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France-Maroc. Rap. Aktivist Group, DJ Rebel et leurs invités. Spectacle

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Évènement

Titre

France-Maroc. Rap. Aktivist Group, DJ Rebel et leurs invités. Spectacle

Date

1999-04-03

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

3 avril 1999

AKTIVIST GROUP avec
Flèche Bleue Aka
Kony Aka 747
DJ Momo
DJ Mac
et les danseurs du groupe Quintessence

DJ REBEL avec
Rachid Ait-Bar
Mustapha Damir

Célébrités nationales, vedettes de leurs cités, stars de leurs rues ou rois de leurs tribus musicales, les « beurs » de la chanson française, du rock, du rap, du reggae, du raggamuffin, du raï, du chaâbi et d'autres mélanges sonores plus ou moins heureux se sont multipliés en une dizaine d'années. Connus ou méconnus, ils se font appeler Kader l'Aktivist, DJ Rebel, Cut Killer, Sawt el Atlas, Aflak, Nord'in, Chabab Artistes, Hanine ou DJ Nabil' Ils sont enfants d'immigrés marocains, nés ou venus très jeunes en France.
De toutes les manifestations culturelles de ces français du troisième type, la musique et les chants, qu'ils soient en arabe, en berbère, en français ou en anglais, forment une continuité exemplaire où peuvent se lire à la fois la chronologie historique des différentes cohortes d'immigrés marocains ainsi que les espérances et les imaginaires qui ont nourri la vie de centaines de milliers d'hommes et de femmes durant ce dernier demi-siècle.
Si beaucoup ne sortent pas du circuit de province ou de banlieues des « tribus musicales », quelques-uns commencent à apparaître sur les scènes consacrées, à « faire » les festivals qui comptent, à exister enfin dans le marché musical à travers des productions de disques sous des labels reconnus. Ils révèlent par leur trajectoire, individuelle ou collective, le devenir d'une communauté, ses modes d'adaptation à l'environnement socio-culturel.
Alors que les différents univers (familial, scolaire ou socio-culturel) énoncent une sorte d'alternative semblant sans compromis possible : culture d'origine, culture d'accueil, les enfants de l'immigration marocaine et plus largement maghrébine choisissent d'inventer par leur musique d'autres possibles : le mixte au lieu du singulier. Notamment le rap.
Entre le flou de leurs motivations et l'explicite de leurs revendications, les chanteurs, musiciens, paroliers, compositeurs, fils et filles d'immigrés marocains portent quelque chose de particulier et expriment une différence. Bref, ils sont singuliers dans le paysage musical français. Ce ne sont pas des artistes comme les « autres » ' comme d'ailleurs l'immigration maghrébine n'est pas une immigration comme les autres. A leur façon, ils disent la mémoire fugace et profonde qui anime les chants d'une génération issue de la longue marche de l'exil des Marocains depuis un demi-siècle. Kader l'Aktiviste et DJ Rebel sont tombés dans le rap depuis de nombreuses années. Enfant de Saint-Denis, né de parents venus de Tanger, Kader est porté sur la harangue, le verbe et le mot qui fait mouche. Il a forgé sa diatribe en évoquant des propos sociaux dans des ateliers d'improvisation organisés par l'Université de Paris VIII - Saint-Denis.
Né à Marseille de parents venus de Marrakech, DJ Rebel est, lui, davantage « musicien », c'est-à-dire ordonnateur des platines et des samples. Faisant la navette entre France et Maroc, il anime depuis l'année dernière des stages de rencontre entre musiciens traditionnels marocains et rappers de Marseille.
BOUZIANE DAOUDI

