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Iran. Vièles du Khorassan. Spectacle

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Évènement

Titre

Iran. Vièles du Khorassan. Spectacle

Sous-titre

Vali Rahimi, Kamanche du Khorasan. Yusef Dibâi, Qeychak des Turkmènes Sahra

Date

2007-03-17

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Samedi 17 mars 2007 à 20h

Kamanche du Khorasan
Vali Rahimi, vièle kamanche
Sohrân Mohammadi, chant
-Harây
Vali Rahimi, vièle kamanche.
-Dananât
Chant d'amour 'Les grains de grenade'.
Vali Rahimi, chant et kamanche.
-Lo
Chant d'amour kurde.
Sohrâb Mohammadi, chant et Vali Rahimi, kamanche.
-Zoleykha
Extrait d'un dastan sur les amours de Yusuf et Zoleykha.
Sohrâb Mohammadi, chant et luth dotâr.
-Chant sur les 29 lettres de l'alphabet
de Ja'far Qoli (poète kurde du XIXe siècle).
-Allah mazare
Pleurs d'une jeune fille sur la tombe de son bien-aimé.
Sohrâb Mohammadi, chant et Vali Rahimi, kamanche.

Qeychak des Turkmènes Sahra
Yusef Dibâi, vièle qeychak
'Arâz Mohammad Shir-Mohammadli, chant et luth dotâr
-Delâlât yakhshi
Chant moral de Makhtum Qoli (poète turkmène du XVIIIe siècle).
-Dâshqâlde
Extrait du dastan Taher o Zohre (histoire d'un amour impossible).
-Umji
Pièce pour qeychak solo attribuée à un jeune garçon de huit ans.
-Ali Seyeddin mukhammasi
Pièce pour qeychak solo attribuée à Ali Seyeddin.
-Azerbayjan
Extrait du dastan Sayâd o Hamra. Le héros emmène sa bien-aimée en Azerbaïdjan.
-Akh uzli marâlum
'L'aimée au teint clair'.
-Bahâr
'Printemps', pièce instrumentale.
-Bâlsayâd
Poème d'amour dans le makam navây.

durée du concert : environ 1h15 sans entracte.

Le kamanche est une vièle à pique, de la même famille que le très ancien rebâb. Sous les Safavides (XVIe-XVIIIe siècles), il prend une grande importance et figure dans la plupart des scènes musicales de cour que l'on trouve dans les miniatures et les fresques de l'époque. En Iran, le kamanche est le seul instrument à cordes frottées figurant dans la musique classique urbaine. C'est aussi un instrument populaire, qui se joue un peu partout dans le pays et prédomine chez les Lors et les Turkmènes. S'il se caractérise par la forme sphérique de sa caisse de résonance, chaque région qui le pratique y introduit toutefois ses propres variantes. Au Lorestan, par exemple, sa caisse revêt la forme d'un cône à la pointe tronquée sans fond ; dans le kamanche turkmène (appelé qeychak), le fond de la sphère est souvent aplati.
Chez les Turkmènes, un joueur de qeychak accompagne le barde qui chante et joue du dotâr (luth à long manche et à deux cordes). Au Khorasan, le kamanche accompagne le chant.

Vièle turkmène
À la suite de la création de l'Union Soviétique, le peuple turkmène s'est vu partagé entre trois pays : l'Iran, l'Union Soviétique et l'Afghanistan.
Les Turkmènes d'Iran vivent pour la plupart dans la région de Gorgân et de Gonbad-e Qâbus, dans la plaine de Torkaman-sahrâ, à l'est de la mer Caspienne, ainsi qu'au nord du Khorasan.
À la différence des autres populations d'origine turque vivant en Iran, les Turkmènes sont d'obédience sunnite et ont jusqu'à nos jours conservé leurs coutumes.
La musique turkmène est avant tout vocale et son répertoire se centre sur le chant des bardes, appelés bakhshi, qui s'accompagnent au dotâr. Héritier des chanteurs d'épopées médiévales turques, le bakhshi vient d'une longue tradition nomadique et chamanique.
Chez certains peuples turcs comme les Ouïgours, Kazakhs et Kirghiz, ce mot désigne encore le chamane, tandis que chez d'autres comme les Turkmènes et les Khorasanais, ce mot désigne un barde et un chanteur d'épopée.
Contrairement au bakhshi khorasanais qui se produit généralement en solo, le barde turkmène est souvent accompagné par une vièle qeychak et parfois un autre joueur de dotâr.
Une des caractéristiques de la musique turkmène réside dans une sorte de polyphonie sur les deux cordes du dotâr, qui la distingue des musiques classiques iranienne et arabe, toutes deux monodiques.
Chez les Turkmènes, le chant est un art hautement professionnel. Le bakhshi a recours à des techniques vocales spécifiques et virtuoses, visant par exemple à imiter la voix des animaux.
Le répertoire comprend des récits appelés dâstân (longues ballades où alternent passages en prose parlée et épisodes en vers chantés), de caractère héroïque ou amoureux, et des oeuvres de poètes turkmènes dont le plus important est sans conteste Makhtum-Qoli Farâqi qui vécut à la fin du XVIIIe siècle. De nos jours, ce sont surtout les parties versifiées des dâstân qui sont interprétées. Leurs strophes sont généralement composées de quatrains dont les vers comptent de 8 à 11 syllabes.
Yusef Dibâi (au qeychak - vièle à pique) et 'Arâz Mohammad Shir-Mohammadli (au chant et au dotâr) sont tous deux originaires de Gonbad. Né en 1956, Yusef a tout d'abord été formé, dès son enfance, au jeu du santur (cithare à cordes frappées), puis à celui de l'accordéon et de la clarinette. C'est après la Révolution iranienne de 1979 qu'il s'intéresse
à la musique turkmène classique. Il se forme alors à la pratique du qeychak, instrument de choix des bardes turkmènes et fréquent compagnon du luth dotâr. Yusef est non seulement un musicien réputé dans sa région, mais il doit à ses ancêtres menuisiers d'être devenu également un luthier très apprécié...
'Arâz Mohammad Shir-Mohammadli, né en 1957, est particulièrement représentatif de la tradition des bardes turkmènes. Comme la plupart des musiciens en Iran, il ne vit pas de sa musique, mais de son métier d'oiseleur.
Depuis vingt ans, Yusef Dibâi accompagne 'Arâz Mohammad dans les fêtes traditionnelles nécessitant la présence de musiciens, comme les mariages ou les circoncisions. Ils donnent également des concerts en Iran et à l'étranger.

