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Japon. Ecole de Kyôgen Izumi. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. Ecole de Kyôgen Izumi. Spectacle

Date

1993-05-11

Date de fin

1993-05-12

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

Trois représentations.11-12 mai 1993.
Avec Motohide Izumi, Motoya Izumi, Junko Izumi, Shoko Izumi.
Depuis six siècles, l'école d'Izumi assure la pérennité de ce genre majeur qu'est le kyôgen. Son directeur actuel, Motohide Izumi, 19e maître de cette école présentera, entouré de sa famille, trois pièces représentatives de ce répertoire, ainsi que des pièces de Molière adaptées à ce style : Les fourberies de Scapin et Le médecin malgré lui.
Il montre ainsi l'universalité d'un genre exprimant une réalité proche des préoccupations et du langage quotidiens.
Car si le nô exprime ce que nous voudrions être, la voie de nos aspirations, le kyôgen exprime ce que nous sommes et la manière de l'accepter ; ces deux chemins conduisent à la sagesse.

Le Kyôgen puise son origine dans le sarugaku, ou "singerie", dérivant du divertissement sangaku, qui fut introduit en Chine entre le VIIe et le VIIIe siècle.
Suivre pendant un jour entier une représentation de drames de nô, tel que cela se faisait autrefois serait une épreuve insoutenable du fait de la tension psychologique qu'elle suppose. C'est la raison pour laquelle, dès le XVe siècle sans doute, l'usage s'était instauré d'intercaler entre deux pièces sérieuses un sarugaku.
Sous le nom de kyôgen, "paroles folles, soties", ces farces deviendront inséparables du nô. Un programme classique de cinq nô comportera donc en principe quatre kyôgen.
Dans un premier temps, le dialogue des farces était très probablement laissé à la discrétion des acteurs. Les textes n'ont en effet été notés par écrit que très récemment. De plus, les variantes sont considérables d'une école à l'autre pour une même pièce, ce qui semble momtrer que les versions notées à divers moments n'étaient que des aide-mémoire sur lesquels les interprètes pouvaient broder librement.
Environ 200 pièces sont présentées à l'heure actuelle, et ce répertoire offre un éventail de structures et de situations extrêmement large.


Le kyôgen, de la farce à la comédie.
N'utilisant ni choeur ni musiciens, le kyôgen pourrait paraître encore plus dépouillé que le nô s'il ne faisait constamment appel au rire. Intermèdes délassants, les farces du kyôgen sont d'une simplicité linéaire, les deux ou trois personnages s'articulant notamment autour du couple maître - valet.
À l'hiératisme du nô, le kyôgen oppose un jeu tout en souplesse dans lequel le visage, mais aussi tout le corps, sont perpétuellement mobiles et particulièrement expressifs. Le visage nu devient masque et peut, d'un simple regard, faire rire une salle entière.
D'une certaine manière le kyôgen est le reflet en négatif du nô : utilisation du même lieu scénique, même absence de décor, même brièveté de la représentation, même sobriété dans le jeu, même organisation familiale du milieu des comédiens. Seule en fin de compte diffèrent l'expression et la finalité.
Le nô est tout entier tourné vers l'intensité de la tragédie, tandis que le kyôgen vise, essentiellement, à divertir.
Comme pour le nô, l'ensemble du répertoire est divisé en plusieurs genres dont la complexité varie de la simple farce à la comédie de moeurs :
-Premier genre, les waki-kyôgen, ainsi appelés parce qu'ils "flanquent" le premier nô d'une journée, et comme ce dernier, ils doivent être de bon augure. Il convient donc qu'ils expriment la joie, la prospérité ou la puissance du royaume.
-Puis viennent les pièces qui mettent en scène les démêlés avec leurs domestiques d'un daïmyô ou d'un shömyô, ces petits féodaux frustes et brutaux de la fin du moyen-âge. Ce sont les plus nombreuses et les plus appréciées des spectateurs qui s'amusent des facéties du valet Tarôkaja, parfois flanqué de son frère cadet Jirôkaja. Ce Tarôkaja est une sorte de Scapin qui cherche à rouler son maître, parfois c'est un ivrogne, plus rarement un niais. Quelquefois il apparaît aussi comme un homme de bon sens, témoin impuissant des extravagances d'un patron qu'il cherche en vain à ramener à la raison.
-Troisième genre exploite les aléas des rapports familiaux : des gendres moqués par leur beau-père, une jeune femme qui prend le parti de son mari contre son propre père, un époux qui met à la raison sa femme.
-Les démons apparaissent dans une série de pièces où ils sont tournés en ridicule. Dans ce dernier cas, le kyôgen emprunte parfois certains éléments du nô, masques, orchestre et choeur.
-La parodie est poussée plus loin encore dans des pièces qui reproduisent la structure même des nô. On y voit des yamabushi, ascètes des montagnes, devenus dans l'imagerie populaire des sortes de sorciers thaumaturges un peu inquiétants, dont le kyôgen fait des charlatans prétentieux et impuissants. Les moines sont eux aussi fort bien servis : l'ignorance et la sottise sont leurs moindres défauts.
-Une dernière rubrique regroupe des pièces d'inspiration diverse. On y trouve notamment des brigands et des fripons et enfin une dizaine d'autres kyôgen qui n'entrent dans aucune catégories énumérées.
René Sieffert, in Arts du Japon, Théâtre classique. Publications Orientalistes de France et Maison des Cultures du Monde, 1983.


