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Liban. Julia Domna (création). Spectacle

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Évènement

Titre

Liban. Julia Domna (création). Spectacle

Date

1996-05-03

Date de fin

1996-05-14

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

3-14 mai
Que se passe-t-il quand des étrangers dans une grande puissance impériale se saisissent du pouvoir? Et quel en est le prix? N'y aurait-il pas un côté prométhéen de l'histoire qui exige un sacrifice en contrepartie du pouvoir?

Texte de Françoise Gründ et Chérif Khaznadar
Traduction arabe de Arwad Esber
Régie, Chérif Khaznadar
Avec Nidal Ashkar,Julia Domna et Darina Al Joundi, la servante
Costumes et décors de Françoise Gründ
Production Maison des Cultures du Monde
Spectacle joué en alternance dans sa version française et sa version arabe.
Avec le soutien de l'AFAA.
JULIA DOMNA est un texte théâtral qui s'inspire de l'histoire de Julia Domna l'épouse de Septime Sévère, Empereur romain de 193 à 211. Né en Libye en 146, Septime Sévère épousa en 179 Julia Domna, fille de Bassianus grand prêtre d'Emèse, (aujourd'hui Homs en Syrie) elle avait alors 25 ans.
L'ambition et la complicité de ce couple les amènent à prendre le pouvoir de la plus grande nation du monde alors qu'ils sont tous deux des etrangers. Ils ne sont pourtant pas faits pour s'entendre, car bien que d'une même origine phénicienne une sourde rivalité oppose à cette époque les africains du nord aux moyens-orientaux. Septime et Julia surmonteront cet antagonisme héréditaire et feront en sorte que le pouvoir revienne, après la mort de Septime, à leurs fils: Caracalla et Géta.
La dynastie ne s'arrêtera pas là. La s'ur de Julia Domna, Julia Maesa, parviendra à ce que les fils de ses deux filles Elagabale fils de Julia Soaemias et d'un syrien d'Apamée et Alexandre Sévère fils de Julia Mammaea et d'un autre syrien d'Arké prennent le relais de l'Empire jusqu'en 235. Les quatre filles d'Emèse auront donc tenu, par mari et fils interposés, le pouvoir romain pendant quarante-deux ans.
Elles seront désormais connues dans l'histoire sous le surnom des "Impératrices Syriennes".
Dans JULIA DOMNA les auteurs ont retenu la première période de cette dynastie, celle qu'a maîtrisée Julia Domna jusqu'à son suicide en 217. Exilée après l'assassinat de son fils Caracalla, Julia Domna retourne à Emèse sa ville natale.
L'action se déroule dans le temple d'Ishtar, sa déesse tutélaire, dont elle a propagé le culte à travers le monde. Elle lui racontera sa vie, ses espoirs, ses luttes, ses exploits et ses déceptions. Elle offrira, accompagnée d'une servante muette, un rituel à Ishtar et s'immolera en sacrifice pour garder le pouvoir dans son peuple.
Les auteurs ont voulu "raconter l'histoire d'une femme, une femme prêtresse, impératrice déifiée certes, mais avant tout et essentiellement une femme, une épouse, une mère". Les onze scènes au cours desquelles Julia Domna parle à la déesse tout en célébrant son culte révèlent, au moyen de ruptures de tons et des niveaux de langage différents, la personnalité riche et complexe de cette "étrangère", épouse d'un Africain, en compagnie duquel elle domina une partie du monde au deuxième siècle. Elle est tantôt impératrice altière et guerrière, tantôt femme blessée ou mère meurtrie et toujours créature sensuelle aux amours parfois ambiguës. De subtils glissements font qu'elle semble parfois être l'égale d'Ishtar ou son double, sinon la déesse elle-même. En proie à un constant déchirement, son ambition la guidera dans sa vie, une suite de défis et de combats.
Accusée d'adultère, elle sortira victorieuse de l'épreuve et saura contrecarrer les complots et les luttes de clans et vaincre l'adversité. Elle sauvera la couronne menacée par les conflits internes en exhortant Septime Sévère à mener sa dernière campagne. Elle réussira toujours à renverser le sort en sa faveur, et surtout en faveur d'une certaine image d'elle-même. Elle triomphera et s'imposera malgré son double "handicap" de femme et d'étrangère.
