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Liban 96. Spectacle

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Évènement

Titre

Liban 96. Spectacle

Date

1996-01-01

Date de fin

1996-05-14

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

C'est la première fois qu'une manifestation de cette envergure est consacrée, en France, à la culture libanaise et en particulier au théâtre libanais.
Depuis que le mouvement de la Renaissance (Al Nahda) est parti de Beyrouth au IXXe siècle, cette ville est devenue un lieu privilégié d'activités culturelles et la plaque tournante des échanges et des rencontres entre le monde arabe et l'Occident. Si Le Caire devait devenir la capitale d'une culture arabe nationaliste, Beyrouth était celle d'une culture ouverte sur le monde, moderne, tolérante et dont la principale valeur s'appelait : liberté. Elle était la capitale des esprits libres, le refuge des intellectuels opprimés par tel ou tel régime, le havre de tous ceux qui étaient en opposition avec un ordre établi, quel que soit cet ordre. Rares sont les intellectuels du monde arabe qui n'ont pas trouvé un temps asile à Beyrouth pour y continuer leur oeuvre.
Et puis, un jour; prise d'une pulsion suicidaire, Beyrouth a sombré dans le chaos. La liberté, dix-sept ans durant, a erré, orpheline d'une ville à l'autre, toujours mal aimée.
La paix revenue, elle a retrouvé son sanctuaire qui bourdonne à nouveau d'une ardente et fébrile activité. Il faut rattraper le temps perdu, renouer les fils coupés, remettre en marche la machine de l'esprit bloquée et malmenée. Pour ce faire, ils sont tous revenus, les vétérans, les combattants, les jeunes loups et ensemble ils remontent la machine du temps.
C'est de ce formidable élan que Liban 96 veut aujourd'hui, à chaud, témoigner: J'ai été, sur place, les retrouver; les vétérans que j'avais connus, avec lesquels nous avions réalisé les rêves les plus fous. Rencontrer les combattants qui ont vécu l'innommable avec, toujours enfoui au fond du coeur; l'espoir d'une sortie des enfers. Découvrir les jeunes loups aux pulsions ardentes. Je les ai tous invités pour venir témoigner; à la Maison des Cultures du Monde à Paris, de ce que sont aujourd'hui à Beyrouth théâtres, musiques, écrits poétiques et romanesques, de ce que le Liban de 1996 a à dire au Monde arabe et à l'Occident. De ce qu'il a à dire pour demain.
Cherif Khaznadar

Association Française d'Action Artistique, AFAA
Ministère des Affaires Étrangères.

La reprise des échanges artistiques entre le Liban et la France
Créée en 1992 et reconnue d'utilité publique, l'Association française d'action artistique est chargée de mettre en Oeuvre la politique culturelle extérieure définie par le ministère des Affaires étrangères en concertation avec le ministère de la Culture. Son statut particulier vient aussi d'une volonté d'associer les artistes et les opérateurs culturels à cette action. C'est le cas avec la reprise des échanges artistiques entre le Liban et la France.

Quelques étapes d'une relance
L'AFAA a soutenu, entre autres initiatives, la "délocalisation" à Beyrouth du SAD, le Salon des artistes décorateurs.
Dans le domaine du spectacle vivant, l'AFAA a favorisé la tenue à Beyrouth d'une rencontre professionnelle parallèlement à une réunion sud-méditerranéenne du réseau culturel français extérieur.
Etaient présents : le Festival des francophonies de Limoges, l'Office National de Diffusion Artistique et bien sûr la Maison des Cultures du Monde. Lors du dernier festival "Mettre en scène" de Rennes, Jawad Al Assadi, venu de Beyrouth était l'un des invités du Théâtre National de Bretagne et de l'AFAA. Et le public du festival de Limoges a pu découvrir l'Escargot entêté de Rachid Boudjedra mis en scène par Siham Nasser.

Un partenariat de l'AFAA avec la Maison des Cultures du Monde
Tout en développant une programmation de spectacles et d'expositions françaises au Liban, l'AFAA dans une logique de réciprocité et d'échange, soutient l'initiative prise par la Maison des Cultures du Monde d'une saison libanaise à Paris, véritable état des lieux de la création dans ce pays. L'AFAA a demandé à Chérif Khaznadar, directeur de la Maison des Cultures du Monde, de jouer un rôle pilote dans ces échanges.
Avec l'aide de l'ONDA et de la productrice Claire Amchin, il s'agira de faire connaître ce programme au réseau des lieux d'accueil en France. Et de rechercher les acteurs d'une coopération artistique soutenue, notamment dans le domaine de la formation où d'ores et déjà s'inscrivent Alain Milianti et le Volcan du Havre avec une mission d'encadrement technique au Théâtre de Beyrouth.

