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Japon. Musique et danse Butô. Mémoire de fruit. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. Musique et danse Butô. Mémoire de fruit. Spectacle

Sous-titre

Un récit de Tadatoshi Nagoya

Date

1993-05-14

Date de fin

1993-05-23

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

14-23 mai 1993
Musique et direction artistique : Tadatoshi Nagoya
Chorégraphie : Koïchi Tamano
Interprété par Koïchi Tamano et la Compagnie Harupin-Ha Butô Dance Theatre.
Avec Hiroko Tamano et huit danseurs japonais et américains.

Dans certaines civilisations, certains êtres ont le pouvoir de communiquer avec les dieux et de transmettre leurs oracles. Bien que l'on ne leur attribue pas une telle faculté, les danseurs de butô s'avancent en sentinelles dans un territoire intermédiaire où l'humain accède au monde des esprits, aux malicieuses divinités qui régissent la nature, aux insondables ténèbres de la conscience.
Koïchi Tamano, le Nijinski aux jambes arquées fut l'un des premiers interprètes de l'Ankoku-butô (Danse des ténèbres) créé par son maître Tatsumi Hijikata. Danseur animal, centaure fantôme, il hante les scènes où il se produit de sa présence effrayante et prodigieuse.
Dans Mémoire de fruit, Koïchi Tamano et Tadatoshi Nagoya nous convient à une réminiscence, reviviscence au-delà de la nature.
Coproduction : Maison des Cultures du Monde, International Media Station.
Avec le soutien du Département des Affaires Internationales (Ministère de la Culture) et de la Fondation du Japon.

La danse butô
Né à la fin des années cinquante, le butô est aujourd'hui considéré comme l'un des courants majeurs de la danse contemporaine japonaise.
On peut le décrire comme l'histoire de la prise de conscience du corps ou la revanche de la chair. En créant ce nouveau style qu'il avait baptisé Ankoku butô ou Danse des ténèbres, Tatsumi Hijikata mettait fin aux tentatives destinées à imposer le ballet occidental et la Modern dance au Japon. Il apportait une forme de danse plus adaptée à la morphologie des japonais et leur culture. Il renouait avec la tradition culturelle japonaise à travers la mise en scène de ses thèmes dominants : la mort, l'érotisme, les ténèbres, l'inconnu,
Cette démarche met en avant quelques-unes des préoccupations de la danse contemporaine : l'abandon de la superficialité, l'exploration d'un espace et d'un ton libéré de la linéarité du récit, enfin le refus d'une expression annexée à l'exigence du beau et de l'harmonie.
Pour Tatsumi Hijikata, le butô dit toujours non ; il concentre l'opposition irréductible entre son monde de ténèbres, intense et créatif, et les idées qui ont soutenu la prospérité de la société japonaise d'après-guerre : l'optimisme et le rationalisme.
Son influence sur les gens de théâtre sera profonde, autant que sur les danseurs qu'il a éduqués et qui sont au centre de l'essor mondial du butô qui a commencé dans les années soixante-dix.
Le danseur de butô qui fait face dramatiquement à son corps ne craint pas d'affronter sa propre désintégration et provoque une fascination qui travaille l'imaginaire à la façon des songes,

Tadatoshi Nagoya, compositeur
Il est né en 1948 à Tokyo. En 1968, il rencontre le poète et auteur dramatique Shuji Tereyama et assure la direction musicale de la compagnie théâtrale Tenjo Sajiki.
Il participe, de 1971 à 1975, au mouvement de cinéma underground en tant que musicien et compose de nombreuses musiques de films.
Il collabore, en 1975, avec le poète Gozo Yoshimasu pour une performance Le langage contre les sons et assure, la même année, la direction musicale d'un spectacle de danse butô, Muentan de Koïchi Tamano.
Après avoir composé la musique d'un spectacle de danse de Ishibei Hamayagi en 1976, il interrompt son activité pour parcourir l'Amérique du Sud, l'Afrique du Nord, et l'Europe.
Installé en France depuis 1985, il y compose des musiques de films et de danse.
L'amitié nouée avec Koïchi Tamano débouche sur Clair obscur, spectacle de Butô présenté au Festival Danse à Aix en 1992 et à Mémoire de fruit, aujourd'hui.

