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Tunisie. Hallaj ou la passion d'un cardeur de laine dans la tourmente de l'Islam de Ezzedine Madani. Spectacle

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Titre

Tunisie. Hallaj ou la passion d'un cardeur de laine dans la tourmente de l'Islam de Ezzedine Madani. Spectacle

Date

1985-10-01

Date de fin

1985-10-20

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

1-20 octobre 1985
mise en scène : Chérif Khaznadar.
scénographie : Françoise Griind.
direction musicale : Habib H. Touma.
par la troupe de la Ville de Tunis.

Dossier de presse joint au programme 39 pages.

LE HALLAJ DE L'HISTOIRE
Tous ceux qui, en France, connaissent la grande figure de Hallaj, le doivent à Louis Massignon* qui se prit d'une véritable passion pour un homme qui vécût onze siècles avant lui dans la Bagdad des Abbassides.
La légende de Hallaj a provoqué en persan, en turc, en pashtou, en urdu, en bengali aussi bien qu'en arabe la floraison de grands poèmes célébrant le "martyre mystique de l'Islam".
Une immense et magnifique littérature est née de récits en prose sur la vie et le supplice de Hallaj.
C'est en 857 (année 244 de l'Hégire) que naît à Tûr, en Iran, Husayn Ibn Mansur dit Hallaj, d'un père cardeur. Avec ses parents, il émigre à Wasit, ville de fondation arabe sur le Tigre où il achève d'oublier le persan.
Là, il se nourrit de Coran. L'adolescent, en priant en arabe, ressent les coups de "la jalousie désirante de Dieu". Il commence à écrire ses premiers poèmes mystiques. Il devient "l'archer qui de suite tend son arc en visant Dieu sans plus dévier qu'il ne L'ait atteint (de ses flèches)". A vingt ans, il part pour Basra où il reçoit la robe de Soufi. Il se marie et, par la famille de son épouse, s'approche du clan des sympathisants des Zanj (en guerre contre le gouvernement de Bagdad). "Son entrée dans ce clan paraît être à l'origine de sa réputation persistante de révolutionnaire (d'où sa première arrestation à Dîrî)".
A partir de là, Hallaj commence une vie agitée où son rôle de personnage pivot au sein de sa société s'affirme de plus en plus. Toutes ses activités deviennent suspectes aux yeux des autorités, tandis qu'il assemble autour de lui un nombre toujours croissant d'auditeurs, de fidèles, puis de disciples et de fervents. Contestataire, il le devient à plusieurs niveaux et le demeurera toujours. Il commence en Ahwaz de grandes prédications publiques et rompt avec les Soufis. Il veut parler aux "gens du siècle", aux scribes, au public lettré mais blasé et sceptique "aussi bien qu'au petit peuple des souks et des faubourgs." Certains deviennent et resteront pro-hallagiens, d'autres, Shiites convaincus et gros fonctionnaires fiscaux, ameutent la foule contre Hallaj, l'accusent de truquages et de faux miracles: distribution de vivres et de numéraire aux pauvres. "Il cherche et veut faire trouver Dieu par chacun au fond de son âme, entrant en otage dans la nécessité confessionnelle d'autrui... il fait remonter à une base, source des idées suprêmes et de toute compréhension. Les formes des rites ne sont qu'intermédiaires; il faut passer outre pour en goûter la réalité divine".
"Rejeter le froc, déchirer le manteau rapiécé, c'est rompre la discipline de l'arcane, c'est se livrer nu, en spectacle, au soupçon et aux haines". "Quant Dieu prend un coeur, Il le vide de tout ce qui n'est pas Lui. Quand Il aime un serviteur, l1 incite les autres à le persécuter, pour que ce serviteur vienne se serrer contre Lui seul".
Bénéficiant, malgré tout, de protections officielles, il installe sa famille à Bagdad avec tout un groupe de notables d'Ahwàz qui suit le transfert de l'atelier de tissage impérial.
Avec quatre cents disciples, il part faire un second pèlerinage à La Mecque. Il est alors accusé non plus de charlatanisme mais de sortilèges magiques et de pactes avec les Djinns, par ses anciens amis religieux. Il traverse ensuite le Turkestan, échangeant des brocarts contre le beau papier de Chine qu'il rapporte à Bagdad. Il côtoie des Hindouistes, des Bouddhistes et des Chrétiens au cours d'un immense périple. C'est là que commence à sourdre en lui la nostalgie du martyre.
Au cours d'un troisième pèlerinage à La Mecque, il comprend que le désir de Dieu doit détruire chez le croyant l'image même du temple. Il va rejeter l'observance des cinq principes de l'Islam.
Revenu à Bagdad, Hallaj, en des discours publics violents, provocateurs, va exprimer le désir étonnant de mourir anathème, frappé par la loi de l'Islam. Il ose se déclarer inébranlablement uni à Dieu.
"L'émotion populaire causée par cette prédication ébranle également les milieux lettrés". Hallaj, arrêté, une condamnation à mort est requise contre lui. Une querelle de procédure le sauve. Hallaj continue à secouer Bagdad par la véhémence de ses actes, de ses écrits et de ses paroles. "Nombre de hautes personnalités voient alors en Hallaj ce chef invisible et inspiré" dont la communauté musulmane de l'époque ressent le besoin.
En 908, une conspiration réformatrice échoue et le vizir lance un mandat d'arrêt contre les hallagiens. Pour sauver ses compagnons, Hallaj fuit vers Suse, se fait arrêter et ramener à Bagdad où son procès commence et dure neuf ans.
"Bagdad était alors, probablement, la plus grande métropole du monde civilisé; et c'est là, sur un théâtre surexhaussé que le procès de l'amour divin fut plaidé dans le décor fastueux de la Cour Abbasside" du troisième siècle de l'Hégire.
Hallaj, coiffé d'une tiare fut flagellé, mis en croix, lapidé puis décapité.
Son corps arrosé de pétrole fut brûlé et ses cendres jetées dans l'eau du Tigre du haut d'un minaret.
FRANÇOISE GRÜND
*Diwân. de Hoceïn Mansûr Hallâj. Traduction Louis Massignon. Cahiers du Sud 1955