Des projets français et francophones au Liban
La prochaine saison verra à Beyrouth une forte programmation française soutenue par l'AFAA:
Le quartet de jazz Renaudin et le trio Sclavis, le quatuor Arpeggione et le violoniste Laurent Korcia au centre culturel français; des initiatives en faveur de la chanson (Michel Fugain, probablement); un projet d'exposition d'architecture, de design, d'arts décoratifs au Musée Sursok sur le thème de la reconstruction de Beyrouth; relayée par une coopération suivie entre l'ALBA (Académie libanaise des beaux-arts) et l'Ecole nationale d'art de Cergy-Pontoise ou l'Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris. On verra au Théâtre Al Madina : les Trois S'urs dans la mise en scène du Ballatum Théâtre, plus un projet : une résidence d'une compagnie de danse française (l'ensemble chorégraphique du conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon) mêlant formation et spectacles en collaboration avec des danseurs libanais ; et dans d'autres lieux peut-être Jérôme Deschamps, mais aussi les Algériens de la compagnie que dirige Ziani Chérif Ayad...

L'AFAA soutiendra également la résidence à Beyrouth des architectes Eric Chazelle et Henri Raynaud. Ces lauréats 95-96 du programme "l'Envers des Villes" ont un projet d'étude des espaces abandonnés de Beyrouth en cours de reconstruction.

Poésie et Littérature.

Qu'il en soit ainsi
J'enlace l'âge à venir, je marche indompté
dessinant, recréant mon pays
Montez jusqu'à ses plus hauts sommets
Descendez dans ses profondeurs
Vous ne trouverez ni peur ni chaînes

On dirait que la terre
est un enfant
et les légendes femmes
Rêves?

Je laisse à ceux qui viendront après moi
le soin d'ouvrir cet espace
(ADONIS "Le Temps")

Nidal Ashkar ANTHOLOGIE PERSONNELLE
Pour la soirée d'inauguration, Nidal Ashkar présente un florilège de la poésie arabe classique et contemporaine.
Cette grande comédienne libanaise renoue ici avec l'un des éléments essentiel et fondateur de la culture arabe : la poésie récitée.

NIDAL ASHKAR
De 1960 à 1963 elle étudie le théâtre à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA) et obtient en 1963 son diplôme d'études scéniques et audiovisuelles.
Elle interprète en 1964 le rôle principal du film Les Ailes Brisées d'après le roman de Gibran Khalil Gibran.
Elle participe avec Peter Brook et Joan Littlewood en 1965 et 1966 à Hammamet (Tunisie) au Centre des Hautes Etudes Théâtrales dirigé par Claude Planson, directeur du Théâtre des Nations.
Avec le metteur en scène Roger Assaf; elle crée à Beyrouth l'Atelier d'Art Dramatique. Ensemble, ils vont mettre en scène et interpréter une vingtaine de spectacles (1968-1975).
Elle participe en 1971 au T.N.P. (Paris) à une production de Joan Littlewood avec Wole Soyinka.
La guerre civile libanaise interrompt pour quelque temps ses activités théâtrales. Nidal Ashkar se consacre alors à la télévision et joue dans plusieurs dramatiques et séries dans tout le monde arabe (1976-1985)
C'est en 1985 qu'elle crée la première compagnie des Comédiens Arabes avec un spectacle Les Mille et Une Histoires du Souk d'Oukaz mis en scène par Tayeb Saddiki qui sera présenté au Festival de Jarash (Jordanie) suivi d'une tournée dans le monde arabe et d'une représentation au Royal Festival Hall à Londres en 1986.
Vice-présidente du Festival de Beyrouth, Nidal Ashkar fonde à Beyrouth en Septembre 1994 le Théâtre Al Madina dont elle assure la direction.

