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Iran. Les traditions musicales de l'Azerbaïdjan iranien. Âsheq de la ville d'Orumiye. Spectacle

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Évènement

Titre

Iran. Les traditions musicales de l'Azerbaïdjan iranien. Âsheq de la ville d'Orumiye. Spectacle

Sous-titre

Ensemble Shahryâr de Tabriz

Date

2007-03-18

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Dimanche 18 mars 2007 à 17h

Âsheq de la ville d'Orumiye. Âsheq Dehqan (Mohammad Hossein Dehqan), chant et luth saz
-Salâm. Formules d'accueil.
-Pishdaramad. Saz solo.
-Divân de Hamzé. Chant sur les 29 lettres de l'alphabet.
-Bahâr. Chant de printemps à l'occasion de Nowrouz.
-Dastân Heydar o Bahram (extrait)
Deux frères, Heydar et Bahram ont été séparés à la naissance et ne se connaissent pas.
Une nuit, Heydar rêve de Bahram et le voit captif en Inde. Il part pour le libérer.
Un combat a lieu, mais il est incapable d'identifier son frère jusqu'au moment où celui-ci se met à chanter.
-Yanderdin yakhdim mane
'Tu as mis le feu et tu m'as brûlé', chant d'amour de Âsheq Dehqan.

L'art classique du muqâm.
Ensemble Shahryâr de Tabriz
Saïd Abed, chant et tambour sur cadre daf
Okhtâi Shadi, luth târ azéri
Afshin Alavi, vièle kamanche
-Muqâm Shur
Tasnif ' Dilkash ' Salmak ' Nava ' Forud Dilkash ' Bayati Kurd ' Bayat Ajam ' Forud Dilkash ' Tasnif.
Toutes ces parties constitutives du muqâm sont enchaînées. Les ghazal (poèmes) sont de Shahryar.
-Muqâm Bayati Shiraz
Tasnif ' Bayati Shiraz zil ' Gushe khavaran ' Tasnif.

durée du concert : environ 1h15 sans entracte.

Sur la route qui relie l'Occident à l'Orient, l'Azerbaïdjan fut longtemps la scène des luttes que se livrèrent les grandes puissances locales : la Perse, l'empire ottoman et plus tard l'empire russe.
C'est sous la dynastie des Safavides (XVIe-XVIIIe siècles), d'origine azerbaïdjanaise, que l'Azerbaïdjan est pour la première fois intégré à l'état perse. Au XIXe siècle en revanche, sous celle des Qâdjâr (1779-1924), la Perse doit céder à la Russie ses provinces du nord de l'Araxe et donc une partie de l'Azerbaïdjan, devenu depuis 1991 la République indépendante d'Azerbaïdjan.
La province iranienne d'Azerbaïdjan est géographiquement séparée en deux par le grand lac salé Orumiye (autrefois lac Rezâ'iye) : l'Azerbaïdjan de l'ouest a pour capitale la ville d'Orumiye et l'Azerbaïdjan de l'est, Tabriz, première capitale des Safavides avant Qazvin et Ispahan. Principal territoire turcophone du pays et l'une des régions les peuplées d'Iran, l'Azerbaïdjan englobe une mosaïque de groupes linguistiques, de religions et de minorités tribales. La communauté des Arméniens et des Assyriens (descendants des chrétiens nestoriens) qui y a fait sa demeure est l'une des plus importantes.
La musique de l'Azerbaïdjan se divise en deux grands genres : la musique classique, le muqâm, et l'art des bardes âsheq.
Le muqâm est lié à la tradition classique des maqâm irano-arabo-turcs, dont notamment deux grands théoriciens, Safi-al-din Ormavi (XIIIe siècle) et 'Abdol al-Qâder Marâghi (XVe siècle), sont originaires d'Azerbaïdjan. Pour autant, tout au long de son évolution, la musique classique azérie reste intimement liée à la musique classique iranienne.
Tandis que la musique classique de l'empire ottoman a été formée sous l'influence de la tradition musicale arabe, la culture musicale de la cour de l'Azerbaïdjan s'est développée sous l'influence directe de la musique persane, malgré l'affinité linguistique de sa langue avec celle des Ottomans. Cette influence résulte en partie des importants accomplissements de la littérature persane dans les genres poétiques (qaside, ghazal, masnavi, etc...), lesquels ont précédé la formation de la littérature écrite en Azerbaïdjan et chez les Ottomans.
À l'époque soviétique, la musique azérie de la république autonome d'Azerbaïdjan subit un phénomène d'acculturation occidentale, marqué entre autres par le changement d'intervalles, l'intervention de la polyphonie, l'irruption de l'orchestration, etc...
La tradition musicale de l'Azerbaïdjan iranien conserve pour sa part ses liens avec les styles iraniens et azéris classiques. Néanmoins, les musiciens de Tabriz et ceux de Bakou restent souvent en contact et continuent d'échanger leurs idées et leurs savoirs.

