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Israël. Musique et chants traditionnels d'Israël. Chants Yiddish. Chants Judéo-Espagnols. Hazzanout. Chants religieux. Spectacle

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Israël. Musique et chants traditionnels d'Israël. Chants Yiddish. Chants Judéo-Espagnols. Hazzanout. Chants religieux. Spectacle

Sous-titre

Tradition Ashkenaze, Tradition Sépharade, Traditions marocaine, persane, bagdadienne, Tradition samaritaine. Musique et chants traditionnels des juifs du Kurdistan, de Boukhara, d'Ethiopie, Hassidim

Date

1986-06-16

Date de fin

1986-06-26

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

16 au 26 juin 1986
Monsieur Simha Arom a assuré la supervision musicologique de ce programme.

16-18 juin 1986
-Chants Yiddish
Au XVe siècle, les Juifs employaient presque partout en Europe orientale un allemand abâtardi, mêlé d'hébreu et d'autres langues locales ; le Yiddish, qui a survecu jusqu'à nos jours.
Ce programme en Yiddish consiste en chants populaires d'Europe de l'Est. Ces chants représentent toutes les époques de la vie :berceuses, chansons d'enfants, chansons d'amour, chansons à thèmes divers : le travail, la vieillesse' d'inspiration religieuse ou profane. Tous ces chants s'inspirent de scènes de la vie quotidienne : famille voisinage' les mélodies reflètent l'influence des populations locales environnantes, brodant sur des airs rappelant les prières synagogales et des trilles provenant des racines juives profondes.
-Chants Judéo-Espagnols
Deux sources principales, à l'origine de la poésie populaire judéo-espagnole, qui influencèrent longtemps et profondément les Juifs Espagnols. La première source, d'origine espagnole, est le romencero que les juifs d'Espagne emportèrent avec eux en exil, qu'ils intégrèrent en l'adaptant, de sorte que certains poèmes liturgiques en vinrent à être chantés sur l'air de telle ou telle romansa, marquant ainsi la formation de la liturgie judéo-espagnole. Ce qui nous en est parvenu est, hélas, peu abondant.
La deuxième source est la production poètique populaire d'après l'Exil, telle qu'elle se développa dans les cours des maisons et dans les ruelles qui entouraient les quartiers des Juifs Espagnols exilés au Moyen-Orient.

19, 22-23 juin 1986
-Hazzanout
La récitation de prières dans la synagogue est exécutée par un chanteur, le "Hazzan" qui se livre, selon sa virtuosité à une psalmodie ou à une savante mélodie enrichie d'ornementations. Il s'agit d'une véritable musique modale. Celle-ci suit deux traditions : l'orientale où le "Hazzan" chante a cappela et l'occidentale ou "Ashkenaze" où le chanteur est accompagné soit par l'orgue (ou par d'autres instruments), soit par un choeur.
-Chants religieux
Par l'intermédiaire de plusieures traditions, le chant religieux emprunte des expressions variées, révélatrices d'une grande richesse.
-Tradition Ashkenaze
Entre le XIIIe et XVe siècle, les Juifs d'Allemagne et de France se retrouvent dans une Pologne en plein essor. Des terres et un statut favotable leur sont accordés. Cette "Maison d'Israël en Pologne" devient le modèle du groupement Ashkenaze. On y parle le judéo-allemand ou le yiddish, transcrit en caractères hébraïque.
Le yiddish donne naissance à une littérature populaire et à une langue riche qui fortifie la tradition religieuse.
-Tradition Sépharade
Après leur expulsion d'Espagne, les juifs, qui vivent désormais dans toute l'Europe, emploient le "ladino", langue espagnole archaïque et développent une littérature poétique ainsi que des schémas mélodiques influencés par l'Espagne médiévale. Les poèmes religieux des Sépharades de Jérusalem sont psalmodiés lors des fêtes ou à l'entrée du "Shabbat"
-Traditions marocaine, persane, bagdadienne
À partir des musiques modales des milieux où ils vivent, les juifs construisent un ensemble de mélodies et de rythmes particuliers.
-Tradition samaritaine
Les Samaritains représentent l'une des tribus israélites les plus anciennes, descendant de la tribu de Lévi et des tribus de Manassé et d'Ephraïm. Ils se disent les dépositaires de la tradition d'Israël authentique et originelle. Ils comptent actuellement une communauté de quelque 500 âmes dont une partie est installée à Tel-Aviv. Ce sont des représentants de cette communauté qui présenteront leurs chants religieux.