INTERNATIONALE DE L'IMAGINAIRE
Trimestriel de la Maison des Cultures du Monde
Dirige par Jean Duvignaud - Edité par Babel (Actes-Sud)
Numéro 6 - Nouvelle Série
Le Liban Second
Parution février 1996
Textes inédits et études de :
Sélim Abou, Antoine Abou Zeid, Abbas Baydoun, Jacques Berque, Ahmad Beydoun, Charles Chahwane, Arwad Esber, Mona Fayad, Ounsi El Hage, Youmna El Id, Rim Al Joundi, Elias Khoury, Jalal Khoury, Roger Nabaa, Samir Sayegh.
Livre de poche - dans toutes les librairies

Le Liban Second : un numéro spécial d'Internationale de l'Imaginaire consacré à la situation actuelle de la culture au Liban, dans les domaines de l'art, de la littérature, et des recherches en sciences sociales.
Présenté par Jean Duvignaud et Chérif Khaznadar, ce numéro regroupe des études d'universitaires, écrivains et chercheurs, qui dressent un constat de la situation actuelle au Liban, ainsi que des témoignages de jeunes poètes et artistes.
Mais Liban Second renvoie à l'Orient Second, l'ouvrage de Jacques Berque qui aimait profondément le Liban où il a travail1é souvent. Ce numéro comprend donc une nouvelle inédite de Berque, Oeuvre de jeunesse écrite "au fond du Maroc à l'automne 1934". Dans une lettre du 20 décembre 1994, Berque adresse cette nouvelle à Jean Duvignaud son ami de longue date lui demandant si "cela pourrait être publié". Un jour tu verras fut écrite à l'époque des débuts de Berque dans l'administration coloniale française. S'inspirant d'une affaire de bureau, il "incarne dans l'imaginaire certaines des impossibilités qui (le) travaillaient".

Trois chapitres constituent la deuxième partie de ce numéro spécial.

Dans Un Certain Regard, des observateurs de la vie culturelle libanaise livrent leurs points de vue.
Roger Nabaa (philosophe) s'attaque à Un Usage Paradoxal de la Culture, remettant en cause le concept de culture tel qu'il était entendu au Liban, et donc la "culture libanaise" elle-même.
Elias Khoury (romancier, journaliste, rédacteur en chef du supplément culturel An Nahar) se demande Où est Beyrouth? Beyrouth n'est plus la ville qu'on pensait qu'elle était. Elle n'est pas non plus ce qu'on voudrait faire croire qu'elle est. La ville doit se forger une nouvelle identité culturelle, loin du mythe et plus près de la réalité aussi noire qu'elle puisse être.
Quant à Abbas Baydoun (poète, critique littéraire) il va A la Recherche d'un Fantôme, le fantôme de la culture. Depuis la fin de la guerre, la culture est devenue une affaire de marketing que s'approprient les politiciens et tous les grands hommes d'affaire qui veulent acquérir rapidement un certain prestige. On trouve toujours des oeuvres littéraires et artistiques de valeur, mais tout cela n'est qu'accidentel, l'absence de la société et de l'Etat ne constituant pas un contexte propice.

Dans le deuxième chapitre, des chercheurs et des universitaires font un Etat des Lieux.
Anthropologue, recteur de l'université Saint-Joseph, Sélim Abou défend la notion de société pluri-communautaire et la nécessité de penser une société complexe, de lui donner des structures adéquates qui permettraient à toutes les communautés de collaborer à l'invention d'une culture commune.
Ahmad Beydoun (professeur à l'Université Libanaise, chercheur en sciences sociales) souligne la Nécessité de faire un inventaire partiellement francophone du nouveau paysage libanais, inventaire de ce que la société libanaise est devenue, de ce que les libanais et ceux qu'ils appellent "les autres" ont fait d'elle. Inventaire qui gagnerait à être fait en français et avec la collaboration de chercheurs étrangers et francophones, car par l'effet de distanciation qu'il exerce (sur les libanais), le français "nous invite à poser sur nous-mêmes un regard plus réfléchi".
Dans l'Autre visage de la culture libanaise après la guerre civile, Mona Fayad (professeur à l'université Libanaise et chercheur en sciences sociales) part d'observations du comportement des gens dans la rue et elle constate à partir de ces scènes quotidiennes que la guerre a modifié la perception des libanais de ce qui est habituel et exceptionnel.
Ecrivain, critique littéraire spécialiste du roman et professeur à l'Université Libanaise, Youmna El Id analyse dans Une culture en quête d'identité la "production romanesque qui a pris son véritable essor durant les années de guerre" et qui se saisit du présent pour en raconter l'histoire, qui ne dénonce rien mais qui déduit que le crime de cette guerre est d'avoir "saboté le rêve laïc de la société libanaise".
Poète, artiste et calligraphe, Samir Sayegh a choisi de parler des défis auxquels se trouve confrontée la calligraphie arabe aujourd'hui qui n'est pas considérée comme une production artistique au même titre que la peinture, mais qui ne peut pas non plus se contenter de continuer d'observer les règles de l'art telles qu'elles ont été léguées par l'empire ottoman. Dans son article intitulé Et si ce n'était pas une perte? il défend une inspiration qui naît du "principe" et non pas de l'histoire, de la vision et de la philosophie esthétique et non pas des slogans politiques.
Quant à Jalal Khoury auteur dramatique et metteur en scène, il se demande : le Théâtre arabe a-t-il sa raison d'être? car si le théâtre occidental, importé dans le monde arabe à partir du Liban, exprime le divorce et l'angoisse de l'homme face à un univers absurde, dans ce même monde arabe l'individu demeure jusqu'à ce jour partie prenante du groupe.

