d'autrefois appelés "Betsu-Shozoku". Le but consiste à donner une impression de splendeur héroïque.
3) Le Hashiri Mai
Un ou deux danseurs, portant un masque grotesque, parcourent toute la surface de la scène en courant. Le costume en fourrure réversible, grâce à un trou dans le milieu, peut se modifier instantanément. La fourrure est parfois "fabriquée" dans des étoffes précieuses. Le costume porte le nom de "Ryoto-Shozoku"
4) Le Dobu
Ce genre de danse, qui comprend la danse des garçons, la danse du papillon ou la danse de l'oiseau, doit être dansé par des jeunes garçons et comme le "Hashiri Mai" comporter des mouvements comiques. (Cette danse n'entre pas dans la programmation donnée à Paris).

Les instruments de musique

Les instruments à vent
Le Sho
Instrument à caisse de résonance de bois, appelée "ho" sur laquelle sont attachés des tuyaux de bambou. Le Sho est utilisé dans le Togaku. Quinze ou dix-sept tuyaux ont des anches et peuvent produire plusieurs notes en même temps. Le Sho produit les ornementations mélodiques au-dessus des lignes musicales du Hichiriki et du Ruyteki.
Le Hichiriki
Flûte droite en bambou avec sept trous sur la face et deux au-dessous. Une double anche est fixée à l'extrémité. Il est utilisé dans le Togaku, le Komagaku et le Mi-Kagura. L'intervalle musical du Hichiriki n'est pas stable et il peut varier avec le souffle sans changer la position des doigts. Cela produit un effet de glissando. L'instrument est originaire du Moyen-Orient.
Le Ryuteki
Flûte horizontale de bambou à sept trous utilisée dans le Togaku. A l'origine l'instrument, venu de Chine, était fait de pierre ou de métal.
Le Komabue
Flûte horizontale de bambou à six trous, plus courte et plus mince que le Ryuteki. Elle est utilisée dans le Komagaku. C'est l'instrument qui donne son caractère à la musique du Komagaku.
Le Kagurabue
Flûte horizontale de bambou à six trous, la plus grosse des flûtes du Gagaku. Elle est utilisée pour le Mi-Kagura.

Les instruments à cordes
Le Biwa
Instrument à caisse de résonance en bois, en forme de coquille, sur laquelle sont tendues quatre cordes de soie. Il est muni de quatre ponts. Le musicien touche les cordes avec un plectre. Le Biwa est utilisé dans le Togaku. Il joue les arpèges et subdivise les cycles rythmiques donnés par les percussions. Il est originaire du Moyen-Orient.
Le So ou le Koto
Longue caisse de bois sur laquelle sont tendues treize cordes de soie appuyées chacune sur un pont mobile pour les accords. L'instrument se place sur le sol devant le musicien. Le So est utilisé dans le Togaku et son origine est chinoise.
Le Wagon
Comme le So, formé d'une longue caisse de bois sur laquelle sont tendues six cordes, il représente une forme archaïque du So. Le musicien touche les cordes avec un batonnet appelé Kotosagi. Il est originaire du Japon et utilisé pour le Mi-Kagura.

Les instruments de percussion
Le Kakko
Tambour à deux peaux, au corps de bois. Les membranes, tendues par des lacets de cuir, sont accordées par la variation de la tension des lacets. Le musicien joue avec une baguette dans chaque main. Le Kakko est un instrument du Togaku.
Le Kakko développe les rythmes créés par le Taiko.
Le San-No-Tsuzumi
Cet instrument ressemble au Kakko par sa configuration extérieure (double peau, anneau de métal et laçage de cuir le long des flancs). Le musicien le frappe seulement avec une baguette tenue de la main droite.
Le Taiko
Tambour au corps de bois et aux membranes tendues par un laçage, touchées par le musicien avec des baguettes tenues dans les deux mains.
Le Shoko
Instrument métallique suspendu. Il est frappé par deux baguettes et utilisé dans le Togak; et le Komagaku.
Les Shakubyoshi
Paire de blocs de bois utilisés dans le Mi-Kagura et autres musiques typiquement japonaises. Les Shakubyoshi sont originaires du Japon. Elles servent à marquer le rythme pour le chanteur principal.

