Ressource précédente
Ressource suivante

Danemark. Chants et danses des îles Féroé. Le Havnarkorid. Spectacle

Collection

Type de document

Évènement

Titre

Danemark. Chants et danses des îles Féroé. Le Havnarkorid. Spectacle

Sous-titre

direction Olavur Hatun

Date

1988-04-25

Date de fin

1988-04-28

Artistes principaux

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

25-28 avril 1988

Les Féringiens à Paris pour la première fois à la Maison des Cultures du Monde dans le cadre de France-Danemark

Lorsque les gens des Iles Féroé arrivèrent à Rennes pour le 4e Festival des Arts Traditionnels en mars 1976, tous, participants et spectateurs ressentirent un choc.
Têtes grises, épaules lourdes et sourires nostalgiques! Leurs yeux encore plein des brumes du nord s'ouvraient avec curiosité sur les mouvements frénétiques des mondes: méditerranéens, latino-américains et Africains. Ils se taisaient.
Lorsqu'ils commencèrent à chanter et à ébranler la ronde lente, serrée sur le velours sombre de leurs costumes, le public surpris par l'ampleur sourde des voix se mit à chercher une analogie avec les mélodies déjà entendues. C'était incomparable avec quoi que ce soit. L'image sonore, de martèlements, de glissements, de grondements, jointe à la vision sans cesse répétée, d'un pas de danse régulier, mesuré faisant sourdre sans qu'on en ait bien conscience, l'intelligibilité du texte, bien que le Féringien, restât langue incomprise.
Il devait être question de pêcheur luttant dans la nuit glacée, de tempêtes mythiques, régencées par des divinités inconnues et farouches, l'holocauste à des génies-poissons, de longues chasses sur la lande hérissée de rocs, de sabbats d'êtres surnaturels.
La chanson se déroulait longue et la danse berçait la mémoire oubliée. Et d'un seul coup, le public sentit que ces hommes et ces femmes, tous d'une cinquantaine d'années, le menait par ses halètements mélodiques et ses figures sonores et chorégraphiques inlassablement reprises, vers une sorte d'extase; une torpeur active qui vivifiait ses facultés d'imagination, qui lui faisait voir le monde au-delà de ses limites. Lorsqu'au bout de deux heures, le chant cessa il se rendit compte qu'il venait d'être emporté par une force inconnue, qu'il revenait d'un voyage magique.
Françoise Gründ

Perdus au milieu des mers du nord, bien plus haut que le dernier rocher anglais sur la carte, deux villages des Iles Féroé ont gardé leurs traditions.
Nolsoy et Sumba témoins de l'héritage culturel celte, peuplés de pêcheurs et d'agriculteurs, abritent des habitants qui chantent encore de vieilles ballades au cours de ces veillées d'hiver, si longues dans le nord.
La musique populaire des Iles Féroé est essentiellement vocale. Il n'existe pas d'instrument de musique de type local. Le Féringien, une langue du Nord-Ouest a acquis sa propre autonomie vers les années 1400. Ses parents proches sont l'Islandais et quelques dialectes de la Norvège occidentale. Comme langue écrite le Féringien n'existe que depuis 130 ans.
Les Féringiens, habitants des Iles Féroé ont donc depuis la réforme (1540) une double culture: la culture féringienne et la cultures danoise importée à cette époque par le véhicule de la langue. Ce fait influence en partie la musique vocale.
Issues des grands thèmes de la légende nordique, les Kvaedi sont de longues ballades épiques, chantées sous forme de poèmes.
Une saga du nord (appelée la Saga perdue) est à l'origine des Sjardarkvaedi, ou chants de brouillard, formant tout un cycle de plusieurs centaines de couplets.
La danse, qu'elle soit "ronde" ou "chaîne" sert uniquement d'accompagnement pour les chants; ainsi ne faut-ils pas s'étonner si la chorégraphie en est très simple. La danse reste néanmoins un facteur de grand dynamisme et il ne faut jamais dissocier récits épiques ' chants-danses, aux Iles Féroé.
Si l'on compare les danses conduisant à la transe, à celles des Iles Féroé, on peut dire que celles-ci contiennent aussi un élément magique puisque, dérivées de certaines danses de cultes, elles permettent une participation intense et longue du public. Aux îles Féroé, le chant et la danse se poursuivent toute une nuit sans aucune interruption.
La mélodie des Kvaedi reste très simple qu'ils soient sur le mode majeur ou sur le mode mineur. Il serait plus juste de dire que les Kvaedi n'ont pas de ton particulier mais qu'ils sont chantés d'après une certaine structure.
Cependant suivant cette tradition, de Kvaedi familiaux ou de micro sociétés beaucoup ont disparu, emportés dans la tombe avec le dernier des chanteurs. Malgré tout, la nation féringienne qui compte 5000 habitants peut encore se glorifier d'un patrimoine de 70000 strophes de Kvaedi.

