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Japon. Danses Butô. Nippon No Chibusa (Les mamelles du Japon), création mondiale de Tatsumi Hijikata. Iki - Le souffle, création en France, Ko Murobuchi. Spectacle

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Titre

Japon. Danses Butô. Nippon No Chibusa (Les mamelles du Japon), création mondiale de Tatsumi Hijikata. Iki - Le souffle, création en France, Ko Murobuchi. Spectacle

Date

1983-06-25

Date de fin

1983-06-26

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

25-26 juin 1983 "Danses des Ténèbres"
29 juin 1983 Iki
LE BUTO OU DANSE DES TENEBRES
Le Buto est né au Japon au début des années soixante ; le mot Buto vient du style créé à cette époque par Tatsumi Hijikata et appelé par lui Ankoku Buto, ou Danse des Ténèbres, qui se démarquait notablement de la Modern Dance.
Ténèbres signifie ce que tout le monde essaye d'éviter ou de cacher : la maladie, le désir, le plaisir, la mort qui sont pourtant étroitement liés au corps, C'est dans cette seule zone de ténèbres que les danseurs du buto trouvaient l'origine de leur vie.
En mêlant l'érotisme, l'homosexualité, l'androgynie à leur danse, ils essayaient d'interpréter l'essence même de leur nature.
Ils ont voulu également s'inscrire en réaction contre la danse moderne japonaise figée dans ses techniques, et qui n'utilisait le corps que comme un moyen de communication.
En 68, lorsqu'il a présenté son 'uvre intitulée "Révolte du corps", Tatsumi Hijikata a clairement exprimé son désir de réagir contre le modernisme d'une façon violente et provocante. Cette 'uvre était très symbolique dans la mesure où elle montrait l'inquiétude qui dominait dans les années soixante.
Les années soixante-dix ont marqué un grand changement dans la démarche de Tatsumi Hijikata ; la Compagnie de la Danse des Ténèbres qu'il avait formée s'est scindée en trois et a donné naissance au "Bangidaïto Kan" avec Tatsumi Hijikata ; au "Tenshi Kan" avec Akire Kasai et au "Dairakuda Kan" avec Akaji Moro.
Avec Bengidatto ô Kan, Hijikata a créé en 72 "27 nuits pour 4 saisons", 'uvre très représentative des origines du chorégraphe. Hijikata vient de la région du Tohoku dans le nord de l'île principale du Japon où le climat est si rude qu'il modifie la morphologie et les attitudes de ses habitants.
Les membres sont tordus vers l'intérieur, le centre de gravité du corps est situé très bas. Ce ballet mettait en scène un monde froid et sombre dans lequel le corps se cache, radicalement différent de l'univers lumineux de la danse occidentale. Le fétichisme déjà présent dans ses 'uvres précédentes est un aspect important du travail de Tatsumi Hijikata ; le corps et les objets qui l'entourent ne sont pas utilisés comme outil de communication mais comme stimulant du souvenir, de la mémoire.
A partir de 72, Hijikata a peu à peu abandonné la danse pour se consacrer uniquement à la chorégraphie. En 74, il a créé la compagnie Hakutobo et a travaillé jusqu'en 76 avec la danseuse Yoko Ashikawa. La vraie contribution d'Hijikata à la danse, c'est d'avoir permis au public de percevoir les expressions du corps les plus délicates dans des figures très statiques, très contrôlées et qui pourtant offrent un univers très riche d'images.
Akira Kasai a, lui aussi, exercé une grande influence sur le Buto comme Hijikata, il a fait ses débuts dans la "Modem Dance" puis a fait partie de la Compagnie de la Danse des Ténèbres.
Mais, deux chorégraphes de cette importance ne pouvaient coexister ; après 66, Kasaï a présenté uniquement des solos qui sont décrits comme des poèmes flamboyants sur l'érotisme de l'androgynie, considérés comme une purification de l'esprit arrivé à un état supérieur.
En 71, il a créé le groupe Tenshi Kan, à la fois compagnie de danse et communauté spirituelle basée sur l'anarchisme et sur l'idée que le corps est un matériau et que la danse n'est rien d'autre que la recherche de l'absolu de chaque individu dont le point de départ est la reconnaissance et l'acceptation du corps.
Par le biais d'une démarche initiatique, la danse de Kasaï est beaucoup plus dynamique que celle d'Hijikata et il se déplace librement sur scène. Il essaye d'incarner par la danse le pouvoir absolu et sauvage de l'esprit au moment de la création originelle.
En 78, il est parti pour l'Allemagne afin d'étudier R. Schteiner, qu'il admirait, et le Tenshi Kan a cessé ses activités.
Le Dairakuda Kan incarne un autre grand courant du Buto japonais. Son fondateur, Akaji Maro était l'un des acteurs principaux du Karajuro Jokyo Gekijo Theatre et a fondé sa compagnie de danse par réaction contre le courant théâtral de cette époque. Bien que le théâtre d'avant-garde ait essayé d'accorder au corps une importance plus grande, il donnait toujours la préférence au mot. Maro, lui, a essayé de montrer que les deux étaient inséparables. A cette époque, beaucoup d'acteurs ont suivi cette voie et abandonné le théâtre pour la danse ; le mot n'était plus pertinent, le corps était reconnu comme une structure n'ayant aucun rapport avec le système du langage. Entre 72 et 78, le Dairakuda Kan a créé des ballets très spectaculaires. Pas d'introversion comme dans les chorégraphies d'Hijikata et Kasaï ; la vie communautaire des membres de la compagnie les forçait à être physiquement ouvert aux autres chaque jour, sans ambiguïté.
Peu à peu, le Dairakuda Kan s'est divisé en petits groupes donnant naissance à des troupes comme Sankaijuku, Dance Love Machine, etc. tout en continuant à animer un atelier-théâtre dans la région de Tokyo et à produire des spectacles plus réduits. A la fin des années 70, de nouveaux danseurs sont apparus qui constituent la deuxième génération du Buto.
Pour le Buto, aucune formation spéciale, (comme pour le ballet classique ou la danse moderne) n'est requise, ce qui explique l'engouement des danseurs pour ce mouvement, danseurs qui venaient principalement du monde du théâtre.
Parmi ces jeunes danseurs : Kumishi Kamiryo et Hiroko Horiuchi. L'arrivée soudaine de Kazuo Ohno a eu une grande importance dans le buto. Ohno très actif dans les années cinquante, était considéré comme un maître par Hijikata et Kasaï avec qui il avait dansé au sein de la compagnie de la Danse des Ténèbres.
Pourtant, en 70, alors qu'Hijikata et Kasaï étaient en pleine activité créatrice, il avait arrêté de danser. C'est seulement en 77 qu'il a repris la danse en créant "Admiration pour l'Argentine" spectacle dans lequel il évoquait l'admiration passionnée qu'il avait eu pour une danseuse étrangère. Ce spectacle fut suivi par "Ma Mère" en 81 et par de nombreuses représentations en Europe, en Amérique du Nord et du Sud où il a introduit le Buto.
Ohno a montré que le Buto était la confrontation d'un individu avec la recherche des origines de son existence, ce qui implique que vivre et danser ont la même importance pour lui. Ohno a incarné ce conflit en mettant en scène le désordre et la confusion de la vie, opposés à la fertilité du sein maternel. Il nous a montré les possibilités illimitées de la création.
Le Buto est considéré maintenant comme l'un des courants majeurs de la danse moderne japonaise. On peut le décrire comme l'histoire de la prise de conscience du corps.
Pour la première fois dans l'histoire de la danse, le Buto a rendu impérative l'élaboration d'une théorie du corps.
Traduction : Julien Rieuf / Jean Lacroix d'après un article de Miyabi Ichikawa.

