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Japon. L'espace aux ombres de Henri Michaux. Spectacle

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Évènement

Titre

Japon. L'espace aux ombres de Henri Michaux. Spectacle

Date

1993-05-26

Date de fin

1993-05-30

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

26-30 mai 1993.
Mise en scène, scénographie et costumes : Pierre Tabard
Musique : Pedro Palacio
Avec : Catherine Sellers (comédienne)
et Sumako Koseki (danseuse butô).
Dans L'espace aux ombres, publié dans Nouvelles de l'étranger en 1952 et repris dans Face aux verrous en 1954, Henri Michaux nous fait participer aux errances d'une âme. Dans cet univers des ombres, dans cet espace infini du passage entre la vie et la mort, elle appelle de toutes ses forces un vivant. Elle essaie de rester en contact avec lui tout en se déplaçant dans ce royaume, ce purgatoire où des hordes d'ombres se cherchent, s'attaquent, fraternisent et se fuient.
Pierre Tabard ne pouvait pas imaginer une autre voix que celle de Catherine Sellers (sa compagne), pour dire et vivre ce texte qu'elle lui a fait découvrir,
De la même façon, Sumako Koseki qui lui a fait connaître la danse butô, s'inscrit admirablement à ses yeux dans l'univers d'Henri Michaux.
Réunies sur scène, elles se fondent en une entité unique qui devient cette âme errante en quête d'absolu et perpétuellement confrontée à des obstacles indicibles, Elle devient toutes les ombres, les rapaces et les tendres, les dévastatrices et celles qui protègent.
Production : Cie Pierre Tabard - Théâtre National de Marseille la Criée.

Henri Michaux (1899-1984)
Poète de l'expérience intérieure, nul, mieux que lui, par 1'écriture ou par la peinture, n'a su explorer les espaces du dedans où le vertige nous attend. Il nous attire dans ces no man's land du corps et du coeur, des nerfs et de l'esprit, où l'aventure nous mène aux confins les plus reculés de l'indicible et dans les zones les plus dangereuses, mais aussi les plus révélatrices de la sensibilité.
Cioran, dans ses exercices d'admiration, lui fait rejoindre les mystiques par ses rafales intérieures, par sa volonté de s'attaquer à l'inconcevable, de le forcer, de le faire éclater, d'aller au-delà, sans jamais s'arrêter, ne reculant devant aucun péril. N'ayant ni la chance ni la malchance de s'ancrer dans l'absolu, il se crée des gouffres, il en suscite toujours de nouveaux, y plonge et les décrit.
L'Espace aux ombres que d'aucuns tiennent pour l'un des grands textes de la poésie contemporaine est, pour le moins, l'un des plus beaux, des plus fluides, des plus développés et riche en événements multiples.
C'est parce qu'il ne s'est abaissé à aucune formule de salut, à aucun simulacre d'illumination, que son texte est si stimulant.

Pierre Tabard, metteur en scène
Tabard c'est d'abord une belle voix d'autorité qui masque une grande tendresse, une compréhension des textes et du monde. II est l'incarnation même d'un serviteur du théâtre à donner en modèle à la jeune génération. C'est donc tout naturellement qu'il est un maître, et qu'il fait part de son expérience, de sa vie de plateau, de ses rencontres à ses élèves de la rue Blanche.
Conscient que l'aventure théâtrale est tout autant collective que personnelle, soucieux des prolongements humains, sociaux, politiques du théâtre, il a, à plusieurs reprises, lié son destin individuel à de grandes causes communes.
Titulaire du TNP et confident de Vilar, pilier de la Compagnie Renaud-Barrault à Orsay puis au Rond-point, associe à la création du Théâtre du Huitième à Lyon et du TNM à Marseille, Pierre est un athlète complet du théâtre : homme et poète, en accord avec lui-même.
C'est un artiste, denrée rare sur nos scènes d'aujourd'hui, digne fils de Charles Dullin et de Pitoëff.
Marcel Maréchal

Catherine Sellers, comédienne
Elle joue toujours plus loin que la scène, toujours. Et à la place la plus dangereuse. Et, toujours, elle donne ce sentiment bouleversant que cette place (de laquelle elle nous renvoie le rôle) est la place véritable de ce rô1e, même si vous, vous ne l'aviez pas encore aperçue. S'agit-il d'une compréhension qu'elle aurait en plus? Peut-être, oui, si par ce mot on entend aussi un savoir qui s'ignore. Car elle n'en dit rien, ne l'impose en aucune manière, ne sait peut-être même pas, en effet, qu'elle en est porteuse. Quand elle joue, parfois, elle paraît étonnée comme par la découverte de la pièce. Oui, c'est ça, je crois qu'il s'agit ici de la dimension souveraine de l'acteur, de l'ouverture naturelle qu'il opère sur le rôle, de la projection de ce rôle hors des limites privatives de la pièce qui le contenait, de son transfert dans le dehors du théâtre, de son lieu original.
Marguerite Duras
Sumako Koseki, danseuse butô
Danseuse et chorégraphe, née à Kyoto, elle abandonne en 1971 ses études à 1'université de Tokyo pour participer au travail de Tadashi Suzuki et apprendre la nouvelle dramaturgie du corps puisant dans les traditions (nô, kabuki).
Elle rejoint, en 1974, le groupe Butô-Sha et s'initie aux techniques du butô et du shintaïdo, et effectue avec ce groupe, en tant qu'assistante chorégraphe, une tournée en Europe en 1977.
Elle réside depuis lors en France, autant pour marquer une rupture par rapport à son pays et sa situation sociale, que pour ne pas répéter l'itinéraire tracé par le génie Hijikata.
Elle développe, à partir de 1980, l'enseignement du butô en France, au Centre
Américain et, depuis 1986 à 1'ADAC de la Ville de Paris.
Ses créations (Montpellier Danse, M.C.- Rennes, Centre Mandapa Paris), ses dernières participations au Festival d'Avignon et les tournées en Europe qui ont suivi ont été partagées avec une vive émotion par le public.

Composition musicale, arrangements

Textes

Mise en scène

Origine géographique

Japon

Mots-clés

Date du copyright

1993

Cote MCM

MCM_1993_JP_S10

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Saison 1993 1993