PROGRAMME

1. Vieille mélodie de cantique: Au départ et au retour des bateaux, les chants d'action de grâce des pêcheurs.
2. Vieille mélodie de cantique: Ces strophes ont été traduites par le créateur de la langue liturgique de Féroé Jakup Dohl (1878-1944). La notation de la musique pour ce cantique et les deux suivants a été faite par le choriste et philologue danois Karl S.Clausen qui a recueilli les chants spirituels de Féroé.
3. Vieille mélodie de cantique: Premier chant à l'issue du repas de noces le curé dansait avec les invités et menait souvent la farandole.
4. Les mots. Compositeur: Bjorni Restoff (né en 1955) Poème de Roï Patursson
5. Ce chant évoque la beauté des îles découvertes par les premiers colonisateurs.
6. Le poème de l'oiseau dans la cage symbolise la propre vie du poète
7. Vieille chanson enfantine traditionnelle.
8. Chant à danser: Le Sieur Ole, par son courage et sa témérité, gagna la main de la fille du roi
9. Chant à danser: Les chants sur Charlemagne constituent un des cycles principaux de la tradition des chants féringiens du Moyen Âge. Le groupe chante et danse 8 des 89 strophes du chant.
10. Chant à danser: Quand son mari, Herman est trouvé mort dans la forêt, Marita soupçonne Clovin, un ancien amoureux, d'avoir commis le crime et elle se retire dans un couvent
11. Malbrough s'en va-t-en guerre! Chant à danser sur le célèbre chef d'armée anglais, le duc de Marlborough.
12. Chant à danser: le chant de Sigmund;
Fuyant son château en flammes, Sigmund traversa à la nage un fjord de 18 kms luttant contre un très fort courant. Endormi parmi les algues, il fut tué par Targrim le Méchant à cause d'un anneau d'or'

ENTRACTE

13. Chant à danser: le sujet de ce chant s'apparente à celui de Tristan et Yseult, amour maudit qui débouche sur la mort.
14. Au cimetière de Vagn Holmboe (né en 1909)
15. L'exil de Vagn Holmboe
Vagn Holmboe, bien connu pour ses symphonies et ses quatuors à corde, s'est beaucoup intéressé à la vie littéraire et aux chants des Féroé.
16. Fragment de choeur: Le thème en est l'inévitable et mortelle fascination du cosmique chez les jeunes.
17. Sunleif Rasmussen qui dirigea lui-même sa composition, est sans doute l'un des plus jeunes compositeurs de Féroé.
18. Chant français du 16 siècle ' chant à boire.
19. Chant de danse: "En Norvège sont de vaillants hommes."
Malgré la volonté du roi Harald, des hommes assoiffés de liberté quittèrent la Norvège par la mer, vers l'ouest, et allèrent construire des châteaux forts aux Féroé.
20. Le long serpent
Ce chant, très connu et apprécié, raconte la dernière course de viking et les dernières luttes du roi Olav Tryfgavason de Norvège.
21. Chant à danser: les filles de Torkil.
Ce chant propose quelques strophes de la danse du ruban.
La jeune Katrin se sacrifia pour résister à un séducteur. Son père, apprenant le méfait, fit périr celui-ci sur un bûcher.
22. Chant et danse des prétendants
23. Chant à danser: Le cycle consacré à Siegfried est constitué de 2000 strophes.

NB: Un dossier de 8 pages sur les Îles Féroé (aspects géographiques, historiques, économiques et sociaux culturels')

Origine géographique

Danemark

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1988_DK_S1

Date du copyright

1988

Auteur val

Ressources liées

Filtrer par propriété

Titre Localisation Date Type
Saison 1988 1988