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Indonésie. Tembang Sunda. Chant courtois de Java-ouest. Spectacle

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Évènement

Titre

Indonésie. Tembang Sunda. Chant courtois de Java-ouest. Spectacle

Sous-titre

Musiques du monde de l'islam

Date

2009-04-05

Artistes principaux

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

avec Nani Sukmawati, chant
Dede Suparman, kacapi indung
Lili Rohili, suling
Taufik Nurhidayat, kacapi rincik

L'archipel indonésien offre une très grande variété de cultures, de langues et de formes artistiques. Le tembang sunda (litt. "poésie sundanaise") en est un des meilleurs exemples. Ce genre poétique, vocal et instrumental s'est épanoui à l'ouest de l'île de Java, dans les montagnes du Preanger et les villes de Bandung, Cianjur, Garut et Sukabumi.
Nous sommes-là au coeur de Sunda, un pays dont la langue, les coutumes et les formes artistiques sont très différentes de celles des autres régions de Java et que l'on identifie au royaume hindouisé de Pajajaran disparu sans laisser de trace au XVe siècle.
Musique de chambre intimiste et raffinée, le tembang sunda vit le jour au XIXe siècle à la cour du régent de Cianjur puis se répandit dans tout le pays sundanais.
Dans les villes de Java-ouest, les amateurs de tembang sunda organisent régulièrement des malam tembang, salons de musique où les artistes, amateurs et professionnels confondus, chantent tour à tour pour leur plaisir et celui de quelques privilégiés. Cette musique peut aussi être jouée à l'occasion des mariages, des circoncisions et de grandes réceptions lorsque le besoin de créer une atmosphère de beauté, de nostalgie et de bien-être se fait sentir.
Pour tout mélomane sundanais, le tembang sunda est le meilleur moyen d'échapper à la trivialité de la vie quotidienne. Il chante la nostalgie du passé glorieux du royaume de Pajajaran et les hauts faits de ses héros, décrit de merveilleux paysages de lacs et de montagnes, exprime le sentiment de solitude, la déception amoureuse et le mal du pays dans un style qui, plus que tout autre, incite à la contemplation et à la mélancolie.
Un concert de tembang sunda peut durer plusieurs heures mais obéit toujours à une structure très précise. Il se divise en plusieurs parties bâties comme des suites de chants. Chaque suite commence par quelques chants de rythme libre (tembang) appartenant le plus souvent à un répertoire épique et mythologique (les pantun) qui, avant que ne se crée le tembang sunda, était autrefois chanté par des musiciens aveugles. La chanteuse s'autorise peu de variations et le kacapi se contente de l'accompagner en ostinato.
On entre ensuite dans un répertoire plus lyrique, chanté et joué dans un style rubato. Contrairement au répertoire épique strictement fixé par la tradition, celui-ci connaît une évolution constante qui se manifeste chaque année par l'apparition de chants nouveaux. La suite est enfin conclue par un chant cyclique à quatre temps (panambih) de style plus léger.
Pendant la période coloniale néerlandaise (c'est-à-dire jusqu'en 1945), les chanteurs de tembang sunda étaient en majorité des hommes. Depuis, ce sont les femmes qui tiennent généralement ce rôle, les hommes étant instrumentistes.

