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Laos. Molams et mokhènes, chants et orgue à bouche. Spectacle

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Évènement

Titre

Laos. Molams et mokhènes, chants et orgue à bouche. Spectacle

Date

2009-03-10

Date de fin

2009-03-15

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Maison des Cultures du Monde, 10 et 11 mars
Centre Culturel Jacques Duhamel, Vitré, 14 mars
ARC, Rezé, 15 mars

"Le peuple lao est un peuple qui souffle dans le khène, mange du riz gluant et construit des maisons sur pilotis."
proverbe lao

Ce concert propose un voyage sonore à travers le Laos, à la découverte d'un genre musical appelé lam dans les provinces du centre et du sud et khap dans celles du nord.
Revendiqué par les Lao comme l'expression artistique la plus représentative de leur identité, ce genre vocal et poétique interprété par des chanteurs molams, demeure très populaire aujourd'hui. Largement improvisés, ces chants traditionnels sont systématiquement accompagnés par un orgue à bouche, le khène, instrument emblématique du peuple lao. Son interprète, le mokhène, semble avoir sa place en toute circonstance : accompagnant principalement les molams, on le retrouve ponctuellement dans des pièces instrumentales en solo ou aux côtés de l'officiant lors de cérémonies pour les esprits. Il s'impose même au coeur de l'un des ensembles orchestraux de l'ancienne musique de cour, l'ensemble mahori. Rarement utilisé pour les lam et les khap où l'on préfère la formation spécifique et plus réduite du chanteur accompagné par un khène, le mahori accompagne toujours la pièce Khap Thoum Luang Prabang.
Désir, amour et tourment, joutes amoureuses, crainte et tristesse d'une séparation, récits de héros légendaires, transmission d'un patrimoine mythique et religieux ou simples événements de la vie se dévoilent dans l'art du chanteur ainsi que dans la dextérité et la douceur du jeu du khène. Pratiqués à la moindre occasion, pour le divertissement familial intime, les fêtes improvisées ou celles bien établies du calendrier agraire et religieux, lam et khap forment un tout où la performance implique une étroite relation entre geste, parole et musique.

L'art du molam
De l'anecdote sociale à la cour d'amour, sous forme de chants à strophes alternées, les molams rivalisent par des paroles improvisées. Ils puisent leur inspiration dans la tradition orale, utilisant de temps à autre des formules poétiques entendues auprès de leurs aînés lors de performances passées. Le double caractère sérieux et burlesque de ces chants permet de passer d'échanges timides, de jeux d'approche et d'apprivoisement à de véritables provocations empreintes d'ironie poétique et métaphorique. À la fois intense, puissante et naturelle, dans un style syllabique régulièrement enrichi de mélismes, la voix se doit d'être particulièrement expressive tout en jouant sur les contrastes, utilisant un grand nombre de possibilités sonores oscillant entre 'chanté' et 'parlé'.
L'art du molam se révèle dans toute sa splendeur lorsqu'il appuie ses prouesses vocales et poétiques par une gestuelle d'une grande finesse qui transmet ses états d'âme et ponctue les phrases musicales.
Les principaux sujets poétiques développés dans les lam et les khap évoquent autant la morale bouddhique que les récits historiques et mythologiques ou les grands thèmes de cour d'amour. Pratiqués dans une ambiance bon enfant, ces chants se veulent aussi didactiques. Détenteurs d'une tradition, ils permettent une transmission de connaissance et des valeurs culturelles. Ils agissent pleinement sur la cohésion sociale, adoptant une fonction de régulateur dans la gestion de certaines tensions ou conflits par un jeu de rivalités poétiques. Les défis entre chanteurs peuvent alors se teinter d'une certaine agressivité, prohibée dans la vie quotidienne, de provocations et de grivoiseries qui transgressent certains tabous de la vie amoureuse.

L'art du mokhène
'L'âme' des lam et des khap prend vie à travers les sonorités profondes et intimistes du khène. Cet aérophone à chambre à vent en bois dur est composé de seize tuyaux en bambou, disposés en radeau, et munis d'anches libres. Chaque tuyau, inséré dans la chambre à vent, est percé d'un trou de jeu. La production du son se fait alors par insufflation buccale dans l'orifice situé à une extrémité de cette chambre à vent. Les anches libres ne vibreront que si le trou de jeu du tuyau correspondant est obturé par un doigt. Ne laissant aucune place au silence, le mokhène recherche un son continu, favorisé par le principe même des anches libres qui vibrent aussi bien par inspiration que par expiration.
Cette recherche d'épaisseur sonore bénéficie des nombreuses possibilités de jeu polyphonique de l'orgue à bouche. Lors du prélude improvisé, le mokhène profite de ce moment privilégié pour montrer sa dextérité. Dressant un cadre d'improvisation pour le molam, il introduit progressivement le thème de référence du lam ou du khap sur lequel le chanteur devra s'exprimer. Puis il énonce le thème mélodico-rythmique de la pièce qu'il se doit d'orner et de développer, tout en cherchant à suivre la voix du molam, la ponctuer et la mettre en valeur. Cette complicité entre le molam et son mokhène, les nombreuses possibilités de variation et d'interprétation d'une même pièce qui suscitent autant de versions que d'interprètes contribuent à l'extraordinaire richesse de ce patrimoine musical.