Les programmes

Programme A (2 Juin, 4 Juin (15 h), 5 Juin (20 h 30))

1 ) Kangen
-Hyojo Netori
Tous les morceaux de Kangen de ce programme sont en ton Hyojo sur le mode Ritsu-sen. Le Netori consiste en une sorte de prélude au rythme libre.
-Ringa
Cette 'uvre appartient au Togaku. Cependant une 'uvre du même nom, mieux connue, existe qui appartient au Komagaku. Le rythme "haya-Yahyoshi" est un cycle à quatre temps; toutes les huit mesures étant ponctuées par le Taiko.
-Etenraku
Cette pièce est originaire de la dynastie T'ang avec un arrangement du XIe siècle. Il s'agit d'une transposition qui peut être jouée sur le ton "hyojo", "oshikicho" et "banshikicho". Ce "Etenraku" est présenté en "hyojo" et reste un des airs les plus populaires du Gagaku. Il est joué sur le rythme "haya yohyoshi", chaque mesure valant quatre temps et chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.
Cette 'uvre est exécutée dans le style "Nokorigaku Sanben" où les instruments à cordes continuent de jouer après les instruments à vent. Cette musique se répète trois fois d'où le nom de" sanben" en japonais.
-Bairo
Ce morceau, maintenant inclus dans le répertoire du Togaku, appartenait autrefois au Rin'yugaku. Rin'yugaku est le terme utilisé pour désigner la musique issue de l'ancienne Indo-Chine.
Bairo consiste en une invocation pour la victoire au cours d'une guerre. Le rythme est le "Haya Tada Yohyoshi", cycle de deux et quatre temps, chaque quatrième mesure étant marquée par le Taiko (Bairo est aussi le nom d'un morceau du Bugaku donné dans leprogramme B).

2) Gagaku contemporain
-Hiten Seido (extrait de "Hitenraku" de Maki Ishii) Maki Ishii composa Hitenraku en 1981, grâce à une commande du Théâtre National du Japon. l'oeuvre est destinée à un grand ensemble de Gagaku. Pour la tournée européenne, le compositeur a arrangé l'extrait pour un petit ensemble. Cette pièce courte sera une "Première" en Europe en juin 1983.
"Hiten" est une déesse qui vit dans le ciel et peut voler à l'aide d'un rayon spécial. Les déesses "Hiten" apparaissent dans l'iconographie depuis plusieurs siècles, et le musicien a basé son travail de composition à partir de cette vision.
(Le compositeur Maki Ishii, né à Tokyo en 1936, étudia la composition à Berlin en 1958 puis à Darmstadt de 1959 à 1961. II obtient en Hollande le prix de composition, la même année. Il partage sa vie entre Berlin et Tokyo et entre le rôle de chef d'orchestre et de compositeur.