Tatsumi Hijikata et la danse des ténèbres
En créant ce nouveau style qu'il avait baptisé Ankoku Buto ou Danse des Ténèbres, Tatsumi Hijikata mettait fin aux tentatives destinées à imposer le ballet occidental au Japon. Il apportait une forme de danse plus adaptée à la morphologie des japonais et à leur culture. Il renouait avec la tradition culturelle japonaise A travers la mise en scène de ses thèmes dominants : la mort, l'érotisme, les ténèbres, l'inconnu.
Le but ultime de cette démarche était, comme dans le théâtre Nô ou les danses religieuses primitives, la modification de l'âme humaine. On a souvent appelé "La Danse des Ténèbres" le "Kabuki du Tohoku" le Tohoku étant une région située au nord-est de l'île principale du
Japon, très fermée au progrès et où les traditions populaires sont restées intactes.
C'est là que Tatsumi Hijikata est né et c'est là qu'il est retourné, après avoir commencé sa carrière de danseur à Tokyo, après la guerre. Le Kabuki est un labyrinthe d'apparitions et de métamorphoses, de même dans les créations d'Hijikata les personnages se transforment en animaux de toutes sortes : crabes, renards, etc. Le corps éclate, perdant son unité, et ce sont des lambeaux de chair qui se meuvent sur scène.
Hijikata ne s'intéresse qu'aux corps qui ont été déformés, ravagés, violés et à l'expression de leurs débris. Le corps meurtri, torturé par la cruauté, la maladie et la souffrance est le matériau concret qui permet de toucher aux limites de l'imagination.

