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Turquie. Musique ottomane sur instruments d'époque. Spectacle

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Évènement

Titre

Turquie. Musique ottomane sur instruments d'époque. Spectacle

Sous-titre

Ensemble Bezmara

Date

2010-04-10

Date de fin

2010-04-11

Artistes principaux

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Musique

Description de la pratique

Musiques du monde de l'islam

Samedi 10 avril à 20h30
Musique ottomane à la cour de Murad IV
Mecmûa-i Sâz ü Söz d'Ali Ufkî Beg (1610-1675)

Dimanche 11 avril à 17h
Musique ottomane au temps de Selim III
Sark' et pièces instrumentales des XVIIIe et XIXe siècles

Avec
Fikret Karakaya, harpe çeng, chant et direction
Ihsan Ozer, cithare santur
Murat Aydemir, luths tanbur et kopuz
Kemal Caba, vièle kemençe et viole d'amour
Akgun Col, luth sehrud
Ali Tan, flûte ney
Kamil Bilgin, tambour daire et timbales nakkare
Ersin Celik, chant

Dans le cadre du 14e Festival de l'Imaginaire, en collaboration avec la Maison des Cultures du Monde.
Ces deux concerts sont organisés dans le cadre de la Saison de la Turquie en France.

Carrefour entre Orient et Occident, Istanbul se distingue depuis six siècles par la richesse de son patrimoine musical classique, synthèse exemplaire de l'héritage byzantin, de la théorie arabo-persane et des traditions turques d'Asie centrale. Maints traités anciens rédigés en turc osmanli et en arabe attestent le goût des Ottomans pour la musique et cela bien avant la prise de Constantinople en 1453. La musique classique ottomane a beaucoup évolué depuis le XVIe siècle, notamment parce que les Ottomans furent le seul peuple islamique à faire un usage systématique de la notation musicale. Le développement de formes et de genres composés entre le XVIIe et le XVIIIe siècles coïncident avec l'essor de la musique de cour sous les règnes de Murad IV (1623-1640), Mehmed IV (1648-1693), Ahmed III (1703-1730), Mahmud Ier (1730-1754), Abdülhamid Ier (1774-1789) et surtout de Selim III (1789-1808), sultan mécène mais également musicien et compositeur renommé.

La musique classique ottomane s'articule sur un système complexe de modes mélodiques (makam) et rythmiques (usul) ainsi que sur plusieurs genres vocaux et instrumentaux organisés en suites de concert et parmi lesquels on peut citer :
- Le peshrev, prélude instrumental en quatre parties de forme strophique.
- Le taksim, improvisation instrumentale de rythme libre servant à introduire la modulation d'un mode à un autre.
- Le murabba, quatrain entrecoupé de refrains.
- Le türkî, chant d'origine populaire.
- Le naksh, pièce vocale construite sur un mètre poétique court.
- Le semâi vocal, chant lent composé sur un mètre poétique long et un rythme à 10 temps (agir aksak semâi) ou à 6 temps (agir sengin semâi).
- Le semâi instrumental, postlude de forme analogue au peshrev mais composé sur le rythme semâi à 10/8, à l'exception de la dernière strophe qui est en 6/8 ou 9/8.
- Le sharki apparu vers la fin du XVIIIe siècle, alors que la cour ottomane se tourne de plus en plus vers la musique occidentale, et dont le caractère léger et suave se traduit par une certaine liberté dans la composition, une plus grande diversité rythmique et la présence de nombreux intermèdes instrumentaux.
Nombre d'instruments joués par l'Ensemble Bezmara ont disparu de la tradition ottomane voici plusieurs siècles.
Ils ont été reconstitués dans les années 90 par Fikret Karakaya et le luthier Sacit Gürel à partir de modèles anciens mais aussi de descriptions et de miniatures.
C'est le cas de la harpe à 24 cordes çeng, abandonnée dans le dernier quart du XVIIe siècle, des luths kopuz et shehrud disparus à la fin du XVIe siècle, de la cithare à cordes frappées santur remplacée par le kanun ou de la vièle à pique kemançe par la petite viole kemençe.
Le kopuz est un luth à manche court et à quatre rangs de cordes doubles dont la table d'harmonie est partiellement composée d'une peau. Le s¸ehrud est un grand luth à manche court et à cinq cordes dont la forme rappelle celle du 'ûd arabe.
Le santur est une cithare trapézoïdale à cordes frappées encore très présente aujourd'hui dans la tradition persane.
Plus petit, le santur turc comprend 25 choeurs de trois cordes en métal qui sont frappées avec deux petits maillets de bois tenus entre le pouce, l'index et le majeur.
Le luth à manche long tanbur est l'instrument à cordes principal de la musique classique turque depuis le XVIIe siècle. Il comprend quatre paires de cordes en métal pincées avec un plectre en écaille de tortue.
Le kemençe est une petite viole à trois cordes. Cet instrument d'origine byzantine fut introduit dans l'ensemble classique au XXe siècle où il remplaça le rebab ou kemançe, ancienne vièle à pique et à table d'harmonie en peau également utilisée par l'ensemble Bezmara.
La flûte de roseau ney est l'instrument emblématique des soufis mevlevi qui jouèrent un rôle majeur dans l'histoire de la musique savante ottomane. En Turquie, l'embouchure est constituée d'une pièce d'ébène ou d'ivoire rapportée sur l'extrémité du tuyau de roseau.
Le daire est un grand tambour sur cadre et les nakkare sont deux petites timbales.
Enfin, la présence de la viole d'amour dans le concert de sharki témoigne de l'ouverture de l'empire ottoman à la culture occidentale à l'époque du sultan Selim III.

