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Italie. I Rusteghi. Les Rustres de Carlo Goldoni. Spectacle

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Évènement

Titre

Italie. I Rusteghi. Les Rustres de Carlo Goldoni. Spectacle

Date

1994-02-09

Date de fin

1994-02-12

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

9-12 février 1994
Compagnia goldoniana del Bicentenario
Mise en scène Massimo CASTRI
Grande Salle
Spectacle en vénitien sous-titré en français

Daniele GRIGGIO : Canciano, citadin
Gianna GIACHETTI : Felice, épouse de Canciano
Maurizio GUELI : Le Comte Riccardo
Mario VALGOI : Lunardo, marchant
Michela MARTINI : Margarita, épouse de Lunardo en secondes noces
Stefania FELICIOLI : Lucietta, fille de Lunardo du premier lit
Alberto RICCA : Simon, marchand
Wanda BENEDETTI : Marina, épouse de Simon
Toni BARPI : Maurizio, beau-frère de Marina
Piergiorgio FASOLO : Felippetto, fils de Maurizio

Décors, Antonio FIORENTINO
Costumes, Claudia CALVARESI.
Musique, Bruno DE FRANCESCHI
Assistance à la mise en scène Cristina PEZZOLI
Lumières Iuraj SALERI
Effets spéciaux Franco VISIOLI
Assistant à la scénographie, Raffaele GAROFALO.
Directeur artistique, Nuccio MESSINA
Président Daniele GRIGGIO
Organisation internationale, Marina RAFFANINI
Coproduction : Dramaturgie, Le Rond-point.

Créée en février 1992 à Trévise cette mise en scène des Rustres par Massimo Castri a rencontré un succès considérable dans les principales villes de la péninsule au cours de la saison 1992-1993.

A l'occasion du bicentenaire de la mort de Carlo Goldoni est proposé un ensemble de manifestations s'échelonnant de la fin 1992 au printemps 1994.
Cet ensemble comprend, outre l'ambitieux projet éditorial de 40 comédies inédites en français, plusieurs créations théâtrales françaises, contribuant chacune à sa manière, à la reviviscence de l'oeuvre, au renouvellement de l'image du dramaturge vénitien, témoin majeur de son siècle, une image forte, diversifiée.
Il convenait que ce bicentenaire témoignât aussi de la créativité théâtrale italienne. C'est ce qui a conduit le Théâtre de l'Odéon à proposer les oeuvres goldoniennes de Giorgio Strehler: L'Arlecchino, Le Baruffe et Il campiello.
En contrepoint à ce remarquable panorama dont les mises en scène datent néanmoins de plusieurs décennies, il semblait important de proposer une création contemporaine assurée par un metteur en scène qui a suivi la grande lignée Visconti-
Strehler : I Rusteghi de Massimo Castri - Compagnia goldoniana del Bicentenario.
JOSE GUINOT, dramaturgie

"Un Goldoni rénové... Depuis longtemps n'était apparue une grande réalisation des "Rustres" ... Voici une création novatrice, complètement différente de la tradition consacrée."
Giorgio Pullini, La Nueva venezia

"Castri s'applique à "sculpter" chaque réplique chaque mot du texte pour en faire ressortir le maximum d'émotion, le maximum de sens. Demeure dans le spectacle de Castri l'éternelle et historique guerre, toute aussi amusante que dramatique, entre le "machisme" grossier, obstiné des quatre rustres et les revendications de leurs contreparties féminines si proches du nouvel esprit qui souffle déjà sur l'Europe du XVIIIe siècle, même à Venise. C'est justement le mérite du réalisateur d'avoir imposé une telle lecture du texte qui témoigne d'une modernité allant bien au-delà de l'esprit du XVIIIe siècle, par l'évidence plastique de son spectacle et son intensité pathétique."
Giovanni Raboni, Corriere della sera

Carlo Goldoni 1707-1793.
Mort à Paris en février 1793, Carlo Goldoni est né à Venise le 22 février 1707.
C'est là qu'il a passé les douze premières années de son existence. Après des apprentissages divers, il devient en 1731 "avocat vénitien", mais c'est à Pise qu'il exercera ce métier. A Venise se déroulent pourtant les deux périodes essentielles de son activité d'auteur dramatique, au Théâtre Saint-Samuel de 1734 à 1743, au Théâtre Saint-Ange puis au Théâtre Saint-Luc de 1748 à 1762, date à laquelle il part définitivement pour aller servir le Théâtre Italien de Paris pendant trois ans.
Professeur d'italien de la famille royale à Versailles, il écrit en français, et fait jouer par la Comédie-Française Le Bourru bienfaisant (1771) et L'Avare fastueux (1776).
Il dit dans ses Mémoires avoir été possédé depuis l'enfance par le "génie comique" et un amour fou de la vie au jour le jour. Mais le génie comique lui fait aussi voir la vie, celle des gens et des milieux très divers qu'il rencontre dans ses pérégrinations comme une mine de personnages et d'incidents susceptibles d'être portés à la scène pour accomplir la Réforme du théâtre italien qui s'était sclérosé dans les conventions dégradées de la commedia dell'arte. Il se consacre à cette tâche à partir de 1748 en devenant le poète salarié de la troupe Medebach du Théâtre Saint-Ange. Il parvient progressivement à fonder et à coordonner le jeu de ses acteurs sur la présence d'un texte entièrement écrit préalablement, à supprimer les "masques" et à créer à partir de l'art et de ses comédiens de vrais personnages, à inventer un réalisme qui a traversé les siècles.
Ginette Herry

Massimo Castri, metteur en scène.
Né en Toscane il y a cinquante ans, Massimo Castri est un des metteurs en scène les plus apprécié de sa génération et compte parmi les quelques créateurs qui ont marqué fortement le renouvellement du théâtre italien dans les années 70-80.

