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Mozambique. Xylophones Timbila des Chopi. Spectacle

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Évènement

Titre

Mozambique. Xylophones Timbila des Chopi. Spectacle

Sous-titre

Ensemble Timbila ta Zandamela

Date

2007-03-14

Date de fin

2007-03-16

Artistes principaux

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

14-16 mars 2007, Paris
24 mars 2007, Vitré

La pratique du xylophone chez les Chopi a ceci d'unique que c'est l'un des seuls peuples africains à réunir en orchestre des instruments de tailles et de registres différents. Leurs orchestres de timbila leur ont acquis une solide réputation dans tout le pays et même au-delà des frontières. C'est pourquoi, en 2005, le Mozambique a obtenu que les timbila chopi soient reconnus par l'Unesco comme chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Les Chopi vivent dans la province d'Inhambane, située au sud-est du Mozambique, au bord de l'Océan indien. Apparentés aux Shona du Zimbabwe, ils ne font pas partie des grands groupes ethno-linguistiques du Mozambique. Cependant la pratique du timbila n'est pas également répartie dans toutes les zones occupées par les Chopi. Elle est surtout répandue dans le district de Zavala. Cette jolie région de collines et de petits lacs qui s'étend jusqu'à l'océan est presque entièrement cultivée. Au milieu des palmeraies ou des vergers de citronniers, orangers, mandariniers, noyers de cajou, manguiers, papayers, cocotiers se nichent les jardins où poussent manioc, patate douce, arachides, haricots etc., et entre lesquels des pistes sablonneuses desservent des villages organisés en petits hameaux familiaux. Les huttes rondes, aux murs de canisses et toits de palmes, sont disposées dans des clairières bien dégagées.
C'est là, à l'ombre des arbres fruitiers, que s'installent les musiciens et les danseurs pour leurs séances de ngodo, le concert de timbila.

Des témoignages de missionnaires portugais attestent l'existence des timbila dès le milieu du XVIe siècle. Les orchestres sont généralement des groupes de village qui s'organisent autour d'un maître qui, dans certains cas, est également facteur d'instruments. C'est le cas notamment de Simeao Missael du village de Zandamela.

Le ngodo, le concert de timbila accompagné de danses, est donné en divertissement lors des réjouissances, mariages, mais c'est lors des cérémonies de commémoration des ancêtres masaluku qu'il prend véritablement tout son sens, s'affirmant comme l'un des moyens de transmission et de perpétuation des valeurs sociales et identitaires chopi.

À l'époque des chefferies traditionnelles, qui furent supprimées après l'indépendance, l'un des grands événements de l'année pour les musiciens était le msaho (litt. rencontre amicale). Un chef de village invitait les orchestres des villages voisins à venir présenter leur nouveau répertoire. Pendant une semaine, les orchestres entraient en compétition favorisant ainsi une émulation créative pendant tout le reste de l'année. La suppression des chefferies traditionnelles a mis fin aux msaho et aujourd'hui les autorités locales tentent de les faire revivre en organisant chaque année un grand festival à Zavala.

L'orchestre de timbila (singulier : mbila) peut compter de cinq à une trentaine de xylophones mbila selon les moyens du village et le nombre de musiciens formés. Les instruments s'organisent en plusieurs registres. Autrefois on n'en comptait pas moins de cinq du plus aigu au plus grave : chilanzane, sanje, mbingwi (ou dhole), dibhinda (ou noni), chikhulu (ou chinzumana). De nos jours, on fabrique des xylophones plus grands (15 à 19 lames), réunissant ainsi plusieurs registres. Un orchestre de base se compose donc généralement de trois sanje regroupant les trois registres aigus ; d'un dibhinda à dix lames ; d'un chikhulu à trois ou quatre lames.

Le mbila est un xylophone sur cadre dont les lames sont taillées dans du bois de mwenje (ptaerosilon obliquum), un arbre sauvage à croissance lente qui tend malheureusement à disparaître de la région. Les lames sont fixées sur le cadre au moyen de lanières de cuir. Les lames de chaque xylophone ont à peu près toutes les mêmes dimensions, l'accord se faisant par amincissement de leur partie médiane inférieure. Sous chaque lame est ajusté un résonateur confectionné avec l'écorce sphérique d'un fruit sauvage ou celle d'une courge. Un trou aménagé sur le côté du résonateur est recouvert d'un morceau de péricarde de vache ou d'un film de nylon qui vibre lorsque la lame est frappée, enrichissant le son d'un effet de saturation. Les maillets sont formés d'un manche en bois au bout duquel est fixé une boule de résine d'imbungo.

Les mbila sont accordés selon une échelle équi-heptatonique (l'octave est divisée en sept intervalles à peu près égaux) très répandue en Afrique, surtout dans les musiques de xylophones.
Le jeu est polyphonique, les musiciens jouant généralement en contrepoint et les solistes exécutant même des motifs contrapuntiques entre la main gauche et la main droite. Il en résulte une musique riche, prenante, avec ses passages mélodiques solos et ses reprises orchestrales pleines de puissance ponctuées par la rythmique basse du chikhulu. Enfin, un ou deux joueurs de hochet, les machachulane, donnent la pulsation.