24-26 juin 1986
Musique et chants traditionnels des juifs du Kurdistan, de Boukhara, d'Ethiopie, Hassidim
On émet l'hypothèse que les juifs du Kurdistan ont conservé dans leurs coutumes religieuses et sociales des restes de traditions d'origine babylonienne datant de l'époque talmudique et médiévale. Les instrument de musique des juifs kurdes sont : le "Zorna" (sorte de hautbois à sept trous en bois) et le "Dola" (grand tambour à deux membranes de peau lacées. On y frappe à l'aide de deux baguettes, l'une grande et épaisse, l'autre plus fine).

L'origine des juifs de Boukhara se perd dans le brouillard de la légende. On pense qu'ils sont des descendants de Juifs de Babylone qui émigrèrent vers l'est lors de la conquête de Jérusalem par les Romains. D'autres avancent l'hypothèse qu'ils sont les descendants des dix tribus perdues. Une chose est claire : ils arrivèrent à Bouhara en passant par la Perse, comme en témoigne l'influence du persan dans leur langue. D'autres témoignages démontrent encore que les Juifs de Boukhara sont bien, d'un point de vue culturel, les descendants des Juifs de Perse, mais qu'en raison de leur éloignement géographique, ils connurent un développement autonome, qui entraîna la formation d'une tribu israélite distincte du judaïsme persan.

Les juifs d'Ethiopie ' Beta Israël ' sont une communauté qui a vécu dans l'isolement, sans contact avec les autres groupes de la Diaspora et que l'on a retrouvée au début du siècle. Leur musique se divise en deux catégories distinctes : la musique d'inspiration religieuse et la musique populaire. Celle d'inspiration religieuse comporte toute la liturgie ainsi que les chants associés à des évènements para-lithurgiques tels que les cérémonies de circoncision, mariage et autres : repas familiaux, shabbat' Il s'agit là d'une musique essentiellement vocale. Toute la liturgie est dite et chantée en guèze (langue sacrée).
La musique d'inspiration populaire des Juifs d'Ethiopie ne se distingue des autres musiques de leurs régions respectives que par le contenu des paroles (des textes chantés) Il s'agit très souvent de chants évoquant la nostalgie de Sion. Les instruments qui accompagnent cette musique profane sont le plus souvent : la lyre, une vièle à une corde, une flûte et des tambours. C'est la première fois que des chanteurs et musiciens juifs éthiopiens se produisent ailleurs qu'en Ethiopie et en Israël.

Mouvement d'inspiration mystique et populaire, le hassidisme a pris naissance en Europe de l'Estbau XVIIIe siècle et a donné naissance à des formes d'expression musicale caractéristiques. La musique met en valeur des textes sacrés en hébreu. Autre caractéristique : les nigounim, mélodies sans paroles, sur des syllabes dénuées de signification. Il existe également une musique instrumentale, à l'occasion des mariages et de certaines fêtes (lag ba'omer et fêtes de pèlerinage). Certaines modifications instrumentales sont apparues au fil des siècles en fonction de l'environnement culturel. Aujourd'hui, avec les influences du monde moderne, s'est créée une forme de musique néo-hassidique.

27 juin 1986
"Le jour se lève" cycle de trois pièces écrites et lues par Jean-Bernard Moraly. (Entrée libre)

La musique juive : Introduction générale.
La meilleure définition de la musique juive pourrait être celle proposée par le célèbre musicologue Curt Sachs : "La musique juive est une musique faite par des juifs, pour des juifs, en tant que juifs."