L'ensemble Bezmara a été fondé à Istanbul en 1996 par le musicien et musicologue Fikret Karakaya pour faire revivre le répertoire classique ottoman sur instruments d'époque.
À partir d'archives écrites et de miniatures ottomanes et persanes, celui-ci s'est ingénié à reconstituer plusieurs instruments disparus aux XVIe et au XVIIe afin de faire revivre diverses partitions anciennes.

Samedi 10 avril à 20h30
Musique ottomane à la cour de Murad IV
Mecmûa-i Sâz ü Söz d'Ali Ufkî Beg (1610-1675)
Ce concert est consacré à une sélection de pièces vocales et instrumentales compilées par Ali Ufkî Beg (1610-1675).
Né à Lvov dans une famille noble polonaise, Vojciech Bobowski est fait prisonnier par les Ottomans en 1633.
Musicien et lettré, il est emmené comme esclave au palais du sultan. Après avoir été initié à la musique ottomane, il devient l'un des principaux musiciens de la cour. Une fois affranchi, il se convertit à l'islam et prend le nom d'Ali Ufkî. On lui doit plusieurs pièces originales et une compilation de quelque 650 morceaux sous le titre de Mecmûa-i Sâz ü Söz (Recueil de pièces instrumentales et de chants) qui constitue un témoignage précieux de la musique ottomane des XVIe et XVIIe siècles.

Programme du concert
Pièces dans le makam Ushshak
Peshrev - Pièce vocale naksh -
Deux Murabba ' Türkî - Semâi vocal

Pièces dans le makam Hüseynî
Taksim - Peshrev (de Atîk Osman Pasha) -
Quatre murabba - Sharki - Semâi vocal -
Air de danse raksiyye

Pièces dans le makam Muhayyer
Taksim - Deux türkî

Pièces dans le makam Buselik
Taksim ' Peshrev ' Murabba - Semâi vocal

Pièces dans le makam Ni âbûr
Taksim ' Peshrev - Deux murabba -
Türkî - Semâi vocal - Semâî instrumental "à la francaise"

Dimanche 11 avril à 17h
Musique ottomane au temps de Selim III Sharki et pièces instrumentales des XVIIIe et XIXe siècles
Sous le règne de Selim III, sultan mélomane et compositeur à ses heures, la musique de cour ottomane est à son apogée. Elle voit éclore des genres nouveaux dont un, plus léger, est encore très prisé de nos jours : le sharki.
L'ensemble Bezmara nous propose une interprétation originale de ces chants délicats aux mélismes envoûtants, accompagnés par des instruments qui illustrent les premières influences de l'Occident comme en témoigne ici la présence de la viole d'amour.

Programme du concert

Taksim (improvisation instrumentale)
"Zülfündedir benim baht-i siyâhim" (de Ismail Dede, makam Buselik)
"Sünbülistân itmish etrâfi fesi" (de Shakir Aga, makam Buselik)
"Ey dilber-i hüsn-i âfet" (de Shakir Aga, makam Buselik)
"Bir pür-cefâ hosh dilberdir" (du Sultan Selim III, makam Buselik)
"Dün gece sen de / Ben derd-mende" (de Shakir Aga, makam Buselik)
"Bir misli var mi kil beyan" (de Shakir Aga, makam Buselik)

Taksim (improvisation instrumentale)
"Mûy-i julîdem olubdur serde anka lânesi" (de Shakir Aga, makam Rast)
"Hiç bulunmaz böyle dilbaz" (de Shakir Aga, makam Rast)
"Dil bir güzele meyl itdi hele" (de Ismail Dede, makam Rast)
"Gönül virdim bir civâne" (du Sultan Selim III, makam Hüzzam)

Taksim (improvisation instrumentale)
"Bir güzele bende gönül" (de Ismail Dede, makam Acem-Kürdî)
"Ne yamandir dil-i bîçâreye olsa müshteri» (de Shakir Aga, makam Dügâh)
"Ey serv-i gül-zâr-i vefâ" (du Sultan Selim III, makam Shevkefza)
"Ey nihâl-i ishve. Bir nevres-fidânimsin benim" (de Vardakosta Ahmed Aga, makam Muhayyer-Sünbüle)
"Ey gonce-i nâzik-tenim » (du Sultan Selim III, makam Muhayyer-Sünbüle)

Taksim (improvisation instrumentale)
"Nazli nazli sekib gider" (de Ismail Dede, makam Gül'izar)

Édition : Pierre Bois
© Auditorium du Louvre 2010

Origine géographique

Turquie

Mots-clés

Cote MCM

MCM_2010_TR_S1

Date du copyright

2010

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