Un concert de timbila, le ngodo, est un spectacle total mêlant la musique instrumentale, le chant, la déclamation et les cris, et la danse. Le ngodo se compose d'une pièce unique formée de l'enchaînement de plusieurs parties qui correspondent à des genres musicaux bien précis. La durée varie de 50 à 90 minutes. On commence par une série de trois à six mutsitso, pièces instrumentales introductives qui sont jouées pendant que les danseurs se préparent. Dès que les danseurs sont prêts, leur chef le fait savoir par des coups de sifflet. L'orchestre attaque alors le mudano, puis le mungeniso au cours duquel les danseurs s'identifient individuellement par la danse, la proclamation de devises et le chant. Suivent plusieurs autres pièces accompagnées de danse : mwemiso, muchoyo, chibodo. Vient enfin le coeur de la représentation, le nzeno, où l'on célèbre le souvenir de la lutte des Chopi au XIXe siècle contre les envahisseurs Nguni, et où l'on se livre à une chronique savoureuse des événements locaux, familiaux l'émaillant de louanges ou de moqueries adressées aux chefs traditionnels et aux autorités politiques. Le concert s'achève enfin par un mutsumeto.

Les danseurs, musingi, sont tous des hommes et portent les attributs des guerriers notamment le bouclier de peau et une arme, machette, hache rituelle ou lance. Ils sont alignés sur un rang, face aux musiciens, et l'on sent une très forte interaction entre musiciens et danseurs, par la danse et la musique bien sûr, mais aussi par divers échanges verbaux ou chantés. Les mouvements se veulent virils, avec des pas en avant et en arrière, genoux relevés, évoquant la course au combat. De temps à autre, un danseur s'arrête, sort du rang, la musique s'interrompt ; alors de toutes ses forces il frappe le sol du plat de son bouclier et profère une devise ou une déclaration, puis il rentre dans le rang et la danse collective reprend. Le joueur de hochet est placé entre les danseurs et l'orchestre. Il danse lui aussi, mais un rôle plutôt féminin et en aucun cas guerrier.

La guerre civile qui a sévi au Mozambique de 1975 jusqu'en 1992 a porté un grand coup aux traditions musicales du pays et les traditions des Chopi n'y ont pas échappé. À cela s'ajoute les effets de la modernisation qui détourne les jeunes adultes de leurs traditions, sans parler de la situation sanitaire et du SIDA qui déciment cette classe d'âge. Toujours est-il que l'on est frappé, lorsque l'on voit la plupart des orchestres de timbila, par l'écart d'âge des musiciens qui sont principalement des hommes âgés ou des enfants de huit à quinze ans.

Les musiciens du village de Zandamela sont conduits par le vieux Simeão Missael.
Discrètement installé derrière son dibhinda, il est plus une caution morale qu'un chef à proprement parler. Car ce sont ses fils, Sergio et surtout Valeriano, qui ont la part belle avec leurs introductions au chilanzane et semblent organiser le déroulement du concert. Notons que Simeão Missael est également un facteur d'instrument réputé en pays chopi.

Les danseurs sont dirigés par Alberto Malate qui est également le chef du village. Exception faite de Cancio Malate au hochet, ils sont tous d'un âge certain. Dans beaucoup de groupes de village, on confie la danse à des jeunes sous prétexte qu'ils ont une meilleure forme physique. C'est oublier que, plus encore que les musiciens, les danseurs doivent plonger au plus profond de la mémoire et de l'expérience collective chopi, afin de faire vivre ces devises, ces adages, ces faits historiques qu'ils expriment par la déclamation, le chant mais aussi par leurs figures chorégraphiques. À ce jeu, les hommes faits sont forcément plus convaincants que les petits jeunes.
Ce groupe se produit pour la première fois hors du Mozambique.

Remerciements : M. Artur Domingos do Rosario, Mme Herminia Manuense, M. Jean-Michel Champault, la Direction nationale de la culture du Ministère de l'Education nationale du Mozambique, le Centre culturel franco-mozambicain.

Programme détaillé

Introduction instrumentale : quatre mutsitso
Entrée des danseurs : Mungeniso
Mwemiso
Muchoyo
Chibodo
Nzeno
Mutsumeto
Mabanga
Mutsitso wogwitisa

Présentation des artistes

Timbila
Valeriano Simeao Missael, chilanzane
Sergio Missael, chilanzane
Herculano Muanduane Guilondo, chiloanzane
Simeão Missael, dibhinda
Gomes Chitambo Mathule, chikhulu

Musingi (danseurs)
Alberto Miguel Malate
Simeao Maiela Guela
Zacarias Mario Cau
Enosse Miguel Malate
Cancio Malate, hochet et danse

Auteur du programme

Chorégraphie

Origine géographique

Mozambique

Mots-clés

Date du copyright

2007

Cote MCM

MCM_2007_MZ_S1

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