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Îles Marquises. Chants et danses de Nuku Hiva. Spectacle

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Évènement

Titre

Îles Marquises. Chants et danses de Nuku Hiva. Spectacle

Date

2011-06-10

Date de fin

2011-06-15

Artistes principaux

Direction artistique

Direction musicale

Lieu de l'évènement

Type d'évènement

Danse

Description de la pratique

Dans le cadre de "2011, Année des Outre-Mer"
10 au 12 juin, Musée du quai Branly, Paris
15 juin, Centre Culturel Jacques Duhamel, Vitré (35)

La fête a toujours revêtu une importance majeure aux Marquises. Elle est non seulement un ciment de la vie sociale, mais aussi, comme le dit M-N. Ottino, "la plus sûre démonstration du prestige des communautés". De tout temps, bien avant l'arrivée des européens, on se lançait dans de véritables compétitions touchant des domaines variés, la danse et la chorégraphie n'étant pas des moindres. Après une longue période de déclin, le sens de la fête, de la danse et de la compétition par les chorégraphies renaissent. La danse est l'affaire de tout le monde.

Regroupés en associations, souvent par "vallées", les Marquisiens se sont réappropriés l'esprit qui animait leurs célébrations. L'association Te Hina o Motu Haka de Nuku Hiva est l'illustration d'un regroupement de personnes partageant une passion commune : la danse. La transmission est ainsi assurée, les très jeunes sont initiés non seulement à la danse, mais aussi aux instruments et à la fabrication des costumes.

Henua Enana, ou Terre des Hommes est le nom marquisien de cet archipel de 12 îles qui couvrent 997 km2 dans l'Océan Pacifique. Les îles hautes, d'origine volcanique, ne possèdent pas de récifs coralliens. Elles furent découvertes en 1595 par le navigateur espagnol Alvaro de Mendana qui leur donna le nom de islas de las Marquesas en l'honneur de son protecteur, le Marquis de Cañete, qui était également vice-roi du Pérou. Située à 1500 km au Nord Est de Papeete, Nuku Hiva est l'île la plus étendue de l'archipel et son centre administratif.
L'évangélisation catholique commença en 1839, confortée par l'annexion française en 1842.
Nuku Hiva entra alors dans de longues années de déclin : épidémies, raids de négriers, alcoolisme et consommation d'opium : d'une population estimée à environ 12 000 habitants en 1842, il ne restait que 634 personnes en 1934 ! Il fallut attendre le début des années 1920 quand le docteur Rollin, médecin et administrateur des Marquises s'attaqua aux problèmes sanitaires avec succès, enrayant la chute de la courbe de natalité. À la fin des années 1950, la population avait doublé.
Ce que l'on rapporte aussi de cette période, c'est la profonde tristesse dans laquelle s'enlisaient les Marquisiens : la lente mais sûre évangélisation détruisit les structures traditionnelles en interdisant la pratique du tatouage, la danse et le chant. Les tiki sont détruits ou envoyés en Europe comme preuve de la conversion de la population. La culture de tradition orale ne peut résister à ce massacre et disparaît quasiment. C'est avec l'arrivée de Mgr Hervé Le Cléac'h, Evêque des Marquises, que le "réveil" se fera. Mgr Le Cléac'h se souvient avoir appris le français à l'école car, chez lui, on parlait le breton. Il se souvient aussi des punitions subies par les enfants qui prononçaient un mot de breton en classe. Sensible à ces questions, il rassemble autour de lui un groupe de jeunes instituteurs et de personnes motivées qui rêvent de défendre la langue marquisienne.
Une des figures emblématiques de ce mouvement de réveil identitaire était Lucien Kimitete, maire de Nuku Hiva de 1991 à 2002, année de sa disparition à bord d'un avion en mer. Ils créent en 1978 la première association culturelle des Marquises, un rassemblement du peuple marquisien pour la défense du patrimoine culturel : ainsi est né Te Motu Haka o Te Henua Enana (le rassemblement de la Terre des Hommes).
Motu Haka obtient la reconnaissance officielle de la langue de l'archipel et en 1999, l'Académie Marquisienne est créée. Commence alors une course contre la montre et un long travail de collecte de tout le patrimoine oral et de tous les savoirs faire auprès des anciens qui ont gardé dans leur mémoire la culture de leurs ancêtres. Cela ne fut pas toujours facile, car, en plus des questions relatives à la propriété d'un savoir faire, nombreux étaient ceux qui répugnaient à délivrer des informations devenues tabou.
Georges Teikiehuupoko relate que le recours à Mgr Le Cléac'h, qui cautionnait ce travail de collecte, était alors le seul moyen pour convaincre les réticents. C'est ainsi que l'on essaya aussi de retrouver la dynamique formelle des danses et les éléments de la culture ancestrale dont elle était l'expression.
En 1987 est organisé à Ua Pou le premier Festival des Arts des Iles Marquises. Il s'est tout de suite imposé comme un événement majeur pour la mise en valeur de l'héritage culturel et festif du peuple des Marquises. Le festival qui a lieu tous les deux ans est le moment privilégié où des groupes de danseurs de toutes les îles (un groupe pouvant regrouper jusqu'à 100 personnes qui prennent toutes part à la danse en même temps) peuvent se confronter et se défier par la danse et les chorégraphies inventives dans une atmosphère de communes réjouissances.
Car c'est bien là ce qu'il faut surtout retenir des danses marquisiennes : inventivité pour se lancer des défis, joie de la fête, bonheur de danser et fierté d'exprimer son identité marquisienne.

