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Comores. Chants, musiques et danses. Spectacle

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Type de document

Évènement

Titre

Comores. Chants, musiques et danses. Spectacle

Date

1983-11-18

Date de fin

1983-11-22

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

Après leur premier passage très remarqué au Festival des Arts traditionnels à Rennes et à Paris en avril 1983, les musiciens des Comores reviennent pour :
Trois concerts à Paris 18-20 novembre 1983, Maison des Cultures du Monde
Un concert à Villeurbanne 22 novembre1983, centre culturel de Villeurbanne (dans le cadre du festival VIVA)
Ils réaliseront également à l'initiative de la Maison des Cultures du Monde une tournée européenne : Florence, Munich, Berlin, Genève et Stockholm.

Sur le plan musical, l'archipel des Comores recèle une énigme. Aucun témoignage, aucune parcelle sonore ne nous avait jusqu'ici permis d'éclairer d'une façon ou d'une autre les pratiques musicales de ces îles. C'est donc une terra musicale incognita'
Outre la curiosité de découvrir un mode sonore nouveau, les Comores se présentent comme un conservatoire authentique de cultures méconnues. En effet, ces îles ont vu se superposer, à travers le temps, différentes couches qui ont contribué à des synthèses musicales heureuses. Souches shirazienne (iranienne), yéménite (de Hadramout), bantoue et malgache forment le fond de cet art comorien, auquel s'est greffé, aux siècles derniers, un apport d'esclaves venus on ne sait d'où, qui aussi, a colporté ses habitudes musicales, créant des genres nouveaux plus teintés de résonance guinéenne ou brésilienne que du proche rivage de l'Est africain. Conscient de ces stratifications musicales, de ces brassages, le groupe e musiciens comoriens donne à entendre quelques facettes de ces passés miraculeusement conservés.
D'abord, à tout seigneur tout honneur, le fer de lance d'une musique, qu'on peut estimer savante : l'ensemble Gabusi ou Gambussi, d'origine yéménique. Il s'agit de trois musiciens. Le premier interprète du luth Gabusi à cinq cordes disposées en deux paires, plus une unité, est accompagné de deux tambours à double membrane, Mirwas. Si ces derniers existent de nos jours de l'Egypte du golfe, le luth Qanbus, ancêtre du Gabusi ou Gambussi, a quasiment disparu de la péninsule Arabique. Grâce à sa forme, il évoque sans conteste les premiers luths du monde arabe. Aux Comores et plus particulièrement dans l'île d'Anjouan, le Gabusi est dépositaire d'un répertoire très ancien chanté en arabe ou en comorien ;il porte le nom de l'instrument. Reflet d'une musique arabe des premiers siècles de l'Hégire, voir même préislamique, ce répertoire surprend par son sens dépouillé de la ligne mélodique qui rejette toute ornementation.
Les textes de ces chants sont empruntés à la poésie religieuse ou semi-sacrée.

Un deuxième ensemble de trois musiciens rassemblés autour du même luth Gabusi montrera de quelle manière les Comoriens ont réalisé une synthèse habile entre un instrument arabe et un style issu de Madagascar. En l'occurrence, il s'agit du répertoire dénommé "Ndzedze" où le luth crépite de façon répétitive comme une Valiha (harpe malgache), à laquelle il s'est substitué pour développer nerveusement de minuscules cellules musicales tout en donnant le sentiment d'immobilité. Ici, le Gabusi est accompagné de deux hochets rectangulaires en formes de radeau, les "Nkayamba" que l'on rencontre également au Kenya, comme en Ouganda. Le répertoire est d'obédience thérapeutique puisque l'ensemble est surtout sollicité lors des danses de possession.

Un troisième petit ensemble réintroduira l'univers religieux de l'Islam. Il s'agit de deux flûtes "Firimbi" qui accompagnent un chanteur, lequel marque la mesure sur un tambour.