LE HALLAJ DE MADANI
Il revient à l'auteur de cette pièce de théâtre le mérite d'avoir exploré les aspects cachés de la personnalité de Hallaj. Il l'a fait avec la liberté du créateur. Il s'est servi d'une interprétation personnelle d'éléments que lui fournissait l'histoire pour rejoindre une actualité vécue par nous tous et l'éclairer d'un jour nouveau. Il ne s'agit pas d'une pièce historique. L'histoire fournit le prétexte pour proposer des réponses aux problèmes de l'heure.
Le passage de la tradition historique à la fiction dramatique fait apparaître d'emblée la rupture avec cette tradition.
Il y a dans la pièce de théâtre de Madani trois Hallaj: le mystique qu'il appelle le "Hallaj des révélations", celui qui dévoile les secrets des étapes mystiques qui auraient dû rester à jamais enfouis, qui rompt la loi du silence et ne respecte pas le devoir de réserve, le "Hallaj du peuple", fils de cardeur et cardeur lui-même qui prend la tête d'un mouvement ouvrier et réclame aux marchands du souk une augmentation de salaire et, enfin le "Hallaj de la liberté" qui se dresse contre le consensus des théologies et des juges, qui, au nom de la paix sociale et de l'union de tous les croyants, soutient et légitime le pouvoir établi et déploie des efforts incessants pour réconcilier trois mouvements révolutionnaires qui, tout en visant le même objectif, le renversement du pouvoir, sont déchirés par des querelles intestines portant sur la stratégie et la tactique de la lutte révolutionnaire.
Le personnage de Hallaj que nous a légué l'histoire avec son unité où apparaissent des fissures éclate en trois personnages qui représentent trois dimensions. Chacune de ces dimensions s'incarne, prend corps et vit sa propre aventure.
TAHAR GUIGA
Extrait de l'étude publiée dans l'Internationale de l'Imaginaire n°3 (Edition Maison des Cultures du Monde).