Trois jeunes auteurs et artistes de la génération de la guerre donnent leurs Témoignages sur la culture en rapport avec leur vie.
Beyrouth - Arts plastiques : ici et maintenant est le titre de l'article de Rim Al Joundi.
C'est en artiste et critique d'art qu'elle décrit le travail des jeunes artistes d'aujourd'hui.
Charles Chahwane poète et nouvelliste dit dans l'Avenir de la littérature libanaise son désespoir et sa "lassitude de cette quête absurde du poète" alors qu'il lui suffirait "d'être trafiquant de voitures volées ou proxénète pour susciter (...) le respect et la déférence".
La canicule et cinq visites est le témoignage particulier d'Antoine Abou Zeid, poète et journaliste pour qui la poésie est une voie de salut, "un signe de l'âme, une expression de l'essence".

Le soin de l'Epilogue a été laissé au grand poète Ounsi El Hage. Dans Culture et liberté, il écrit qu'il ne "conçoit pas le problème de la culture au Liban séparé de celui de la liberté". Pour lui, "une nation dont les créateurs ne combattent pas la mort oublierait le sens de la vie".

INEDIT, Distribution Auvidis
MATAR MUHAMMAD
Hommage à un maître du buzuq
Parution février 96
Né en 1939 dans la plaine de la Bekaa, au Liban, Matar Muhammad était issu d'une famille de Gitans, musiciens ambulants de père en fils et il a toujours vécu dans ce milieu. Dès l'âge de sept ans, son père et son frère aîné l'initièrent au jeu du buzuq. Au début des années soixante, il fit ses premiers pas de professionnel dans le cadre des émissions arabes de la BBC, mais c'est au festival de Baalbek, où il participait à un spectacle, qu'il se fit vraiment connaître. A partir de ce moment, il enregistre plusieurs disques et donne des concerts dans les pays arabes et en Europe, notamment Paris au Théâtre de la Ville en 1970.
Héritier d'une tradition orale, ses dons innés lui permirent de pratiquer de manière empirique un art véritablement savant. Soliste brillant et improvisateur imaginatif, il demeura cependant fidèle à l'esprit et aux principes théoriques de la musique arabe. Matar Muhammad aurait pu mener une grande carrière de musicien et de virtuose, mais il a toujours préféré la liberté et la suprématie de l'instant aux contraintes d'une carrière.
Ce CD reprend un enregistrement effectué en public au Théâtre de Beyrouth en 1972. C'est un des derniers témoignages de son art. Frappé d'une paralysie partielle, il n'a pu pratiquer son instrument pendant les dernières années de sa vie.
Matar Muhammad est décédé le 7 décembre 1995 alors qu'il attendait la publication de ce premier CD qui lui soit consacré. Il avait cependant pris le soin de transmettre cette tradition musicale à son jeune fils.
Le buzuq est un instrument qui appartient à la grande famille des tanbur, luths à manche long dont l'existence est attestée dès le Xe siècle. Les deux cordes métalliques, doubles et généralement accordées à l'octave sont pincées avec un plectre en corne ou en plume.
Ce CD présente quatre taqsîm improvisés au buzuq sur des maqâm ou modes musicaux classiques. Certains, comme le Bayati, sont très connus, et d'autres plus rares comme le maqâm Atar kâr, très chromatique et qui semble appartenir à la tradition populaire. Pour jouer ce maqâm à caractère hindoustani, Matar Muhammad accorde son instrument une octave plus bas que la normale.