Les artistes
Motohide Izumi est le dix-neuvième directeur de l'une des deux écoles de kyôgen existant aujourd'hui. Il a fait ses débuts au Théâtre nô à l'âge de quatre ans, et a fêté, en 1991, son cinquantième anniversaire en exécutant l'ensemble du répertoire de kyôgen (254 pièces). Souvent primé, il est également auteur de trois livres sur le kyôgen.
Il sera entouré de trois de ses enfants.
- Sa fille aînée, Junko, née en 1969, a fait ses débuts au Théâtre nô à trois ans, avec son grand-père Tokuro Miyake. Elle a été la première femme artiste de kyôgen (en 1989), dans ce répertoire jusque 1à exclusivement réservé aux hommes.
- Sa jeune soeur Shoko, née en 1972, a également débuté au Théâtre nô dès ses trois ans.
- Motoya, premier fils, né en 1974, a fait ses débuts à l'âge de cinq ans, et maîtrise aujourd'hui l'ensemble du répertoire.


Programme.
3 classiques du répertoire de kyôgen :
-Kakushi Tanuki
Afin d'attirer la clientèle, le patron d'un restaurant cherche un blaireau japonais pour en faire une soupe.
Ayant entendu dire que Tarôkaja (sorte de Scapin japonais) est passé maître dans l'art de chasser cet animal, il essaie de vérifier cette information.
-Bonsaï
Un voleur se cache derrière un bonsaï. Le maître de maison se moque de lui, feignant de croire tout d'abord que c'est un chien, puis un singe. Finalement le maître le prend pour une daurade.
La peur d'être mangé fait fuir le voleur.
-Busibari : Ficelé au bâton
Tarôkaja et Jirôkaja ont pour habitude de voler le saké de leur maître et de se saouler dès qu'il s'absente.
Un jour qu'il doit quitter la maison, le maître décide alors d'attacher les bras de Tarôkaja à un bâton et les mains de Jirôkaja derrière son cou.
Mais les deux larrons trouveront quand même un bon moyen pour boire le saké tant convoité.

2 adaptations de Molière :
-Les fourberies de Scapin
-Le médecin malgré lui

Contributeurs

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1993

Cote MCM

MCM_1993_JP_S6

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Titre Localisation Date Type
Japon. Ecole de Kyôgen Izumi. Photos Japon 1993-05-11 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1993 1993