Azerbaïdjan de l'ouest. Tradition des bardes âsheq de la ville d'Orumiye.
Le âsheq (litt. «amoureux») est un barde professionnel qui chante les ballades amoureuses et les épopées du répertoire propre à toutes les traditions de bardes turcophones, mais aussi ses propres compositions.
Il semble descendre des populations turques venues s'installer en Azerbaïdjan voici des siècles. Dans le passé, ils étaient souvent chargés de chanter les louanges et les exploits du souverain et de sa famille.
Shâh Ismâ'il, le fondateur de la dynastie des Safavides qui régna de 1501 à 1523, appréciait tellement leur musique qu'il apprit lui-même à en jouer et composa des chansons. Il organisait à sa cour des joutes poétiques entre âsheq. Ces compétitions (deyshme) existent aujourd'hui encore : deux chanteurs s'efforcent de maintenir le mètre et la mélodie tout en répliquant chacun aux devinettes de leur adversaire.
Si, dans l'Azerbaïdjan de l'ouest, le âsheq chante en solo en s'accompagnant de son luth à long manche sâz (ou chogur), en Azerbaïdjan de l'est, il est aussi accompagné par un bâlâbân (hautbois) et, parfois, un qawâl (tambour sur cadre).
Traditionnellement, les âsheq se produisent au cours des mariages ainsi que dans les maisons de thé (qahve-khâne, lit. maison de café), où on les trouve encore de nos jours.
La musique des âsheq est fondée sur des mélodies types appelées hava («air» ou «mélodie»). Dans l'Azerbaïdjan iranien chaque hava porte un nom qui peut être associé à un poème ou à une épopée spécifiques. Le âsheq est surtout apprécié pour sa capacité à mémoriser des poèmes et de longs récits, dâstân ou hikâyat.
Le dâstân se caractérise par l'alternance de passages en prose parlée et d'épisodes rimés et chantés et par sa longueur : il peut compter des milliers de vers. Son interprétation peut donc durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. Un bon âsheq est aussi celui qui sait apporter une couleur personnelle à son interprétation, nourrie par ses émotions et ses sentiments.
Mohammad Hoseyn Dehqân, connu sous le nom de Âsheq Dehqân, est né en 1934. À 72 ans, il est le parfait représentant de cette tradition. Tout en s'accompagnant au sâz, il chante ses propres compositions poétiques et l'un des quelque quarante dâstân qu'il affirme connaître.
C'est de sa mère, dit-il, que lui vient son amour de la musique. Son père, au contraire, descendant d'une famille de mollahs, n'appréciait guère que son fils s'occupât d'un art si mal vu. "À cinq reprises, raconte-t'il, mon père a brisé mon sâz". Âsheq Dehqân dispose aujourd'hui de sa propre "maison de thé", ce lieu traditionnel où des bardes tels que lui se produisent depuis des siècles. C'est là que l'on vient pour l'écouter, devant une tasse de thé ; c'est là que l'on s'assemble quand, face à d'autres âsheq, il se livre à ces deyshme (compétitions) si prisées des auditeurs. Durant son interprétation, le âsheq se déplace entre les chaises et les tables, s'arrêtant pour chanter devant un ami ou un invité, ou pour accepter les demandes de chants venant de l'auditoire. Il ne sait donc jamais à l'avance ce qu'il va chanter : tout dépend du public ou de son état d'esprit.

Azerbaïdjan de l'est. Tradition classique du muqâm.
L'art du muqâm azéri repose sur des suites vocales et instrumentales, classées en douze modes principaux (muqâmlar) et un nombre de muqâm secondaires.
Les muqâm les plus importants sont appelés dastgâh (système) et intègrent un nombre de mélodies-types, appelées gushe ou sho'be.
Le muqâm est toujours interprété par un trio comportant un chanteur s'accompagnant au tambour sur cadre (daf), un joueur de luth (târ) et un joueur de vièle à pique (kamanche).
C'est le chanteur qui dirige la formation ; c'est lui par exemple qui choisit les textes des chants.
Les chanteurs azéris, comme leurs confrères iraniens, ont développé un art du chant très particulier, utilisant essentiellement le registre aigu. À chaque vers du poème (en général un ghazal), le chanteur peut associer une mélodie-type (gushe) spécifique sur laquelle l'un des instrumentistes lui répondra à son tour.
Chaque interprétation d'un ghazal est suivie sans interruption d'une pièce instrumentale, appelée reng, dont le chanteur marque le rythme sur son daf. Outre les ghazal, le chanteur peut aussi interpréter des tasnif, chansons accompagnées au daf sur un rythme à 2, 3, 4 ou 6 temps et composées sur un poème classique, populaire ou contemporain.
L'ensemble Shahryâr, remarquable trio originaire de Tabriz, se compose de trois jeunes musiciens, âgés de 28 à 29 ans. Ils sont donc nés au moment de la révolution de 1979 qui a instauré en Iran une république islamique n'appréciant guère, pour ne pas dire moins, la musique. Chacun a débuté son apprentissage de la musique classique azérie et iranienne dès le plus jeune âge (9 ans environ) auprès d'un maître établi, selon les préceptes et les méthodes de la transmission traditionnelle.
Ils se rencontrent vers 1995, au sein de l'Orchestre de la jeunesse de la Radio et télévision de Tabriz, alors qu'ils poursuivent en parallèle d'autres études.
Après la dispersion de cet orchestre, ils continuent de se fréquenter pour approfondir ensemble leur étude et leur maîtrise des muqâm classiques azéris et fondent cet ensemble auquel ils donnent le nom d'un poète azéri contemporain renommé, Shahryâr.
Les poèmes qu'ils chantent sont puisés dans les oeuvres des grands poètes anciens, comme Fuzuli (mort en 1560), Nezâmi (mort en 1209), Khâqâni (mort en 1199) et dans celles de poètes contemporains comme Shahryâr (mort en 1988).
Ameneh Youssefzadeh

Contributeurs

Origine géographique

Iran

Mots-clés

Date (année)

2007

Cote MCM

MCM_2007_IR_S3

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