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Arabie Saoudite. Chants bédouins, 'Ardha et Sameri d'Unayzah. Spectacle

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Évènement

Titre

Arabie Saoudite. Chants bédouins, 'Ardha et Sameri d'Unayzah. Spectacle

Sous-titre

Musiques de la région du Najd

Date

1998-03-20

Date de fin

1998-03-22

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

20-22 mars 1998

Avec :
Sha'er et vièle rebâba : Mufdhi Nasser Al-Anazi.
Chanteurs, danseurs, tambourinaires :
Saleh Faraj al-Faraj
Abdallah Saleh al-Samnan
Hamad al-Muhammad al-Hatlani
Muhammad al-Abdulaziz al-Dirh
Suleiman al-Abdulaziz al-Dirh
Youssef al-Abdullah al-Zamel
Saleh al-Abdulrahman al-Hamidi
Khaled al-Muhammad al-Sahil
Khaled al-Abdulaziz al-Marzouki
Abdul Mohsen al-Abdullah al-Houeissin
Ahmad al-Saleh al-Harabi
Saleh Soueilem al-Salhi
Muhammad al-Hamad al-Subeyi
Suleiman al-Muhammad al-Jabri
Ibrahim al-Nasser al-Rahiani
Ali al-Brahim al-Faqiri
Adbulah al-Muhammad al-Cheil
Ibrahim al-Ali Seikhan

Responsable administratif : Abdulah Muhammad al-Burayeh
Responsable artistique : Muhammad Ibrahim al-Meiman

Conférencier, professeur à l'université du roi Saoud (Riyadh) : Dr. Mojeb al-Zahrani.

Le Royaume Saoudien fut fondé en 1932 après trente années de luttes consacrées à l'unification du pays, depuis la prise de Riyadh en 1902 jusqu'à la conquête du Hijâz en 1925. La région du Najd, qui nous intéresse ici, fut conquise en 1906.
Aujourd'hui encore, chacune des provinces de l'Arabie Saoudite conserve nombre de ses traits culturels propres, selon qu'il s'agit de provinces à dominante bédouine comme le Najd ou de régions urbanisées depuis plusieurs siècles comme le Hijâz.
Ce concert présente trois aspects majeurs de la culture musicale traditionnelle du Najd, le chant bédouin accompagné à la vièle rebâb, la danse des épées 'ardha et le sameri tel qu'il se pratique toujours dans la ville d'Unayzah.

Mufdhi Nasser Al-Anazi, chanteur bédouin
' Le shâ'er, poète-compositeur-chanteur, est un obscur Bédouin, paysan ou montagnard, qu'aucune instruction ou éducation littéraire et musicale ne distingue des autres. (') Il a appris au contact de quelque vieux shâ'er à aimer passionnément le folklore de son pays, de sa tribu, de son village, puis le don de dire des vers et de les chanter a surgi du fond de lui-même, comme sous l'effet 'd'une révélation d'Allah'. (') Nous sommes ici dans un domaine où il est impossible de faire la part de la tradition et de la création personnelle, de la mémoire et de l'imagination ' (Simon Jargy, La musique arabe, Paris 1971).
Le shâ'er obéit cependant à des règles strictes, généralement d'ordre poétique. On peut ainsi distinguer deux catégories principales : les chants longs et les chants syllabiques. Le chant long, mélopée accompagnée à la vièle rebâb, exprime la nostalgie, l'amour, le mal du pays. La voix y prend toute son ampleur, se développant en longues volutes ornementales. Cette catégorie réunit le 'ataba, le shuruqi, le qasid et les lamentations buka'iyat. Les chants syllabiques comme le hjeyni, ou le samr sont composés de vers courts et scandés qui alternent avec un refrain.
Instrument privilégié du sha'er, la vièle rebâb comprend une seule corde montée sur une caisse de résonance rectangulaire et recouverte d'une peau. L'instrument introduit le poème par un prélude, sépare les strophes par des interludes et accompagne la voix par des formules mélodiques types.

