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Espagne. Rasmia, création pour un danseur et un ensemble de jota. Spectacle

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Évènement

Titre

Espagne. Rasmia, création pour un danseur et un ensemble de jota. Spectacle

Sous-titre

Miguel Angel Berna

Date

2007-03-26

Date de fin

2007-03-27

Artistes principaux

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

26-27 mars 2007 à 20h30

Miguel Angel Berna, chorégraphie et danse
Alberto Artigas, direction musicale, bandurria et láud
Lourdes Escusol, chant
Guillermo Guimeno, guitare espagnole
Miguel Angel Fraile, gaita aragonaise
Josué Barrés, cájon et tinaja
Sergio Claveras Lopez, régie
Jose Manuel Glaria, son
Mariano Cariñena, lumière


Rasmia est une expression aragonaise qui veut dire endurance, fermeté et inflexibilité dans l'entreprise d'un projet. Ce n'est pas un hasard si Miguel Angel Berna a choisi ce titre pour son solo.
Miguel Angel Berna est un danseur qui s'est immergé dans les danses populaires pour en extraire l'essence en y apportant sa propre vision, pour les vivre selon sa propre sensibilité. C'est à partir des danses populaires aragonaises, plus particulièrement de la jota, que Berna crée ses chorégraphies qu'il qualifie lui-même de danse populaire contemporaine espagnole.
La jota est la danse par excellence de l'Aragon, une danse de bal et de théâtre exécutée par un ou plusieurs couples. Telle qu'elle est connue aujourd'hui, elle serait une synthèse d'éléments divers dont il n'est pas aisé de retrouver les origines exactes. L'étymologie du mot jota ne semble pas plus claire : pour certains, son origine serait maure et voudrait dire « pas de danse ». La jota est dansée par un ou plusieurs couples qui se font face. Bras levés, chaussures souples aux pieds, les danseurs alternent les frappes de pieds, les pas au sol et les sauts. Dans son Dictionnaire thématique des musiques du monde, Etienne Bours en donne cette définition :
"Danse "nationale" de l'Aragon en Espagne, la jota a des origines anciennes qui remontent au XVIIIe siècle avec certitude, mais probablement également à des formes plus anciennes. Elle pourrait être dérivée de la passacaille. C'est une danse de couple au rythme ternaire rapide. Elle est de toutes les fêtes, y compris religieuses. Souvent jouée sur des instruments à cordes (guitares, láud, bandurria), elle est également chantée et accompagnée de percussions (castagnettes et tambourin). Elle est aussi présente en de nombreuses autres régions d'Espagne : Navarre, Murcie, Alicante, Valence, présentant des variantes selon les régions. Elle peut même présenter plusieurs formes en une seule région comme c'est le cas dans les Asturies. On dit que la jota aurait donné naissance aux alegrias (forme de cantiñas) de la région de Cadix. Les coplas sont des quatrains octosyllabiques dont les paroles cachent souvent des sous-entendus. En Aragon, le chant de la jota se divise en trois catégories : celui de danse, celui de rue et celui de style ' ce dernier étant plus lent et plus ornementé".
Né en 1968 à Saragosse, Miguel Angel Berna danse la jota dès l'âge de huit ans. Il remporte à 16 ans le 2e prix de danse du concours officiel de jota de Saragosse mais il se représente l'année suivante et obtient cette fois le 1er prix. En 1989 il prend la direction de la Compagnie de danses traditionnelles "El Cachirulo". Entre temps, il continue sa formation en suivant des classes de danse classique avec Maria de Avila, et de flamenco avec Rafael de Cordoba.
En 1990 il fonde sa première compagnie, Danza Viva. Avec cette compagnie s'ouvre devant Miguel Angel Berna une nouvelle ère de créations, de chorégraphies et de tournées internationales.
Signalons qu'en juin 1993, alors qu'il présente sa chorégraphie Entre Dos au concours de danse espagnole et flamenca au Théâtre Albeniz de Madrid, il remporte le prix du meilleur danseur avec les félicitations du jury. Depuis lors il parcourt les scènes du monde entier.
Berna a participé au dernier long métrage de Carlos Saura, Iberia. Dans une interview, Carlos Saura dira que Berna "fait beaucoup penser à Antonio Gadès, ils sont tous les deux si fragiles, comme un oiseau qui pourrait subitement se casser. Pendant la danse, il arrive à Berna ce qui arrivait aussi à Gadès, il se transforme complètement. D'autres artistes ou interprètes sont peut-être plus célèbres, mais Berna comme Gadès les dépassent car ils sont auréolés de cette magie particulière aux grands artistes, ils possèdent une force mystérieuse qui ressort quand ils sont sur scène". Et Carlos Saura de poursuivre : "ce fut une sacrée rencontre. J'ai compris que Berna faisait avec la musique ce que je fais avec le cinéma. D'une certaine façon, il m'a dépassé parce qu'il a fait en sorte que la jota soit quelque chose qui relève de l'action, du vivant, et pas seulement une pièce folklorique de musée. La jota, c'est le père et la mère du flamenco, de la seguiriya manchega, de la sévillane : il y a une espèce de relation mystérieuse, profonde, et Miguel Angel Berna, dans ses spectacles, passe d'une façon très naturelle de la jota au flamenco".
Virtuose de la jota aragonaise, élégant et séducteur dans sa danse solitaire, Miguel Angel Berna se situe à la frontière des danses populaires et de la musique traditionnelle. Il trace sa voie avec une danse moderne par essence. Ce soliste se saisit de la jota aragonaise, il en absorbe l'essence pour restituer toute sa modernité dans des créations contemporaines.
Ses chorégraphies ne sont pas seulement des spectacles de danse, elles sont aussi des expériences musicales en hommage à la tradition, Berna accordant autant d'importance et d'attention à la musique et à la présence des musiciens qui partagent l'espace scénique avec lui.
Il faut voir Miguel Angel Berna dans un solo inspiré de la jota, il faut le voir jouer des castagnettes pareil à nul autre, magistral, les tenant "avec le coeur", pour saisir l'élégance de ce danseur et toute la portée de sa danse rénovatrice, anti-conventionnelle, "acérée", imprégnée de sensualité masculine et de suavité virile. Les bras levés, il fait claquer ses castagnettes avec une rapidité époustouflante, aussi vite que son pouls, aussi vite que son coeur, et le public tenu en haleine le rejoint dans cette frénésie.
Miguel Angel Berna s'est nourri non seulement de la jota, mais aussi de différentes danses populaires, de flamenco, de danse classique, il a su créer un style très personnel. Il ouvre une voie et s'inscrit dans une réflexion sur les traditions.

Rasmia. Solo pour un danseur et un ensemble de jota, une création de Miguel Angel Berna.
Introducción (Alberto Artigas)
Mora
Seguidilla (Alberto Artigas)
Estilo castañuela (popular)
Raices (Alberto Artigas)
Variaciones (Alberto Artigas)
Mascun (Juaquin Pardinilla)
La templanza (Jaime Capeña, Fletes)
Solo de gaita (Miguel Angel Fraile, Fletes, Josué)
Alma de Saracusta (Maria Jose Hernandez, Miguel Angel Fraile, Alberto Artigas)
Rasmia (Alberto Artigas)

Chorégraphie

Régie

Lumière

Origine géographique

Espagne

Mots-clés

Date du copyright

2007

Cote MCM

MCM_2007_ES_S2

Ressources liées

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Titre Localisation Date Type
Espagne. Rasmia, création pour un danseur et un ensemble de jota. Photos Espagne 2007-03-26 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
11e Festival de l'Imaginaire 2007