La Maison des Cultures du Monde tient à remercier tout particulièrement :
Mesdames Débora Kimitete, Première adjointe au Maire de Nuku Hiva, Maéva Salmon, déléguée de la Polynésie à Paris et Dorianne Témarii, Délégation de la Polynésie Française, Messieurs Georges "Toti" Teikiehuupoko, Président de l'Académie Marquisienne, Téva Quesnot, Tavana Hau (Administrateur) des Iles Marquises et Georges Marbeck.
Nous remercions pour leur confiance et leur soutien Monsieur Daniel Maximin, Commissaire, et Madame Caroline Bourgine, Conseillère, 2011 Année des Outre-Mers.
Nous remercions également Air Tahiti Nui, Air Tahiti, GIE Tahiti Tourisme, Hôtel Intercontinental Tahiti.
La Maison des Cultures du Monde remercie Monsieur Stéphane Martin, Président du musée du quai Branly et la Direction du développement culturel pour leur confiance et leur accueil.


Légende de la création des Iles Marquises
La légende de la création des îles Marquises, telle qu'elle a été contée par René Haiti Uki.

Eia i na po omua E pohue a'a Oatea me ta ia vehine o Atanua
Il y a longtemps, longtemps, le soleil brillait sur la mer,
Mais dans la mer, il n'y avait pas d'île.

Vivaient en ce temps-là Oatea et sa femme Atanua.
Ils n'avaient pas de maison.
Puisqu'il n'y avait pas d'îles
Pour construire les maisons.
Alors Atanua dit à son mari :
"On ne peut pas bien vivre sans maison".
Oatea ne répondit pas.
Il pensait :
"Comment vais-je faire pour construire une maison ?"
Oatea invoqua les dieux, ses ancêtres.

Un soir, il dit à Atanua :
"Cette nuit, je vais construire notre maison.
Maintenant, je sais comment faire".

Il faisait nuit.
La voix d'Oatea s'entendait seule dans le noir.
Il dansait et chantait :
Aka-Oa e, Aka-Nui e, Akaïti e, Aka-Pito e, Aka-Hana e, Haka-Tu te Hae.

L'invocation finie, le travail commença.
L'emplacement fut choisi : dans le milieu de l'Océan.
Deux piliers furent dressés : Ua Pou.

Une longue poutre fut placée sur les deux piliers :
Hiva Oa.

Alors il fallut assembler les piliers, la poutre.
Le toit devant et le toit en arrière, Te ka'ava ao, te ka'ava tua.
C'est Nuku Hiva.

La maison est couverte de feuilles de cocotier tressées, Fatu.

La maison était grande.
Il fallait neuf feuilles de cocotier tressées
Pour la couvrir dans sa longueur :
O Fatuiva.

C'est long le travail de tresser les feuilles de cocotier.
Et de faire de la corde avec de la bourre de coco.
Le temps passe, il passe vite.
Oatea travaille, travaille sans arrêt.

Soudain Atanua crie à son mari :
"La lumière du jour commence à éclairer l'horizon du ciel".
O Tahuata.

"Moho l'oiseau du matin chante déjà"
Mohotani.

Oatea sans s'arrêter répond :
"Je finis, il me reste à creuser un trou
Pour y mettre tout le surplus de feuilles
Et de bourre de coco" :
O Ua Huka.