L'AUTEUR : EZZEDINE MADANI
Dramaturge et homme de lettres, il est conseiller au Ministère de la Culture Tunisien après avoir dirigé le Centre Culturel International de Hammamet.
Sa première pièce La révolte de l'homme à l'âne, est créée en 1969 par Aly Ben Ayed.
En 1972, Mouncef Souissi met en scène les Zanjs, jouée en Tunisie et dans le monde arabe, elle est présentée au Premier Festival de Théâtre à Rabat ainsi qu'à Damas.
Ecrite en 1973, la pièce El Hallaj est, dans un premier temps interdite (mise en scène de Mouncef Souissi) puis montée par Béchir Drissi en 1981 (Festival de Monastir) et représentée plusieurs fois en Tunisie.
En 1976, Le pardon est monté par Tayeb Saddiki à Rabat.
En 1978, La quadrature du cercle remporte un vif succès et sera repris au Théâtre National Egyptien du Caire en 1985.
Ezzedine Madani vient d'achever une nouvelle pièce qui sera montée en Tunisie début 86.
Outre son travail de dramaturge, Ezzedine Madani a publié une cinquantaine de nouvelles, quatre romans et un essai.
Ses 'uvres sont largement connues en Allemagne, Angleterre et Espagne.

WALLAHI MA TALA'AT... BI ANFÂSÎ
Je le jure par Dieu
De l'aurore au crépuscule, à chaque souffle, je respire ton amour.
Aux autres, je ne parle que de ton amour,
Dans la tristesse et dans la joie, tu es dans mon coeur, tu m'obsèdes
Si je me désaltère, je vois ton reflet dans mon verre,
Pour aller jusqu'à toi, je me traînerais sur le visage, je marcherais sur la tête
Chanteur de ma cité, si tu veux me rendre heureux, chante-moi une complainte cruelle.
Qu'ai-je à voir avec les autres?
Ils m'ont toujours blessé à mort.
Ma religion est mienne.
Leur religion est leur.
Poème de Hallaj. Traduction de E. Madani

LE METTEUR EN SCENE : CHERIF KHAZNADAR
"1940, metteur en scène, diplômé de l'Université Américaine de Beyrouth. Conseiller du Théâtre du Tiers-Monde. (...).
Créations principales : Caligula (Camus) 1961; En attendant Godot (Beckett) 1962, toutes deux à Beyrouth ; Oh les beaux jours (Beckett) 1966 Tunis; L'exception et la règle (Brecht) 1964 Damas; Les bas fonds (Gorki) 1964 Damas ; La cruche cassée (Kleist) 1964 Damas ; La station (El Joundi) 1966 Casablanca ; Le fou de Layla (Ahmed Chawki) 1966 Tunis ; L'exception et la règle (autre version) 1967 Berliner Ensemble Berlin; Le Montreur (Chédid) 1971 Tunis - Berlin - Shiraz.
Metteur en scène, rénovateur de l'oeuvre de Brecht dans laquelle il introduit la liberté d'un naturalisme à partir des traditions arabes et orientales.
Spécialiste du théâtre d'ombres ; critique de théâtre ; auteur d'ouvrages théoriques"
Extrait du "Theater Lexicon" Berlin 1978.
Chérif Khaznadar a également mis en scène à Rennes où il fut Directeur de la Maison de la Culture une 'uvre de théâtre musical dont il est l'auteur: Machines à sous, portes du ciel 1979; actuellement Directeur de la Maison des Cultures du Monde.