I. Époque biblique.
Musique des anciens Hébreux jusqu'au début de l'époque hellénistique, XVII-IVe siècle avant J.C.
Relativement rares, les références bibliques, (principale source pour cette époque), permettent néanmoins de discerner quelques caractères des diverses manifestations musicales des anciens Hébreux : on y trouve différents genres : les "chants de l'eau", "les chants de guerre et de triomphe" (le cantique de Deborah, par exemple), des "cantiques à la gloire de dieu" (cantique de Miriam). La musique tenait également une place dans les réjouissances populaires, profanes ou para cultuelles. L'emploi de certains instruments, le sôfar (corne de bélier ou de bouc) ; la hasosrah (trompette), était réservé à l'usage du culte, Autres accessoires du culte, les pa'amônim (clochettes), attachés à la robe du grand-prêtre, protègent celui-ci à l'approche du sanctuaire.
L'exécution antiphonée (choeurs alternés d'hommes et de femmes) est attestée dans le cantique de Miriam et probablement aussi dans le cantique de Déborah. On trouve également le style responsorial (le peuple répondant "Amen" aux Lévites).
Antérieurement à l'institution de la royauté, on ne trouve pas trace de musiciens professionnels. La plupart des manifestations musicales ont jusqu'alors un caractère spontané, populaire. Le changement de mode de vie, devenu sédentaire, l'établissement d'une cour royale et surtout le culte lié au Temple, sont sans doute des facteurs déterminants dans l'évolution de la vie musicale du peuple hébreu à partir du Xe siècle. L'emploi de musiciens professionnels, dès la période préexilique n'est guère douteux : David, traditionnellement consacré comme le fondateur de la musique cultuelle, est d'abord musicien du roi.
En ce qui concerne la musique profane, mises à part les cérémonies royales (couronnement, mariage, guerre), on trouve des réjouissances musicales à l'occasion de noces, des lamentations liées au deuil ou encore des chants de labour. Quant à l'organisation musicale du culte, celui-ci était à la charge de certaines familles de musiciens, descendants de la tribu de Lévi. La musique instrumentale y était employé : cornes, trompettes, harpe, lyre, cymbales. La partie musicale du culte, vocale et instrumentale, était étroitement liée à l'exécution des sacrifices. De nombreuses liturgies chantées au temple nous sont conservées dans le répertoire de la lyrique religieuse biblique que constituent les Psaumes. Ceux-ci laissent supposer dans l'exécution musicale la pratique courante du style responsorial et antiphoné Un trait particulier de cette musique est l'organisation du chant sacré en fonction de modes constitué par une échelle caractéristique combinée avec un fond spécifique de motifs : c'est là un principe structurel étroitement apparenté aux "maqamat" ou aux "raga" orientaux.

De 1 'époque hellénistique jusqu'à l'achèvement du Talmud (IIIe siècle avant J.C. - 500 après J.C.
La pénétrati hellénistique dès la fin du 1Ve siècle a certainement eu une influence sur la vie musicale : en témoignent les dérivés des noms d'instruments grecs que 1'on trouve dans Daniel, par exemple. L'influence hellénistique se reflète aussi par la place d'honneur qu'occupe la pratique musicale profane, vocale et instrumentale, surtout en association avec des festins dont le cérémonial suit de près les coutumes grecques. Après la destruction du deuxième temple (70 après J.C. ), c'est la Synagogue qui deviendra le centre culturel dans les différentes communautés et donnera lieu ainsi au développement du chant synagogal.

