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Japon. Sankyoku et Jiuta-Mai, Musique et danse traditionnelles japonaises. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. Sankyoku et Jiuta-Mai, Musique et danse traditionnelles japonaises. Spectacle

Sous-titre

Ensemble Nisui Kai de Tokyo

Date

1986-12-02

Date de fin

1986-12-03

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

2-3 décembre 1986
TAKIZAWA Kenichi II: koto, sangen (shamisen)
MURATA Shoko: koto, sangen
KAWAI Sayozan: shakuhachi
KANZAKI Hideichi: danse jiuta-mai
Ce concert, organisé en collaboration avec les Ateliers d'ethnomusicologie de Genève, a bénéficié de l'aide de la Fondation du Japon.
Rédaction des textes: Laurent Aubert, Mary Honderich, Kuichi Kano

SANKYOKU
Musique traditionnelle japonaise
Il existe de nombreux genres de musiques traditionnelles japonaises dont la tradition s'est transmise jusqu'à nos jours. Certains remontent à une époque plus que millénaire, d'autres ne datent que du XVIIe au XIXe siècle. On y rencontre des musiques de cour, des musiques religieuses, ou encore des musiques destinées à accompagner le théâtre comme le nô, le kabuki, ou le bunraku.
Un des traits caractéristiques de la musique japonaise est la prépondérance du chant.
Les techniques de chaque instrument sont basées sur l'imitation et l'adaptation des techniques vocales. Les premières pièces purement instrumentales servaient d'interludes aux chants. Ce n'est qu'à partir du XVIe siècle que la musique de koto et de shamisen s'est développée. Si, dans les époques précédentes, la musique était soutenue par la société des samouraïs et par les monastères bouddhiques, elle s'est développée dès la période Edo (1615-1868) dans les milieux de marchands et d'artisans des villes.
Le sankyoku, littéralement musique pour trois instruments, date de cette période et peut-être considéré comme une musique de chambre japonaise. A partir d'un matériel plus ancien, le jiuta, essentiellement constitue de danses chantées accompagnées au shamisen, le grand maître du koto Ikuta Kengyo a établi vers la fin du XVIIe siècle un répertoire pour koto, sangen (shamisen), et kokyu. La musique de koto, qui ne servait alors qu'à accompagner le chant, s'est développée à part entière. En combinant les partitions de koto à celles de shamisen, auxquelles s'ajoutaient un troisième instrument, d'abord une petite vièle, le kokyu, remplacé par la suite par la flûte shakuhachi, il a créé un genre musical nouveau dans lequel la part des instruments devenait prépondérante. Ce n'est que dans le sankyoku que le chanteur s'accompagne lui-même instrumentalement. Les sections purement instrumentales constituent cependant la majeure partie d'une pièce de sankyoku.
Les Japonais ont coutume de dire que dans le sankyoku, le koto représente l'ossature, le shamisen la chair et le shakuhachi la peau.

JIUTA-MAI
Danse traditionnelle japonaise
Littéralement, jiuta-mai signifie la danse (mai) des chants (uta) de la terre, de la campagne (ji). A l'époque Edo, au XVIIIe siècle, le principal genre vocal s'appelait naga-uta.
C'était le chant du théâtre populaire, essentiellement du kabuki. Dans le Kanzai, region de
Kyoto et d'Osaka s'est developpée simultanément une autre forme de musique vocale appelée ji-uta. La danse jiuta-mai est née de cette musique.
Contrairement aux autres danses, qui se donnaient sur scène, le jiuta-mai était pratiqué dans les maisons privées: chez les courtisanes et les geishas ou dans les maisons bourgeoises.
Le répertoire du jiuta-mai provient de trois sources différentes: du thème des pièces de nô, dont le texte des danses jiuta est souvent tiré; du tsuyamamono, style de chant d'amour dans lequel la danse exprime la tristesse et le désespoir de l'amant déçu; et enfin des pièces de théâtre comique, des kyôgen.
Le danseur de jiuta-mai est traditionnellement un acteur de kabuki ou une geisha.
Depuis l'après-guerre, le jiuta-mai est devenu populaire à Tokyo, mais les principales écoles de jiuta-mai sont encore toutes à Kyoto et à Osaka.

L'ensemble Nisui Kai de Tokyo
TAKIZAWA KENICHI II
Takizawa Kenichi II est un musicien qui se dédie à la fois à la musique traditionnelle et à la musique contemporaine. Cette double formation est due à ses études avec Takizawa I, qui fut 1'élève privilégié de Miyagi Michio, le fondateur de la musique contemporaine ' le gendai-hogaku - au Japon dans les années vingt. Ayant étudié le koto et le sangen (shamisen) à l'Ecole Miyagi Michio, Takizawa hérite du titre de son maître à la mort de celui-ci et devient grand professeur de son école.
Depuis de nombreuses années, il poursuit son enseignement au sein du Miyagi Michio Kai et à l'Université de Sophia à Tokyo. II se produit régulièrement en concert et à la radio au Japon et a effectué plusieurs tournées en Chine et en Europe. En 1977, Takizawa a fondé l'Ensemble Nisui Kai.