LE DIRECTEUR MUSICAL : HABIB HASSAN TOUMA
Né en 1934 à Nazareth en Palestine, Habib Hassan Touma y a passé son enfance et sa jeunesse.
Il a étudié la composition avec Alexander Boscovitz et la musicologie avec Kurt Reinhard à Berlin.
Il est l'auteur du livre "Der Maqam Bayati im arabischen Taqsim" ainsi que de divers essais sur la musique arabe, l'éducation musicale et la thérapeutique par la musique.
Il a visité le Proche-Orient (la Turquie, Chypre, l'Irak) et l'Europe septentrionale (Iles Féroé et Islande) pour se livrer à des recherches sur la musique de ces pays.
Il est attaché à l'Institut International d'Etudes Comparatives de la Musique (I.I.C.M.S.D.) à Berlin depuis 1968, où il est responsable des projets musicaux, des programmes d'éducation musicale de l'Institut ainsi que de l'organisation de concerts de musique non européenne.
Il est également chargé de cours à l'université Libre de Berlin pour la musique arabe et persane.

LA SCENOGRAPHE : FRANÇOISE GRUND
Spécialiste de scénographies d'Opéra: Tancredi (Rossini); Euridice (Caccini); Bastien et Bastienne (Mozart); Roméo et Juliette (Benda); Ariane à Naxos (Benda); Le sorcier (Philidor); Le Rossignol de Saint-Malo (Le Flem); La Serva-Padrona (Pergolèse); Il Matrimonio Segreto (Cimarosa); Les trois chemins d'Aladin à la lampe merveilleuse (Swados); La Flûte enchantée (Mozart) dont elle assure, dans la plupart des cas, la mise en scène et parfois l'écriture dramaturgique.
Au théâtre, nombreuses scénographies en France, en Syrie, en Tunisie, à Berlin (Berliner Ensemble), en Suède (Marionnettenteatern, Dramaten et Television Canal 2).
Auteur de Le champ (théâtre), Histoire de Zadig, les Habits neufs du Grand Duc, le Cas Adam et Eve (trois adaptations pour la télévision).
Auteur d'ouvrages théoriques et de nombreuses communications sur l'anthropologie au théâtre.
Directrice artistique du Festival des Arts traditionnels de 1973 à 1983. Peintre.
Actuellement responsable de la programmation à la Maison des Cultures du Monde.

YÂ NASÎM AL-RÎHI... ILLÂ ATASHÂ
O souffle de la brise, va, et dis au Faon: aller à l'aiguade ne fait que m'altérer!
(qu'il vienne), ce mien Ami, dont l'amour est dans mon coeur: et, s'Il veut, qu'Il foule ma joue en marchant!
Son Esprit est mon esprit, et mon esprit est son Esprit;
qu'Il veuille, et je veux ; que je veuille, Il veut!
Poème de Hallaj. Traduction de Louis Massignon.

DISTRIBUTION par d'ordre d'entrée en scène
MOHAMAD CHERIF LABIDI membre de la confrérie, marchand d'étoffes et de livres, Abou Kacem Al Jounaid, Ali Ibn Issa
ALI OUERGHI membre de la confrérie, Abou Bakr Chebli, assistant de l'Imam, Hamed Ibn Hassan, Aboul'wafa' Al Kawmassi
ROMDHANE CHATTA membre de la confrérie, clown, vendeur de journaux, soldat
AMOR ZOUITEN membre de la confrérie, Hallaj des révélations
MOHAMAD BEN SLIMANE membre de la confrérie, marchant de papier, rebouteux, assistant de l'Imam
SALAH RAHMOUNI membre de la confrérie, Hallaj du peuple
AHMED HANNACHI membre de la confrérie, marchand de fruits et de livres, El Karmati
MOHAMAD RACHID GARA membre de la confrérie, vendeur d'eau, l'Imam
MOHAMAD BELLASSOUED membre de la confrérie, vendeur de savon et de livres, Ezzinji, assistant de l'Imam
MOHSEN ZAAZAA membre de la confrérie, vendeur de cartes postales, El Babiki, Ibnou Bohloul
SALIM MAHFOUDH membre de la confrérie, marchand de glaces, le chef de la police, soldat blessé, porte-drapeau, le facteur
EZZEDDINE BEN MAHMOUD membre de la confrérie, chanteur
MOHAMAD KOUKA chef de la confrérie, Hallaj de la liberté
NARJES ATTIA vendeuse, esclave, la princesse Chaghab
AURELIE ZYGLER, TATIANA ROMON, DAPHNE BAUDON l'enfant (en alternance)
SABINE BAIL la touriste, l'esclave