L'archipel des Comores, isolé dans l'Océan Indien, reste malgré tout, depuis des siècles perméables à de nombreuses influences. Le résultat s'exerce au niveau des mélanges ethniques, au niveau de la religion (l'Islam), au niveau des langues (le Swaheli, l'Arabe et le Français), au niveau de la culture et en particulier de la musique et de la danse.
Avant la première présentation du groupe de musiciens comoriens au Xe festival des Arts Traditionnels (Paris et Rennes), le monde sonore de l'archipel restait totalement inconnu.
La synthèse musicale (et aussi de la danse) se fait à partir des expressions apportées par plusieurs couches de peuplement : les Shiraziens (Iran), les Yéménites (de Hadramout) Africains (Bantou), les Malgaches et divers débarquements d'esclaves venus, au cours des siècles, surtout de la côte orientale de l'Afrique.
Il s'ensuit une richesse musicale diversifiée selon les genres et multiple à l'intérieur d'un même style. Plusieurs instruments de musique sont importants car ils donnent leur nom et déterminent le genre musical exécuté.

Le luth Qanbus ou luth Gabusi :
Instrument à cinq cordes disposées en deux paires et une unité, accordé comme les anciens luths yéménites et qui ne se trouve plus guère sur la péninsule Arabique. Il donne son nom à la musique "Gabusi" ou "Gambusi".
Le Mirwa :
Tambour à double membrane, fonctionne souvent par paire. Il accompagne les chants et les processions.
Le Goma :
Tam-tam, accompagne les chants.
Le Tari :
Tambour de basque sur cadre circulaire, avec ou sans cymbale, accompagne les danses.
Le Firimbi:
Flûte de roseau, et parfois, aujourd'hui, faite d'un tube de métal, fonctionne avec le Tari.
Le Nkayamba:
Hochet rectangulaire, empli de graines séchées, en formes de radeau, provient du Kenya ou d'Ouganda.
Le Ndzedzé:
Instrument fait d'une caisse de résonance rectangulaire qui tient à la fois de la harpe, de la lyre et de la cithare et dont l'origine est sans doute malgache.
Il est d'usage, encore aujourd'hui, que chaque musicien fabrique son instrument.


PROGRAMME
TARI ou danse de la victoire, danse processionnaire, soutenue par des chants semi-religieux aux harmonies inhabituelles pour l'oreille occidentale est aussi très populaire, Elle porte le nom de l'instrument de percussion principal, lui-même accompagné de tam-tam et de Mirwa.
LE GABUSI, est dépositaire d'un répertoire très ancien, millénaire, chanté parfois en arabe, parfois en comorien swaheli et dansé. La danse, lente, hiératique, dessine une série de figures géométriques simples, grâce à des pas pré structurés. La musique est un reflet fidèle et authentique d'une musique arabe des premiers siècles de l'Hégire (certains pensent qu'elle est originaire pré-islamique). Elle surprend par son dépouillement qui rejette toute ornementation. Les poèmes chantés sont presque toujours sacrés, mais ils traduisent aussi l'amour, la souffrance humaine et tous les états d'âme.
PIÈCE DE FIRIMBI, ce morceau de flûte ou musique de Madjliss, lequel est ponctué par le Tari. Parfois au-dessus de la mélodie de firimbi s'élève un chant arabe ou en comorien emprunté à la poésie sacrée.
MUSIQUE POUR SOIGNER, c'est le Gabusi qui forme la base de la musique thérapeutique aux îles Comores. Ce genre de musique mystique possède trois fonctions :elle divertit, elle délasse et elle soigne selon trois formes spécifiques : le LOLO BOLNA (appel), le LENGA (apparition) le MADJANDJA (défoulement et éveil nerveux des sens). Cette musique chantée et dansée est accompagnée par deux Nkayamba.
DANSE DU GOMA, danse populaire portant le nom d'un tambour d'origine africaine, soutenue par des chants.
MORCEAU DE NDZEDZE, accompagné de deux Nkayamba, ce morceau est aussi chanté.

La durée du programme ne dépassera pas une heure trente minutes.

Origine géographique

Comores

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1983_KM_S2

Date du copyright

1983

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Titre Localisation Date Type
Comores. Chants, musiques et danses. Photos Comores 1983-04-30 Photo numérique
Comores. Chants, musiques et danses. Affiche Comores 1983-04-30 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1983 1983