KAWAI SAYOZAN
En 1978, Kawai Sayozan obtient le premier prix de shakuhachi à la maîtrise de l'Ecole Tizan de Tokyo. En 1981, cette même école lui décerne le titre de grand professeur.
Il a recemment participe à une délégation officielle aux Etats-Unis et s'est aussi produit en Europe. Il partage aujourd'hui son temps entre son enseignement et sa carrière de concertiste.

MURATA SHOKO
Diplômée du Conservatoire de musique de Tokyo, section sangen et koto, Murata Shoko a obtenu en 1982 le premier prix au Concours de musique Miyagi Michio. Elle poursuit des études supérieures au Conservatoire où elle enseigne actuellement. Formée aussi bien à la musique traditionnelle qu'à la musique contemporaine, elle a enregistré d'anciennes partitions de sangen. Elle est fréquemment sollicitée par la radio japonaise pour interpréter de la musique contemporaine.

KANZAKI HIDEICHI
Dès l'âge de six ans, Kanzaki Hideichi étudie la danse nô à l'Ecole Kanze et celle du kabuki à l'Ecole Fujima. Il a été l'élève de Kanjuro Fujima, grand maître de kabuki. En 1984, il obtient le diplôme de maître de danse de l'Ecole Kanzaki et reçoit le nom de Kanzaki Hideichi.
Il a donné des spectacles de kabuki à Tokyo et à San Francisco, ainsi que des récitals de jiuta-mai à Paris et à Genève, notamment dans la pièce "Hanjo Hanjo" (mise en scène par Armen Godel).

LES INSTRUMENTS
Shamisen (sangen)
Dans le sankyoku, cet instrument, qui ressemble un peu au banjo, est appelé sangen, qui signifie "trois cordes". Il a une caisse de résonance rectangulaire, composé d'un cadre en bois, légèrement bombé, couvert de deux peaux de chat sur ses faces supérieure et inférieure. Le long manche est doucement incurvé juste au-dessus de la caisse, qu'il traverse.
Les trois cordes sont faites de soie torsadée et amidonnée. Le chevalet, qui transmet la vibration des cordes à la membrane, est fait d'ivoire, d'os ou d'écaille; il n'est maintenu que par la pression des cordes sur la peau. Le large plectre en forme d'éventail est en ivoire.
Il existe plus de dix sortes de shamisen au Japon. Chaque type a plus ou moins la même longueur, mais ce sont le timbre et la tessiture qui changent, en fonction de l'épaisseur des cordes, de la taille de la caisse de résonance, de la tension des peaux, du poids et de la disposition du chevalet, ou encore de la forme et des dimensions du plectre.
Ce type d'instrument ne se rencontre pas qu'au Japon; il existe aussi en Chine et dans les îles Ryukyu, où sa membrane est une peau de serpent, et sa technique de jeu passablement différente. Le shamisen est considéré comme descendant du san-hsien chinois, et il apparaît au Japon dès le XVIe siècle.
Koto
Cet instrument est parfois appelé sô, d'où dérive le terme de sôkyoku désignant la musique de koto. Sa longue caisse de résonance est faite de bois de paulownia, et ses cordes sont aussi en soie torsadée. Les onglets et les chevalets mobiles sont en ivoire. Les treize cordes sont pincées de la main droite à l'aide de trois onglets, enfilés sur le pouce, l'index et le majeur de la main droite, alors que la gauche sert à produire les ornements par pression des cordes de l'autre côté du chevalet.
D'origine chinoise, le koto fut importé au Japon au VIIe siècle, et il ne fut d'abord qu'un des instruments du gagaku, où il occupait un modeste rôle d'accompagnateur. Ce n'est qu'environ cinq siècles plus tard que la musique de koto, le sôhyoku, se développa comme un genre à part. Sa forme actuelle fut établie au milieu du XVIIe siècle par un célèbre musicien aveugle nommé Yatsuhashi Kengyo.
Le jeu du koto a été enrichi au début de ce siècle par l'apport de techniques occidentales telles que le pincement des cordes par les doigts de la main gauche ou certains effets observés sur le jeu de la harpe.