Régisseur MOHAMAD MOUNGI AL TOUNISSI
Réalisation des costumes: Atelier de la Troupe de la Ville de Tunis, sous la direction de LAYLA DALI
Réalisation des accessoires: Ateliers de la Troupe de la Ville de Tunis sous la direction de AJMI MAKHLOUF
Chef de production et maquillage MOHAMAD RACHID GARA
Eclairages PIERRE SIMONIN

LA TROUPE DE LA VILLE DE TUNIS
Créée en 1954, la Troupe de la Ville de Tunis a connu une célébrité internationale sous la direction du grand comédien et metteur en scène Aly Ben Ayed (1932-1972) qui a donné non seulement à la troupe mais au théâtre tunisien et arabe en général une impulsion nouvelle.
C'est sous sa direction que la T.V.T. a participé plusieurs fois au Théâtre des Nations à Paris : Caligula, Mesure pour mesure, Mourad III.
Aly Ben Ayed était également à l'origine de la création du Centre Culturel International d'Hammamet qu'il avait inauguré en 1964 avec une première grande production interarabe, Othello.
Depuis sa mort prématurée en 1972, la T.V.T. a connu plusieurs directions successives sans retrouver le souffle qui l'animait.
C'est ce que Mohamad Kouka, l'un de ses disciples, comédien et metteur en scène, nommé directeur depuis 1983, s'efforce de recréer en redonnant à cette troupe pionnière du théâtre arabe contemporain son rayonnement national et international.

HALLAJ SCENE PAR SCENE
Nous sommes dans Bagdad au IXe siècle après Jésus-Christ, capitale de l'Empire arabo-musulman sur lequel règne la dynastie abbasside.
Dans cette métropole tentaculaire, Hallaj mène solitairement des combats désespérés pour la tolérance de l'Islam, la liberté et la justice sociale.
L'auteur a divisé Hallaj en trois personnages distincts :
Hallaj des Révélations : mystique qui prêche le combat contre le fanatisme et l'intégrisme,
Hallaj de la Liberté : écrivain qui appelle à la révolution,
Hallaj du Peuple : ouvrier en rupture de ban milite pour unir les ouvriers.

