Ressource précédente
Ressource suivante

Inde. Danses du Manipur. Spectacle

Collection

Type de document

Évènement

Titre

Inde. Danses du Manipur. Spectacle

Sous-titre

Manipuri ; Dhol dholok cholom et Sankirtana

Date

2011-03-24

Date de fin

2011-03-27

Artistes principaux

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

Dans le cadre de Namaste France,
avec le soutien de l'ICCR
Jeudi 24 et samedi 26 mars à 20h30
Dimanche 27 mars à 17h
Maison des Cultures du Monde
À l'Opéra de Lille le vendredi 25 mars.

Guru Lakpati Singh Leimapokpam, Eshei hanba ou chanteur principal pour le Sankirtan
Guru Shyamchano Singh Ningthoujam, principal duhar (danseur) pour le Sankirtan
Guru Thanil Singh Sougaijam, maître du tambour pung (Sankirtan)
Rajmohan Singh Moirangthem, chanteur Sankirtan
Arunkumar Singh Khuraijam, chanteur-danseur
Manaobi Singh Sarangthem, chant
Nanaotomba Singh Takhellambam,Basanta Singh Lairenjam, danseurs, tambour pung
Oken Singh Ahongsangbam, chant et flûte bandshi
Ibomcha Singh Akoijam, tambours pung et dholok
Ningombam Memtombi Devi, chant (orchestre)
Loken Sharma Gurumayum, pung et dholok (orchestre)
Priyashini Devi Ahongsangbam, Shangitabali Devi Moirangthem, Ratnamala Devi Laitonjam,
Sunitibala Leishangthem Devi, danseuses Lai-Haraoba et Rasa Lila
Nandarani Devi, danseuse Rasa Lila (rôle de Krishna)
Niky Namoijam, danseuse Rasa Lila (rôle de Rada)
Et avec Wangkheimayum Amarjit Singh, direction et chant


Danse et musique traditionnelles au Manipur sont toujours extrêmement vivantes et s'inscrivent à part entière non seulement dans la culture des Manipuri, mais aussi dans leur quotidien.
Le Manipur, littéralement "Pays des joyaux" est un état du Nord-est de l'Inde, situé entre la Birmanie et le Bangladesh dont la majorité des habitants se consacre au rituel hindouiste vishnouite. Ce rituel a été introduit vers le XVe siècle sur un important substrat d'anciennes croyances, cultes animistes, culte des ancêtres et des héros mythiques. Des rituels tantristes avaient auparavant été introduits au VIe siècle.
Ils ont été assimilés par la religion préexistante. Au XVe siècle, les divinités du Soleil, Sanamahi et de la Lune, Pakanghba, furent assimilées avec Shiva, les rois-serpents et les cultes vishnouites. Depuis les anciens temps, croyances et religions au Manipur ont trouvé leur expression dans les danses rituelles exécutées par la communauté au cours de grands rassemblements festifs ou dévotionnels.
Le Rasa Lila communément appelée "manipuri", est sans doute la danse la plus connue.
Elle est considérée comme une des six danses classiques emblématiques de l'Inde, au même titre que le bharata natyam ou le kathak. Aujourd'hui liées au rituel vishnouite, les musiques et danses du Manipur incarnent l'amour et la dévotion pour Krishna, un des avatars de Vishnou, celui qui est le plus célébré, considéré comme le gardien et le protecteur du monde. Les thèmes du Rasa Lila évoquent principalement les légendes relatives à l'amour divin entre Krishna et la bergère Radha, ses jeux avec ses bergères, les gopis, ou encore l'enfance et les espiègleries de Krishna. Le Rasa Lila constitue le point culminant, l'apogée du rituel Sankirtana.

Dhol dholok cholom
Dhol et dholok sont respectivement un grand tambour circulaire frappé avec une mailloche et un tambour cylindrique à deux peaux frappé à mains nues. Ces deux instruments sont utilisés pendant le Holi-Sankirtana, festival du printemps célébré au Manipur et dans d'autres régions de l'Inde.
Dhol dholok cholom est un jeu de tambours dansé au caractère viril et athlétique très affirmé.