Les instruments utilisés sont le kacapi (prononcer "katchapi") indung, la grande cithare "mère", la flûte suling, et une petite cithare kacapi rincik ou cithare "véloce".
Le kacapi indung possède dix-huit cordes en cuivre. Les cordes aiguës sont généralement pincées de la main droite et les graves de la main gauche. L'accord est d'abord effectué au moyen des grosses chevilles fixées sur le côté de la caisse et ensuite affiné en déplaçant les petits chevalets mobiles et pyramidaux disposés sur la table d'harmonie. Le kacapi est l'un des symboles de Sunda. Sa caisse en forme de bateau symbolise la filiation des Sundanais à l'ancien royaume préislamique de Pajajaran, royaume auquel nombre de poèmes font référence.
Il existe plusieurs styles de jeu de kacapi selon le type de chant qu'il accompagne.
Les récitatifs sont accompagnés tantôt de manière hétérophonique et sur un rythme libre tantôt par un motif de quinte joué ostinato à la main gauche.
Dans les panambih, chants mesurés clôturant une suite vocale et dont le rythme est toujours basé sur une mesure à 4/4, la main droite exécute des octaves brisées qui viennent se superposer sur l'accompagnement syncopé de la main gauche.
Le suling est une flûte en roseau dont l'embouchure est recouverte d'un bandeau de rotin. Guidé par ce bandeau, le souffle du musicien vient se briser contre un biseau, ce qui produit un son que l'on module grâce à six trous de jeu.
Cet instrument est utilisé dans toute l'île de Java ainsi qu'à Bali. Le jeu du suling sundanais se caractérise aussi par la diversité de ses styles. Dans les chants non mesurés, il donne le ton au chanteur et accompagne la mélodie en l'enrubannant de diverses variations. Il en va de même dans les pièces mesurées, mais en plus il peut improviser entre chaque strophe. Dans la situation idéale où la chanteuse et le joueur de suling sont en parfaite complicité, ce dernier est alors capable d'accompagner, de suivre voire même d'anticiper merveilleusement ce que va faire la chanteuse.
Le kacapi rincik est également une cithare mais de taille plus réduite et de registre plus aigu que le kacapi indung. Il compte de quinze à dix-huit cordes et est considéré par les musiciens comme l'instrument le moins difficile à jouer. Il est utilisé uniquement dans les pièces mesurées (à quatre temps) telles que les introductions instrumentales et dans le chant final de chaque suite (panambih). Il exécute alors des motifs rythmiques en double-croches, à un tempo deux fois plus rapide que les autres instruments, mais tout en suivant la ligne générale de la mélodie, quitte à la transposer à l'octave inférieure ou supérieure lorsqu'elle déborde de son registre.

Note biographique
Nani Sukmawati est née en 1977 à Bandung, dans une famille d'artistes. Son père était peintre et sa mère chanteuse.
Nani s'initia toute jeune au répertoire traditionnel sundanais auprès de sa grand-mère qui lui chantait des histoires et des légendes, ces pantun qui constituent le fond de la tradition orale sundanaise et sur lesquels s'est construite la forme classique du tembang sunda. À l'âge de onze ans, Nani chantait déjà des kidung (poèmes narratifs des XVIe-XVIIe siècle) dans les cérémonies d'adieu à la mariée célébrées lors des noces.
Mais c'est à l'adolescence qu'elle
commença véritablement sa formation de tembang sunda. Elle participa à plusieurs concours et remporta notamment le concours inter-lycées de Java-Ouest.
Depuis, elle se consacre totalement à son art, se produisant régulièrement dans son pays. En 2003, elle accompagna Ida Widawati lors de sa dernière tournée en France et donna également des concerts aux Pays-Bas. Les connaisseurs sundanais la considère comme l'une des deux ou trois meilleures chanteuses de la nouvelle génération.
Pierre Bois

TEMBANG SUNDA
Dimanche 5 avril 2009

PROGRAMME

Mode Pelog
Bubuka, panambih Lembur Kuring.
Papatet, Mupu Kembang, panambih Renggong Gede.
Papatet Ratu, Pangapungan, Goyong, panambih Jalan Satapak.
Jemplang Leumpang, Muara Beres, panambih Lokatmala.
Rakitan Degung, panambih Degung Panggung.

Entracte

Mode Sorog
Bubuka, panambih Sekar Manis.
Udan Mas, Udan Iris, panambih Muntang Ngeumbing.
Samagaha Pikir, Bogoh Teu Sapikir, panambih Karanginan.
Madendasari, Cinta Waas, panambih Leuheung-Leuheung.
Pegat Duriat, Eros, panambih Kulu-Kulu Bem, Kulu-Kulu Sadunya.

Contributeurs

Origine géographique

Indonésie

Mots-clés

Date du copyright

2009

Cote MCM

MCM_2009_ID_S5

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Indonésie. Tembang Sunda. Chant courtois de Java-ouest. Vidéos Indonésie 2009-04-05 Vidéo numérique
Indonésie. Tembang Sunda. Chant courtois de Java-ouest. Musiques du monde de l'islam. Photos Indonésie 2009-04-05 Photo numérique
Titre Localisation Date Type
13e Festival de l'Imaginaire 2009
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Indonésie. Templang sunda de Java ouest Indonésie 2009-01-01 Collection d’objet