Shakuhachi
Le shakuhachi est une flûte à encoche faite d'une section de bambou coupée près de la racine. Sa fabrication est simple, il comporte cinq trous de jeu, quatre devant et un derrière.
Mais il peut produire des mélodies pleines de nuances, aussi bien sur le plan des intervalles que sur celui des timbres. Le joueur peut changer la hauteur du son par de subtils mouvements verticaux de la tête; en la tournant de gauche à droite, il donnera un effet de vibrato; en fermant partiellement les trous, il produira des intervalles microtonaux. Le shakuhachi existe en plusieurs tailles; le plus courant mesure environ cinquante-cinq centimètres de long.
L'origine de cet instrument est incertaine. Vers la fin du XVIIe siècle, il était exclusivement joué par certains moines appelés komusô, appartenant à la secte Fuke du bouddhisme zen, que l'on rencontre encore mendiant dans les rues du Japon moderne, jouant du shakuhachi la tête recouverte d'un panier destiné à les isoler de l'ambiance profane. Sous leur influence, de très belles pièces au caractère méditatif allaient voir le jour. Elles ont été transmises jusqu'à nos jours, et constituent ce qu'on appelle le honkyoku, qui est le répertoire le plus respecté des joueurs de shakuhachi.
C'est au milieu du XVIIIe siècle que le shakuhachi s'est joint à l'ensemble sankyoku. Son rôle est habituellement de suivre la ligne mélodique du koto et du shamisen; mais il a aussi une part importante dans l'ornementation. Les pièces du sankyoku pour le shakuhachi sont appelées gaikyoku.


Sankyoku et Jiuta-Mai
Par l'Ensemble Nisui Kai de Tokyo
Takizawa Kenichi II : koto, sangen (shamisen)
Murata Shoko: koto, sangen
Kawai Sayozan : shakuhachi
et Kanzaki Hideichi : danse jiuta-mai

PROGRAMME
1. MlDARE (désordre)
Pièce pour koto de Yatsuhashi Kengyo (1614-1685).
Le titre de kengyo est attribué aux musiciens aveugles de grand talent. Yatsuhashi Kengyo est également le compositeur du célèbre Rokudan. Ce morceau est divisé en dix parties ou dan. Son titre vient du fait que chaque partie est agencée sur un rythme différent.
2. TSURU NO SUGOMORI (la couvée de la grue)
Pièce anonyme pour shakuhachi.
Ce morceau classique évoque le cycle de la vie d'une grue: la naissance, l'enfance et le rapport avec la mère, puis la croissance et la séparation, et finalement le vieillissement et la mort. Tout au long de la pièce, le shakuhachi imite le cri du sturu, de la grue.
3. ZANGETSU (la lune matinale)
Pièce pour koto de Minezaki Koto (composée entre 1781 et 1800).
A l'origine, Zangetsu fut écrit pour shamisen. Ce n'est que plus tard qu'une adaptation pour koto apparut. Ici, la lune matinale évoque le souvenir d'une personne disparue. Dans la nuit, la lune est partiellement cachée par une forêt de pins.
Au fur et à mesure que la nuit s'avance, la lune se déplace au-dessus de la mer tout en se dévoilant pleinement. Mais, avec l'approche de l'aube, sa lumière s'affaiblit et elle disparaît de l'autre côté de la mer.
4. TAMATORI (la prise du bijou)
Danse jiuta-mai accompagnée par le koto et le sangen.
Tiré de la pièce de théâtre nô "Ama" (la pêcheuse de perles), Tamatori évoque la première partie de l'histoire d'une pêcheuse de perles amoureuse d'un seigneur.
Un fils naît de cet amour, mais il tombe gravement malade. Le seul moyen de le sauver est de trouver le bijou gardé au fond de la mer par le roi des dragons. Au prix de sa vie, la femme parvient à s'emparer du bijou et sauve ainsi son fils.
5. MITSUYAMA (les trois montagnes)
Pièce pour koto, sangen et shakuhachi de Mitsuzaki Kengyo (vers 1853).
Autour de Nara, l'ancienne capitale, s'élèvent trois montagnes : Kaguyama, Miminashiyama et Unebiyama, qui, d'après la légende, se battent. Entre 1830 et 1844, Mitsu Koei écrivit le poème Mitsuyama. Dans ce poème est contée la dispute entre la courtisane Katsurako, du village du mont Miminashi, et la courtisane Sakurako, du village du mont Unebi, pour l'amour du prince Kinari, maître du Kagu. La première partie évoque la jalousie de Katsurako, tandis que la seconde peint celle de Sakurako. Ce morceau a la réputation d'être d'une exécution particulièrement difficile; il est très rarement donné en concert.

Chorégraphie

Contributeurs

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1986

Cote MCM

MCM_1986_JP_S2

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Titre Localisation Date Type
Japon. Sankyoku et Jiuta-Mai, Musique et danse traditionnelles japonaises. Photos Japon 1986-12-02 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1986 1986