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Japon. Kodo. Les tambours de feu et les danses de l'île de Sado. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. Kodo. Les tambours de feu et les danses de l'île de Sado. Spectacle

Date

1984-02-17

Date de fin

1984-02-26

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Théâtre des Champs Élysées, 17, 19-20, 22-23, 25-26 février 1984

Il y a environ mille ans existait au Japon et dans l'île de Sado (nord-ouest) en particulier, une étrange coutume. Les habitants faisaient appel à une équipe de joueurs de tambours professionnels chaque fois qu'ils voulaient appeler la pluie, la faire cesser, appeler la tempête, la faire cesser et plus simplement bâtir des châteaux.
Les tambours arrivaient avec des instruments de toutes tailles, allant du minuscule au géant de plusieurs mètres de diamètre et se mettaient à battre pendant des heures des rythmes infernaux.
Infernal n'est pas un terme exagéré car les tambours battent pour Oni, un être mythique du Japon assez proche du diable. Oni, effrayant peut aussi provoquer le rire libérateur. Il aime le vin mais inquiète les hommes. Il fait des farces mais se retire dans une marginalité volontaire par rapport à toutes les créatures surhumaines. C'est pourquoi certains rythmes se nomment "battements du coeur" et sont en général joués par des solistes.
Parfois, les musiciens se mettent à deux pour frapper le tambour considéré alors comme une bête à dominer.
Parfois, ils apprivoisent la peau tendue en jouant sous la percussion des lignes mélodiques au shamisen (guitare japonaise) ou au shakuhachi (flûte de huit pouces de longueur).
Souvent, en rangée de huit ou dix, devant de petits tambours, et à genoux devant ces objets rituels, ils battent des rythmes compliqués aux couleurs différentes ; des pluies métalliques aux froissements des roseaux sous le souffle du vent. Dans leur jeu, le mimétisme des sonorités de la nature semble évident ; les déments apparaissent au travers des images musicales ; eau, air, terre, feu.
Que signifie aujourd'hui au Japon, pour ces dix-sept personnes qui forment le groupe Kodo, le fait d'appartenir à un groupe de musiciens-athlètes d'obédience plus ou moins shintoïste et qui subissent un entraînement physique intensif?
Ces jeunes gens à la musculature puissante soignent leur corps qui abrite peut-être un dieu. Tous les matins, ils s'élancent sur la plage et courent une vingtaine de kilomètres avant d'absorber la moindre nourriture. Ils deviennent peu à peu insensibles au froid et à la fatigue. Leur pratique est sans doute opposée à celle du bouddhisme tantrique mais le résultat reste le même; ils ont acquis des pouvoirs.
Il suffit de les voir monter à demi-nus à l'assaut des chu-daiko, les tambours barriques, ou bien frapper avec une régularité syncopée les percussions de métal.
Une véritable fascination saisit l'auditeur-spectateur lorsque le oh-daiko le grand tambour, paraît, hissé sur un chariot décoré de lanternes, que deux garçons à la musculature fine qui joue sous la peau moite, frappent de toutes leurs forces ; croulement monstrueux de montagne, départ de Concorde ou tonnerre déchaîné?
Les amateurs de percussions, les amoureux du jazz, les admirateurs du Japon, les passionnés de la beauté et de la santé corporelle ne sauraient manquer cette découverte au cours de 10 concerts-marathons. (Précédent passage à l'Espace Cardin en 1976. Le groupe s'appelait alors Ondeko-Za).

Ces concerts parisiens s'inscrivent dans une tournée internationale (de janvier à juin 1984) : Hong-Kong, Italie, Yougoslavie, Bulgarie, Grande-Bretagne, R.F.A., Israël et U.S.A. : New York et Los Angeles où le groupe participera au Festival des Jeux Olympiques.


PROGRAMME KODO. Les tambours de feu et les danses de lîle de Sado
DYUHA
Nouvelle étape, Dyuha célèbre le renouveau de KODO.
Comme la dernière composition de Maki Ishii, elle exprime les transformations dans la nature et dans la vie. Un monde inexploré pour les percussions a été créé, dont la première audition eut lieu au Festival International de Percussions de Cologne.

CHONLIMA
Composé en 1983 par Roetsu Tosha, cette oeuvre est interprétée par 4 tambours à l'Okedo et au Shime Daiko et 2 tambours au grand Miya Daiko. Les Okeido Daiko proviennent de Corée. Les musiciens se transmettent les sons les uns aux autres, à un rythme frénétique.
L'atmosphère se tend jusqu'à éclater dans l'enthousiasme du jeu.
Une expression très moderne se fond dans les rythmes traditionnels japonais. Le titre Chonlima "horde de 1000 chevaux" rappelle une ancienne légende où un cheval était capable de courir à une vitesse faramineuse sur de longues distances sans fatigue.

HAE
Composé par Motofumi Yamaguchi, membre de Kodo, Hae signifie Vent du Sud. Historiquement le Japon a été influencé de façon marquante par la culture des Iles du Sud. Sur la gamme de l'Okinawan et un instrument des Caraïbes, le tambour métallique, Hae exprime une profonde nostalgie pour le Sud.

