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Philippines. Orosman at Zafira. Komedya de Francisco Baltazar. Spectacle

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Évènement

Titre

Philippines. Orosman at Zafira. Komedya de Francisco Baltazar. Spectacle

Sous-titre

par le Tanghalang Pilipino, mise en scène de Jonas Sébastian, en filipino sur-titré en français

Date

1994-05-17

Date de fin

1994-05-20

Artistes principaux

Direction artistique

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Théâtre

Description de la pratique

17-20 mai 1994

Le komedya est une pièce en vers qui relate de manière dramatisée des récits de rois, reines, princes et princesses, sultans et califes et dont l'action se situe en général au Moyen-Âge. Le komedya met l'accent sur le conflit entre Maures et chrétiens à travers les amours contrariées de princes et de princesses appartenant à des camps ennemis, thème universel traité aussi bien par les Orientaux que par les Occidentaux.
Le komedya dérive du comedia espagnol, forme théâtrale créée par Lope de Vega au XVIe siècle et destinée à mettre en scène la vie des saints et des récits de royaumes lointains.
Dès leur arrivée aux Philippines, les missionnaires espagnols disposaient-là d'un outil efficace pour convertir les populations animistes, panthéistes ou islamisées depuis près de deux siècles. Les représentations étaient organisées en plein air et données en espagnol ou en langue vernaculaire.
Forgé dans le courant du XVIIIe siècle, le komedya philippin allait donc hériter de cette fascination pour ces légendes royales compliquées et picaresques, pour ces personnages stéréotypés pris dans des conflits de religion, d'amour et d'honneur et pour leurs costumes aussi haut en couleurs que peu réalistes.
D'abord transmises oralement et largement improvisées, les pièces de komedya furent rédigées en vers à partir du XIXe siècle, s'inspirant de poèmes narratifs traditionnels eux-mêmes dérivés du romancero médiéval comme "La Geste de Charlemagne", "Les douze pairs de France" ou "Les sept fils de Lara"
Les jeunes gens pratiquant le komedya ne le font ni pour l'argent ni pour la célébrité mais afin de s'acquitter d'une dette envers un saint patron. Les acteurs et les actrices, non professionnels, sont choisis pour leur physique (les filles pour leur beauté et les garçons pour leur aptitude à jouer des scènes acrobatiques), pour leur voix et enfin pour leur présence scénique. Ils suivent ensuite une formation où on leur enseigne le ditso, c'est-à-dire les différents styles de déclamation, chantée, parlée, lente ou rapide, douce ou forte selon le sentiment qui doit être exprimé ; le mustra ou aksiyon, c'est-à-dire les mouvements codifiés du corps et des mains qui doivent accompagner le discours ; les places occupées par chaque personnage dans l'espace scénique selon son rôle et son rang ; les différents stéréotypes émotifs des personnages ; les marches, les pasadobles et les paseo c'est-à-dire toute les manières de se déplacer sur scène selon le rôle et l'action en cours : les scènes de combat rigoureusement chorégraphiées avec leurs mouvements préliminaires (giri), la danse du poignard et de l'épée (kuratsa) et le combat proprement dit (laban) ; enfin la revue et l'entraînement des soldats avant une bataille (ehersito).
Le costume est soumis aux mêmes règles que la parole et le geste. Autrefois, pour renforcer le message anti-islamique, les personnages chrétiens étaient vêtus de velours sombre tandis que les Maures portaient des sarouals de coton ou de satin rouge et des chemises sans col et à manches courtes. Les rois se signalent par leur longue cape et leur couronne, les reines par une robe longue et un diadème, les princes par un tricorne tandis que les soldats portent une petite cape et un chapeau à petits bords. Tous ces vêtements, coupés dans de riches étoffes (velours, satin, soie) sont rehaussés de broderies d'argent, de sequins, de verroteries et de plumes.

Orosman at Zafira témoigne de la tentative qui fut faite au XIXe siècle de transformer le komedya populaire en un art savant, et c'est dans cet esprit que le poète Francisco-Baltazar (1788-1862) écrivit cette pièce. Il resserra l'intrigue, la débarrassant de nombreuses scènes redondantes, et remplaça la psychologie convenue des personnages par une exploration approfondie de leurs conflits intérieurs. Enfin il en renouvela le discours, substituant à un langage stéréotypé des images fraîches et des idées nouvelles. De nos jours les deux formes de komedya, "classique" et traditionnel, coexistent toujours, l'américanisation récente des Philippines n'étant pas parvenue à éradiquer l'ancienne culture hispano-philippine. PAr ailleurs, aux vieilles familles féodales qui au XIXe siècle et au début du XXe finançaient les représentations de komedya viennent aujourd'hui se joindre des membres de la classe moyenne, enrichis grâce à de récentes spéculations foncières.

Orosman at Zafira
Cette pièce en 3 actes raconte l'assassinat de Mahamud, sultan du Maroc et père de Zafira et les désordres civils et moraux qui accompagnèrent la chute de l'usurpateur Boulasem, grand pacha de Tedenst et père d'Abdalap et d'Orosman.
La mort de Mahamud et la prise du pouvoir par Bousalem provoque une révolte conduite par Zelim, le pacha de Duquela, qui brigue lui aussi le trône. Pour venger son père, Zafira joint ses forces à celles de Zelim, mais ils sont défaits par l'armée de Bousalem conduite par ses deux fils. Le jour de la victoire, Abdalap parvient à se gagner le soutien de l'armée et se fait proclamer sultan. Tirant parti des querelles de pouvoir dans la famille de Bousalem, Zelim en profite pour réorganiser l'opposition contre Abdalap. Se servant de l'amour que lui porte Orosman, Zafira le fait entrer dans le complot contre Abdalap et ce dernier meurt en duel de la main de Zelim.
Trois intrigues amoureuses se mêlent à cette quête pour le pouvoir. Tout d'abord, Abdalap et Orosman convoitent tous deux l'amour de Zafira. Abdalap la veut, en dépit de la volonté de son père, et c'est l'une des raisons qui le pousse à le renverser. Zafira, elle aime Orosman, qui se trouve alors déchiré entre se piété filiale et son attachement à l'ennemie de son père, entre la fidélité due à un père, même usurpateur, et le respect de la légitimité de Zafira.
La seconde intrigue se passe entre Abdalap et Zelima. Celle-ci, délaissée par Abdalap, s'associe au complot destiné à le renverser. Dans la troisième intrigue, Gulnara, dame de la cour de Mahamud, tombe amoureuse d'un général de Bousalem mais conserve sa loyauté à Zafira.

Directeur artistique : Nonon Padilla
Décor et costumes : Salvador Bernal
Lumières : Jay Aranda

avec :
Fernando Josef, Boulasem
John Arcilla, Orosman
Irma Adlawan, Zafira
Ramon Jose Leyran, Abdalap
Olga Natividad, Gulnara
Alan Paule, Alderversin
Garry Lim, Muhamud
Herbert Go, Mahamud
Ony de Leon, Zelim
Marisa Tinzay, Zelima
Jacques Borlaza, Abdulcasim Abderam
Jonas Sebastian, Koro

Co-réalisation : Commission Nationale des Philippines, Centre Culturel des Philippines, Association Française d'Action Artistique, Maison des Cultures du Monde.

Mise en scène

Décors et costumes

Lumière

Origine géographique

Philippines

Mots-clés

Date du copyright

1994

Cote MCM

MCM_1994_PH_S3

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Titre Localisation Date Type
Saison 1994 1994