Lai-Haraoba
Le fondement de toutes les danses du Manipur se retrouve dans le Lai-haraoba ou festival des dieux, une cérémonie de danse dédiée à plus de 500 divinités de villages et qui a lieu au mois d'avril. Les maibis, les prêtresses, habillées de blanc, symbole de bonté absolue, exécutent une danse "abstraite" mais qui peut, éventuellement, prendre la forme d'une queue de serpent, symbolisant Pakhangba, l'ancienne déesse de la Lune.
C'est dans les mouvements sinueux des maibis, dépourvus de transition soudaine ou d'exagération que l'on peut trouver les éléments les plus caractéristiques de toutes les danses du Manipur :
le corps des danseuses se meut et passe d'une position à une autre comme dans une sorte de "fondu enchaîné" ; le toucher du sol par un doux mouvement de l'orteil et les douces et sinueuses ondulations du corps sont accompagnés par l'expression à la fois douce et solennelle des danseuses.

Pung Cholom
Le prologue du Rasa Lila, le grand drame dansé du Manipur, est le Pung Cholom ou danse des tambours. Cette danse de groupe requiert au moins deux danseurs tambourinaires, le nombre pouvant aller jusqu'à cent. C'est ce qui rend son exécution encore plus difficile.
Le Pung Cholom est exécuté certains jours de fête, pour de grandes occasions comme, par exemple, la première fois que l'on donne à un nouveau-né des aliments solides, ou quand on lui perce les lobes des oreilles, au moment des rites d'initiation, des cérémonies de mariage, les décès ou anniversaires de mort. Les percussionnistes incarnent les phénomènes de la nature, comme, par exemple, le crépitement de la pluie battante, le roulement du tonnerre, le vol des oiseaux. Le Pung Cholom prépare l'espace sacré de la scène pour le Rasa Lila.

Sankirtana
Le rituel du Sankirtana ou Nata-sankirtan dont le but consiste à provoquer une transe qui place l'homme en communication avec le divin, est constitué d'un ensemble de chants, de jeux de tambours et de cymbales et de subtils mouvements de danse. Grâce à ces éléments intimement mêlés les uns aux autres, le Sankirtana représente une expression très structurée comportant toutefois des marges d'improvisation pour amener les exécutants à utiliser au mieux les techniques extatiques.
Placées sous l'autorité d'un chef, les congrégations exécutent le rituel au moment de diverses fêtes sociales ou religieuses (naissances, mariages, anniversaires de funérailles). Rarement présenté à l'étranger, le Sankirtana est un joyau qui subjugue par la beauté des poèmes chantés, les voix et les rythmes qui s'accélèrent en crescendo, et les gestes expressifs d'une sobriété épurée. Le Natasankirtan peut durer plusieurs heures.

