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Tunisie. Leila Haddad dans "Aquarelles" (création). Spectacle

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Évènement

Titre

Tunisie. Leila Haddad dans "Aquarelles" (création). Spectacle

Date

1994-06-28

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

mardi 28 juin 1994
Une soirée exceptionnelle de DANSE ORIENTALE
Mise en scène Leila Haddad
Assistant à la mise en scène Paolo Campos
Lumières Elisabeth Boulou
Musique originale de Muhammad Sultan pour dix musiciens par Alfred Gamil Habib
Musiques interprétées sur scène par
Alfred Gamil Habib, kamanga (violon) et direction
Mamduh el-Guibeli, 'Ûd (luth)
Mohamed el-Sibahi, qânun (cithare)
Mohamed Fauda, qawala, nay (flûtes)
Taoufik Daoud Ahmed, accordéon
Nejmeddine Nabil Hanafi, darbûka
Adel Shams el-Din, riqq (tambour à sequins)
Mohamed Sala Saleh, mazhar (tambour sur cadre)
Ossama Handira, kamanga (violon)
Mohamed Badr, kamanga (violon)

Nil. Long fleuve au nom liquide. Rien que de le prononcer, il épanche la soif du désert. Il y a des eaux qui débordent dans le mot Nil, le plus long fleuve au monde, mais non le plus tranquille.
Des eaux dans tous les états, tour à tour lacs, marais, rapides, chutes, deltas. Son bassin sinueux dans la fertilité du Sud au Nord, changeant de costume ethnique huit fois, de nom de scène six fois, pour achever ses arabesques en "Nil Blanc" et en "Nil Bleu", avant de s'abandonner, à corps perdu, à la mer.
Leila. Danseuse d'Orient. Il y a du Nil dans les aquarelles orientales peintes, en légèreté et transparence, par les voiles de Leila Haddad. Ondine, elle ondule, fluide, coulant sa gestuelle millénaire sur les rives du fleuve. Elle remonte le cours du temps pour mieux le redescendre, de la haute Egypte a l'actuelle cité, en trois temps, trois mille mouvements.
Le premier tableau, de facture ancienne, dépeint, sur fond de violons arabes classiques la danse jaillie du fond des âges et transmise, depuis la déesse-mère, par mille et une génération de danseuses.
Le deuxième, joyeux, vif, puissant, trace la gestuelle baladiyya, ancrée au sol limoneux de la vallée, sur étirements d'accordéons.
Le troisième, libre et imaginatif, esquisse, par des touches inattendues, la modernité.
Trois couleurs changeantes du Nil, à différents moments de son parcours, dont le compositeur Muhammad Sultan s'est fait le papier, ses instrumentistes, les pinceaux, et Leila Haddad l'aquaréliste.
MARIELLA RIGHINI