Alors le soleil se lève et illumine l'Océan.
Voici la maison construite par Oatea.

Atanua sa femme s'écrie :
Ei, ei, ei, ua uo, ua uo, O Eiao.

Ua Pou,
Hiva Oa,
Nuku Hiva,
Fatu Hiva,
Mohotani,
Tahuata,
Ua Huka,
Et Eiao,

Voici donc les îles ruisselantes de lumière dans le soleil levant.

Programme détaillé

Pour construire le spectacle et les chorégraphies, les danseurs ont choisi de s'appuyer sur la légende de la création des îles Marquises.
1. HAHI ou MAVE, cri qui annonce l'arrivée des danseurs et qui est en même temps un accueil.
2. HAKA ou HAKA TOUA, danse des guerriers.
3. TAAPO
4. PUTU, chant accompagné de mouvements de danse.
Traditionnellement, ce chant relatait des scènes de la vie quotidienne, scènes détournées par le recours à des noms d'insectes, d'animaux, de poissons ou d'oiseaux, de manière à ne pas permettre au commun des mortels de comprendre la teneur des propos.
5. MAHOHE, transition, chant d'introduction du Maha'u
6. MAHA'U ou danse du cochon. Dansée uniquement par les hommes, par le passé les femmes n'étaient même pas présentes sur l'aire de danse, alors qu'aujourd'hui les "règles" sont moins strictes. Cette danse était interdite par les missionnaires, en raison du râle particulier émis par les hommes, pour les gestes particulièrement suggestifs et érotiques, ainsi que pour les mouvements jugés obscènes. On dit que quand la danse du cochon est bien dansée, les chiens se mettent à hurler.
7. HIO'O, version du Rari introduite par les Nukuhiviens.
8. PAHU, danse des tambours. Cette danse a été créée par les danseurs de Nuku Hiva pour le festival des Marquises en 2007.
9. HAIRO, dansée par les hommes, elle est le moment pour exprimer railleries et moqueries.
10. HAKA MANU ou danse de l'oiseau implique une ou deux danseuses solistes, entourées des autres danseuses. Il peut y avoir éventuellement plusieurs solistes, à tour de rôle. Cette danse peut aussi être interprétée par un couple et devient alors plus suggestive.
11. RUU ou RARI, danse qui raconte l'histoire, les faits du jour qui sont liés ' obligatoirement ' à l'événement célébré.
12. RIKUHI ou la clôture. On remercie tout le monde et les gestes expriment le respect, voire la glorification. Les femmes sourient plus facilement car traditionnellement, dans les danses marquisiennes, les femmes doivent afficher une expression très réservée.

Présentation des artistes

Avec l'ensemble Te Hina O Motu Haka
Jacques Kimitete, chef de la section Koika (danse) chorégraphe et danseur
Jacques Haiti, Président de l'Association Te Hina O Motu Haka, danseur
Cyril Taata, danseur
Yoann Taupotini, danseur
Venance Taupotini, danseur
Olivier Fiu, danseur
Max Peterano, danseur
Sylvestre Peterano, danseur
Roland Teatiu, danseur
Ralph Tetohu, danseur, Haka Manu
Nicole Tent, danseuse, Haka Manu
Dina Deane, danseuse Haka Manu
Claire Haiti, danseuse et voix soliste
Guylène Peterano, danseuse et voix soliste
Nathalie Huukena, danseuse et voix soliste
Apolline Teto, danseuse
Marie-Yolinda Banjelina, danseuse
Mylène Peterano, danseuse
Nathalie Taata, danseuse

Les danses et les chants sont accompagnés par les tambours Pahu :
le PAHU TUTÛ est le plus grand tambour, toujours laissé sur la place des fêtes,
le PAHU ÀKAÀKA, tambour de taille moyenne au son plus léger,
le PAHU KUMI et le HAKETE, plus petits.

Ronald Tihoni, chef du groupe des musiciens
Patrick Huukena, musicien
Franck Teikiteetini, musicien
Taivete Tihoni, musicien
Heinuku Puhetini, musicien
Oscarina Teatiu, costumière
Debora Kimitete, Trésorière de l'Association Te Hina O Motu Haka et coordinatrice.

Chorégraphie

Origine géographique

Polynésie Française

Mots-clés

Date du copyright

2011

Cote MCM

MCM_2011_PF_S1

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