Programme détaillé

Chaque lam ou khap passe pour avoir une origine géographique à laquelle il s'identifie, soit par le nom d'une ville comme le Lam Tangvay, ou celui d'une région comme le Lam Saravane, ou encore d'une population comme le Lam Pouthay. Ce concert rend compte de cette territorialisation en nous faisant découvrir, aux côtés des lam du sud qui sont les plus connus, le raffinement de certains lam de la plaine de Vientiane et de quelques khap du nord.
Le groupe a été formé spécialement pour cette occasion, avec des artistes particulièrement représentatifs des diverses régions du Laos.

I. Traditions des provinces du nord
- Lom phat paï
Pièce de l'ancienne ville royale de Luang Prabang autrefois jouée pour le roi par un trio de khènes.
- Khap Thoum Luang Prabang
Cette pièce de Luang Prabang pour deux molams et khène est traditionnellement accompagnée par le petit ensemble instrumental mahori figuré ici par le xylophone et les percussions.
- Khap Xieng Khouang
Chant de cour d'amour empreint de nostalgie et de craintes,suscitées par l'éloignement de l'être aimé.
- Khap Samneua
La chanteuse décrit la beauté de la province de Samneua, la joie deson retour dans son village natal, introduisant, au passage, unepetite note patriotique.
- Une piece à part : Lam Pheune
Originaire de la vallée du Mékong, cette pièce était pratiquée à l'origine pour la cérémonie des esprits et n'a rejoint que tardivement le répertoire des lam.

II. Traditions de la plaine de Vientiane et de la vallee du Mekong
- Khap Ngeum
Chant alterné : prélude poétique introductif aux déclarations d'amour du molam, suivi des réponses d'une chanteuse admirative et prudente à la fois.
- Lam Kone, Lam Long, Lam Teuil
Lam Kone, Lam Long : chants inspirés de récits mythologiques accompagnés au khène.
Lam Teuil : chant alterné de cour d'amour.
- Lam Deune
Chant sur la tristesse d'une séparation.
- Long khone, teuil phamma
Pièce instrumentale pour khène.

III. Traditions des provinces du sud
- Lam Mahaxay (de la région de Thakhek)
Hymne à la beauté de la nature, à 'la musique' du vent et de l'eau suscitée par le bruit des petites cascades ruisselantes près des grottes.
- Pheune soy
Pièce instrumentale pour khène.
- Lam Pouthay (de la région de Khamouane)
Chant de cour d'amour : demande insistante d'amour à contenter.
- Lam Tangvay (de la région de Savannakhet)
Subtile déclaration d'amour par des figures poétiques métaphoriques.
- Lam Khonesavane (de la région de Savannakhet)
Dans cette pièce, le chanteur complimente la jeune femme, tente de la charmer, de gagner sa sympathie, son coeur, voire plus'
- Lam Som (de la province de Champassak et des îles de Khong)
Récit de l'origine du Lam Som.
- Lam Siphandone (des îles de Khong)
Improvisation sur l'histoire du Lam Siphandone, sa transmission familiale, la beauté des provinces du sud et chant d'amour.
- Lam Saravane
Tel un récit de vie, cette pièce décrit une vie heureuse et prospère, puis évolue vers une cour d'amour, enrichie de quelques proverbes, apportant ici un contenu didactique.

Présentation des artistes

Denesavanh Chanthakhad, molam
Vongvilay Opimsakda, molam
Souligna Fasavang, molam
Bounthong Keoboula, molam
Khamsuane Vongthongkham, mokhène
Vilaphanh Phommachak, mokhène

Vongvilay Opimsakda est l'une des grandes molams de Vientiane mais elle connaît également plusieurs khap du nord où elle est née.

Bounthong Keoboula est originaire de Champassak, dans le sud, et ne se déplace jamais sans son mokhène, Vilaphanh Phommachak.

Enfin trois musiciens de Vientiane, Souligna Fasavang, molam et artiste de cirque, originaire de Paksé au sud du Laos, Denesavanh Chanthakhad, grand connaisseur des lam du centre, et un virtuose du khène, Khamsuane Vongthongkham.

Auteur du programme

Contributeurs

Origine géographique

Laos

Mots-clés

Date du copyright

2009

Cote MCM

MCM_2009_LA_S1

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