Qui de Chérif Khaznadar et de Françoise Gründ a donné le ton à l'oeuvre? Cette
pièce fut écrite à partir de "croisements d'idées, de jaillissements d'images communes ou qui se rencontrent, bribes écrites et échangées entre des lectures d'incantations à des divinités de déserts, interrogations sur les m'urs des dieux, stupéfaction sur la similitude des "métèques" antiques et des ''marginaux" du monde contemporain: un véritable bouillon de culture qui peu à peu prend la forme d'un échange et se transforme en un courant d'idées".
Cette mise en scène est l'occasion de renouer dans JULIA DOMNA avec l'un des éléments les plus marquants du théâtre arabe, à savoir, la parole.
La mise en scène de Chérif Khaznadar fait de ce texte lyrique une "chorégraphie" pour une voix. L'accent est mis sur le vocal dont l'aspect visuel est intimement lié à des rituels puisés dans les différentes religions qui se sont succédées ou qui ont coexisté au Moyen-Orient.
C'est un théâtre minimaliste où chaque élément comporte sa propre force dramatique. Sur scène le décor représente le temple de la déesse Ishtar (Astarté) à Emèse, où cette déesse est adorée sous la forme d'une météorite, une grande pierre noire informe et striée. A la première scène Julia Domna apparaît voilée, carrée et monumentale comme un personnage de Nô, son manteau et sa tiare sont inspirés du manteau de l'impératrice Théodora, l'épouse de Justinien, dans la célèbre mosaïque de Byzance. Seul élément de décor du spectacle, la pierre noire prendra figure humaine lorsqu'elle sera parée des atours et bijoux (en l'occurrence ceux de Julia Domna qui se dépouillera progressivement) qui lui seront apportés en offrande, car tel était le culte de la déesse. La statue est érigée sur une scène entièrement noire. Le sol est un dallage romain en quinconce. Les lumières créent une ambiance de grotte éclairée par des torches.
Pendant le rituel, la servante exécutera une danse à partir de techniques rituelles anciennes.
Rome drainait divers courants, et des musiciens d'origines diverses s'y croisaient.
La musique est jouée en direct sur la scène. La servante rythmera les incantations de Julia Domna au son d'un Dhumsa, tambour semi-sphérique du nord de l'Inde.
Elle jouera aussi du Bol chantant du Tibet.
FRANCOISE GRÜND, texte et scénographie
Directrice artistique de la Maison des Cultures du Monde, elle parcourt le monde à la recherche d'artistes, de musiques, de danses, de rituels, de théâtres à faire découvrir au public français. Créatrice d'évènements Venise à Paris en 1987 (Jardins du Palais-Royal). Vive la Fête, clôture de l'Année de la France en Inde à Delhi et Bombay en 1987.
Metteur en scène en France et à l'étranger surtout de lyrique : Tancredi de Rossini, Euridice de Caccini, Bastien et Bastienne de Mozart, Roméo et Juliette ainsi que Arianne à Naxos de Benda, La Servante Maîtresse de Pergolèse, Le Mariage Secret de Cimarosa, Aladin de Swados. Scénographe en Syrie, en Tunisie, au Maroc, au Berliner Ensemble, au Dramaten de Stockholm ainsi qu'à Rennes, à Angers, et à New York
Auteur de plusieurs ouvrages : Le Champ (théâtre) éd. PJ Oswald ; Théâtre d'ombres (ouvrage théorique) ; Histoire de Zadig (dramatique pour la télévision française) ; Conteurs du Monde éd. Maison des Cultures du Monde ; Danses Chhau éd. P.O.F. ; Sur les Pistes des Cultures du Monde (en coll. avec J. Georgel et C. Khaznadar) éd. Fabre. Elle crée et dirige le Festival des Arts Traditionnels de 1973 à 1982. Elle dirige la collection de disques de musiques traditionnelles INEDlT depuis 1983.
Peintre, elle crée les affiches et toutes les identités visuelles de la Maison des Cultures du Monde depuis sa création.
CHERIF KHAZNADAR, texte et régie
De 1959 à 1962 études universitaires à l'Université Américaine de Beyrouth; critique littéraire et dramatique de l'Orient Littéraire ; en 1961, Président du Centre Universitaire d'Etudes Dramatiques; participe à la création du premier journal télévisé de "Télé Orient Canal II".
