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Malte. Ballades et joutes satiriques. Spectacle

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Évènement

Titre

Malte. Ballades et joutes satiriques. Spectacle

Sous-titre

Frans Baldachino "Il-Budaj", chant. Karmenu Bonnici "Il-Bahri", chant. John Saliba et Emanuel Parnis, guitares

Date

1992-03-12

Date de fin

1992-03-15

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

12-15 mars 1992
Avec le concours de l'Association Française d'Action Artistique

Ballades et joutes satiriques de Malte
L'archipel maltais, situé au coeur de la Méditerranée, à 90 km de la Sicile et à 290 km des côtes tunisiennes, se compose des îles de Malte, Gozo et Gomino. Dominée tour à tour par les Carthaginois, les Romains, les Goths et les Vandales, Malte est envahie par les Arabes en 870. Ces derniers laisseront des traces très profondes dans la culture et la langue maltaises. En 1090, les Normands leur succèdent pour être à leur tour remplacés par des seigneurs germaniques, puis français et enfin espagnols. De 1780 à 1800, Malte passe dans l'orbite française puis elle devient anglaise jusqu'à son indépendance en 1964. De par son histoire, sa situation géographique et ses peuplements successifs, Malte représente l'un des principaux carrefours culturels de la Méditerranée, à mi-chemin du monde arabe et de
l'Europe du Sud.
La poéie chantée maltaise est surtout répandue dans les milieux populaires où elle remplit dans le cadre des veillées familiales et villageoises une fonction de cohésion sociale encore très forte aujourd'hui.
Les trois formes essentielles de la poésie de tradition orale sont :
- le ghana tal fatt ou chant à épisodes narratifs en vers. Il se présente sous la forme de ballades semi-improvisées, d'élégies ou de satires du monde actuel. Parmi quelques centaines de poèmes, les plus célèbres sont L'enlèvement de la fiancée de Mosta et la Ballade de Nouvelle-Calédonie.
- le spirtu pront', quatrains improvisés et chantés en alternance. Les chanteurs se lancent leurs vers à la manière d'un duel. Pendant qu'ils reprennent leur souffle et leur inspiration, les guitares jouent des interludes ou stanza.
- la bormliza. Devenue très rare aujourd'hui il s'agit d'un court poème chanté sur une voix de fausset extrêmement tendue.
La musique résulte de la combinaison d'é1éments d'origines diverses.
L'influence arabe se manifeste dans l'usage de micro-intervalles (quarts de ton), l'improvisation à partir de courtes figures mélodiques, l'utilisation de gammes descendantes, un important travail ornemental de la voix et le jeu des guitares avec un plectre appelé richah, comme au Moyen Orient. Celle de l'Italie du Sud transparaît dans le jeu virtuose de la première guitare, qui n'est pas sans rappeler aussi le jeu du bouzouki grec.
Frans Baldachino dit "Il-Budaj", âgé de 45 ans environ, est actuellement l'un des meilleurs interprètes de ghana tal fatt. Héritier du chanteur Bambino, décédé l'an dernier, il porte comme tous les chanteurs de l'archipel un surnom qui définit sa position dans la société.
L'enlèvement de la fiancée de Mosta.
Mosta est l'une des villes les plus importantes de l'île de Malte. Ce récit appartient à la tradition populaire et a connu au fil des générations de nombreuses variantes. La version chantée par Il-Budaj est extraite d'un recueil d'Anton Buttigieg, un des plus fameux poètes maltais.
Le cadre de l'histoire se situe au XVe siècle, au temps où la Guerre Sainte faisait rage entre Chrétiens et Musulmans. Point d'ancrage des corsaires qui après leurs expéditions venaient s'y réfugier, elle était aussi la cible des pirates d'Afrique du Nord.
Un esclave turc, nommé Haggi Mulej, vivait dans la famille Cumbo aux portes de Mosta qui n'était alors qu'un village. Après s'être converti au christianisme Haggi Mulej vécut une existence tranquille chez ses maîtres.
Un jour, pourtant, il disparut pour ne jamais revenir.
Le prestigieux Gulju Cumbo avait une fille, Marianne, qui devait épouser un jeune noble, Toni Manduca. Quelques jours avant les noces, un galion battant pavillon castillan apparut dans la rade et reçut l'autorisation d'entrer dans le port. Ce navire, en fait un bâtiment turc, était commandé par Haggi Mulej. Une nuit, se faisant passer pour le fiancé de la jeune fille, il lui demanda de venir le rejoindre à l'aube quand ses parents seraient à 1'église. Marianne hésitant tout d'abord, ouvrit la porte. Aussitôt le Turc la saisit, la bâillonna et l'emporta dans ses bras, enjoignant à ses marins d'emmener l'unique servante de la maison. Tous coururent au galion qui mit aussitôt la voile et cingla vers Tripoli.
Lorsqu'il apprit la nouvelle, Toni Manduca jurant de se venger affréta un navire pour Tripoli. Une fois arrivé, il se déguisa en Arabe et se mêla à la foule qui cé1ébrait ce jour-1à une fête religieuse. Profitant de la confusion il parvint à se glisser dans le palais du sultan, trouva Marianne en larmes et l'enleva.
Les villageois ne purent retenir leur joie lorsqu'ils accueillirent Toni Manduca et Marianne Cumbo et les virent unir leurs mains, le jour tant attendu de leur mariage.

Contributeurs

Origine géographique

Malte

Mots-clés

Date du copyright

1992

Cote MCM

MCM_1992_MT_S1

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Malte. Ballades et joutes satiriques. Frans Baldachino "Il-Budaj", chant. Karmenu Bonnici "Il-Bahri", chant. John Saliba et Emanuel Parnis, guitares. Photos Malte 1992-03-12 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1992 1992