3) Bugaku
-Enbu
Danse au cours de laquelle les exécutants brandissent des lances pour la purification de la scène, pour l'adoration des dieux du ciel et de la terre, avant la présentation du Bugaku. Il semble que cette danse appartenait à un empereur de Chine de la dynastie Chou, qui célébrait ainsi ses victoires. Elle est exécutée par un danseur de la droite et par un danseur de la gauche, signifiant par ce geste que les musiques de Togaku et de Komagaku sont réunies dans la même fonction. Le costume porte le nom de "Kasane-Shozoku".
-Manzairaku (Danse de la gauche; "Bun no Mai")
Dans ce morceau, la tradition veut qu'un perroquet se soit envolé jusqu'à la cour impériale, pendant la dynastie T'ang, en criant "Manzai", parole portant bonheur. La chorégraphie aussi bien que l'aspect des danseurs imite le perroquet.
Manzairaku est représentative de la danse de "Bun no Mai", très populaire. Elle est dansée par quatre hommes sur une musique de Togaku en ton "hyojo". Le rythme est le "Nobe Yahyoshi", cycle de huit temps, chaque huitième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Genjoraku (Danse de la droite, Hashiri Mai, avec masque).
La danse joue sur les coutumes des Chinois de l'ouest qui se nourrissent de serpents. Dans la première moitié le danseur exprime la joie de dénicher un serpent et danse la seconde moitié, il danse avec le serpent capturé. Le masque consiste en trois parties distinctes, une au-dessus des yeux, une autre sous les yeux et une autre couvrant le menton. Elles sont reliées par des cordes. Par ce moyen, les mouvements du danseur impriment des mouvements au masque, qui prend des expressions très diverses.
La musique est un Komagaku en ton Ichikotsucho. Le rythme est le Yatara Yahyoshi (mélange de deux et trois temps) chaque huitième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Shunteika (Danse de la gauche, Bun No Mai)
Originaire de la chine des T'ang, cette danse a été japonisée très tôt. Elle décrit le bourgeonnement et la floraison du printemps.
La première partie est un Bun No Mai habituel, dans lequel quatre danseurs se meuvent à l'unisson.
La seconde partie figure un grand cercle sur la scène et symbolise une fleur.
Les costumes se nomment "Ban'e-Shozoku" et la musique est une Togaku en ton sojo.
Le cycle rythmique est un Nobe-Yahyoshi à huit temps, chaque huitième mesure étant ponctuée par le Taiko.

Programme B (3 Juin, 4 Juin (20 h 30), 5 Juin (15 h))
1 ) Kangen
-Taishikicho Netori
Tous les morceaux de Kangen présentés dans ce programme sont dans le ton Taishikicho, sur le mode Ryo-Sen.
-Gakkaen
"Gakka" signifie : cri de grande joie.
Une structure pentatonique complète décrit la joie et selon les vieux traités de musique, cette pièce se nomme Gakkaen, parce qu'elle remplit toutes les conditions sonores souhaitées pour la description. Elle est aussi parfois jouée en Bugaku et prend alors le nom de "Taiheiraku No Kyu".
Le rythme est le Haya-Yohyoshi, cycle à quatre temps, chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Rinko Kodatsu
Le "Rinko" était un ancien jeu de jongleurs, utilisant des objets divers. Certains pensent que la musique servait d'accompagnement à la jonglerie. Seule la musique reste aujourd'hui. Le rythme est le Haya-Tadayohyoshi, mélange de cycles à deux temps et de cycles a quatre temps, chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Chogeishi
Oeuvre traditionnelle du Togaku pouvant aussi s'interpréter dans le style du Bugaku bien que la danse se soit perdue.
Le rythme est le Haya-Yohyoshi à quatre temps, chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.

2) Gagaku contemporain
Hoshi no Wa (cercle d'étoiles) pour un solo de "Sho" par Toshi Ichiyanagi.
La première de cette 'uvre a eu lieu à Tokyo en février 1983. Dans le Gagaku traditionnel, le son du Sho doit couler sans interruption dans un certain passage et plusieurs notes sortir en même temps dans un autre passage. Ichiyanagi étudie les fonctions et les capacités de cet instrument et développe une nouvelle méthode de jeu. Il considère chaque note comme le scintillement d'une étoile et la composition de cette pièce de Sho, comme le mouvement d'une constellation céleste.
(Toshi Ichiyanagi, né à Tokyo en 1933, étudie aux Etats-Unis en 1954. II fait partie du groupe de John Cage. De retour au Japon, il compose et produit ses 'uvres aux Etats-Unis et en Europe. Il habite Berlin jusqu'en 1976. Aujourd'hui, il habite Tokyo où il est compositeur et pianiste).