MIYAKE DAIKO
Ou nom de l'île Miyake, une des îles d'Izu de l'Océan Pacifique, au Sud de Tokyo ces tambours accompagnent en général une chanson traditionnelle "Kiyari Uta" qui signifie littéralement "Chant pour déplacer un énorme arbre?". Cette chanson était utilisée pour rythmer les efforts des hommes quand ils halaient les arbres. Un chanteur entonnait, le groupe répondait en choeur. Le tambour est posé très bas sur le sol, réclamant une inhabituelle et athlétique position ; le corps balançant de gauche à droite. Cette technique haute en couleur qui met en valeur la jeunesse, la force et la vitalité des tambours est au moins aussi captivante à regarder qu'à écouter.

NISHIMONAI
Cette danse se joue à Akita, dans la partie nord de la principale île du Japon, à la fin de l'été, pendant le "Obon Matsuri" (cérémonie commémorative des morts) le danseur porte un kimono bariolé et un large chapeau de paille qui lui masque complètement le visage. Les délicats mouvements des mains, le visage du danseur caché dans l'ombre du chapeau, laissant seulement découvrir le cou se combinent pour créer une atmosphère de mystère et d'ombre qui s'accorde avec l'expression du Obon Matsuri.

MONOCHROME
D'abord appelée Monoprism, cette oeuvre fut écrite pour orchestre par Maki Ishii. Elle fut créée aux Etats-Unis, au Festival de Musique de Tanglewood avec Seji Ozawa et l'orchestre symphonique de Boston.
Elle reçut au Japon le prix Odaka de la meilleure composition de l'année. Monochrome est une version de Monoprism où seuls le Taiko et le Gong Chinois sont uti1isés.
Avec ses rythmes réguliers et très irréguliers étroitement mêlés, Monochrome développe un climat d'émotion croissante.
Ce morceau ambitieux permet de déployer l'étendue et le pouvoir d'expression du Taiko et comme tel peut être considéré comme une oeuvre faisant date.

SHISHI ODORI
Au Japon, il existe beaucoup de danses où sont portés des masques de lion, cerf, sanglier ou dragon. La danse Shishi Odori est la danse du cerf de la ville d'Imati, au nord du Japon.

AYAKO MAI
De Kashiwasaki à Niigata, cette danse élégante pour jeunes femmes, retrace l'histoire des premières formes du Kabuki, apparu il y a 450 ans. Les danseuses portent d'étranges coiffes, dansent au son de la flûte et de l'"Otai", en chantant du Nô.

SHINOBUE
Le Shinobue provient d'une simple longueur de bambou shino dont l'intérieur est laqué et percé de 6 ou 7 trous. Il en existe de différentes tailles, dont les tons varient, ce qui permet de choisir le meilleur instrument correspondant à la voix du chanteur-récitant. Un son très mélodieux sort de cet instrument simple.
Rythme et puissance du tambour - grâce et délicatesse de la flûte, leurs natures complémentaires les rassemblent souvent dans la musique japonaise.
Quand on écoute la voix du Shinobue flotter dans le vent, elle semble recueillir la mémoire du passé.

O DAIKO
On raconte l'histoire d'un enfant qui, aux sons des formidables roulements du O Daiko sombra dans un profond sommeil.
Les vibrations du O Daiko sont terribles, mais on y trouve aussi une tranquillité
Le rythme du O Daiko est simple. D'un côté un tambour bat un rythme de base sur lequel le tambour principal improvise librement. Quand le rythme et le son ne font plus qu'un, les tambours et les auditeurs se retrouvent unis au coeur de 1'O Daiko.
IL existe une grande variété de taiko au Japon. Deux d'entre eux sont le Miya Daiko qui est creusé dans une bûche et 1'Okedo Daiko qui est assemblé comme un tonneau. Le Miya Daiko est habituellement fait en bois de Zelkowa avec deux peaux de boeuf tendues. Les arbres de Zelkowa, suffisamment grands pour fabriquer ce tambour, sont devenus si rares que l'on utilise souvent le bois du baobab africain. Notre Taiko mesure 117 cm de diamètre et pèse environ 400 Kg.

YATAI BAYASHI
Chaque année, la nuit du 3 décembre à Saitama, près de Chichibu, a lieu un Festival très coloré d'où d'énormes charrettes sont réunies au coeur de la ville. Du centre du petit espace formé par les attelages, s'élèvent les sons de Yatai Bayashi. Dans la version de Kodo qui cherche à recréer l'atmosphère des énormes charrettes tirées par la foule, trois grands tambours, aux voix profondes sont choisis.
Les tambours sont juchés sur un praticable spécial qui oblige les musiciens à jouer dans une position semi-assise.
Cette situation demande au joueur une force exceptionnelle.

Composition

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1984_JP_S1

Date du copyright

1984

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Titre Localisation Date Type
Japon. Kodo, les tambours de feu et les danses de l'île de Sado. Photos Japon 1984-02-17 Photo numérique
Japon. Kodo. Les tambours de feu et les danses de l'île de Sado. Affiche Japon 1984-02-17 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1984 1984