KADER L'AKTIVISTE
Kader, alias l'Aktiviste, a grandi à Saint-Denis, « la capitale française du Hip-Hop, là où il s'est développé le plus vite ». Il a pratiqué sans exception toutes les disciplines de la culture Hip-Hop : tag, graff, break dance etc' Il a d'ailleurs participé en 1984 à l'émission Hip-Hop, première en son genre, animée par Sydney.
En 1988, il se consacre au rap et devient deux ans plus tard responsable d'une salle Hip-Hop à l'Université Paris VIII Saint-Denis.
Son statut de M.C. (Master of Ceremony) dans le groupe F.T.V. (Fais Ta Vie) fondé en 1989, lui permet de se produire dans toutes les villes de France ainsi qu'en Suisse, Allemagne, Espagne et Roumanie. Son premier CD auto-produit (pressé à 500 exemplaires) : Cauchemar, sort en 1996.
Aujourd'hui, Kader est le leader du groupe Aktivist, qu'il forme avec Kony. Leur rap dénonce la tendance française actuelle : « egotrip, bagarre, débauche et niaiseries ». Kader tente de remédier à cette absence de message en puisant dans son vécu dionysien l'essence de ses textes, dans lesquels toute complaisance ou souci d'apaisement sont absents. D'après lui, les rappers ne s'engagent plus par peur d'une certaine censure des médias. Il dénonce les rappers qui profitent de leur popularité croissante pour « afficher des marques comme Versace, Lacroix ou n'importe quelle grosse marque de luxe, ou pour se faire photographier à côté d'une super meuf bien roulée. Ca ne sert à rien, c'est jeter de la poudre aux yeux des frères ». L'intérêt du rap n'est pas là, Kader veut « prôner une action Hip-Hop par l'intermédiaire de la musique » c'est pourquoi ses textes ont une orientation concrète, sociale : « ce n'est que ce que j'ai vécu ».
Kader revendique sa culture Hip-Hop, issue de la banlieue : « on n'est pas des clowns. On a une culture à part entière, elle est à respecter autant que les autres ». Plus qu'une culture, c'est une contre-culture qui se place en opposion à la culture dominante bien installée, « que l'on veut nous faire avaler par le conditionnement de la télévision ».
Son album Stéréotape, dont la définition est à double tranchant : cassette stéréo ou stéréotype, conjugue modernité et respect de la old school, un concept hors norme et anti-cliché.
A cette occasion, Kader s'est rebaptisé Flèche Bleue « parce que quand je rappe, je cavale sur le beat ».
L'album sonne le rassemblement de ceux qui veulent « redonner une âme à un Hip-Hop souvent soumis aux lois du bizness. En effet, Stereotape conjugue avec réussite un engagement social sans faille, bien ancré dans des convictions claires et déterminées, et une forte envie de divertir ceux qui se sentent exclus par le système ségrégatif ».
Avec Aktivist, le Hip-Hop redevient une arme et renoue avec l'esprit militant de son mouvement.

D.J. REBEL
Hassen Housn-Eddine, plus connu sous le nom de D.J. Rebel, a fait ses débuts sur les ondes de Radio Star à Marseille. C'est dans l'émission Prélude, animée par Phil, que le rap a démarré au début des années 80 avec un petit groupe passionné composé, entre autre, de Akhénaton (du groupe Iam) et de D.J. Rebel.
En 1985, D.J. Rebel devient technicien sur cette :même radio et anime le Rebel Show sur radio Gazelle. C'est le début d'une grande aventure radiophonique, qui va se poursuivre en 1992 sur radio Grenouille, avec la célèbre émission Tempo Rebel, toujours en activité à ce jour.
En 1990, D.J. Rebel rejoint le groupe Soul Swing jusqu'à leur dissolution en 1997, après la sortie de leur premier album Le retour de l'âme soul. Pendant ces sept années, le groupe a non seulement fait des apparitions sur les deux premiers albums du groupe Iam, mais s'est également crée une notoriété qui fait des membres de Soul Swing des personnages incontournables dans le paysage du Hip-Hop hexagonal.
Depuis 1997, D.J. Rebel s'occupe des ateliers scratch permanents de l'AMI (Aide aux Musiques Innovatrices) à la Friche Belle de Mai. Son travail à l'AMI lui permet d'intégrer des projets comme « Sculpteurs de Vinyl » ou de devenir D.J. du groupe Ferdinand et les Diplomates.
Egalement, il crée avec D.J. Djel et lza Fonky Family « Don't Sleep », nom sous lequel ils animent un grand nombre de soirées et de concerts, notamment avec le groupe « Puissance Nord » dont D.J. Rebel fait désormais partie.
Aujourd'hui, le nom de D.J. Rebel n'est plus à faire et ses productions du label marseillais d'Imhotep « Kif Kif Productions » ne peuvent que le confirmer.
Dans le cadre du troisième Festival de l'Imaginaire, D.J. Rebel sera en concert le samedi 3 avril à l'Institut du Monde Arabe pour un concert exceptionnel.
A cette occasion, il sera accompagné de Mustapha Damir, percussioniste professionnel. La capacité de communiquer avec d'autres musiciens de Mustapha Damir n'a d'égal que sa virtuosité qui le conduit souvent à faire de son corps une caisse de résonance à sa musique.

Origine géographique

France

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1999_FR_S1

Date du copyright

1999

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
3e Festival de l'Imaginaire 1999