3) Bugaku
-Enbu (voir explication du programme A )
-Engiraku
(Danse de la droite; Bun No Mai)
Cette 'uvre du Xe siècle est un Komagaku. Contrairement aux autres, elle n'est pas restée anonyme. Le compositeur est Tadafusa Fujiwara et le chorégraphe, le prince Shikibu Atsuzane (901 -923). C'est une 'uvre de célébration, dansée par quatre participants en costume "Kasane-Shozoku".
La musique est en ton Ichikotsucho, le rythme Yohyoshi est à quatre temps, chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Ranryoo
(Danse de la gauche, Hashiri-Mai).
Cette .'uvre appartient originalement au Rin'Yugaku (de l'ancienne péninsule indochinoise) et non pas au Togaku. A présent elle fait partie du style Togaku. Elle décrit l'histoire d'un prince d'une grande beauté qui craignait que son regard charmeur ne fasse chanceler son autorité et qui portait sur le champ de bataille un masque effrayant. Le masque aux yeux mobiles, au menton tremblant est suspendu par des liens. Selon les mouvements du danseur, le masque bouge et change d'expression.
Ce Hashiri-May, très populaire, est exécuté par un danseur en costume de Ryoto-Shozoku.
La musique de Togaku est en ton "Ichikotsucho" et sur le rythme "Haya-Yahyoshi" à quatre temps, chaque huitième mesure étant ponctuée par le Taiko.
-Bairo
(Danse de la droite : Bu No Mai).
Cette danse, bien connue, décrit une bataille. Comme la danse précédente, elle faisait partie du "Rin'Yugaku )) et a été introduite tardivement dans le Togaku. Ici, cependant, elle a gardé toutes les caractéristiques de la danse de la droite, bien que certains traits soient ceux de la danse de la gauche (par exemple; le costume de teinte rouge et l'usage du Sho). Le Bairo fait intervenir quatre danseurs habillés en Betsu-Shozoku ou costume spécialement dessiné pour cette pièce.
Bien qu'elle soit une danse de la droite, la musique est un "Togaku" en ton "hyojo".
Le rythme est un "Haya Tada Yohyoshi", mélange de cycles de deux temps et de quatre temps, chaque quatrième mesure étant ponctuée par le Taiko.

Le groupe du Gagaku
Le Tokyo Gakuso est un groupe composé d'artistes de Gagaku sélectionnés, incluant des artistes de 1'Intendance de la Maison Impériale. Depuis sa formation en 1978, ce groupe a donné des représentations de Gagaku au Théâtre National, aussi bien que dans son propre théâtre, le Ginza Gagakudo. I1 est apparu à la Télévision et a enregistré des disques. Le Tokyo Gakuso est le groupe le plus actif de Gagaku au Japon.
Le Tokyo Gakuso
1 . ONO, Tadamoro. Directeur
2. KIDO, Toshiro. Directeur artistique
3. KAKIGAHARA, Yasahiro. Administrateur
4. ABE, Suemasa
5. HARUNO, Munenori
6. HIRAHARA, Yoshiharu
7. INUKAI, Michiko
8. ISHIKURA, Masamichi
9. IWANAMI, Shigeru
10. IWASAKI, Tomohiro
11. KASAI, Isamu
12. KOSAKA, Toshiro
13. KUWAGAKI, Nobuyoshi
14. MIYATA, Mayumi
15. MURAMATSU, Riyo
16. ONO, Tadamoto
17. OSAKA, Harutaka
18. SAKAMOTO, Michikazu
19. SHIBA, Sukeyasu
20. SUKIYA, Michitoshi
21. TAIHEI, Akira
22. TERAMOTO, Akira
23. TOGE, Yukio
24. TOGI, Kanehiko
25. TOI, Mitsunori
26. UEDA, Hiroaki
27. YAMADA, Minoru
28. OTSUKI, Shin-Ichiro. Habilleur
29. HIRANO, Chikashi. Habilleur

La venue en France du Tokyo Gakuso a été organisée par la Maison des Cultures du Monde en co-production avec le Théâtre National de Chaillot avec la collaboration de la Fondation du Japon et de l'Association Française d'Action Artistique dans le cadre de JAPON 83.
La tournée en Europe a été réalisée par le Comité pour les Arts Extra-Européens (E.E.A.)


-Programme en anglais annexé.

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1983_JP_S3

Date du copyright

1983

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Japon. Musique Gagaku et danse Bugaku par le Tokyo Gakuso de la cour impériale. Japon. Photos Japon 1983-06-02 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1983 1983