II. Du Moyen-âge au XVIe siècle.
En dépit de l'attitude nettement défavorable des autorités rabbiniques à toute pratique musicale autre que le "chant de cantiques et d'hymnes" à la gloire de Dieu, domaine dans lequel furent d'ailleurs expressément incluses les manifestations paraliturgiques à l'occasion des circoncisions et des mariages, notamment, il n'y a aucun doute que les juifs, tout au long du moyen âge ne négligèrent nullement le domaine de la musique profane. Des genres nouveaux de chant prennent alors naissance. On trouve trace de l'activité profane de musiciens professionnels juifs du IXe au XIIe siècle dans le monde musulman, notamment en Andalousie, à la cour des Rois de l'Espagne chrétienne du XIIe au XIVe siècle en France également où ils se manifestent comme jongleurs, ménestrels ou troubadours et en Allemagne (début du XIIIe siècle) comme Minnesanger. Ces troubadours et musiciens itinérant diffusent des chansons dans des langues vernaculaires, créent une épopée biblique d'expression juive en dialecte, et ont recours à des instruments à l'occasion de mariages et d'autres fêtes. Quand 1'environnement s'y prête, la théorie musicale devient 1 'objet de traité en langue hébraïque, et des compositeurs juifs écrivent des oeuvres à la mode de leur époque, ainsi dans le monde islamique et dans l'Italie de la Renaissance.

III. XVIe siècle à nos jours.
Parmi les principaux faits nouveaux de cette dernière tranche de l'histoire musicale juive il y a lieu de noter l'extraordinaire expansion du chant séfarade (espagnol), notamment dans les communautés juives des pays du bassin méditerranéen, l'assimilation des formes musicales nouvelles empruntées à la musique occidentale savante, d'abord en Italie, puis en Europe centrale et en Europe de l'Ouest. Enfin, tandis que le chant de la branche Ashkénaze ("Allemande"), des pays de l'Europe de l'Ouest, sera marqué de plus en plus, par l'empreinte de la musique occidentale, évoluant ainsi à de rares exceptions près, vers la perte de toute personnalité, celui de la branche Ashkénaze des communautés de l'Europe de l'Est, verra la création d'un style nouveau celui de la Hazzanout dite "polonaise" et celle d'un chant religieux populaire, le chant Hassidique. Ils sont eux aussi truffés, de nombreux éléments étrangers, salves et notamment ukrainiens, mais doués d'une forte vitalité, où l'on trouvera l'expression sans équivoque d'une personnalité propre.

On distingue dans la musique juive actuelle deux styles principaux :
-Le style Ashkénaze d'Europe centrale et orientale, qui comprend la France du nord.
-Le style Séfarade, originaire d'Espagne et qui s'est diffusé ensuite vers la France du sud, l'Italie, et l'ensemble des territoires de l'ancien empire ottoman.
Les différents rameaux de la tradition juive n'ont aucune mélodie particulière en commun, mais leurs chants à tous se conforment à des types structurels bien définis. Les mélodies sans paroles du mouvement mystique des Hassidim ont une personnalité propre et ont influencé le chant Ashkénaze. On trouve également un riche trésor de chants profanes en yiddish et en judéo-espagnol.
Les musiques traditionnelles, tant sacrées que profane, ont été recueillies et éditées. Elles ont fait l'objet d'arrangements dans des styles populaires ou savants (Bruch, Raval, Prokofiev) voire transformées en musique symphonique (Darius Milhaud, Arnold Schönberg, Ernest Bloch, Léonard Bernstein et d'autres). La musique juive, enfin, a acquis une nouvelle dimension du fait de la rencontre et de l'interprétation des différentes traditions en Israël, ainsi que des efforts qui y sont faits pour conserver et développer les styles anciens.

Ce dossier a été constitué par Sylvie Cohen sous la supervision de M. Simha Arom
Les artistes qui présentent ces chants et musiques sont tous des amateurs qui continuent d'exprimer ces traditions ancestrales en Israël.
Ils témoignent de la permanence de ces traditions musicales très diverses qui malgré leur contact avec une société nouvelle et les tentatives de "synthèse" ont pu être, grâce à un effort de préservation et de transmission, conservées dans ce pays.

Réalisation artistique : Yossef Ben Israël
Supervision musicologique : M. Simha Arom
Avec la collaboration d'Emmanuel Halperin, conseiller culturel de l'Ambassade d'Israël à Paris.

Origine géographique

Israël

Mots-clés

Date (année)

1986

Cote MCM

MCM_1986_IL_S1

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Titre Localisation Date Type
Israël. Musiques et chants traditionnels. Affiche Israël 1986-06-16 Affiche
Titre Localisation Date Type
Saison 1986 1986