Koïchi Tamano, chorégraphe
Né au Japon en 1946, il est l'élève de Tatsumi Hijikata dès 1965.
Ses débuts dans la compagnie Ankoku Buto-Ha avec Rosy dance en 1967, sont suivis de nombreuses performances sous la direction du maître.
Cette collaboration prend fin en 1972 avec 27 nuits pour 4 saisons, Hijikata créant pour lui la compagnie Harupin-Ha, avant d'abandonner progressivement la danse pour se consacrer uniquement il la chorégraphie.
Tamano rencontre Nagoya pour une première collaboration en 1975, s'envole pour la Californie où il fait la connaissance du poète Allen Ginsberg, à l'occasion de l'exposition Japan now en 1976. Il s'y installe en 1978 et, depuis cette date, de nombreuses créations avec Harupin-Ha voyagent aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.
Il reçoit en 1989 le Isadora Dance Award. Il retrouve Nagoya pour Clair obscur en 1992 et Mémoire de fruit aujourd'hui.

Programme
Mémoire de fruit, un récit de Tadatoshi Nagoya
-Prologue ou préparatifs à la cérémonie
-Racine du vent :
1. La main de Michel-Ange
2. L'enfant de la lumière
3. Etendue de l'oubli
4. Le festin des dieux
5. Le retour des moutons

Chacun de nous fait quotidiennement appel, et souvent de façon inconsciente à la mémoire. Mais la mémoire ne saurait constituer une preuve de l'identité : en elle-même, la mémoire est une matière, qu'elle soit organique ou non, qui condense la communion de différentes existences.
La chair absorbe involontairement toutes sortes de mémoires, à travers ce que perçoit la vie, souffrance et plaisir, cruauté et amour. Ces mémoires multiples sont gravées en un lieu du corps que nous appelons la "cinquième zone".
Si l'on pense que la connaissance n'a d'autre objet que de distinguer chacune de ces mémoires et de les cataloguer afin d'exécuter les décisions de la volonté ; alors le fond de la conscience ne s'échappera pas du champ de la mémoire. Au contraire, le butô est constamment à la recherche d'actions ou d'états qui puissent devancer la conscience. Cette quête fonde la démarche du butô.
La chair est comme un troupeau de moutons ; la conscience est son berger. Mais que reviennent au sein du troupeau ceux qui s'en étaient éloignés, ou que certains éléments enfermés dans les ténèbres du corps s'en libèrent : cela n'est-il pas source de fête ?
Fête de la chair : réminiscence sans cohérence apparente de certaines choses oubliées...
Depuis la nuit des temps, on dit au Japon d'un homme qui ne sonne plus de ses nouvelles (comme s'il avait soudain disparu pour sa famille ou la société) qu'il a rencontré un "dérobeur des dieux". Il existe peut-être dans ce monde un lieu ignoré où ces hommes perdus se retrouvent, comme poussière amassée par le vent.
Selon un légende d'une contrée reculée de l'Inde, il existe quelque part sur cette terre un fruit qui ranime la mémoire. Ce fruit magique ne ressuscite pas seulement le souvenir du passé ; il permet à tout être vivant qui le goûte que son propre corps soit transporté dans le temps et le lieu secrets d'une mémoire extrêmement ancienne. L'être humain peut alors voyager dans le temps éternel de sa vie intérieure, dans le karma de sa propre réincarnation. Les hommes appellent ce fruit, le "fruit de la réminiscence".
Tadatoshi Nagoya.

Composition

Chorégraphie

Contributeurs

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1993

Cote MCM

MCM_1993_JP_S7

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Titre Localisation Date Type
Japon. Danse Butô. "Mémoire de fruit" interprété par Koïchi Tamano et la compagnie Harupin-Ha. Photos Japon 1993-05-14 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1993 1993