NIPPON NO CHIBUSA
(Les mamelles du Japon)
Création mondiale de HIJIKATA Tatsumi
Samedi 25 et dimanche 26 juin 1983 avec
Ashikawa, danseuse
Kobayashi Saga, danseuse
Amemiya Koichi, régisseur
Yoshie Shozo, assistant
Yamamoto Takashi, éclairagiste
Akakasaka Tadashi, son
Ichikawa Miyabi, administrateur
Le Buto est né de la prise de conscience d'une crise grave. C'était une forme de régression dans les ténèbres, de refus de lumière. Plus que tout cela le buto dit toujours "non", il préfère la forme négative et le danseur fait face dramatiquement à son corps ; il ne craint pas d'affronter sa propre désintégration.
Nous apportons à l'été lumineux de l'Europe un peu des ténèbres violentes du Japon.
HIJIKATA TATSUMI

TATSUMI HIJIKATA
1945 : entre dans le monde de la danse
1957 : fonde l'Ankokubuto ou Compagnie de la Danse des Ténèbres
1958-1961 : présente Tatsumi Hijikata - Dance Experience -
1962-1967 : série de représentations par 1'Ankokubutoha "Amma" en 1963, "Rosy Dance" en 1965,
1968 : 11e anniversaire de la Compagnie. Tatsumi Hijikata présente "La Révolte du Corps".
1970 : Exposition consacrée à la Danse des Ténèbres : danse, art, musique, photographies, costumes, films.
1972 : Création de "Nuits pour Quatre Saisons" avec le Bangidatto-Kan
1974-1976 : série de représentations à l'Asbestos House.
1978 : Présente "Quatorze Nuits Pour Quatorze Saisons" et "Le Palais du Louvre" au "Festival d'Automne.Tomato" en 1966. "Nuits Pour Quatre Saisons" avec le Bangidatto-Kan

YOKO ASHIKAWA
1966 : Commence à étudier la danse avec Hijikata.
1968 : Première représentation - à partir de cette date, elle danse dans toutes les créations de Tatsumi Hijikata comme danseuse principale et notamment dans les 13 'uvres présentées a l'Asbestos House.
1978 : Danse au Festival d'Automne "Quatorze Nuits Pour Quatre Saisons" et "Le Palais du Louvre".

KO MUROBUCHI
Né à Tokyo en 1947
1965-1969 - Etudes à la Faculté des Lettres de Waseda (Tokyo).
1968 - Etudie le Buto avec Tatsumi HIJIKATA, fondateur de la Danse des Ténèbres.
1970-1971 - Pratique de l'ascétisme dans les montagnes comme Yamabushi.
1972 - Participe en avril au spectacle marquant la fondation du DAI RAKUDA-KAN, l'une des troupes importantes du Buto et danse avec elle jusqu'en février 1980.
1974 - Dirige et devient chorégraphe de la seule compagnie féminine de danse Buto "ARIADONE". Edite le journal du Buto HAGESHI KISETSU (La Saison Violente).
1976 - Fonde la compagnie SEBI et inaugure son propre studio dans une région retirée du Japon.
1977-1981 - Création de nombreux spectacles pour la compagnie SEBI seule, ou en collaboration avec la compagnie ARIADONE.
1978 - Présente en février à Paris "Le Dernier Eden Porte de l'au-delà", interprété par les Compagnies SEBI et ARIADONE.
1981-1983 - Tournée dans 10 pays d'Europe avec le spectacle de la compagnie ARIADONE "SARATHOUSTRA" dont il a créé la chorégraphie.
Création au Centre Georges Pompidou de "LOTUS CABARET" (Compagnies SEBI et ARIADONE).
Création de HINAGATA VIII à Paris, en février
1982 (Spectacle Solo).
Improvisation en duo avec Carlotta IKEDA, à Paris, en janvier 1982.
Création d'un pas de deux intitulé "La Nuit" pour la tournée sud-américaine de la Compagnie Danseurs 81, dirigée par Michel Bruel.

HINAGATA
De l'accumulation des ténèbres, le sang tombe goutte à goutte, la vie émerge, une vie chancelante, exténuée, un naufrage.
Oiseau privé d'une aile, présage de la noyade, de la chute, de la décrépitude, ce qui est caché se révèle.
Coin, recoin, marge, frontière, limite, démarcation de l'être, de l'odeur du cadavre, la vie jaillit, jaillit désespérément.
L'origine du Buto est dans l'immuable nécessité de la cruauté, dans les convulsions d'un meurtre grotesque.
Là est la matrice de la vie.
Je suis l'âme de la douleur et de la tourmente,
Je suis un prisonnier emmené vers un monde inconnu,
Je suis le péril,
Je suis l'antre des démons emportant leur monde,
Je suis Hermès,
Je suis un corps lynché,
Moi qui suis totalité, je veux me voler moi-même.
L'amour sans limite, Eros, est émergence vers l'inconnu.
Je cesse d'être un dieu.
Je deviens un roi-fou qui s'unit à l'infini.
L'Angoisse née de la peur ne remplit ni mon existence ni mon existence intérieure, la mer de mon être, la terre lointaine, le chaos originel de mon centre, d'où elle vient.
Je suis un pont fragile face à la mer de la réalité,
Je suis un corps évadé, en suspend.
Le corps masochiste rempli par la sensation de la souffrance est lié aux ténèbres de cette terre.
Besoin de tension, de convulsion, de pulvérisation, vers le silence absolu.
C'est dans l'intoxication, dans la souffrance insupportable, que je m'aime moi-même.
Ce qui est aux frontières de la folie et de la négation de l'existence est aussi Père du Buto.
Je me tue quand je danse le Buto,
Mais je suis immortel,
Je ressusciterai.
Quand la puissance, qui me fait mourir et renaître comme totalité, vient des ténèbres, avec brise et tempête, les ténèbres sont moissonnées comme un acier pur.
Texte de KO MUROBUSHI Traduit par Julien Rieuf

