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Tarasque de Tarascon, Provence. "Jean le Bûcheron", Les Géants du Nord, Lille. Le Poulain de Pézenas, Languedoc. L'Ange de Quelven, Bretagne. Photos

Évènement

Type de document

Photo numérique

Titre

Tarasque de Tarascon, Provence. "Jean le Bûcheron", Les Géants du Nord, Lille. Le Poulain de Pézenas, Languedoc. L'Ange de Quelven, Bretagne. Photos

Date

1989-11-04

Date de fin

1989-11-12

Artistes

Type d'évènement

Cérémonie, rituel

Description de la pratique

Pézenas, Languedoc, France.
Le Poulain de Pézenas, Languedoc, France. Mission de terrain et French Méla
Un extrait du Mercure Galant de février 1702 donne la description suivante : "On voit à Pézenas une machine nommée "Le Poulain". Elle est en forme de gros cheval de Troie. Ce poulain danse très bien au son des hautbois et des petits tambours. La robe qui le couvre jusqu'à terre est peinte d'azur et parsemée de fleurs de lis d'or. On y met dessus la figure d'un homme et d'une femme fort proprement habillés. Il est fort agile et fait de grandes courses, renversant tout ce qui se trouve sur son passage, comme aussi avec sa mâchoire que l'on fait jouer".
L'origine du Poulain de Pézenas remonte à la visite de Louis VIII dans la ville en 1226 où il aurait laissé sa jument malade. Remise en état par les bons soins des citadins, elle aurait donné naissance à un poulain, une sorte de miraculé. En fait, l'animal et sa légende rappellent que la ville s'était ralliée aux rois de France avant tout le reste du Languedoc.
Le Poulain "sort" aujourd'hui au moment du carnaval(Mardi Gras).
Gardé dans un hangar de la mairie de la ville, il débouche soudain au milieu des masques. Tous les spectateurs dont une dizaine de musiciens lui emboîtent le pas et l'accompagnent dans un tour de ville, où il est salué avec un grand enthousiasme. Devant le Poulain, et le guidant au milieu de la foule, un personnage sautillant, vêtu de rouge et d'un bonnet à grelot, danse. C'est Pampille, le maître ou l'âme du Poulain.
Selon les sources municipales, le Poulain était transporté par cinq à huit porteurs, ce qui suppose qu'il a grandi. Il en possède actuellement neuf. Et ce n'est pas trop pour une lourde carcasse de châtaignier de 3 m de long et de 1,60 m de large.
La robe a varié au cours des siècles : les fleurs de lis disparues avec la Révolution resurgissent avec le règne de Louis-Philippe, la Révolution de 1848 apporte une robe rouge et des mannequins prolétaires. Bien que très pacifique, le Poulain a effrayé l'Empereur Napoléon III, lors de sa visite à Pézenas le 2 octobre 1852.
Le couple qui figure sur le Poulain aurait été ajouté en 1622. Certains y voient la représentation de Grangousier et Gargamelle, les parents de Gargantua. L'homme a reçu le nom d'Estieinou et la dame d'Estieineto.
Au moment du carnaval, le Poulain, lâché dans la ville, commet mille taquineries enlevant un chapeau ou une figure grâce à sa mâchoire articulée, quémandant de l'argent, de la nourriture et du vin aux gens accoudés aux fenêtres des étages supérieurs des maisons grâce à son cou télescopique, rejetant en arrière toute une foule par une ruade ou un tête-à-queue inopiné, provoquant "las poussados" et faisant semblant de mordre ceux qui l'approchent.
Les femmes de la ville revêtent une chemise de nuit pour danser dans les rues autour du Poulain, ce qui tendrait à souligner le caractère lubrique de la fête.
Atlas de l'Imaginaire, 1996. Ed. MCM/Favre.

LES GÉANTS DU NORD
La France ne manque pas de saveur. Les géants de bois et de carton-pâte qui se promènent, à des dates régulières dans les villes du Nord, tandis que les fanfares jouent à tue-tête et que les gens dansent dans les rues, montrent bien cette fidélité bon enfant et non dépourvue d'humour.
Toute une partie de l'Europe est contaminée par ce désir de bonne humeur et d'attachement au terroir.
L'origine des géants semble antérieure au christianisme. Elle aurait ses racines dans un paganisme où les souvenirs de la mythologie latine se mêlent à ceux des religions celtes, se greffant plus tard sur des légendes chrétiennes et historiques. Si leur signification profonde n'est peut-être plus très bien perçue, leur image véhicule malgré tout un symbolisme fort, celui qui les fit interdire dans les processions avant la Révolution et qui les fit décapiter (ceux de Douai) par les Révolutionnaires.
Les géants, souvent héros célibataires, se marient. Certaines villes encouragent les rituelles promenades de couples. Parfois, autour des géants se greffent des accompagnateurs et des enfants géants. Les géants grandissent, mais ils ont souvent leur taille définitive dès leur naissance.
Jean Turpin de Nieuwport domine les géants européens. Gayant avec ses 8,40 mètres est le plus grand des géants du Nord de la France. Depuis 1980 le nombre des géants du Nord varie entre deux cent soixante-dix et deux cent quatre-vingt-dix, car les familles augmentent ou diminuent au gré de l'importance de la fête ou des finances municipales. Les dates de sortie des géants se placent la plupart du temps au moment du carnaval, bien qu'elles marquent aussi la célébration de la ville ou certaines fêtes chrétiennes (en août).
"C'est un grand jour pour la grande famille des géants européens de savoir que l'un des leurs, Yan den Houtkapper (Jean le Bûcheron) de Steenvoorde, va traverser les océans pour être leur ambassadeur, quelques semaines en Inde. Nous savions déjà nos origines indoeuropéennes dans nos coutumes, nos traditions, notre langue. Jean le Bûcheron et ses accompagnateurs ne seront pas dépaysés ! Nous leur souhaitons bon voyage ! »
L. Descamp.
Présidente de l'Association La Ronde des Géants (Lille).

Atlas de l'Imaginaire, 1996. Ed. MCM/Favre.


L'Ange de Quelven
Il vient du village de Quelven en Bretagne et surgit tout droit des grandes fêtes solaires pré-chrétiennes. Le mythe a été christianisé, bien entendu. Cet ange est une statuette de cinquante centimètres de haut, en bois polychrome, que l'on repeint tous les cinq ans, depuis le milieu du XVIIIe siècle. Chaque 15 août, portant une bougie, il descend sur une corde tendue depuis la tour de l'église jusqu'à un bûcher dressé au centre du village, et par trois fois, il vient allumer ce bûcher.
La population entière s'organise en procession et, bannières en tête, les prêtres chantent, en breton, des cantiques.
A Bombay, l'ange descendait de la Gateway of India, sous laquelle la reine Victoria était passée lors de son inauguration. Et cette sorte de "petit dieu" apportant le feu et la lumière a fasciné les Indiens.
Françoise Gründ.
Atlas de l'Imaginaire, 1996. Ed. MCM/Favre.

Origine géographique

France

Contexte de captation

Spectacle

Mots-clés

Support physique

fr Diapositive

Couleur

fr Couleur

Cote MCM

MCM_1989_FR_T1_PN4

Date du copyright

1989

Editeur

Sujet photographié

fr Khaznadar, Chérif