En 1962, à Paris, stage au T.N.P. de Jean Vilar et diplôme de l'Université du Théâtre des Nations.
Responsable en 1963-1964 des troupes nationales de Syrie, metteur en scène et réalisateur de télévision.
En 1965, Directeur du Centre de Hammamet du Centre Culturel International en Tunisie.
Réalise en 1967 une étude pour I'U.N.E.S.C.0. sur le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision dans le monde arabe, suivie d'un ouvrage sur le théâtre arabe.
De 1974 à 1982, Directeur de la Maison de la Culture de Rennes.
Création du Festival de Café-Théâtre, du Théâtre en Marche, du Festival des Arts Traditionnels, des Rencontres du Cinéma Militant et des Rencontres Internationales du Théâtre Musical d'Aujourd'hui, axés sur la confrontation des cultures internationales dans le domaine notamment de la musique, de la danse et du théâtre.
De 1980 à 1983, il assure également la direction du nouveau Théâtre de la Ville de Rennes.
Depuis juillet 1982, il dirige la Maison des Cultures du Monde, créée par le Ministère de la Culture et l'Alliance Française. Il oriente les activités vers la recherche du génie des peuples : musiques, théâtres, danses, rituels appartenant à la tradition mais aussi créations contemporaines, expositions anthropologiques et contemporaines.
De 1992 à 1994 il a succédé à Jean-Louis Barrault à la direction du Théâtre du Rond-Point.
Depuis 1979, vice-Président du Comité Culture de la Délégation Française pour l'U.N.E.S.C.0.
Principales mises en scène :
Caligula d'A. Camus - Beyrouth 1960
En Attendant Godot de S. Beckett - Beyrouth 1961 (en collaboration avec Jalal Khoury)
L'Exception et la Règle de B. Brecht - Th. National Syrien, Damas 1963
Les Bas Fonds de M. Gorki - Th. de la T.V. Syrienne, Damas 1964
Le Fou de Layla d'A. Chawki - Th. Municipal de Tunis 1966
Oh Les Beaux Jours et La Dernière Bande de S. Beckett - Centre Cult Int de Hammamet 1966
La Station de A. Joundi - Th. Municipal de Casablanca 1967
L'Exception et la Règle de B. Brecht - Berliner Ensemble 1968
Le Montreur d'Andrée Chédid - Th. Municipal de Tunis 1972
Machines à Sous, Portes du Ciel de Garrec et Khaznadar - Th. de la Ville de Rennes 1980
El Hallaj de E. Madani - Th. de la Ville de Tunis 1985
At Tawhid de Khaled Faysal - Festival Al Janadrieh, Riyadh 1994
MIREILLE MAALOUF dans le rôle de Julia Domna
Née au Liban, c'est à Beyrouth avec Mounir Abou Debs qu'elle commence son expérience théâtrale (Les Rois de Thèbes (1968), La Mort de Danton (1969)). Mais c'est en France que son talent va réellement s'épanouir et qu'elle sera reconnue.
Sous la direction de Peter Brook elle joue dans Timon d'Athènes (1975 - 1976), Ubu roi - Ubu enchaîné (1977), Mesure pour Mesure (1978), La Conférence des Oiseaux, L'Os (1979 - 81) et dans le Mahabarata (1984 - 1986). En 1992 elle interprète le rôle d'Éléonore d'Aquitaine dans Le Roi Jean de Shakespeare sous la direction de Bernard Sobel au Théâtre de Gennevilliers.
NINAR ESBER, dans le rôle de La servante
Née à Beyrouth en 1971, étudiante aux beaux-arts, elle interprète le rôle de Aziz (Princesse de Samarkand) dans le collier perdu de la Colombe, film réalisé en 1989 par Nacer Kémir. En 1990, elle participe au film Hors la vie de Maroun Baghdadi. Dans le cadre de l'émission Musiques au coeur d'Eve Ruggieri elle a fait une lecture de poèmes en arabe (1991, Musiques au coeur du Monde arabe, tourné à l'IMA).
Toujours en 1991 elle tourne dans A la Recherche des Mille et une Nuits, documentaire réalisé par Nacer Khémir. Depuis elle s'est consacrée à des études de stylisme puis de sculpture.

Textes

Décors et costumes

Traduction-surtitrages

Origine géographique

Liban

Mots-clés

Date (année)

1996

Cote MCM

MCM_1996_LB_S10

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Liban. Julia Domna (création). Affiche Liban 1996-05-03 Affiche
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Saison 1996 1996