Sameri, zâr et 'ardha
La croyance dans les esprits (jinn) et les phénomènes de possession qui y sont associés existent depuis fort longtemps dans le monde bédouin. Se justifiant dans plusieurs sourates du Coran : « La race des jinn, Nous l'avons créée avant [celle des hommes], à partir du feu d'un vent torride. » (Al-Hijr, verset 27), ils trouvent leur expression dans le sameri et dans le zâr (que l'on retrouve sous cette même appellation dans le Golfe, le sud de la Jordanie, l'Egypte et l'Ethiopie).
Le sameri est un spectacle complet dans lequel interviennent le chant, le jeu des tambours accompagné de gestes chorégraphiés et la danse.
Pendant l'exécution du sameri, certains rythmes et surtout certains vers poétiques peuvent réveiller chez certains participants ou spectateurs le jinn qui est en eux et provoquer une transe de possession. Le possédé se lève alors et se met à danser, c'est le zâr.
Traditionnellement, dans la province du Najd, et notamment à Unayzah, le sameri avait lieu chaque jeudi, veille du jour de prières, à la tombée de la nuit. De nos jours, on l'organise à l'occasion des mariages, de certaines fêtes religieuses, d'un événement familial ou social exceptionnel. Selon la tradition orale, le sameri permettait à un individu piqué par un scorpion de demeurer éveillé et donc de ne point succomber avant l'arrivée du guérisseur. En fait, cette explication fonctionnaliste masque probablement une forme d'association de la possession à la piqûre d'un animal venimeux et par là-même de l'animal à l'esprit possédant, phénomène que l'on retrouve par exemple en Italie dans le tarentulisme.
Comme la plupart des fêtes importantes en Arabie Saoudite, le sameri peut être précédé par une 'ardha, la danse des épées accompagnée de tambours et de chants. La 'ardha est une danse guerrière destinée à exciter la bravoure des guerriers et semer la peur chez les ennemis.
Les danseurs-chanteurs portant drapeau, épées, fusils et poignards, se disposent sur deux rangs. Ils entonnent un chant alterné qui est rejoint par le rythme des tambourinaires qui se tiennent au centre. Puis ils commencent à danser, brandissant leurs armes qu'ils font délicatement vibrer dans leurs mains. Plusieurs rythmes se succèdent, principalement à trois, cinq et six temps, s'enchaînant avec subtilité.
Commence ensuite le sameri. Les chanteurs-tambourinaires s'agenouillent sur deux rangs face à face. Le premier rang entonne un chant choisi par le chef, puis commence à battre les tambours (des tambours sur cadre à deux peaux) en exécutant une suite de mouvements chorégraphiés, s'inclinant à gauche, à droite, en avant, levant les instruments, les abaissant, les posant au sol puis les reprenant. À la fin du vers, le premier rang cède la place au second qui entonne le deuxième vers en se livrant à la même gestuelle musicale et chorégraphique, et ainsi de suite. Lorsque le chant est terminé, l'un des rangs entonne le second sur un autre rythme, généralement plus rapide.
Les chants du sameri sont fondés sur deux types prosodiques, une forme brève sakhri et une forme longue meshub. Les poèmes sont des chants d'amour, de nostalgie, des louanges à la bravoure et au courage, ou encore des poèmes dévotionnels.

à écouter : INEDIT W 260087 Arabie Saoudite, le Chant d'Unayzah

Contributeurs

Origine géographique

Arabie Saoudite

Mots-clés

Date du copyright

1998

Cote MCM

MCM_1998_AS_S1

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Tambour - daff Arabie Saoudite 1998-01-01 Objet
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Arabie Saoudite. Musiques de la région du Najd. Chants bédouins, 'Ardha et Sameri d'Unayzah. Photos Arabie Saoudite 1998-03-20 Photo numérique