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Espagne. Vinaigre de Xérès, de Juan Macande. Spectacle

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Évènement

Titre

Espagne. Vinaigre de Xérès, de Juan Macande. Spectacle

Sous-titre

par La Zaranda

Date

1996-11-28

Date de fin

1996-12-03

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

28 novembre au 3 décembre 1996
Mise en scène: Juan Sanchez
Avec: Paco Sanchez, Gaspar Campuzano, Enrique Bustos.

LA PIÈCE
Avec Vinagre de Jerez, la Zaranda nous offre une vision différente du sud de l'Espagne. Le décor est constitué de chaises éventrées, d'un tonneau qui semble recueillir toue la mémoire collective d'une culture, d'un escalier qui ne mène nulle part et d'un vélo, symbole de l'antagonisme qui, dans son immobilisme, rappelle les trois personnages de Beckett, qui attendent, en s'alimentant de vin, de souvenirs et de rêves.
Paco Sanchez, Gaspar Campuzano et Enrique Bustos nous font vivre un théâtre "intérieur" exempt d'intrigues ou de solutions, et le metteur en scène, Juan Sanchez, crée certaines images figées d'où se dégage le parfum de l'éternité.

LA COMPAGNIE
Créée en 1978 à Jerez de la Frontera sous le nom de "teatro Inestable de Andalucia la Baja", la Zaranda se fait connaître en 1987 au festival Ibéro-Américain de Cadiz avec le spectacle "Mariameneo, Mariameneo", salué unanimement par la critique et qualifié de "véritable frisson théâtral".
La production suivante " Vinagre de Jerez" a participé à plus de vingt festivals internationaux, (dont le 1er Festival "Don Quijote" à Paris en 1992) en Espagne, Amérique latine, Italie, Allemagne et aux USA'
Le travail de la Zaranda se définit comme un théâtre de la résurrection, théâtre de l'identité andalouse, sorti des racines du paysage, écartant le cliché et le texte de répertoire, pour ne retenir que l'essentiel: l'âme andalouse intemporelle.
C'est comme si le public regardait par le trou de la serrure d'une taverne, pour épier "cette Andalousie que l'on ne voit pas sur les cartes postales".

LA CRITIQUE
"'dans leur quête surréalistes, ils expriment les angoisses et les illusions de tout un peuple. Cette farce tragique bénéficie d'une mise en scène impressionnante de dérision et de cruauté."
André Camp, L'Avant-Scène Théâtre.

EN PRÉLUDE À CE VINAIGRE'

"Que ni contigo, ni conmigo ni con nadie!... Que hay dias que se puede canta y dias que no se puede!...Que trabajo va a costar arrancarte la yerbas, José, hijo!... To er dia llevo buscandome, yo, hoy!...Voy a gastarle las ruedas a la bicicleta!..."
Oracles, paroles confuses, aphorismes, jugements populaires? Paroles décomposées, tordues, enragées, triturées, ineffables'Au bout du compte, la sagesse. Que signifient les paroles dans le chant flamenco?
Dans son oeuvre "langage et Connaissance", Alfred Ayer dit: " la spéculation philosophique n'a un sens que dans l'analyse linguistique du parler quotidien"
Quand Valle-Inclan clame, depuis le fond du cercle dantesque où est immergé son Max Estrella: "Estoy mascando ortigas!", il définit avec une grande maîtrise, et peut être sans le savoir, la brûlure provoquée dans la bouche par les paroles de la "seguiriya" ou du "martinete".
La radioscopie du quotidien nous fait entrevoir les lamentations de la lumière et les cris des ombres, les arpèges de l'intérieur et les "falsetas" de l'extérieur.
Mais, à quel parler quotidien nous référons nous? Non, il ne s'agit pas du langage quotidien utilisé comme camouflage, comme souvenir et même comme défense, qui est le discours de la bêtise et de la plaisanterie.
Il s'agit ici d'un parler ancestral, anachronique, ethnique, "le langage du gémissement". C'est le langage des entrailles, le discours transcendant du coeur qui ne filtre pas même l'entendement, "el habla Jonda".
Et s'il représentait le point de vue d'où l'on peut apercevoir l'essentiel de l'intelligible?
Le "Vinaigre de Xérès ne put, ne sut, ni ne voulut se défendre. Il parlât de ce qu'il aurait aimé chanter et non pas raconté'

OFFERTOIRE POUR UNE SESSION DRAMATIQUE

La porte est fermée. Il y a bien longtemps qu'elle est fermée, et il est peut- être impossible de pénétrer à nouveau dans cet établissement condamné, dans cette taverne morte'où cependant, il semble que les ruines nous appellent et nous racontent des secrets.
Nous observons par le trou de la serrure, et notre imagination pourra peut-être entrer en elle et la faire s'ouvrir à l'intuition, à l'inconscient'à l'espiègle'au hasard'et ainsi nous pourrons peut-être dépasser le seuil de la quotidienneté pour rejoindre nos mémoires'non pas la mémoire historique, mais personnelle, la plus intime.
Miguel, finalement, ne savait pas pourquoi tout le monde l'appelait "Vinaigre de Xérès"' Et il reste là, assis près de sa bicyclette, qui ne l'emmènera jamais nulle part, mais avec laquelle il semblait toujours prêt à partir on ne sait où.
Et celui-ci qui est assis à table, lui répétait sans cesse qu'il était un chanteur de pacotille
Il revient, l'homme à la guitare éteinte.
Et l'escalier du fond, où menait cet escalier?
Et ils ne sont pas venus, ceux qui s'asseyaient sur ce tas de chaises mise au rebut'? Et'?
Et il faut stopper ce carrousel apocalyptique. Nous n'aurons plus d'autre recours que de créer une agence de placement du souvenir. Et ainsi, il se peut que nous commencions à construire notre théâtre intime'Une répétition lacérante qui revient à chaque fois et se termine dans le vide.

Personnages de ce tableau dramatique (voir programme papier)
24 Scènes (voir programme papier)

Textes

Mise en scène

Origine géographique

Espagne

Mots-clés

Date du copyright

1996

Cote MCM

MCM_1996_ES_S4

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Saison 1996 1996