Vièle du Khorasan
Le Khorasan, situé au nord-est du plateau iranien, est aujourd'hui la province la plus vaste d'Iran. Aux temps pré-islamiques et pendant la période de l'islam classique, son territoire s'étendait même jusqu'à l'Asie centrale et à l'Afghanistan. Carrefour des peuples et des religions (manichéisme, bouddhisme, nestorianisme et islam), cette région a joué des siècles durant le rôle de centre intellectuel et culturel de la Perse. Sa capitale régionale, Mashhad - où se trouve le mausolée d'Imam Reza, le huitième imam des chiites - est, après Najaf et Kerbela, le lieu le plus sacré pour les chiites du monde entier.
Du fait, entre autres, de la diversité des groupes ethniques qui peuplent le Khorasan et de leurs langues (principalement le persan, le turc et le kurde), mais aussi de leur obédiences religieuses (on trouve des sunnites et des chiites), les traditions musicales de cette région sont d'une grande richesse et varient du nord au sud et de l'est à l'ouest. Cependant les centres musicaux les plus importants se trouvent surtout au nord et à l'est. Vali Rahimi et Sohrân Mohammadi viennent de la zone septentrionale.
La vie musicale du nord du Khorasan est dominée par deux groupes principaux : les bakhshi et les âsheq. Vali Rahimi (73 ans) et Sohrân Mohammadi (75 ans) sont des représentants émérites de ces deux traditions. Amis d'enfance, ils résident tous deux dans leur village natal d'Âshkhâne. Ce sont des Kurdes Kurmanji, l'une des ethnies qui habitent la région depuis des siècles avec les Turcs et les Persans. Vali est un âsheq, tout comme son père auprès duquel il a appris le kamanche. Si, en Azerbaïdjan et en Turquie, ce mot (qui veut littéralement dire «amoureux») désigne un barde s'accompagnant au luth, au nord du Khorasan il s'applique à l'équivalent du motreb (un joueur de musique de divertissement).
Les âsheq sont des musiciens professionnels, ils vivent donc de la musique. Ils se produisent en général en groupes composés d'instruments tels que le sornâ (hautbois), le dohol (tambour biface), le qoshme (double clarinette), le kamanche (vièle à pique) et le violon. Autrefois, ces troupes comprenaient aussi des acrobates et des danseurs.
Toujours identifiés comme Kurdes, les âsheq sont issus d'un milieu nomade qui se sédentarisa au cours du XXe siècle. Le souvenir de la vie nomade reste donc très présent dans leur mémoire et se reflète dans leur musique et dans leur poésie.
Sohrân est pour sa part un bakhshi. Poète, chanteur, instrumentiste (il joue du luth à deux cordes dotâr) et narrateur de dâstân (récits), il est un parfait exemple de la tradition ancestrale des bardes du Khorasan.
Au contraire du bakhshi turkmène qui ne chante que dans sa propre langue, le bakhshi du Khorasan chante en trois langues : kurde, turc et persan. Doté d'une mémoire prodigieuse, il utilise un corpus littéraire et poétique "plurilingue" et "pluri-culturel". Son répertoire se compose de longues ballades (dâstân) à caractère épique, religieux et amoureux, et de poèmes narratifs ou à thématique religieuse et amoureuse, en persan et en kurde. Bien que les bakhshi et les âsheq jouent tous deux lors de célébrations telles que les mariages et les circoncisions, leur répertoire et le contexte de leur performance diffèrent profondément. Alors que le âsheq joue essentiellement pour accompagner la danse, la musique du bakhshi est exclusivement destinée à l'écoute.
Certains bardes sont d'ailleurs fiers d'affirmer qu'ils n'ont jamais joué pour la danse. C'est peut-être aussi pour cette raison que le bakhshi jouit d'un statut social plus élevé que le âsheq.
Bien que les âsheq et les bakhshi aient peu de points communs, leur répertoire partage nombre de sujets et de motifs. C'est le cas notamment de poèmes en kurde dont les thèmes vont de l'amour à la solitude, de l'exaltation de faits héroïques et tribaux à celle de la beauté de la nature.
On l'aura compris, ces deux types de musiciens ne jouent donc jamais les uns avec les autres et c'est par pure amitié envers Vali que Sohrâb l'accompagne de son chant durant ce concert.
Ameneh Youssefzadeh

Origine géographique

Iran

Mots-clés

Cote MCM

MCM_2007_IR_S2

Date du copyright

2007

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Titre Localisation Date Type
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Iran. Yusef Dibâi, vièle qeychak des Turkmènes Sahra, et Arâz Mohammad Shir-Mohammadli, chant et luth dotâr. . Photos Iran 2007-03-17 Photo numérique
Iran. Asheq Vali Rahimi, vièle kamanche du Khorasan, et baxshi Sohrâb Mohammadi, chant. Photos Iran 2007-03-17 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
11e Festival de l'Imaginaire 2007