-Chants de confréries soufies.
-Les trois Hallaj font le récit de leurs pérégrinations dans le monde des hommes et affirment leur volonté de résistance et de révolte face à l'intolérance et à l'injustice sociale.
-Bagdad en l'an 274, devant la porte de la plèbe.
Dans l'agitation facétieuse du souk, l'Imam de la mosquée d'Al Mansour vient annoncer la désignation par le Calife d'un nouveau ministre ; il exhorte à l'obéissance vis-à-vis des puissants, en appelle aux vertus de l'intégrisme religieux pour préserver et renforcer l'unité musulmane.
-Hallaj des révélations se trouve en présence du maître soufi Al Jounaïd.
Alors qu'un soldat recrute pour l'armée du Calife, aux prises avec des révoltes et des menées subversives, ils s'affrontent violemment et de façon irréversible sur la question fondamentale de la prière et de l'action.
Au nom de la vérité, Hallaj rejette la seule prière en Dieu si elle n'est pas aussi engagement de l'homme pour l'homme dans le monde des hommes.
Exclu et maudit, il se libère de l'ordre soufi, de ses dogmes et de son orthodoxie.
-Le Préfet de police et ses limiers, à la recherche de Hallaj ne comprennent pas que les traces se dirigent vers trois directions différentes, l'Azerbaïdjan, la ville d'Al Moukhtara et Bahrein.
-Hallaj de la liberté rend visite au chef révolutionnaire Qarmate.
Pendant un exercice de tir à l'arc, il n'arrive pas à persuader le chef Qarmate de s'unir avec les autres révoltés pour vaincre l'Etat Abbasside, leur ennemi commun. Néanmoins, il se fait désigner comme émissaire auprès des autres chefs en rébellion.
Hallaj de la liberté rencontre le chef des Zanj. Au cours d'un repas, il se heurte au même refus d'union.
Hallaj de la liberté se rend chez les partisans de Babek. Nouvel échec dans sa tentative. Hallaj est chassé par le chef des partisans, rejeté pour avoir osé les critiquer dans ses écrits.
-A Bagdad, en l'an 287, le souk des livres. On apprend qu'après avoir réprimé plusieurs révoltes violentes, le Calife a renforcé son oppression.
Hallaj des révélations, dans un délire de mortification, lance un appel désespéré à la foule. Il est arrêté par le policier et mené en prison.
L'Imam de la mosquée d'Al Mansour proclame la nomination d'un nouveau ministre; il rappelle à la foule la nécessité de l'obéissance aux puissants, de la résignation et lui propose de s'enrôler dans l'armée du Calife contre les révolutionnaires Qarmates, Zanj et les partisans de Babek.
-Hallaj de la liberté se voit refuser sous des prétextes fallacieux par le prévôt du souk des libraires et des copistes, l'achat, la copie et la diffusion de son livre.
-Sur la route, entre Bagdad et Koufa, le maître de poste porte une missive à Hallaj du peuple dont il remettra une copie à la police.
Dans cette lettre, un des amis d'Hallaj, également cardeur de laine, l'incite à constituer des bandes armées.
-Dans le souk de la laine, l'Imam de la mosquée d'Al Mansour, venu annoncer la désignation d'un nouveau ministre et exhorter à la productivité, se voit pris à partie et chahuté par Hallaj de la liberté.
-Dans le souk de la laine, Hallaj du peuple annonce au Prévôt des marchands la décision des ouvriers de faire grève afin d'obtenir une augmentation de salaire.
-Chaghab, la mère du Calife, vivement éprise de Hallaj de la liberté, le séduit et accepte de faire copier et diffuser son livre.
-Hallaj de la liberté est arrêté.
-Procès et condamnation des trois Hallaj.
D. COEFFE ET D. JOGUET

YA ALLAH, YA IKHOUANI SALOUH
ASSA YARDANI
Mes frères, demandez-lui, peut-être sera-t-il content de moi.
S'il ne l'est pas, je remettrai mes vêtements de deuil.
Je suis Husseïn Hallaj, que reprochez-vous à ma conduite ?
J'ai cardé mon coton avec les louanges de Dieu et avec le Coran.
J'ai adoré Dieu sur les cimes des montagnes.
J'ai récité les litanies de Dieu dans l'obscurité de la nuit.
J'ai vécu pour servir Dieu.
Soixante-dix tyrans m'ont condamné à mort.
Mais ils sont excusables, ils n'ont pas compris mes pensées.
S'ils l'avaient fait, ils n'auraient pas réprouvé ma position.
J'ai bu à la coupe tendue par Dieu qui me dit: Hallaj, j'accède à ton désir.
Traduction de E. Madani

Textes

Mise en scène

Origine géographique

Tunisie

Mots-clés

Date du copyright

1985

Cote MCM

MCM_1985_TN_S2

scenographer

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Tunisie. Hallaj ou la passion d'un cardeur de laine dans la tourmente de l'Islam de Ezzedine Madani. Photos Tunisie 1985-10-01 Photo numérique
Tunisie. Hallaj ou la passion d'un cardeur de laine dans la tourmente de l'Islam de Ezzedine Madani. Affiche Tunisie 1985-10-01 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1985 1985