Ressource précédente
Ressource suivante

Irak. Les percussions Les Noubanes de Bassorah Le Rabab bédouin et le chant du désert. Spectacle

Collection

Type de document

Évènement

Titre

Irak. Les percussions Les Noubanes de Bassorah Le Rabab bédouin et le chant du désert. Spectacle

Date

1985-02-07

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

7 février 1985
Le Tigre à l'Est et l'Euphrate à l'Ouest enserrent la terre du berceau de la vie, celle qui a vu grandir Gilgamesh, pousser le jardin d'Eden ,décrit dans la bible, s'ériger Babylone, et s'épanouir les Mille et une Nuits : la Mésopotamie, aujourd'hui l'Irak .
Les méthodes scientifiques du présent ne finiront jamais d'exhumer la partie morte de l'histoire du pays des dieux et des hommes, par l'exploration archéologique. Aussi la Maison des Cultures du Monde propose de faire connaître une des formes vivantes: la musique.
Au travers des musiques de l'Irak, il est ainsi possible de s'orienter au milieu des divers modes de vie des sociétés; celle des nomades, celle des montagnards, celle des citadins, celle des hommes des marais et des différentes croyances: Islam ou Christianisme des premières églises. Les musiques de l'Irak se révèlent aussi multiples et riches que la multitude des peuples qui vivent dans ce pays.

Les percussions
Chaque village d'Irak compte un patrimoine musical qui lui est propre et qui comporte des percussions spécifiques.
- Tabla : plus connu en Irak sous son nom populaire de "Denbak" et dans les autres pays arabes sous le nom de "Darbouka", cet instrument se compose d'un corps arrondi de céramique ou de métal de 40 cm de longueur, cintré dans son milieu, et d'une seule peau tendue sur une couverture circulaire de 18 cm de diamètre.
L'ouverture inférieure, libre est beaucoup plus petite. L'instrumentiste utilise les doigts pour frapper la peau de l'instrument. Le coup fort au centre de la peau s'appelle "Doum": le coup plus faible sur les bords s'appelle "Tak" .
- Khachabieh : Le "Khachabieh" sorte de "tabla" dont le corps est constitué par une seule pièce de bois creusée ("Khachab" : bois, en arabe) se resserre vers le centre et se termine par deux ouvertures circulaires dont la plus petite est recouverte de peau. Le musicien accroche l'instrument à son épaule gauche à l'aide d'une courroie de cuir. Il utilise les doigts des deux mains pour frapper la peau de l'instrument. Cet instrument se trouve dans le sud de l'Irak
- Req : Tambourin circulaire dont le cadre comporte dix paires de sequins de métal mobiles. L'instrumentiste tient le "'Req" de la main gauche et frappe de la main droite la peau qui recouvre une des faces de l'instrument.
- Naqqara : Tambour au corps de poterie ou de métal et dont la seule ouverture est recouverte de peau. Il a la forme d'un bol ou d'un récipient semi - sphérique. Les "Naqqara" sont reliés entre eux par paire au moyen d'un lien de cuir ou d'une tresse végétale. Le musicien joue sur les deux en utilisant des baguettes de bois. En général la paire d'instruments est posée par terre mais parfois le musicien se lève et porte le couple de tambours sur son côté gauche.
Ces "Naqqara" sont utilisés pour la musique et les danses populaires, pour les "Mouachahat" (poèmes chantés) et en accompagnement des tambours pour les manifestations religieuses.
Leur origine remonte à l'époque Abbasside (1258) où ils servaient la musique militaire, la musique de cour et la musique religieuse.
- Tabl : Gros tambour de bois à deux peaux. Le tambourinaire porte l'instrument sur la poitrine suspendu par un lien de cuir. Avec la main droite, il le frappe d'une baguette de bois au bout arrondi tandis qu'avec la main gauche il le frappe d'une tige d'osier tranchée net. Cet instrument accompagne la musique des fêtes et des mariages dans les milieux populaires et dans les villages .
- Matbej : seul instrument à vent accompagnant l'ensemble des percussions : petite flûte double.

Les Noubanes de Bassorah
Sami Abdel Ahad: Tabla, chef du groupe.
Jabbar Salman: Req.
Ahmad Harboud: Naqqara et Matbej.
Abdel Karim Harboud: Tabl.
Ali Ismail: Khachabieh.
Dans le Sud de l'Irak, autour de la région du grand port du golfe, à l'extrémité des zones de marais se développent des musiques rituelles qui mènent à la transe et qui ancrent les influences issues autant de la péninsule arabique que de l'Afrique noire.
Les musiciens, qui peuvent jouer des nuits entières, utilisent la "Tanburah" répandue dans les pays du golfe, l'Epypte, le Soudan, la Somalie et plusieurs pays africains limitrophes.
L'instrument est aussi utilisé en Asie Centrale par les montagnards Kurdes ou Turkmènes. ("Noubane" dérive de "Nubie").
A l'origine l'instrument se nomme "Kanara" (du mot babylonien "Kanarum") dont on retrouve des traces aux environs de 2700 ans avant JC. Pour l'Europe, il constitue l'équivalent d'un luth - mandoline.
D'après les interprètes actuels, il s'agit d'un instrument religieux employé par Bilal ' l'Ethiopien, le muezzin du Prophète.
Celui-ci aurait adapté la "guitare sumérienne". Les fidèles des sources de l'Islam disent qu'il jouait du "Kanara" entre les vallées et les montagnes en chantant le nom de Dieu.
La "Tanburah" formée d'une caisse de résonance semi ' sphérique d'un demi-mètre de diamètre, en bois de sycomore est recouverte d'une peau de chameau ou de buffle, percée de deux trous. Deux montants en bambou s'imbriquent en s'évasant vers le haut dans le cadre de la caisse. Un pont supportant six cordes de boyau de chèvre les relie. Le nom des cordes évoque assez précisément leur fonction :
- Sharar (l'étincelle)
- Zabanah (le bourdon)
- Alyom (Le jour)
- Moutakallem ( celui qui parle)
- Youjaweb (celui qui répond)
- Radoub (celui qui répète)
Souvent le musicien recouvre le bois de la caisse de tissus multicolores. Il joue avec un plectre en corne de buffle.
L'instrument qui accompagne parfois la "tanburah" est un couple de tambour frappé avec une baguette : 'les "Kondah"
Joueur de Tanburah : Jemaa Chebli Saïd.

Le Rabab bédouin et le chant du désert
Le "Rabab" vièle à pique, possède une caisse de résonance plate et rectangulaire recouverte d'une peau de mouton tannée ou de poisson. Parfois, aujourd'hui, un vieux bidon constitue la caisse. Le musicien frotte la corde unique grâce à un archet de crins de cheval assez rudimentaire. Le "Rabab"est la vièle du conteur, du poète solitaire ou du Bédouin. Celui-ci commence par forger la mélodie. Lorsque les motifs de celle-ci se dessinent, il lance sa voix, en improvisant les paroles et le chant. Parfois la voix joue le rôle d'ornementation par rapport à la ligne instrumentale. Parfois, le contraire intervient, si bien que l'auditeur arrive difficilement à distinguer le son humain du son du "Rabab".
Joueur de "Rabab" et chanteur : Ibrahim Rahim.

Origine géographique

Irak

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1985_IQ_S3

Date du copyright

1985

Ressources liées

Filtrer par propriété

Titre Localisation Date Type
Saison 1985 1985