La danse orientale
Elle fait fureur depuis quelques temps aux Etats-Unis et plus récemment elle a déferlé sur l'Europe. Elle a fasciné des millions d'hommes et de femmes de tous les temps, sur tous les continents. Plusieurs fois millénaire, elle existait avant le judaïsme, le christianisme et l'islam. La tradition rapporte que la danse orientale fut une danse sacrée incarnant le mythe des déesses, et particulièrement celui de la Déesse Mère Ishtar ou Astarté.
Son origine géographique reste encore un mystère pour les chercheurs. Des peintures rupestres de l'Egypte pharaonique, de la Mésopotamie, de plusieurs régions d'Afrique et des îles du Pacifique témoignent de la gloire de cette expression sensuelle qu'est la danse orientale, la mal nommée "danse du ventre". En Orient, elle a su résister à toutes les vicissitudes du temps.
L'Occident l'a découverte au XIXe siècle à travers les contes épiques recueillis au cours de leurs voyages par Gustave Flaubert, Gérard de Nerval et Alphonse de Lamartine.
Dans les années vingt, une femme chanteuse et actrice, Badia Masabni ouvre le premier cabaret du Caire. Elle s'inspire des costumes à paillettes des cabarets européens, soulignant le côté suggestif de la danse pour la grande joie de la riche clientèle étrangère et de la bourgeoisie locale. Heureusement de grandes artistes, comme Naïma Akef, Tahia Carioca et Samia Gamel, réussissent à maintenir l'expression totale de cette danse traditionnelle.
Ceci n'empêchera pas les pouvoirs politiques de sévir. Pour exemple, en 1955, le gouvernement de Nasser oblige les danseuses à couvrir leur ventre, change la dénomination de cette danse et l'appelle "danse folklorique". L'Algérie de Ben Bella pourchasse et réprime les célèbres danseuses de la Tribu des Ouled Naïl : quant a l'Iran de Khomeiny, il interdit tout bonnement toute expression de cette danse.
Depuis lors, la danse orientale a acquis une réputation péjorative, devenant finalement "la danse du ventre" ou "belly dance". Leila Haddad se rebelle contre cette interprétation et se bat pour redonner ses lettres de noblesse à la danse orientale.
La danse orientale est la danse de la femme. C'est un hommage à la féminité. Les mouvements ondulatoires du buste, du bassin et du ventre sont des représentations symboliques de la conception et de la naissance, ce ventre qui est le centre de l'énergie vitale et le berceau de l'humanité.
Si la danse orientale nécessite un travail très important sur la respiration, qui se fait par le diaphragme, ce centre de gravité de la danseuse est situé en un point de l'abdomen. Ceci est valable pour les arts martiaux et danses de l'Inde. La danseuse Orientale est en parfaite connection avec le sol, la terre. C'est la raison pour laquelle elle danse généralement pieds nus. On peut dégager deux rythmes. Le lent très intérieur donne une danse ronde, sinueuse, pleine. Des ondulations lascives dont on adoucit le sens par la grâce des mains. Pour le rapide, on évolue en faisant trembler les épaules ou les fesses. Le reste du corps ne bouge pas.
Leila Haddad
Dès son enfance, Leila Haddad a pris fait et cause pour les traditions de sa Tunisie natale. C'est des femmes de sa famille qu'elle les apprend d'abord, avant de se perfectionner au Conservatoire de Tunis. Profondément attachée au patrimoine qui lui a été transmis, Leila Haddad décide de se consacrer à la danse. Elle donne des cours à Londres, pendant un an, puis entre dans la troupe du Théâtre Zulu, qui réunit des artistes de onze nationalités différentes, voués à la défense des cultures africaines dans une rencontre de la poésie, du chant et de la danse. De 1979 à 1983, Leila Haddad va ainsi participer à plusieurs spectacles : "Shaka le Zulu", "les Enfants de Soweto", "la Jungle en Béton".
Elle rejoint ensuite le Théâtre Barkane qui travaille également sur les traditions africaines. Elle participe à l'une des productions de la Compagnie l'Arme à l'Oeil. Parallèlement, elle ouvre un cours de danse traditionnelle d'Afrique du Nord et de danse orientale au Centre de Danse du Marais. C'est la première fois qu'on enseigne à Paris une telle discipline, et les élèves affluent.
Très vite, la renommée de Leila Haddad franchit les frontières. Dès 1984, elle est invitée aux Etats-Unis pour une série de stages qu'elle dirige à New York, Los Angeles et San Francisco.
Pour une tunisienne, enseigner la danse orientale tient un peu du paradoxe. Leila Haddad elle-même n'avait pas eu besoin de professeur, au départ, pour l'apprendre. Mais, à initier des Occidentales au secret de cette pratique, elle découvre une nouvelle forme de pédagogie.
Elle découvre aussi tout ce à quoi, au travers de la danse, il lui faut sensibiliser ses élèves : la musique, une certaine théâtralité, mais aussi une manière d'être entre femmes. Car si la danse orientale reste aux yeux de Leila Haddad une danse sensuelle, avec sans doute une dimension de séduction, elle est d'abord une pratique quotidienne, un ornement des fêtes en tout cas, qui participe à la vie sociale.
Mais ses activités pédagogiques n'éloignent pas Leila Haddad de la scène. En 1984, elle danse dans l'Othello mis en scène par Hans Peter Klaus à Bobigny, puis donne un spectacle solo à Londres, Francfort et Zürich. En 1986, création d'un spectacle en quatre tableaux "Ballade en Rhythms and blues" qu'elle présente en Tunisie, au Maroc, en Algérie et en Allemagne. Elle est la première danseuse orientale invitée à se produire au "Salon de la danse" à Paris.
En 1988, le Festival de Lille lui commande une création sur le Thème de Salomé : "La Danse des
Sept Voiles". En 1989, première de cette création à l'Auditorium de l'Institut du Monde Arabe.
En 1990, elle la présente au Volkhaustheater de Zürich, et au Théâtre antique de Hammamet.
En septembre de cette même année, elle fait une apparition dans le film de Marcel Blüwal tiré du roman de Michel Tournier, "La Goutte d'Or" où elle interprète le rôle symbolique de la danseuse Zeit Zobeïda. En 1992, elle présente "La Danse des Sept Voiles" à la Maison des Cultures du Monde à Paris et participe au colloque : La Danse Orientale. Son intervention porte sur "Les origines de la Danse orientale et son histoire".

Chorégraphie

Origine géographique

Tunisie

Mots-clés

Date du copyright

1994

Cote MCM

MCM_1994_TN_S1

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Titre Localisation Date Type
Saison 1994 1994