Rasa Lila
Il est dit que quand Krishna, Rada et les gopis dansèrent le Rasa Lila, Shiva fit en sorte que rien ne perturbe la beauté de cette danse. Parvati voulant aussi la voir, Shiva choisit les belles vallées du Manipur où le Rasa Lila fut à nouveau interprété, et où il est toujours dansé depuis.
Le Rasa Lila a lieu lors de la première pleine lune d'une saison donnée. La première représentation a toujours lieu dans le plus sacré des temples du Manipur, le temple Govindaji à Imphal, la capitale.
Ce n'est qu'après cela que les Rasa Lila peuvent être donnés ailleurs. La danse commence au coucher du soleil et se termine avec l'aube.
Dévotionnel à l'origine, le manipuri est encore aujourd'hui considéré comme une expérience spirituelle et nullement comme divertissement. Il est interprété sur les parvis des temples lors de différentes fêtes religieuses, sans limitation de durée, et peut aller d'une heure à toute une nuit.
Considérée comme l'une des plus harmonieuses et plus douces, cette danse est basée sur une série de mouvements circulaires, évitant toute ligne droite, tout angle, tout mouvement incisif.
Tout en ondulations, une impression d'extrême douceur se dégage du manipuri qui ne laisse point soupçonner les efforts nécessaires au contrôle du corps. Les mudras, ou gestuelle des mains, se distinguent de celles des autres danses classiques.
Quant au potlei, le costume des danseuses qui incarnent les gopi, il aurait été conçu après que le Maharaja Bhagya Chandra (1763-1798) l'ait vu en songe. La jupe caractéristique avec son panier cylindrique, est généralement rouge, sauf celle de Rada qui est de couleur verte. Sur leurs têtes et leurs visages, un très léger voile transparent accentue l'effet de douceur sans toutefois cacher les douces expressions des danseuses.
Même si le manipuri semble être tout simple, il s'agit en réalité d'une série de mouvements complexes et intriqués : la chorégraphie d'un Rasa Lila retrace les dessins d'un antique mandala. Un centre est déterminé au gré des déplacements des danseuses entre les quatre points cardinaux. Ces mouvements et déplacements symbolisent non seulement le cosmos, la terre et l'univers, mais aussi la vie humaine. Le côté répétitif et cyclique renvoie à la rotation de la terre autour du soleil. Ces mouvements circulaires sont très importants pour la danse au Manipur. D'ailleurs, danse en meithei (langue de l'ethnie majoritaire du même nom) se dit jagoi ce qui veut dire tourner ou tournoyer.
Il y a plusieurs variantes du Rasa Lila qui sont donnés en fonction des saisons, chaque variante étant structurée en cinq parties. Pour le Festival de l'Imaginaire, et les représentations qui ont lieu au mois de mars, c'est-à-dire au printemps, on donnera un Vasanta Rasa Lila : la danse vasanta est exécutée la nuit de la pleine lune du printemps, entre février et mars. Elle retrace le cheminement de Krishna vers un bosquet sacré ; ses gopis conduites par Rada, répondent en dansant à l'appel de sa flûte magique.
Les cinq parties du Vasanta Rasa Lila sont les suivantes :
Invocation et prière
Formation sacrée du Rasa
Danse d'ouverture des personnages principaux
Le noeud dramatique de l'action
Le rituel final, offrandes et prières

Ranganiketan est un ensemble à géométrie variable. Il est dirigé par W. Amarjit Singh, qui a dédié sa vie aux arts et à la culture du Manipur. Le Festival de l'Imaginaire invite plusieurs guru accompagnés de leurs disciples :
Padmashri Guru S. Thanil Singh, âgé de 64 ans. Il est reconnu au Manipur comme le maître le plus important du tambour traditionnel pung. Guru L. Lakpati Singh, 58 ans est incontestablement le plus grand et meilleur chanteur de Nata-sankirtan dans tout le Manipur. Il a reçu plusieurs prix, dont celui de la Sangeet Natak Academy en 2001.
Guru N. Shyamchand Singh, 54 ans, est un des maîtres du cholom, un autre joyau du patrimoine du Manipur.

Arwad Esber

Sources :
- Archives de la Maison des Cultures du Monde, Centre de documentation sur les spectacles du Monde
- Aglaja Stirn - Peter van Ham. The Seven Sisters of India. Tribal Worlds between Tibet and Burma.
Prestel, 2000.

Durée estimée du concert : 1h30 environ
La Maison des Cultures du Monde remercie Madame Namrata Kumar, Premier Conseiller pour la Culture, ambassade de l'Inde à Paris,
Monsieur Jean-Marin Schuh, Premier Conseiller, ambassade de France en Inde,
Monsieur Suresh Goel, Directeur Général, ICCR

Contributeurs

Origine géographique

Inde

Mots-clés

Date (année)

2011

Cote MCM

MCM_2011_IN_S1

Ressources liées

Filtrer par propriété

Titre Localisation Date Type
Inde. Danses du Manipur, Vasanta Rasa Lila. Photos Inde 2011-03-24 Photo numérique
Inde. Danses du Manipur, Sankirtana. Photos Inde 2011-03-24 Photo numérique
Inde. Danses du Manipur, Pung Cholom. Photos Inde 2011-03-24 Photo numérique
Inde. Danses du Manipur, Lai-Haraoba. Photos Inde 2011-03-24 Photo numérique
Inde. Danses du Manipur, Dhol dholok cholom. Photos Inde 2011-03-24 Photo numérique
Inde. Danses du Manipur. Vidéos Inde 2011-03-26 Vidéo numérique
Titre Localisation Date Type
15e Festival de l'Imaginaire 2011