On pourrait le désigner comme emblème de la période post-avant-gardiste italienne dans le sens où sa génération théâtrale, respectueuse des textes se situe, après les expériences aventureuses de la véritable avant-garde italienne, scandaleuse, provocatrice, voire iconoclaste dont les champions furent Carmelo Bene, Carlo Quartucci, Pier Paolo Pasolini. Castri témoigne d'une volonté de renouvellement de l'interprétation critique des grands textes du patrimoine universel en se démarquant du réalisme de la génération viscontienne et strehlérienne notamment par une tentative d'introspection du théâtre plus freudienne que socio-politique.
Connu jusqu'ici en France pour sa remarquable création de La vie que je t'ai donnée de Luigi Pirandello (1983- 1984) au Théâtre National de Strasbourg, la carrière italienne de Castri est marqué dès 1975 par un cycle de mises en scène pirandelliennes avec Vêtir ceux qui sont vus, La vie que je t'ai donnée, Chacun sa vérité, La raison des autres, La volupté de l'honneur. Il a également investi le monde d'Ibsen avec Rosmersholm, Hedda Gabler, ainsi que celui de Kleist avec Caterina de Heilbronn avant d'affronter Goethe et Tchekov. A travers ce parcours, il y a chez Castri une volonté de revisiter l'immensité d'un répertoire sous l'angle d'une relecture scénique dont l'obsession est d'être toujours interrogée psychanalytiquement.
JOSE GUINOT, dramaturgie

Le réalisme critique comme point de repère
Sur Goldoni et son oeuvre on dispose d'un patrimoine historique et critique considérable dans lequel le théâtre peut puiser des indications et trouver sa voie scénique en se référant à la filiation Visconti - Strehler, filiation riche de suggestions qu'on est incité à suivre. C'est cela que je me suis efforcé de faire pour ma mise en scène des Rustres, même si je m'en suis tenu à une poétique différente. J'ajoute aussitôt que je continue à récuser les propositions idéologiques des années 70 d'après lesquelles on essayait de faire passer Goldoni pour un précurseur de la Révolution française, ou à l'inverse comme auteur de simples comédies rythmées comme des ballets. Ces ont des idées qui empêchent de mettre en valeur le noyau du texte goldonien : le réalisme critique qui en caractérise l'écriture, particulièrement précieux dans un pays comme l'Italie qui n'a jamais voulu regarder la réalité en face.
Et ce n'est pas un hasard s'il a fallu un siècle et plus pour que ce réalisme critique dont témoigne Goldoni dans ses oeuvres de la pleine maturité, ne soit rejoint qu'au XIXe par les dramaturges Praga, Giacosa, Bertolazzi. Une étonnante leçon, que notre siècle a ensuite occultée, peut-être à cause de la présence dominante de Pirandello.

Si les auteurs de l'Illuminisme étaient plus conscients des avancées de l'Histoire que Goldoni, celui-ci les dépasse en ce qui concerne l'écriture. Dans la société vénitienne conservatrice du XVIIIe, qui résiste avec détermination à la manifestation d'une vision nouvelle de l'existence, Goldoni anticipe justement sur son temps par son mode d'écriture. Son départ définitif de Venise est à cet égard un événement métaphorique plus que biographique : l'auteur a "tendu sa corde créatrice" jusqu'à l'extrême dans un contexte où il lui était impossible d'aller plus avant.
C'est dans ses dernières années qu'il écrit ses plus grands textes : la Trilogie de la villégiature qui repose sur une écriture très avancée pour l'Italie et l'Europe de son temps. Les Rustres participent à cette écriture et montrent ces limites que Goldoni ne peut dépasser, mais dans lesquelles se manifeste une tension dramatique intérieur qui pousserait l'auteur à les transcender. Quand dans le IIIe acte, l'écriture tend au conflictuel et au drame, l'auteur s'arrête, il ne peut conclure sa comédie dans la perspective d'un genre qu'à ce moment-là seul Lessing s'était permis d'imposer en reprenant l'ancienne conception de la tragédie. D'où le contraste entre des pages au réalisme minutieux dignes d'un auteur du XXe siècle et celles qui se situent dans le sens de la tradition.
La critique positiviste et marxiste a soutenu que Venise entre 1750 et 1760 était en train de changer et que l'écriture reflétait cette mutation. Je ne crois pas que ces changements aient été aussi évidents. La question, me semble-t-il, se résoud plus simplement aussi à partir de l'auteur. L'oeil de Goldoni change, son regard se fait plus aigu, sa vue plus claire, pour rejoindre la plénitude de ce réalisme critique qui a eu son origine dans le grand laboratoire linguistique qu'est sa Réforme du théâtre et qui trouve son aboutissement dans la Trilogie de la villégiature et dans Les Rustres.
C'est pourquoi j'ai abordé le texte sur la base de l'écriture en travaillant avec les acteurs pour tenter de vérifier la teneur du réalisme de l'oeuvre
MASSIMO CASTRI

Textes

Mise en scène

Origine géographique

Italie

Mots-clés

Cote MCM

MCM_1994_IT_S1

Date du copyright

1994

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Titre Localisation Date Type
Italie. I Rusteghi. Les Rustres de Carlo Goldoni. Photos Italie 1994-02-09 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
Saison 1994 1994