IKI - LE SOUFFLE
Création en France, mercredi 29 juin 1983, Spectacle en 6 tableaux
Tableau I - Antonin Artaud ou l'ultime voix
L'obsession, j'ai entendu avant de naître, son cri, dans un lit d'hôpital, je suis né, poussé par cette voix-ci. Je suis hanté par une soif intolérable. "Ce n'est pas la cime, c'est la pente, l'effrayant !
La pente ou le regard en bas se précipite et où la main en haut s'accroche. Là vacille le coeur devant son double vouloir" (Zarathoustra). Je suis parti à la recherche de mon archétype-moule, vers le "moi" le plus profond, vers le Japon dissimulé au fond ...
Comme Zarathoustra, en traversant les ténèbres de l'histoire prétendue, j'ai tourné dans les montagnes universelles, j'ai jeûné, j'ai pratiqué le chamanisme ancien.
Tableau 2 - Yama - Montagne
La Montagne est un utérus ou inversement. On est fécondé par la Montagne ou on la conçoit en soi-même. On se couche à plat ventre et on reste immobile. C'est un rite - Mon corps vole dans le ciel, je rencontre les ancêtres du chaman Enno Ozunu ; ils m'initient au Tao déréglé.
Traverser les montagnes au Japon, c'est aller en pèlerinage dans notre labyrinthe intérieur et aussi s'égarer dans le fleuve souterrain qui mène au royaume des morts.
Je deviens un fantôme
Je deviens un spectre en rencontrant le "je" monstrueux étranger.
Tableau 3 - Momie
Entre le minéral et le végétal, entre le dur et le mou, sommet solitaire flottant dans la Force - momie - cime - monstre.
Vie misérable et ridicule.
J'ai ri lorsque je me suis aperçu que j'étais une momie. J'ai répété les gestes de la momie avec lenteur.
Tableau 4 - Passion
Je courbe l'échine au milieu d'une prairie de ronces, sous le vent furieux des montagnes.
Souffrance - Sources - Supplices - C'est tout.
Lorsque je ne ferai plus qu'un avec ma souffrance, la Force jaillira soudain.
Passion dans le théâtre ou théâtre dans la passion.
Tableau 5 - Bêtes de rêve
Bêtes qui rêvent
Moi, enfant égaré, qui étais nourri par ces bêtes chéries,
Etais-je, moi, leur poupée-jouet-objet illusoire ?
Etaient-elles, elles, mes poupées-jouets-objets illusoires ?
Fantasme où se réalisent ces deux hypothèses.
Tableau 6 - Anata ' Vous-Distance
C'est Vous-Distance qui vous appelez ; c'est Vous-Distance qui m'appelez.
Vous êtes crucifié lentement - La vie est l'extase marquée, hachée, fêlée à chaque instant.
Vous êtes votre mort.
Je suis votre mort.
Je suis une danse sacrifiée par Vous-Distance.
Comme elle est heureuse la Force du destin, sacrée et sacrifiée !
"Et seulement où sont les tombes, là sont aussi des résurrections !". (Zarathoustra)

La venue en France de 1'Ankoku Buto a été organisée par la Maison des Cultures du Monde avec la collaboration de la Fondation du Japon et de l'Association Française d'Action Artistique dans le cadre de JAPON 83.

La tournée en Europe a été réalisée par le Comité pour les Arts Extra-Européens (E.E.A.)

La venue en France de Ko Murobushi a été organisée par la Maison des Cultures du Monde et l'Association pour la Promotion des Echanges Culturels Franco-Japonais.
Les textes de cette plaquette ont été rédigés par Jean Lacroix avec la collaboration de Julien Rieuf d'après des articles de Miyabi Ichikawa et de Ko Murobushi.

Chorégraphie

Traduction-surtitrages

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date (année)

1983

Cote MCM

MCM_1983_JP_S10

Auteur val

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Saison 1983 1983