LE THEATRE LIBANAIS
Le théâtre libanais (...) saura en permanence allier la recherche d'une identité propre à une ouverture vers les cultures étrangères. C'est en 1847 que naît à Beyrouth le théâtre de type occidental en langue arabe avec la création par Maroun al-Naqqâsh d'Al Bakhil librement adapté de l'Avare de Molière.
C'est essentiellement dans les établissements confessionnels chrétiens d'enseignement privé et dans les sociétés littéraires ou philanthropiques que devait se développer, entre les années 1868 et 1920, le théâtre dans ce pays. Les animateurs de ce mouvement empruntent au répertoire français, italien ou turc le canevas de pièces autour duquel ils improvisent des spectacles présentés sporadiquement. Des oeuvres d'intérêt local sont également créées. Dans les années 1920- 1930, quelques salles de spectacle sont construites dont une, Masrah Farouk, resta en exercice jusque vers la fin des ann6es soixante.
En 1960 le mouvement théâtral contemporain se structure avec la création par Antoine Moultaqâ de l'Académie d'art dramatique à l'Université Libanaise et la création par Mounir Abou Debs d'une troupe rattachée au Festival de Baalbek, festival qui joue alors, et jusqu'à son interruption en 1977, un rôle essentiel d'ouverture sur les grands courants internationaux de création. Hassan Ala'el Din dit Chouchou, animateur et acteur principal d'une troupe populaire, suscite l'enthousiasme des foules avec des comédies satirico-sociales. A la même époque les théâtres de langue française avec le Centre universitaire d'études dramatiques, animé par Roger Assaf, anglaise avec le Drama Club de l'université américaine, et arménienne avec les mises en scène de Berge Fazlian, participent à ce mouvement novateur. Les auteurs d'origine libanaise expatriés: Georges Schéhadé, Andrée Chédid perpétuent en France la présence libanaise dans la création dramatique dont les précurseurs furent Michel Sursock et Chekri Ghanem.
Durant les évènements qui ont secoué depuis deux décennies le Liban, le théâtre de langue arabe, marquant le recul de l'influence française et la nécessité de s'adresser à un public vitalement impliqué dans la recherche de sa spécificité, va prendre un essor important : les metteurs en scène Jalal Khoury, Roger Assaf, les auteurs Issam Mahfouz et Raymond Gebara en sont les principaux artisans. Le Théâtre de Beyrouth et le Théâtre Al-Madina sont devenus aujourd'hui des lieux importants de création et d'accueil du théâtre arabe au Moyen-Orient
CHÉRIF KHAZNADAR. Extrait du Dictionnaire Encyclopédique du Théâtre - Bordas (1995)

ET APRÈS.....
LIBAN 96 ne se termine pas le 14 mai, ce cycle n'est que le début d'une coopération nouvelle et multiple entre des institutions culturelles libanaises e t françaises.
Les spectacles de théâtre créés à Paris : Samar de Roger Assaf, Zaradacht devenu chien de Raymond Gebara, ]ulia Domna avec Nidal Ashkar seront présentés à Beyrouth, les deux premiers au Théâtre de Beyrouth et le troisième au Théâtre Al Madina. ]ulia Domna doit en outre être présentée à partir de l'été dans des festivals de théâtre arabes et étrangers.
Le spectacle de danse créé à Paris doit également être présenté à Beyrouth pendant la saison 1996- 1997.
Le spectacle Les Bonnes de Jawad Al Assadi sera en tournée en France dans le courant de cette saison et en 1997 (contact : Claire Amchin "L'Autre Bureau").
Les programmateurs français sont conviés à assister à l'ensemble des spectacles.
Des tournées en France des créations qui retiendront leur attention seront organisées en 1996- I997 avec le soutien de l'ONDA.
Enfin, la Maison des Cultures du Monde et le Théâtre Al Madina engagent une collaboration permanente qui leur permettra d'établir des programmations communes et d'initier de nouveaux projets dont une grande célébration dans le monde Arabe et en France du 150e anniversaire de la première présentation de théâtre arabe par Maroun al Naqqash à Beyrouth en 1847 de Al Bakhil, une adaptation de l'Avare de Molière.

Contributeurs

Origine géographique

Liban

Mots-clés

Date (année)

1996

Cote MCM

MCM_1996_LB_S1

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Liban 96. Affiche Liban 1996-01-01 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1996 1996