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Japon. L'Arbre des Tropiques de Yukio Mishima. Japon. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. L'Arbre des Tropiques de Yukio Mishima. Japon. Spectacle

Date

1993-05-04

Date de fin

1993-05-09

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

4-9 mai 1993
Première à Paris, en Français
Mise en scène : Eiji Mihara
Décors : Ambroise Bovisi, costumes : Tomoko Bovisi,
Musique : Ryuichi Sakamoto et Bertrand Gallaz
Lumières : Clément Cayrol
Avec : Catherine Rethi (le père), John Arnold (la mère), Laurent Hattat (le fils), Agnès Bourgeois (la fille), Cyrille Bosc (la tante), Hideichi Kanzaki (danseur)
Sur fond d'inceste, de parricide, une famille renfermée sur elle-même dans une grande maison sombre développe ses amours et ses haines jusqu'au paroxysme.
Le texte superbe d'une pièce que son auteur qualifia d'Electre japonaise et le désir de confronter l'art de Mishima à la sensibilité occidentale ont convaincu Eiji Mihara de monter cette oeuvre, et c'est à la manière du théâtre classique kabuki qu'il a inversé les sexes des rôles du père, de la mère et de la tante.
Coréalisation : le Rond-point - Théâtre Renaud-Barrault, Mistral Film, Forum Communication Europe, Théâtre Soleil Levant à Lausanne.
Editions Gallimard.
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L'auteur
Yukio Mishima (1925-1970) est l'un des écrivains les plus connus du Japon contemporain. Il fait partie de cette génération d'auteurs japonais d'après-guerre qui ont multiplié les expériences dans les genres les plus divers et mis sans cesse à l'épreuve de nouveaux procédés : la déformation, la schématisation, la parodie, le dépaysement, pour tenter de démasquer la réalité.
Ses romans (La confession du masque, 1949; Le pavillon d'or, 1956) connurent un grand succès, mais son tempérament sombre, ironique et précis trouve son expression la plus accomplie dans ses nouvelles et dans son oeuvre dramatique.
A travers tous ses travaux, Mishima expose sa conception de la sexualité, ses théories esthétiques et sa fascination pour le dépassement de soi, jusqu'à la mort. Son regard critique sur le Japon pacifique et prospère de la seconde moitie du XXe siècle le conduisit à fonder une secte d'esprit militariste, la Société du bouclier, puis à se donner publiquement la mort (par seppuku) en 1970, quelques jours après avoir achevé un vaste roman en quatre volumes, La mer d'abondance.

La pièce
L'Arbre des Tropiques est un arbre imaginaire qui envahit peu à peu tout l'espace d'une maisonnée familiale. Il s'épanouit sinistrement tout au long de la tragédie de Mishima, jusqu'à rendre l'atmosphère lourde, étouffante et empoisonnée. Ce huis clos, tiré d'un fait-divers français, réunit les membres d'une famille qui s'entre-déchirent, laissant libre cours aux pulsions les plus violentes et les plus taboues de l'âme humaine. Sexe, crime, suicide, tous les poisons s'enchevêtrent et se ramifient comme les branches de l'Arbre de mauvais augure.
Ecrit en 1959, L'Arbre des Tropiques est un cas à part dans l'oeuvre de Mishima. Seule tragédie qu'il ait écrite, elle présente sa vision du classicisme au théâtre à travers une écriture proche de l'abstraction. En donnant aux dialogues une forme poétique, son souci était que la scène fût peuplée de passions seulement, de passions habillées par des mots. Le tout devant baigner dans un coloris de cauchemar, pendant que le drame essentiel gardait une clarté de cristal.
Ce drame est à ses yeux une sorte d'hybride entre l'héritage de Chikamatsu (fondateur au XVIIe siècle de la tragédie japonaise) et les grands mythes de la tragédie grecque.
Eiji Mihara, en montant la pièce en Juillet 1992 à Lausanne, a souhaité servir les intentions de l'auteur dans la tradition du kabuki.

Le kabuki
Lointain descendant des farces de tréteaux, il est né au XVIIe siècle. En évoluant, il devint l'art du chant et de la danse, assez proche dans ses techniques de la commedia dell'arte. Après une éclipse au XVIII siècle, le kabuki se fixe à Edo (le futur Tokyo), dont la population attachait moins d'importance au contenu littéraire des pièces qu'à l'interprétation de ses acteurs favoris. Il en résulte la mise au point de spectacles d'une grande perfection formelle marquée par un réalisme grossier allié à un romantisme forcené, sans nuances, mais d'une très grande efficacité spectaculaire.

Eiji Mihara, metteur en scène
Né à Yokohama en 1960, il fait des études de droit à Tokyo avant de découvrir en 1982, lors d'une tournée, les Ballets du XXe siècle. Cette rencontre le décide à venir travailler à Bruxelles, avec Maurice Béjart, auprès de qui il reste comme assistant. Sa participation aux spectacles de Béjart, du Concours (1985) à 1789' et nous (1989), en passant par Cinq nô modernes de Mishima (1985) et le Songe d'une nuit d'été (1986) lui donnent le goût de la mise en scène. Il s'y essaie avec trois pièces d'Harold Pinter en 1988, il fonde l'Association du Théâtre Soleil Levant en 1990, met en scène la pièce d'Hisashi Inoué, Adieu Rayon d'été, et Crée l'Arbre des Tropiques en 1992, à Lausanne où il réside.
Selon ses propres termes, le plus important est de voir l'éclat, le combat de la rencontre de l'Orient et de l'Occident
Eiji Mïhara a su garder la souplesse et la concentration de son monde traditionnel japonais tout en assimilant l'esthétique et la philosophie de l'Occident. Dans le miroir de Mishima, il retrouve ce besoin de modernité qui, loin de nier le passé de son peuple, va plus loin dans la recherche que tous ceux qui ont perdu leurs racines, puisque la tradition est leur vie et leur mort.
Maurice Béjart

Composition musicale, arrangements

Textes

Mise en scène

Décors et costumes

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1993

Cote MCM

MCM_1993_JP_S3

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Titre Localisation Date Type
Japon. L'Arbre des Tropiques de Yukio Mishima. Photos Japon 1993-05-04 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1993 1993